
Repenser notre fa�on de penser!
Date : samedi 05 ao�t 2006 @ 12:33:17 :: Sujet : Marxisme
Marx a visé juste, mais sans assez de précision. L'établissement des dominances par la plus-value se contente d'être l'expression de l'évolution des sentiments humains façonnés par les caractériques environnementales et sociales de son territoire. Le cerveau des nouvaeux nés est conditionné dans des principes, dans des apprentissages, dont l'objectif établi sera la maintenance de la structure sociale du groupe où il est né. La fermeture informationnelle des sociétés fait craindre le pire pour l'évolution de l'espèce humaine.
Je n'ai pas eu la chance de lire beaucoup sur le marxisme, mais de ce que j'ai pu percevoir, il ne m'a pas incité à poursuivre mes recherches plus qu’il ne m’en faut maintenant pour ce texte. La raison principale est que, je pense qu'il a négligé certains détails que les connaissances de l'époque ne lui permirent pas d'englober dans ses théories. Je suis en partie d'accord sur l'aspect thermodynamique du travail, et de l'établissement des dominances par la plus-value, mais tout ça n'est visionné qu'à un seul palier de la réalité. Je m'explique.
L'être humain agit en société, car, c'est à n'en pas douter, c'est plus efficace pour sa survie. Dès lors qu'un groupe se forme, il luttera pour la maintenance de sa structure, par rapport aux autres structures, groupes, des territoires voisins. On sait qu'à la base de ça, se forme ce qu'on appelle les hiérarchies. Le plus fort sur le plus faible, le plus technicisé sur le moins technicisé, en revanche, celui qui possède le plus d'informations, dans ses muscles, ou dans ses facultés imaginatives. Mais d'abord, il faut bien comprendre ce terme nocif: information. La plupart des scientifiques s'entendront pour dire qu'il existe deux genres d'informations; la première, l'information-structure, est celle qui permet à notre corps d'être un corps physique, un organisme structuré capable d'agir sur son environnement, par l'intermédiaire de son système nerveux et sensoriel. Le deuxième type d'information, c'est l'information-circulante, celle qui, enfin, est captée par nos sens, l'environnement, ses températures, ses variantes, et bien sûr, les acquis de la socio-culture du territoire où nous sommes. L'établissement des dominances sert ceux-là qui sont les plus aptes à agir sur le milieu, et en conséquence, à assurer une sécurité relative aux êtres qui seront sous sa bienveillance, en échange de quelques services.
Le marxisme est fort sur le point de l'établissement des dominances par le travail (et la plus-value) dans une société donnée. Mais que sert de travailler, donc, de maintenir une structure de dominance, si ce n'est que pour acquérir de la plus-value, et ainsi se permettre de grimper dans l'échelle hiérarchique? Certains me diront qu'il faut manger! D'autres qu'on n’a pas le choix de vivre en société. En fait, je me posais la question, la déchirante, à savoir le moment exact où le prolétaire devient le bourgeois? N'est-ce pas quand celui-ci en acquiert la volonté, suivi des mérites? Depuis le début de l'humanité, tout organisme vivant n'agit que pour dominer, d'abord son environnement, sa niche écologique. L'objectif d'un organisme vivant, c'est de maintenir sa structure, et pour le faire, il doit prendre le bon et rejeter le mauvais! Fuir, lutter, se défendre, empiéter, prendre de l’expérience et s'adapter, évoluer. Or un enfant qui naît, dans une société, grandissant dans un milieu paternaliste, dans le confort d'un monde dit civilisé, mais où tout effort tend vers la production de marchandises, avec des principes fixés par les dominances, voyant les marginaux dans la rue, dépressifs, qu'enregistre-t-il, pensez-vous, dans sa tête conditionnée? Le bon et le mauvais, toujours! La recherche de la gratification, c'est ce que le bourgeois recherche auprès de sa société, de son échelle hiérarchique, et nous, anarchistes ou libertaires, nous faisons la même chose, la recherche de la gratification, mais que nous ne pouvons trouver dans les sociétés contemporaines.
Manger, c'est là le premier acte à poser pour vivre. C'est gratifiant, manger! S'abriter, c'est tout aussi plaisant, alors que, par exemple, se baigner dans de l'eau glacée, ça stimule une action de retenue sur le système nerveux, car c'est déplaisant, et ça sera mémorisé ainsi. Tout ce que nous sommes, c'est ce que nous avons vu, entendu, vécu, depuis les tout premiers fondements du fœtus. Mais il est vrai que les premières heures ainsi que les trois premières années de la vie d'un nouveau-né sont primordiales pour le contact qu'il prendra du monde extérieur. Il aura abandonné son moi-tout pour conceptualiser son corps comme une entité distincte dans l'environnement, et sa mère, seule source affective jusqu'à présent, ne sera plus qu'à lui seulement, le père entrera en jeux et les autres êtres et ainsi, un processus complexe de naturalisation des premiers sentiments, amour, jalousie, envie... Pourquoi j'en viens à parler de ça, parce qu'il me semble fondamental d'inclure, dans la structure de nos sociétés contemporaines, l'élément biologique de l'évolution humaine, de ses premiers contacts avec son environnement, de tous les phénomènes de mémorisation qui forment et mature notre cerveau, de l'imposition par notre milieu d'une quantité innombrable de jugements, acquis par l'apprentissage, pour que se maintiennent la structure de notre société, établie par les dominances. Il faut que la société dirigée par les plus hauts placés dans l'hiérarchie, c'est-à-dire ceux qui possèdent le plus de plus-value, donc d'informations techniques importantes, imposent par des lois et des morales, par une éthique à respecter pour maintenir la structure sociale, tout un mode de pensée qui entre dans la peau des nouveaux nés, comme quoi, s'ils veulent survivre, donc répondre à leurs besoins, se gratifier, ils devront respecter ce mode de pensée et s'ils veulent la gloire dans ce système, ils devront s'y conformer jusqu'à la mort.
Le jour où tous les humains comprendront comment fonctionne leur cerveau, comment celui-ci interprète et déforme la réalité par le langage, dont tous les mots, enfin, sont des jugements de forme et de valeur sur des objets ou sentiments qu'au fond il ne connaissent qu'à un seul palier de la réalité, alors peut-être pourrons-nous parler d'un premier pas vers ce qu'on appelle la compréhension d'autrui, la tolérance. L'établissement d'un système socialiste est un échec s'il finit par reproduire, suivant ces critères que j'ai énoncés vaguement plus haut, les mêmes hiérarchies basées sur la quantité de plus-value des êtres qui forment ce système. Si la structure de ce système socialiste reste fermée, que ses penseurs prétendent avoir trouvé les réponses, et ainsi que par leurs propres jugements de la réalité, leurs propres conceptions de celle-ci, ils imposent cette fermeture à l'ensemble, automatiquement nous pouvons parler d'une hiérarchie, qu'elle soit professionnelle ou sociale. Mais pour qu'une société soit fonctionnelle, chacun des métiers est indispensable, pour qu'elle maintienne sa cohérence, aussi imposée et méprisante soit-elle! Tous les métiers sont la dent de l'engrenage, et souvent, la pleine roue est la grosse partie des riches. Mais si tous ces métiers, ou tous les individus qui composent ces différents métiers, comprenaient que chacun d'eux est une dent, et que l'une ne va pas sans l'autre, alors au lieu de laisser la roue tourner pour les riches, peut-être pourraient-ils envisager d'arrêter de tourner en rond, et d'avoir comme finalité celle de l'émancipation de notre espèce dans les plaisirs de la connaissance plutôt que dans les sueurs de la production. Le génie humain a créé les machines. Les « prolétaires » ne se contentent que de fabriquer des pièces, sous-traitants de ces machines! Pour utiliser une analogie. Pourquoi? Parce qu'ils ne possèdent pas l'information technique qui leur permettrait, du fer à l'ordi, de créer leurs propres machines! Leur travail routinier, moche, finit par envenimer leur pouvoir d'imagination, de création, parce qu'ils ne se contentent que de se spécialiser, sans jamais comprendre l'ensemble, ne cherchant qu'à avoir leur part du gâteau social et un peu de temps pour les loisirs! Ça fait des milliers de gens dans les centres d'achats, à ripailler pour acheter des trucs qui ne répondent à aucun de leur besoin sinon celui de la satisfaction d'un certain pouvoir économique, des objets qu'ils auront peut-être même contribué à créer, et tout ça, parce que la plus-value, dans nos sociétés, s'acquiert par l'argent, et que l'argent, pour en avoir, il faut vendre des trucs, et que pour en vendre plus, il faut qu'ils ne soient pas chers, et pour qu'ils ne soient pas chers, ils doivent contenir moins de matériel, donc de qualité, et moins de matériel et de qualité pour moins cher, t'as qu'à aller dans les pays qui savent pas comment exploiter leurs ressources, parce que personne ne leur a jamais appris à les exploiter par eux-mêmes pour leur suffisance! C'est un cercle vicieux, une sinistre rengaine qui règne sur la Terre, un théâtre douloureux orchestré par les valeurs et jugements renforcés de nos sociétés.
Alors, comment éviter d'établir une dominance dans un milieu? C'est simple: se débarrasser, et Dieu ne sait pas combien ce peut être dur, de nos jugements de valeur, et ensuite, de comprendre la vie, ce qui la pousse, ce qui la tend à être ce qu'elle est avec les formes qu'elle a, et se sentir humble devant non pas la force Supérieure, ni la Mère-Nature, mais devant la petitesse des connaissances que nous avons des lois universelles qui font en sorte que tout, mais là absolument tout, a des raisons précises d'être. En comprenant non point le discours logique d'une personne, mais son discours inconscient, les cordes sensibles apparaîtront. Aux gens lucides et révolutionnaires d'aller les pincer et de jouer les musiques d'une société ouverte tant sur le plan thermodynamique que psychique, qui se voudrait fonctionnelle et informationnelle plutôt que professionnelle et hiérarchisée.
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