
Lutte pour la libert� contre l��tat de terreur
Date : mercredi 08 d�cembre 2010 @ 19:56:21 :: Sujet : Gr�ce
Rapport sur les manifestations du 6 décembre 2010 en Grece et
l’agression sans précèdent de la police. Actes de solidarité à
l’étranger.
Athènes
Manifestation des écoliers (matin)
Des rassemblements et des manifestations spontanées ont eu lieu dans
plusieurs quartiers d’Athènes. Les écoliers se sont rassemblés dans
leurs quartiers avant de se diriger vers le centre-ville pour se
joindre à la manifestation principale.
Plus précisément, des rassemblements et des manifs ont eu lieu à
Peristeri, Philadelphie, Egaleo, Koridallos, Psihico et Exarheia. Les
écoliers ont bloqué les rues centrales des leurs quartiers et ils ont
marché en direction des commissariats locaux. Des affrontements avec
les forces de l’ordre ont eu lieu et des voitures de police ont été
brisées. Les flics ont essayé d’arrêter quelques étudiants à
Koridallos. Une manif de solidarité réclamant la libération des 3
écoliers arrêtés a été aussitôt organisée. Des blocages des rues ont
également eu lieu dans les banlieues du Nord d’Athènes.
La
manif principale a démarrée avec la participation de plus de 5000
écoliers, alors que des gens continuaient à arriver pour se joindre aux
manifestants. La manif était agressive dès le début : des attaques
contre des banques, des caméras surveillance et des magasins de luxe
ont eu lieu. Les premiers affrontements avec les flics (rue Stadiou)
ont eu comme résultat la rupture temporaire de la manif (les écoliers
se sont répandus dans les ruelles environnantes). Or, les écoliers ont
réussi à repousser les forces de la police anti-émeute avec des
attaques bien organisées. Des affrontements ont eu lieu de nouveau
quand la tête de la manif a atteint la place Syntagma (en dehors du
Parlement) et a attaqué la police anti-émeute. Les porcs ont répondus
en faisant usage des gaz lacrymogènes et des flash bang grenades. La
manif s’est terminée à Propilaia où la plupart des gens sont restés sur
place afin de participer à la manifestation de l’après-midi. Soulignons
que les écoliers, bien que des mineurs, n’étaient pas effrayés ni par
les flics, ni par les méthodes terroristes des médias et ils se sont
affrontés aux forces de l’ordre en nous montrant le chemin à suivre.
Manifestation générale (après-midi)
Le rassemblement pour la manif de l’après-midi a été programmé pour 16h… Le centre-ville a été bloqué depuis le matin. Voire :http://fr.contrainfo.espiv.net/2010/12/06/nous-sommes-en-guerre-des-arrestations-politiques-et-du-terrorisme-etatique/
L’état a imposé un couvre-feu et l’entrée du métro de Propilaia
(lieu de rendez-vous du rassemblement et de la manifestation) a été
fermée. Des flics en uniforme et des flics en civil se trouvent
partout. Des hélicoptères de la police volent au-dessus de nos têtes.
La manif est néanmoins largement suivie.
Peu avant 16 heures des manifestants attaquent quelques flics en
civil qui ont essayé de pénétrer la manif. Des affrontements avec les
CRS (MAT) suivent. Les MAT attaquent les personnes rassemblées en
faisant usage des gaz lacrymogènes et en violant l’asile universitaire
(Propilaia). De toute évidence l’objectif de la police est d’obliger
les manifestants à commencer la manif sans la participation de la
majorité des gens, qui ne sont pas encore arrivés au point du
rassemblement à Propilaia. Ce dont il s’agit au fond c’est
l’interdiction de la manif elle-même, puisque c’est la première fois
qu’une telle attaque contre les pré-rassemblements pour une manif s’est
produite. Il est également évident que l’état cherche, par le biais des
mass médias, à transmettre à la société une réalité virtuelle, à savoir
une réalité très différente de celle que nous vivons dans la rue. Les
tactiques provocatrices et sans précédent de la police reflètent la
crainte d’une révolte générale de la société.
La
manif est accostée par des très grandes forces de MAT. Les
affrontements continuent. Les forces de l’ordre font usage
disproportionné des gaz lacrymogènes qu’ils jettent sur les
manifestants. Or, les manifestants persistent et, malgré les efforts de
la police, le rassemblement n’est pas dissous. La tête de la manif
atteint le point de départ, Propylaea, où elle se rejoint aux personnes
rassemblées qui sont arrivées entre-temps. En même temps, à la place
Syntagma, à l’extérieur du parlement, des cocktails Molotov sont jetés
contre les triples cordes des chiens armés qui protégent leurs maîtres.
Les flics font usage de flash-bang grenades et de gaz lacrymogènes, et
n’hésitent pas à tabasser les gens qui se trouvent par terre, notamment
des écoliers et des étudiants. Tandis que la majorité des manifestants
s’oriente vers Propilaea, en terminant ainsi la marche circulaire,
plusieurs manifestants, notamment des écoliers et des étudiants, sont
poursuivis par la police anti-émeute et se réfugient à l’intérieur du
métro Syntagma où ils crient contre leurs chasseurs. Dès que les MAT
sortent du métro, les manifestants les attaquent furieusement en
défiant la supériorité de ceux-ci tant en armature qu’en nombre et en
criant des slogans comme : « Flics, porcs, assassins » et « Les flics
ne sont pas les enfants des travailleurs, ils sont les chiens de garde
des patrons ». Bref, des slogans qui ne seront pas transmis par aucun
centre de désinformation médiatique. Les mêmes manifestants attaquent
également un fasciste, membre d’un groupe fasciste bien connu, qui les
empêche de se réfugier dans la station du métro. Les médias en
parleront sans doute d’« un citoyen blessé par les manifestants ».
Quelques attaques contre des magasins ont lieu à Propilaia. La
plupart des magasins, des banques etc. ont leurs volets fermés. Les
flics violent de nouveau l’asile universitaire et persécutent les
manifestants rassemblés. La majorité des manifestants se dirige vers le
quartier d’Exarheia qui est déjà entouré par des forces importantes de
la police, des flics en civil et des fascistes. Un autre groupe des
manifestants occupe l’Ecole polytechnique en surmontant l’opposition
des flics et des éléments para-étatiques.
Un rassemblement à l’endroit où l’adolescent de 15 ans, Alexis
Grigoropoulos, a été assassiné, le 6 décembre 2008, par deux flics, est
prévu pour 21h. Des gens commencent à se rassembler déjà à 19h. Pendant
trois heures, les flics attaquent les gens qui se trouvent dans le
quartier d’Exarheia, ils entrent par la force dans des magasins et des
cafés, ils tabassent, ils provoquent, ils terrorisent, ils font un
usage excessif de produits chimiques et ils procèdent à plusieurs
interpellations et arrestations. Or, l’objectif de la junte échoue de
nouveau. En dépit des produits chimiques et du terrorisme, les
manifestants restent sur place en criant des slogans, ainsi que les
noms des militants assassinés par les forces de répression. Une manif
vers l’Ecole polytechnique s’organise spontanément. Les flics attaquent
les manifestants et détruisent une partie du monument en mémoire
d’Alexandros Grigoropoulos. Les manifestants contre-attaquent pour
éloigner les flics. La situation à l’intérieur des maisons des
résidants du quartier devient cauchemardesque à cause des produits
chimiques utilisés. Des combats de rue ont lieu pendant plus de 2
heures dans le quartier d’Exarheia et cela sous le nuage épais crée par
les gaz lacrymogènes. L’Ecole polytechnique continue à être entourée
par des flics et des fascistes. On compte 98 interpellations et 44
arrestations. Beaucoup de personnes sont blessés par les atrocités de
la part de la police.
Ce qui s’est produit, le 6 décembre 2010, à Athènes, aussi bien que
ce qui s’est passé les jours précédents (des invasions dans des squats
et des apparts de la part de la police dans plusieurs villes, des
interpellations et des arrestations politiques etc.), justifiez
complètement le caractère de la guerre contre l’attaque sauvage de la
junte et de ses domestiques contre la société. Une guerre au niveau
communicatif-idéologique, aussi bien qu’opérationnel-militaire. La
lutte populaire contre la violence de l’état et pour la liberté et la
libération sociale, doit désormais se planifier et s’organiser à tous
ces niveaux.
Salonique
Photos: http://athens.indymedia.org/front.php3?lang=el&article_id=1233165.
Comme
à Athènes, une interdiction de circulation des voitures au centre-ville
a été imposée depuis Dimanche. Le matin, des écoliers de plus de 60
écoles organisent un sit-in à l’extérieur du ministère de la
Macédoine-Thrace, avant de se manifester au centre de la ville. Pendant
la manif dynamique de l’après-midi, qui a été suivie par plus de 3000
personnes, un poste de garde de la police à l’extérieur d’un ministère
a été attaqué. Des attaques contre des camions d’enregistrement de la
télé ont également eu lieu, tandis que deux supermarchés ont été
expropriés. De nombreux flics et de nombreux flics en civil ont tenté
de violer l’asile universitaire en faisant des arrestations, mais ils
étaient repoussés par les étudiants.
Ioannina
La manifestation de 2000 personnes a été férocement attaquée par les
flics. Les manifestants se sont dispersés, des affrontements avec la
police ont eu lieu et des slogans contre l’état et les flics ont été
criés. 45 interpellations et 5 arrestations.
Agrinio
La manifestation de 200 écoliers s’est dirigée vers le commissariat
de la ville. Lors du rassemblement, un groupe des manifestants a
organisé un sit-in, tandis que d’autres ont attaqué les flics. Des
affrontements ont eu lieu. La manifestation a été sauvagement attaquée
par les flics avant même de commencer. Des flash-bang grenades, des gaz
lacrymogènes et d’autres produits chimiques ont été utilisés, des
manifestants ont été tabassés et des personnes ont été arrêtées. Des
écoliers, des étudiants et des solidaires ont procédé à l’occupation de
la mairie en demandant la libération des personnes arrêtées.
Volos
La manifestation de 1000 personnes a été attaquée par les flics dès
son commencement. Malgré l’usage excessif des produits chimiques les
manifestants sont restés sur place et ont continué à se protester. De
la guérilla et des affrontements corps à corps ont eu lieu dans les
rues de la ville. Un total de 11 (certains disent 13) personnes ont été
interpellées et ensuite libérées, et beaucoup de personnes ont été
blessées : trois flics ont été hospitalisés, tandis qu’une jeune fille
de 12 ans a été blessée au niveau de son œil par un gaz lacrymogène!
Vidéo et photos: http://athens.indymedia.org/front.php3?lang=el&article_id=1233050
Héraklion
Matin : manifestation largement suivie, avec un black bloc
particulièrement nombreux. De nombreuses banques ont été attaquées, des
vitres, des caméras et des machines ATM ont été cassées. Après-midi :
manifestation suivie par 500 personnes, forte présence policière.
Photos : http://athens.indymedia.org/front.php3?lang=el&article_id=1233192
Patras
Matin : Une manifestation dynamique, organisée par « les élèves
désobéissants » et suivie par 500 personnes, a précédé la manifestation
organisée par les unions d’étudiants suivie, elle, par 4.000 personnes.
Après-midi : une manifestation dynamique d’environ 400 personnes a été
spontanément organisée au centre de la ville.
Zakynthos
Une manifestation de 250 élèves (nombre impressionnant pour cette
île) a eu lieu le matin, avec des attaques contre le commissariat, 4
personnes interpellées et des violences policières contre des jeunes
enfants. La manif de l’après-midi a été marquée par des affrontements à
l’extérieur du commissariat de la police. Des pierres et des cocktails
Molotov ont été jetées et deux personnes ont été arrêtées.
Igoumenitsa
Manifestation suivie par 400 personnes : des écoliers, des étudiants, des parents et des professeurs.
Mytilène
Manifestation dynamique de 500 personnes. Des machines ATM et le
vitrage d’une banque ont été cassés avant que la manif gagne la place
centrale de la ville.
Larissa
Quelques 500 personnes ont participé à la manif et se sont battus
avec les flics. Une banque et quelques véhicules de la police ont été
cassés. Il y a eu 5 interpellations.
Serrès
Manifestation spontanée d’une centaine d’écoliers vers le
commissariat de police. Plus tard dans la journée une installation
d’haut-parleurs a été utilisée, des textes ont été distribués et des
tracts ont été jetés en présence des flics.
Ptolemaida
Des élèves tenant des bougies se sont réunis tard la nuit à
l’extérieur du commissariat de police, alors que les flics étaient là
tenant leurs fusils.
Arta
Après la manifestation au centre-ville des écoliers ont procédé à un sit-in à l’extérieur du commissariat de police.
Comotini
Manifestation dynamique de quelques 300 écoliers et étudiants. Des
textes ont été distribués avant que les manifestants s’orientent vers
la Faculté de droit, toujours sous occupation.
Xanthi
Manif dynamique de 500 jeunes en révolte. De nombreux flics dans la
rue. Des attaques contre les voitures de la police municipale ont eu
lieu.
Corfou
Manifestation de matin avec un bon nombre d’écoliers et
manifestation d’après-midi avec un bon nombre d’étudiants, tous les
deux vers le commissariat de police. Sit-in à l’extérieur du
commissariat de police.
Chania
Grande manif matinale des élèves et des professeurs en direction de
la préfecture locale : plusieurs personnes blessées, 8 personnes
interpellées et au moins 3 arrêtées (parmi les quels des écoliers des
13 ans). Deux personnes ont été également interpellées pendant la manif
de l’après-midi.
Kefalonia
Manif spontanée de plus de 150 personnes en direction du
commissariat de police. Des slogans anti-fascistes et anti-répression,
ainsi que des slogans de la solidarité avec les prisonniers en lutte
ont été criés.
Photos : http://patras.indymedia.org/front.php3?lang=el&article_id=9153.
Il y avait aussi des manifestation des écoliers avec des attaques
symboliques contre des commissariats de police dans les villes
suivantes : Nafplio, Kozani, Kavala, Karditsa, Drama, Tripoli,
Katerini, Edessa, Florina, Rethymno, Amaliada.
Actions de solidarité à l’étranger
Suisse
Action de solidarité à Genève : de la peinture a été jetée sur le mur externe du consulat grec.
Grande-Bretagne
Rassemblement de solidarité et manifestation d’étudiants à Londres en direction de l’ambassade de la Grèce.
Chypre
Rassemblement et manif de solidarité, le dimanche, 5 décembre, à la
place Eleftherias à Nicosie. Projection d’un film à la place Faneromeni.
Etats-Unis
San Fransisco : Protestation de solidarité à l’occasion de l’attaque
contre la manifestante américaine lors de la manif contre l’I.M.F à
Athènes. Message de solidarité à tous ceux qui luttent contre la junte
grecque.
Message de solidarité de la part des collectivités R.A.S.H. et C.L.A.W. de l’Indiana : http://anarchistnews.org/?q=node/12877
Nouveau Ζealand
Déclaration de la Croix Noire Anarchiste de la ville d’Aotearoa à
l’occasion de la attaque contre la manifestante américaine et en
solidarité avec toutes les victimes de la répression et les prisonniers
politiques en Grèce.
Allemagne
Weimar : manifestation de solidarité au marché de Noël de la ville
avec des slogans, des tracts et des feux d’artifice. Les flics ont
approché la manif et ils ont fait 4 interpellations.
France
Action de contre-information sur la situation en Grèce organisée par un groupe de la CNT à Roche sur Yon (ouest de la France).
Mexique
Cancun : Intervention consacré à Alexandros Grigoropoulos dans le
cadre de la manif contre le congrès COP-16 pour le changement
climatique.
Italie et Argentine : Des slogans de solidarité et
de graffitis ont été écrits sur les murs des bâtiments à Rome par la
collectivité « Partizan », aussi bien à Buenos Aires.
http://athens.indymedia.org/front.php3?lang=el&article_id=1231209
Des actions de solidarité pour le 6 décembre ont également eu lieu à Maroc, Bulgarie et Cambodge, ainsi que dans d’autres pays.
La lutte constante, internationale et auto-organisée pour la liberté ne peut pas être réprimée.
Notre rage se grandit.
Solidarité avec les personnes arrêtées lors du 6 Décembre.
Solidarité avec tous les prisonniers politiques.
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