
BLACK (Bob) - Le F�minisme comme le Fascisme
Date : lundi 18 octobre 2010 @ 18:55:59 :: Sujet : F�minisme
-> 1ere publication en 1983
Comme le met en exergue le titre d’un livre pour enfants : « pigs are
pigs » [les cochons sont des cochons] et ce, quel que soit leur sexe. Ilse Koch
n’était pas une sœur, mais une nazie. L’amour n’est pas la haine, la
guerre n’est pas la paix, la liberté n’est pas l’esclavage et brûler les
livres n’est pas une libération. Tous les mouvements libertaires
soulèvent de nombreuses questions difficiles. Ils devraient commencer
par répondre aux plus simples.
Toutes hyperboles ou métaphores mises à
part, ce qui passe pour du « féminisme radical » est du fascisme. C’est
promouvoir le chauvinisme, la censure, le maternalisme, une pseudo
anthropologie, une quête de boucs émissaires, une identification
mystique à la nature, une sorte de « sacralité » païenne montée de
toutes pièces, l’uniformité imposée de l’apparence et même des modes de
pensée. C’est là toute la théorie (et l’excedent de pratique) que l’on
devrait tous pouvoir reconnaître aujourd’hui. La complémentarité entre
la vigilance privée et les méthodes de répression étatiques constitue
une autre ligne de continuité d’avec le fascisme dit « classique ».
Après
la première guerre mondiale, en Italie, des gangs fascistes attaquaient
les organisations socialistes ou de gauche avec l’accord tacite de la
police, qui n’intervenait jamais sauf contre la gauche. Comme je me le
suis une fois demandé : « Pourquoi ces femmes ne couchent-elles avec
aucun homme sauf le procureur ? »
Ce n’est pas que je me soucie
moins de l’industrie du porno-pour-de-l-argent, pour ses libertés
d’expression ou de propriété. C’est hors de propos : pourquoi se soucier
uniquement de ce type de business ? Cibler la pornographie révèle une
planification et des priorités, pas une spontanéité anti-capitaliste.
Ceux qui mènent une politique calculatrice ne peuvent se plaindre si on
les interroge sur leurs raisons de se battre.
L’idéologie
fasciste s’adapte toujours de façon incongrue à son public, ce sont des
populations choisies, à qui on explique qu’elles sont à la fois
oppressées et supérieures. Les Allemands n’ont pas vraiment perdu la
première guerre mondiale – comment le pourraient ils ? dans l’hypothèse
qu’ils sont supérieurs- ils ont donc été poignardés dans le dos. (mais
comment une race supérieure peut elle laisser arriver une telle
situation ?) les hommes (seulement), nous a-t-on dit lors d’une diatribe
d’un mouvement féministe/ anti-porno (APM) à Toronto, « ont créé la
destruction de la nature et la culture de la haine des femmes ». Si
c’est le cas, alors soit les femmes n’ont jamais contribué en rien à
l’édification de la culture, soit il y a un peu plus en elle que la
haine des femmes et la destruction de la nature.
Poursuivant leurs
propres buts (qui est parfois aussi bas que la rivalité sexuelle avec
des hommes hétéros pour des femmes que les deux parties désirent), les
féministes auto-proclamées réduisent les femmes à de pauvres créatures,
proches du légume, victimes passives de la volonté et de la coercition
masculine. C’est insulter profondément la femme d’une façon que même les
pires idéologies patriarcales – la notion juive de la femme comme
source de pollution par exemple, ou le cauchemard chrétien de la femme
comme tentatrice ou incontrôlable et naturelle force sexuelle-
n’atteignent pas. Ils diffament sur les femmes comme sur le diable mais
ne la considèrent pas impuissante. Le nouveau stéréotype de la femme en
tant que victime n’est pas uniquement attribuable au 19e siècle
Victorien patriarcal et bourgeois où la femme est réduite à un ornement,
mais aussi par le déni aux femmes du pouvoir créatif inhérent à chacun,
c’est placer les attentes des femmes à au même niveau que ceux qui les
réduisent à des mères porteuses.
Supposons qu’au lieu de ce que les
plus ferventes féministes et anti-misogynes prétendent, que les choses
ne soient pas si mal, que les femmes aient été autant sujets que objets
de l’histoire. Alors comment les femmes, ou tout autre groupe organisé :
les travailleurs, les noirs, les indigènes, peuvent elles être
entièrement innocentées des arrangements qui les condamnent à être
dominées ? Il y a des raisons a cette complicité, on ne peut nier leur
existence.
Ce ne sont pas des « raisins trop verts ». Cela ne m’a
jamais dérangé que certaines femmes n’aiment pas les hommes, même
lorsqu’elles ne souhaitent plus rien avoir à faire avec eux. Je déteste,
moi même, la plupart des hommes et particulièrement les archétypes
« masculins ». Je ne peux cependant pas m’empêcher de remarquer qu’une
immense majorité des femmes pense le contraire. Les féministes
radicales l’ont également remarqué et cela les distrait. Je serais le
premier à approuver qu’une vaste majorité peut avoir tort. Si ce n’était
le cas nous serions les lunatiques imbéciles que presque tous le monde
pense que nous sommes. Mais lorsque je critique ces majorités, je ne
prétends pas parler à leur place. Les féministes radicales, sont, elles,
des vengeresses. Ainsi, elles ne peuvent s’empêcher, en tant que
misanthropes d’être également misogynes.
Assimiler la pornographie
au viol –derrière toute la bave rhétorique et rancunière, cela semble
être un des axes principaux d’APM (anti-porn movment NDT)- sert
certainement à rendre le porno plus important. Si le système bâti par
les hommes (comme on nous le dit) est fait pour dénaturer les
oppositions dont le féminisme est la plus révolutionnaire, alors il
semble que le résultat soit que le viol paraît aujourd’hui plus banal et
insignifiant. C’est la vieille histoire du garçon qui criait au loup.
(de façon similaire, les media manipulateurs ont assimilé
l’anti-sionisme à de l’antisémitisme pour « nettoyer » Israël lorsque
ses politiques d’expansion et d’extermination ont créé en son sein des
anti-sionistes.)
Selon l’épistémologie féminine, les hommes ne
comprennent rien à la véritable nature des femmes. On pourrait
logiquement penser que la brouille entre les sexes résulterait de
disparités dans les rôles et discriminations qui iraient dans les deux
sens, c’est ce que concluent la plupart d’entre nous dans la situation
présente. Mais non : les hommes ne comprennent pas les femmes, par
contre les femmes (quel que soit leur degré de féminisme) comprennent
les hommes. Les femmes –experts féministes, ou pas- comprennent la
pornographie et sa signification pour les hommes mieux que les hommes
qui l’écrivent ou la lisent – et les séparatistes lesbiennes, qui
évitent les hommes et refusent les relations sexuelles avec eux, savent
tout cela encore mieux que les autres. Plus votre expérience est proche
de la vraie vie des hommes, mieux vous la comprenez. A ce propos, le
pape n’est il pas, comme il le prétend, l’autorité suprême sur les
femmes et la sexualité ?
Le rapprochement entre le viol et la
pornographie est allégorique et non pas empirique. On pourrait le
comparer avec la récemment ravivée « folie du joint » selon laquelle la
marijuana conduit à l’héroïne. Le progrès n’est jamais aussi absurde que
lorsque l’état se l’approprie pour ses propres buts. Si le féminisme
n’existait pas, les politiciens conservateurs devraient l’inventer. Si
les harpies de l’APM faisaient face aux gens au, lieu de leur propres
projections enfiévrées, elles découvriraient que la majorité des hommes
pubères ne s’intéressent pas au porno, pas parce qu’ils sont
politiquement correct mais parce que c’est évidemment vulgaire, sale et
inférieur à l’acte lui même.
Les brûleuses de livres féministes sont
lâchement opportunistes. Si elles s’opposent à une socialisation
subliminale des femmes dans des rôles inférieurs vis à vis de l’homme,
alors leur première préoccupation aurait dû être « cosmopolitan »
(magasine féminin un peu comme Elle NDT), les romances de Barbara
Cartland et toute la littérature crypto-pornographique écrite pour et
par les femmes. Apres tout, le sang et la violence sont dérivatifs,
seules les victimes peuvent être abusées. Il y a 15 ans, les premières
libératrices de la femme (devenues aujourd’hui des prêtresses, des
avocates ou des bureaucrettes de la haute) frappaient au moins leurs
ennemis influents comme Hugh Hefner ou Andy Warhol. Aujourd’hui elles
terrorisent des punks anarchistes adolescents (cette anecdote est issue
de « THE MATCH !» dont les collages insinuaient que Margaret Thatcher
est un dirigeant, « la mère d’un millier de morts » et pas « une sœur ».
Telle est la logique de ce drôle de déterminisme biologique : tout
animal équipé d’un vagin est l’une des Nôtres, tout autre personne est
l’un d’entre Eux. C’est se faire l’écho du Firesigne theatre : « qui est
nous après tout ? »
Les gauchistes masculins, par exemple,
donneraient « le bon dieu sans confessions » aux velléitaires
féministes. Ils mélangent leur culpabilité pour les indécences du passé
avec leur présente envie d’aller dans la culotte des féministes
gauchistes. Par exemple Berkeley, en Californie (dont je suis voisin)
est remplie de féministes masculins dont la conversion était une façon
de coucher facilement. Ce genre de choses arrive aussi à Toronto et sans
aucun doute dans beaucoup d’autres endroits. Ce genre d’arrières
pensées ne semblent pas, pourtant, discréditer à leurs yeux l’idéologie
dont ils dépendent – on peut arriver aux bonnes conclusions pour les
mauvaises raisons. Mais une opinion peut paraître idiote à quiconque n’a
aucun intérêt à l’embrasser, ainsi d’inexplicables engagements
d’intellectuels masculins semblent n’être, de façon très plausible, que
des rationalisations égoïstes et non sincères.
Il est possible que
cette idéologie que je condamne est une phase que ces gens doivent
traverser pour se libérer, les dommages collatéraux nécessaires à
l’établissement d’un projet de libération collective. Certaines
anciennes disciples du féminisme ont déjà évolué vers la question plus
générale de la liberté, et la plupart en sont devenues meilleures pour
ce en quoi elles ont cru en premier lieu. Nous avons tous des
antécédents embarrassants (Marxisme, libertarisme, objectivisme,
syndicalisme…) à laisser derrière nous : si nous ne l’avions pas fait,
il est peu crédible que nous serions arrivés à finalement penser par
nous même. Etre Trotskiste ou jésuite, c’est, en soi, être un croyant et
donc être dupe. Et tout « déviant » un peu rigoureux dans n’importe
quel système pourrait malgré tout nous montrer le chemin hors du système
tout entier.
Il cependant peu intéressant que les critiques
féminines soit exclu(e)s comme des traîtres alors que les critiques
masculins sont ignorés ou diffamés par question de principe. (On
pourrait faire un parallèle avec le maintien de la conspiration du
silence sioniste : les critiques non-juifs sont appelés antisémites, les
critiques juifs sont appelés « juifs antisémites » [Jewish self-hatred]
) Le séparatisme, en tant que programme social, est absurde et
inconsistant. Mais cette semi-isolation rend l’endoctrinement des
néophytes plus facile et permet de faire taire les arguments ou preuves
des groupes isolés : un phénomène que les féministes radicales partagent
avec des groupes comme les Hare Krishna, les rêveurs[Moonies] ou autres
cultes. C’est une chance que leur doctrine ou leur culture soient si
repoussants au premier abord : j’ai remarqué un « grisonnement » du
féminisme radical : alors que la culture et la politique des sixties
restent à la mode, de moins en moins de femmes ont eu une
pré-imprégnation qui pourrait les préparer au lavage de cerveaux
féministe. Les féministes radicales, comme elles se nomment d’elles
mêmes, de vingt ans sont rare et deviennent de plus en plus rares.
Le
féminisme radical (aucun intérêt de discuter de ce titre avec ses
propriétaires) est une idéologie lucrative, sexiste, autoritaire,
haineuse, dogmatique à laquelle les révolutionnaires accordent une
légitimité immérité en la prenant au sérieux. Il est temps d’arrêter de
faire des matrones de ces terroristes du banal et de les tenir pour
responsable de leur prêches génocidaires et de leurs pratiques
diaboliques. Leur insistance s’est retournée contre elles ou même
parfois contre des « sœurs » supposées.
Comment contrarier les
fémino-fascistes ? C’est très simple : prenez les face à face et traitez
les comme des égales… vous les entendrez brailler. Les impératrices
n’ont pas de vêtements, et ça que j’appelle l’obscénité.
Bob Black
Traduction par Flugute d'un texte en anglais publié à cette page : http://www.inspiracy.com/black/abolition/feminism.html
Source : L'En Dehors
|