Les pauvres toujours trop riches ?

Date : mardi 11 mars 2008 @ 16:00:33 :: Sujet : �conomie

La politique capitaliste et lib�rale vit une acc�l�ration vertigineuse depuis l'arriv�e au pouvoir de Sarkozy. Tandis que les cadeaux se multiplient pour les riches (r�formes fiscales entre autres), les pauvres se voient sans cesse plus pauvres. Et comme si la culpabilisation des ch�meurs et RMIstes ne suffisait pas, le minist�re du budget a d�pos� le 30 janvier dernier un d�cret concernant les �modalit�s d'�valuation des biens et des �l�ments de train de vie des personnes �ligibles aux minima sociaux�.



Les �l�ments �valu�s concernent les biens immobiliers, les v�hicules � moteur, l'�lectrom�nager, le mat�riel informatique, vid�o et son, les voyages et s�jours, l'adh�sion � un club de sport, etc. M�me les oeuvres d'art seront prises en compte. L'octroi du RMI, de la CMU et d'autres prestations familiales pourra �tre mis en cause si le montant de l'�valuation d�passe la moiti� du montant annuel du RMI (soit X euros).

En gros, il suffit d�sormais d'avoir un frigo, un lecteur CD, un vieil ordinateur et une mobylette en panne pour �tre consid�r� comme �trop riche� pour b�n�ficier des minima sociaux. On peut s'attendre � ce qu'une part importante d'allocataires se voie priv�e d'un revenu d�j� bien mis�rable.

Ce d�cret constitue donc une attaque tr�s grave au syst�me de solidarit� sociale. Les personnes priv�es d'emploi risquent de se retrouver tr�s rapidement dans des situations d'extr�me pr�carit�, contraintes de vendre les maigres biens qu'elles poss�dent encore, et finalement pouss�es � la rue.

Un syst�me de contr�le inacceptable

D'autre part, ce d�cret implique la mise en place d'un syst�me de contr�le � grande �chelle sur la vie priv�e des individus. �valuer tous les biens pr�sents au domicile s'apparente bel et bien � une forme de perquisition, quand bien m�me elle est men�e par des agents de la CAF. On imagine d�j� les visites intempestives r�p�t�es � domicile et l'�pluchage des comptes bancaires. Les donn�es de ces �valuations vont venir compl�ter les multiples fichages liberticides d�j� mis en place (identit�, code g�n�tique, d�placements, revenus, d�marches de sant�, etc.). L'�tat pourra bient�t acc�der en quelques clics au moindre d�tail de la vie priv�e de chacun d'entre nous.

L'argument de la lutte contre la fraude aux minima sociaux est �videmment mis en avant pour justifier la mise en place de ce contr�le. Pourtant, les conditions d'obtention de ces minima n'ont cess�es de se durcir ces derni�res ann�es, et celui ou celle qui a eu � solliciter des aides sociales sait bien quel parcours du combattant cela constitue. Les quelques fraudeurs qui ne doivent pas manquer d'exister ne peuvent pas faire oublier le nombre sans cesse plus important de personnes qui subissent une pr�carit� qui est partie int�grante de la logique capitaliste. Sans le ch�mage et l'exclusion, les dirigeants et les poss�dants auraient bien du mal � faire accepter des conditions de travail aussi d�grad�es et des salaires aussi bas.

Cette soci�t�-l�, on n'en veut pas !

Ce d�cret est � int�grer � l'ensemble des mesures politiques, �conomiques et sociales qui sont en train de laminer les acquis de solidarit� sociale pour instaurer une soci�t� bas�e sur le seul pouvoir financier.

Nous, en tant qu'anarchistes, refusons cette logique lib�rale qui ne peut que renforcer les in�galit�s et la mis�re humaine, alors qu'il n'y a jamais eu autant de richesses produites. Il est grand temps de faire fl�chir la logique lib�rale, avant que la notion de solidarit� sociale ne soit plus qu'un souvenir lointain.

Ils ont le pouvoir de l'argent, nous avons le pouvoir de la rue et de la production. La mis�re n'est pas une fatalit�, l'ob�issance et la soumission non plus.

Pour avoir la libert� et l'�galit�, il va falloir lutter !

L'�galit� �conomique et sociale, mars 2008 Feuille mensuelle de l'Union locale lyonnaise de la CGA
http://www.laplumenoire.org/ees.php
http://www.c-g-a.org
[texte repris des sites http://juralibertaire.over-blog.com & http://www.endehors.org ]






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