
Chronologie des luttes anti-carc�rales dans les annees 80 en France
Date : vendredi 15 f�vrier 2008 @ 15:04:38 :: Sujet : International
Extrait d'un num�ro du journal L'envol�e
L'amnistie d�cr�t�e par les socialistes et communistes sera
d�risoire (inf�rieur � celui d'un Ren� Coty, voire d'un Charles de
Gaulle). On repl�trera les prisons en lib�rant 5 000 d�tenus, mani�re
d'�viter que les taules ne craquent faute de place.
23.9.1981. A Toulouse, 13 heures, les � Bombeurs Anonymes pour la
D�fense des Incarc�r�s Tr�s Excit�s par Robert � (B.A.D.I.N.T.E.R.)
revendiquent les bombages � l'int�rieur du palais de justice :
� destruction des QHS �, � les juges au ch�mage �, � lib�rez les
taulards �. Dans un tract distribu� et laiss� sur place, les auteurs
exigent la lib�ration des 7 inculp�s dans l'affaire de
Cond�-sur-Escaut, en gr�ve de la faim depuis 30 jours pour certains
d'entre eux� et ceux dont la police a elle-m�me reconnu le caract�re
politique de leur d�lit mais qui n'avaient pas revendiqu� leur
motivation face � une justice de droite� la satisfaction des d�tenus en
lutte et la destruction des QHS.
23.9.1981. A Paris, mise � sac du salon du restaurant de la Tour
d'Argent par une cinquantaine de personnes. Les auteurs � �un des
c�nacles de la grande bouffe �.
24.9.1981. A Paris, incendie de cinq bureaux du Comit� de probation
des peines (notamment charg� de la r�insertion des d�tenus lib�r�s). Le
m�me jour, vol du glaive de la statue de Saint-Louis devant le ch�teau
de Vincennes. Ces trois actions ont �t� revendiqu�es � l'AFP par le
groupe � nous �� pour attirer l'attention sur le sort des 7 d�tenus de
l'affaire de Cond�-sur Escaut qui poursuivent leur gr�ve de la faim.
Nous ne les laisserons pas mourir. Nous prendrons toutes les mesures
qui s'imposent dans une situation bloqu�e.
26.9.1981. A Toulouse, 9 heures, au centre ville, un groupe de six
personnes masqu�es p�n�tre chez Germain (�picerie fine, d�positaire des
produits Fauchon), certains arm�s d'extincteurs (remplis d'un m�lange
d'ammoniaque et de peinture) ont asperg� les fromages, beurres,
cervelas� Dans un tract laiss� sur place sous forme de t�l�grammes,
G.E.R.M.A.I.N. (Gastronomes �c�ur�s R�volt�s par le Manque
d'Alimentation des Incarc�r�s Non-amnisti�s) s'explique : � Pour vous
bourgeois Stop - Avons d�cid� Stop - En soutien aux d�tenus en gr�ve de
la faim de supprimer Stop - votre prochain caviar dominical Stop - par
quelques jets intempestifs de peinture Stop - une tornade color�e a
biod�grad� Stop - votre �picerie favorite. Germain. Stop - mani�re de
rappeler � vos estomacs trop pleins, ceux vides de nos camarades Stop -
lib�ration de tous les prisonniers politiques. Suppression des QHS.
Satisfaction imm�diate des revendications des d�tenus en lutte. Arr�t
des proc�dures d'extradition �. A Perpignan, une �picerie subira le
m�me sort.
Dans la nuit du 29.9 au 30.9.1981, deux occupations men�es par une
quarantaine de personnes se r�clamant du � Comit� pour la lib�ration
des prisonniers politiques �, l'une au si�ge de l'AFP, l'autre aux
locaux du journal le Quotidien de Paris.
Dans la m�me nuit, vers 3 heures, � Carmaux (Tarn), c'est la statue
de Jean Jaur�s qui est d�truite par une explosion. Action revendiqu�e
par un groupe libertaire � Les Artilleurs du Grand Soir �, exigeant la
lib�ration des inculp�s de l'affaire Cond�-sur-Escaut.
D�but octobre 1981, � Paris, c'est le mannequin en cire de F.
Mitterrand qui sera enlev� au Mus�e Gr�vin. Le groupe G.R.E.V.I.N.
(Groupe R�volutionnaire Enrag� Vindicatif Irresponsable et Nuisible)
qui revendique l'enl�vement, a d�cid� � �de frapper r�solument au c�ur
de l'Etat social-d�mocrate � r�pondant � coup pour coup � la d�tention
de prol�taires emprisonn�s dans les ge�les de l'Etat � et demandant la
lib�ration des prisonniers politiques.
6.10.1981. A Paris, vers 22 h 30, une trentaine de personnes se
r�clamant pour certains d'un � Comit� unitaire pour la lib�ration des
prisonniers politiques � envahissent et occupent FR3.
Une action de solidarit� marque la fin de l'ann�e 1981. Dans la nuit
du 30 au 31 d�cembre, une explosion d�truit une partie de la fa�ade de
la maison d'arr�t de Montpellier. La porte blind�e est arrach�e de ses
gonds, de nombreuses vitres sont bris�es et deux voitures de matons
sont d�truites. Le B.O.U.M. revendique (pour une Bonne et Opportune
Utilisation de la M�linite). � Il faut que les matons sachent qu'ils ne
b�n�ficient d'aucune impunit�. Les prisonniers sont totalement � leur
merci � l'int�rieur. Nous, nous sommes � l'ext�rieur et nous
r��quilibrons le rapport de force. Regardez ce qui s'est pass� avec
Robert Galland. Il a �t� tu� dans sa cellule en 1979 par un gardien ou
au moins avec sa complicit�. Ce gardien travaille toujours � la prison
alors que la justice conna�t son nom et sait ce qu'il a fait. L'enqu�te
officielle tra�ne et n'aboutit � rien. Nous ne voulons pas que les
gardiens se croient autoris�s � commettre ce genre de meurtres l�gaux.
On a mis l'accent sur les morts que nous aurions pu provoquer mais
qu'a-t-on fait pour �claircir les conditions dans lesquelles entre 1977
et 1981 cinq personnes sont mortes en prison ? � � Nous n'avons rien �
voir avec les charognards frustr�s qui s'appellent "Comit� pour
l'am�lioration des conditions de d�tention" ou d'autres. (�) Nous
sommes contre toutes les prisons, qu'elles soient vieilles et sordides
comme celle de Montpellier ou modernes comme celle de N�mes. Nous ne
r�clamons pas la construction d'une nouvelle prison, nous sommes pour
la suppression de l'univers carc�ral et nous demandons en priorit� la
suppression des QHS. Les Socialistes avaient promis leur disparition.
Maintenant, on se rend compte qu'ils veulent garder le m�me syst�me.
Nous ne les laisserons pas faire. On ne peut pas "humaniser" les
prisons. Il faut les d�truire (�). Nous ne faisons pas de distinction
entre prisonniers politiques et prisonniers de droit commun� Ils sont
tous des prisonniers sociaux. Nous briserons les barreaux du silence
qui les enferme� �.
Fin janvier 1983, c�t� italien, une matonne de la prison de
Rebibbia, � Rome, est enlev�e par les militants du � Pouvoir
prol�tarien arm� � et soumise � un interrogatoire � son domicile. La
matonne sera ex�cut�e. � Nous d�truirons les prisons et le personnel
politico-militaire qui y travaille � d�clare le texte de revendication.
7.9.1983. Un colis pi�g� destin� � un maton de la maison d'arr�t de
Rouen explose et tue sa fille. Pour le syndicat FO maton, � il est
temps de prendre des mesures efficaces, tant mat�rielles que juridiques
pour emp�cher l'italianisation des professions judiciaires et
polici�res �.
5.10.1983. Quatre matons de la prison Saint-Paul � Lyon sont tour � tour poursuivis par des inconnus circulant en voiture.
16.9.1984. Un maton de la maison d'arr�t de Vannes est agress� � la
sortie du dancing par plusieurs personnes dont un ex-d�tenu inculp� par
la suite.
29.11.1984. Les locaux parisiens du syndicat autonome du personnel
p�nitentiaire sont d�truits � l'explosif. Dans un texte intitul�
� Lettre pi�g�e aux crapules socialistes n� 3 � et sign� par le groupe
Geronimo. Les auteurs d�clarent s'en �tre pris au S.A.P.P. pour
� manifester notre col�re contre la politique criminelle des
socialistes en mati�re d'extradition et pour manifester notre soutien
aux prisonniers et prisonni�res qui luttent contre l'avilissement de
l'enfermement. Nous appelons tous les r�volt�s et les anarchistes �
d�terrer la hache de guerre. Il est grand temps. Aujourd'hui, le local
des matons, rue des Moulins �.
20.6.1985. Des installations de la SNCF sont sabot�es �
Ch�telet-en-Brie, ce qui entra�nera des retards dans le trafic.
Os'Cangaceiros** signe et � exige la lib�ration des prisonniers et
l'arr�t des poursuites engag�es contre les mutins qui s'�taient
r�volt�s contre leurs conditions de d�tention au mois de mai dernier �.
Le lendemain, des pneus, de la paille et des traverses sont
incendi�s sur les rails de la voie ferr�e Nantes-Paris. Action
revendiqu�e par Os'Cangaceiros.
27.6.1985. Pr�s de Toulouse, un incendie est provoqu� sur la voie
Toulouse-Paris. Le G.A.R.E. (Groupe d'Appui aux Rebelles Emprisonn�s)
diffuse un communiqu� : � Sabotage voie ferr�e Saint-Joly-Toulouse.
Blocage du Capitole. Soutien � la r�volte des prisonniers. Remises de
peine pour tous les condamn�s. Lib�ration de tous les prisonniers.
Arr�t d�finitif des expulsions d'immigr�s. Amnistie pour tous les
mutins. Et� br�lant pour la France matonne �.
Dans la nuit du 29 au 30 juin, 2 compresseurs de l'imprimerie Presse
Loire Oc�an � Saint-Herbain, qui tire des journaux parisiens, sont
sabot�s par les � Amis des taulards r�volt�s � pour protester contre la
fa�on dont est �voqu�e la situation des d�tenus dans ces journaux.
Le m�me jour, le Paris-Bruxelles est stopp� par le groupe
Os'Cangaceiros. Les wagons sont bomb�s : � Amnistie pour tous les
taulards �, � Arr�t des expulsions �.
Peu apr�s, le 1er juillet 1985, les installations de la SNCF sont
sabot�es � Jonqui�res, entre N�mes et Tarascon. � Les Hooligans du
rail � revendiquent et d�clarent avoir agi par � solidarit� avec les
d�tenus �.
Le 9 juillet 1985, 4 militants des � Amis des taulards � sont
arr�t�s et �crou�s � Rouen pour les diverses actions de solidarit� des
jours pr�c�dents contre les installations ferroviaires.
12.7.1985. A Paris, vers 6 h 30, sabotages dans le m�tro, le trafic
a �t� perturb� sur les lignes 3 et 13. Des inconnus, pour manifester
leur solidarit� avec les d�tenus, ont renvers� une b�tonni�re et de
grosses bobines de c�bles sur les voies. Ils ont couvert le mur de la
station Bourse d'inscriptions r�clamant la lib�ration de tous les
pr�venus, l'arr�t des expulsions des immigr�s et ont exprim� leur
solidarit� avec les � Hooligans du Val-de-Seine � et les � Pirates du
rail � interpell�s r�cemment � Rouen. Cette action a �t� sign�e � Ordre
Noir �.
13.7.1985. � Nos amis cr�vent en taule, videz les prisons � �crivent
ceux qui ont incendi� � Lyon le v�hicule du directeur de cabinet du
pr�fet. Le v�hicule de fonction d'un colonel de l'arm�e de l'air est
�galement d�truit � Lyon. D'autres bombages : � Nos amis cr�vent �
Saint-Paul et � Saint-Joseph �. � On a la haine �. On comptabilisera
une quinzaine d'actions de ce type depuis le 20 juin.
Le 15 juillet � Aurillac, une centaine de voitures du Tour de France
sont endommag�es par le � Comit� de soutien aux taulards �.
Le 16 juillet 1985, l'atelier d'un concessionnaire-n�grier en
rempaillage, connu pour payer les d�tenus de la maison d'arr�t de
Saint-Michel au lance-pierres, est d�truit par un incendie � Toulouse.
Les murs de l'immeuble seront bomb�s de diverses inscriptions : � Vive
les mutins de Chaumont, Lyon et Fleury �, � Comit� des quatre de
Rouen �, action sign�e par Los Bandoleros.
Le 19 ao�t 1985, Les � Amis des taulards r�volt�s � revendiquent le
sabotage des installations de l'imprimerie Rh�ne Offset Presse � Lyon,
en r�ponse � � la campagne de calomnie men�e par toute la presse contre
les taulards r�volt�s. �
2.1.1986. Le commissariat de Gennevilliers est l'objet d'un
attentat, un communiqu� est diffus� : � Non � la justice sectaire, non
� la justice raciale et bourgeoise. L'explosion du commissariat n'est
que symbolique. C'est en repr�sailles � toutes les injustices dans les
pr�toires de France. Nos meilleurs v�ux � tous les d�tenus, sans
distinction de sexe, de race ou de religion. A tous les amis qui se
reconna�tront, salut ! �.
26.2.1986. Six lignes de m�tro sont sabot�es. Action revendiqu�e par
� Les travailleurs du n�gatif � � pour soutenir les d�tenus Courtois,
Khalki et Thiolet, incarc�r�s � la suite de leur action au palais de
justice de Nantes. Khalki est en gr�ve de la faim depuis deux mois. �
27.4.1986. Autre action ext�rieure contre une prison. Une voiture
contenant six grosses bouteilles de butane explose le long d'un mur de
la maison d'arr�t St-Michel � Toulouse.
Premi�re semaine du mois de juin 1986, � Chypre, l'ancien directeur
de la prison centrale est tu� par l'explosion de sa voiture.
18.7.1987. Des gens se revendiquant d'� Action Directe � tentent de
faire exploser le v�hicule d'un maton devant la prison de Montluc �
Lyon et diffusent un texte : � Nous frapperons l'Etat et ses
domestiques quand, o� nous voudrons et nous commen�ons par une action
symbolique contre le syst�me r�pressif de l'Etat mais nous n'h�siterons
pas � frapper plus durement si le r�gime sp�cial impos� � nos camarades
emprisonn�s continue� �. P 21.7.1987. Le groupe Celliah Chandrabose, du
nom du d�tenu mort des suites d'une gr�ve de la faim � la prison de
Fresnes, revendique l'incendie des locaux de FO � Rennes : � Non � la
mort lente� Rasons toutes les prisons� � �crivent-ils sur les murs des
locaux incendi�s. P 22.2.1988. C'est l'institut m�dico-l�gal qui est
plastiqu�. Action revendiqu�e par � Solidarit� r�volutionnaire
Internationale �. Dans un tract laiss� sur place les auteurs
affirment : � Un Etat trafiquant d'armes, une soci�t� qui tire profit
de la mort, ne doivent pas s'�tonner des r�actions au proc�s d'AD. Nous
ne sommes pas sympathisants d'Action Directe, mais ennemis de l'ordre
capitaliste et bureaucratique mondial et de sa logique de mort. Contre
cette logique cannibale, � bas la torture de l'isolement, suppression
des QHS. �
21.3.1988. Des textes �manant du FLNC sont adress�s � plusieurs
directeurs de prison afin � d'exiger des am�liorations des conditions
de d�tention et le regroupement des 43 nationalistes corses r�partis
dans 13 lieux de d�tention� �. � Au cas o� il ne serait pas rem�di�
dans les semaines qui viennent � cette situation, nos commandos se
verraient contraints d'engager des actions de plus en plus dures contre
le personnel de l'administration p�nitentiaire� �
D�but juillet 1988, deux matons sont tabass�s en descendant d'un bus � Marseille.
8.7.1988. Une charge explosive fait sauter le v�hicule d'un maton de la maison d'arr�t d'Ajaccio.
Dans la nuit du 9 au 10 avril 1989, le portail de la maison d'arr�t
de N�mes est � victime � d'un attentat � l'explosif. Action revendiqu�e
au nom du Comit� de D�fense des commer�ants et artisans dont deux
membres sont � cette �poque incarc�r�s. Le pr�sident de cette
association exprimera un d�menti.
notes
*GARI (Groupe d'Action R�volutionnaire Internationaliste).
Rassemblement de plusieurs groupes autonomes fran�ais et espagnols en
vue d'apporter une solidarit� concr�te et active au mouvement
r�volutionnaire espagnol et plus particuli�rement aux emprisonn�s du
MIL (Mouvement Ib�rique de Lib�ration). Apparu en mai 1974 lors de
l'enl�vement du banquier B. Suarez � Paris, le GARI a eu � son actif
jusqu'� son auto dissolution en ao�t 1974 de nombreux attentats et
plusieurs expropriations en France et en Belgique.
**Os Cangaceiros d�signent les bandoleiros de la fin du XIXe si�cle
qui pillent les riches fazenderos et ridiculisent la police au Br�sil.
Pas mal de doc est aussi dispo sur internet.
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