
� Le Black block n'est ni structur� ni command� �
Date : vendredi 21 d�cembre 2007 @ 11:41:20 :: Sujet : Entrevue
On croyait avoir tout lu et entendu sur le black block. Force est de constater que depuis la manifestation avortée de l'UDC, les médias aidés par les services de renseignements se livrent à une surenchère frisant parfois le ridicule. Pas toujours évident de faire le tri entre désinformation, mésinformation et intox. Eléments de réponse avec l'une des manifestantes masquées de la Place fédérale.
Tout d'abord le black block n'est pas une structure selon notre interlocutrice, il s'agit plutôt d'une entité éphémère, impulsive et ponctuelle. Pour être précis, il est erroné de parler du black block car il s'agit à chaque fois d'un black block différent ne serait-ce que par sa composition, ses buts ou son mode opérationnel. « Les black blocks du 1er mai à Zürich sont totalement différents de ceux qui pourraient sévir à Lausanne » Ses composantes sont multiples et proviennent d'horizons très divers : les black blocks sont des convergences d'individus politisés (et de tout l'échiquier politique) ou non, de toutes conditions sociales et qui sont parés pour l'action directe. Il n'est donc pas rare qu'anarchistes, extrémistes de gauche, autonomes, isolés de tous bords, flics en civil et casseurs apolitiques se retrouvent derrière la même banderole. « Il arrive aussi parfois, lors de rassemblements anti-globalisation notamment, que des extrémistes de droite se joignent aux black blocks. »
Actions directes
Notre interlocutrice ajoute qu'un black block n'est ni structuré et encore moins commandé par un individu ou un quelconque groupuscule. « Contrairement à ce qui est paru dans la presse à scandale, les actions directes ne sont généralement pas organisées pour exemple, samedi dernier la Place fédérale a été le théâtre d'une altercation entre un punk et un autonome parce que l'un des deux ne voulait pas faire exploser le camion Bell ».
« (...)Le but de chacun était d'empêcher la marche fasciste de l'UDC de parader à Berne, nous y sommes parvenus et nous en sommes fiers. La casse, mise à part celle de la Place fédérale, doit être perçue comme des dommages collatéraux pour se défendre contre l'agression et la violence de la police », justifie-t-elle.
Un Black block divers
« Les médias présentent généralement les black blocks comme un mouvement offensif, pourtant il n'est pas rare qu'un bloc se forme en queue de cortège pour protéger les manifestants pacifiques des charges de la police ou des agressions fascistes dont le rassemblement pourrait être la proie ». Dans ces cas-là, les black blocks jouent donc un rôle « préventif et défensif ». C'est notamment grâce à ce mode opératoire que bon nombre de manifestants s'en sont sortis sains et saufs du piège de Gênes en 2001.
A la question de savoir s'il faudra composer à l'avenir avec une recrudescence du phénomène des black blocks, la réponse est sans équivoque : « Si la Suisse ne fait pas le nécessaire pour museler ou éjecter du gouvernement les fascistes et les responsables du démantèlement social, on peut effectivement penser que de plus en plus de personnes participeront aux actions de résistance ».
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