
Les origines du christianisme et la v�racit� des faits contenus dans la Bible
Date : mercredi 21 novembre 2007 @ 14:08:51 :: Sujet : Religion
Ce texte est en rapport avec l'ouvrage écrit récemment par Claude Gétaz, "Le Roman Sabéen". Pour en savoir plus sur "Le roman Sabéen" : http://www.astromythologie.com/
Etre objectif, quand il s'agit de se prononcer sur la réalité
historique des personnages mentionnés dans la Bible, consiste à
examiner des documents et à interroger des spécialistes qui, parce
qu’ils ne sont pas tous d’accord entre eux, laissent planer le doute
sur la véracité des événements étudiés lorsque les documents
historiques (qu’ils soient de nature archéologiques, épigraphiques ou
littéraires) manquent pour attester leur existence.
Et c’est là précisément que le bât blesse. Que sait-on, en effet, en
dehors des textes sacrés consignés dans la Bible, ou en dehors des
travaux des exégètes, de l’existence réelle (ou historique) d’Adam et
Eve, de Noé, d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Joseph, de Moïse, de
Josué, de David, de Salomon, et plus tard de Jésus et des douze apôtres
?
A-t-on retrouvé, à cet égard, des preuves, dans les annales des rois ou
des peuples habitant les régions concernées, qu’Abraham a bel et bien
vécu en Mésopotamie au début de sa vie, ou en Egypte à un âge plus
avancé ; ou que Joseph a été vizir, en Egypte, de tel ou tel pharaon ;
ou que Moïse a fait sortir d’Egypte plus d’un demi million de personnes
afin de les emmener vers une Terre Promise qui ne deviendra telle
qu’après quarante ans passés dans le désert ; ou que David créa un
royaume qui, sous Salomon, est censé avoir relié l’Egypte à la
Mésopotamie ; ou enfin que Jésus, avant d’avoir trois ans, s’est
réfugié en Egypte avec ses parents pour échapper au meurtre voulu par
un Hérode qui a décidé de faire tuer tous les enfants de cet âge sous
prétexte que le futur roi des Juifs était l’un d’eux ?
Sur tous ces sujets, et malgré l’espoir qu’a suscité auprès des gens
d’Eglise une archéologie biblique qui doit beaucoup, au départ, au Père
Lagrange, on n’a rien retrouvé. Et ce ne sont pas Israël Finkelstein et
Neil Asher Silberman qui diront le contraire, eux qui, dans la Bible
dévoilée, montrent que les documents exhumés par les archéologues ne
cadrent absolument pas avec ce qu’on lit dans la Bible.
Bref, aussi longtemps qu’on n’a, comme source historique, que les
textes bibliques, on en est réduit à faire des conjectures à propos de
l’historicité des personnages mentionnés dans l’Ancien Testament de la
Bible (du moins si l’on considère les livres du Pentateuque).
Quant à ceux mentionnés dans le Nouveau, on n’est guère plus avancé à
leur sujet. Certes, on peut toujours alléguer que Jésus a effectivement
existé en lisant tel morceau des œuvres de Flavius Josèphe, de Suétone,
de Tacite, de Pline le Jeune, ou de Lucien de Samosate. Tous, à
l’exception de Josèphe, font allusion à un Christos qui est le dieu
Christos.
Quant à Josèphe, certains démontrent aujourd’hui que le passage de son
œuvre où il cite l’homme Jésus (un homme qui, vu sa sagesse, n’est déjà
plus un homme, à en croire le texte même de Josèphe) a été rajouté
après coup.
Voici un extrait du texte concerné (cf. Le Testimonium Flavianum, Antiquités juives, XVIII, 63-64) :
"Vers
ces temps-là un homme sage est né, s'il faut l'appeler un homme. Il
accomplissait notamment des actes étonnants et est devenu un maître
pour des gens qui acceptaient la vérité avec enthousiasme. Et il est
parvenu à convaincre beaucoup de juifs et de grecs. Le Christ c'était
lui."
Pour
en revenir à l’historicité des personnages mentionnés dans la Bible,
imaginons un instant qu’on retrouve des tas de documents (par exemple
en Egypte, en Syrie ou en Irak (qui correspond, en gros, à l’ancienne
Mésopotamie) démontrant que ces personnages ont effectivement existé en
tant qu’hommes, ou, ce qui revient au même, qu’ils ont été des
créatures historiques.
Ils perdraient alors, dans l’esprit de ceux-là même qui lisent les
textes sacrés, l’aura ou le caractère divin qu’ils ont acquis au fil
des ans.
Et ce qui vaut pour les personnages de l’Ancien Testament vaut également pour ceux du Nouveau.
Certes, mis à part les athées ou les sceptiques, personne aujourd’hui
ne conteste l’existence de Jésus. Cela est d’autant plus vrai que le
christianisme, dont Jésus est le Verbe ou le Logos, est aujourd’hui une
réalité qui pèse très lourd grâce à la présence de 1,5 milliards de
chrétiens sur terre.
Quant à savoir si Jésus a effectivement existé, c’est là une autre affaire.
Ceci dit, quels que soient les arguments présentés par ceux qui le
prétendent et ceux qui prétendent le contraire, la question est de
savoir de quel Jésus l’on parle et quels sont les preuves de son
existence.
Supposons un instant qu’on tienne les Evangiles pour des documents
historiques : on peut alors en conclure que Jésus a effectivement
existé. Dans le cas contraire, il s’agit d’examiner les autres
documents, et notamment ceux des historiens de l’antiquité qui
prétendent que Jésus (appelé Christos, ou Christus) a réellement existé.
Mais là est le fond de toute l’affaire : de quel Jésus parle-t-on dans
les Evangiles, et, au-delà, de quel Jésus parlent ceux qui, parmi les
premiers Chrétiens, adoraient un personnage du nom de Christos ou de
Christus ?
Si ce Jésus-là est un être paulinien, c’est-à-dire une créature
immédiatement divine, il est évident que le Jésus historique se
distingue de lui.
A partir de là, la question est de savoir si le personnage en chair et en os a effectivement existé ou non.
Supposons un instant qu’il ait existé et qu’il ait accompli, de son vivant, les miracles que lui prêtent les Evangiles.
En ce cas, le Jésus historique se confond, une fois crucifié puis
ressuscité, avec le Jésus divin auquel Paul fait allusion dans ses
épîtres.
Maintenant, supposons que le Jésus historique n’ait été qu’un simple
mortel et que celui-ci ait été divinisé après sa mort par ses
sectateurs et/ou leurs héritiers.
Ce Jésus-là n’a alors rien à voir, au départ, avec l’être divin que
Dieu aurait envoyé sur terre pour sauver les hommes de leurs péchés.
Etant devenu divin par la grâce même des Chrétiens qui se réclament de
lui (selon un processus appelé évhémérisme), il est supposé, dans leur
esprit, avoir accompli les miracles que lui prêtent les Evangiles, et
notamment celui qui consiste, après avoir guéri des malades et donné sa
vie sur la Croix afin de sauver les hommes, à ressusciter afin de
montrer à ces mêmes hommes qu’il est bel et bien le Fils du Père,
c’est-à-dire un personnage divin.
En effet, si vous interrogez le milliard et demi de chrétiens qui se
réclament aujourd’hui du Christ, chacun vous répondra que Jésus est un
homme (ou un homme dieu) qui a donné sa vie sur la Croix pour sauver
les hommes, et que, parce qu’il était divin, il a ressuscité.
Et si les personnes interrogées sont au contraire athées, elles vous
répondront que Jésus ne fut qu’un simple mortel qui, comme tel, fut
incapable de produire des miracles, dont celui de ressusciter.
Qui a raison et qui a tort dans ce dossier ?
Dans la mesure où la foi interfère ici avec la raison, on peut en
déduire que les chrétiens, précisément parce qu’ils sont cela, n'ont
pas besoin qu’on leur démontre par a+b l’existence de Jésus, et ce pour
la simple et bonne raison que la Bible est la Parole Divine et que, par
ce motif, elle n’a pas besoin de se démontrer.
En revanche, si l’on s’appuie sur la seule raison, ou la seule logique,
ou le seul logos, on est en droit d’attendre des historiens ou des
archéologues qu’ils nous démontrent, documents à l’appui, que Jésus a
bel et bien existé en tant qu’homme. Sinon, si ces témoignages font
défaut, on peut en déduire que les Evangiles, au lieu de décrire les
aventures de l’homme Jésus, décrivent celles d’un homme dieu appelé
Christos (ou Christ), lui-même étant un héros ou un dieu plutôt qu’un
homme (même si cet homme-là, à supposer qu’il ait effectivement existé,
est considéré comme une créature immédiatement divine par les docteurs
actuels de l’Eglise chrétienne).
En d’autres termes, si l’on présuppose qu’un être humain appelé
Jésus a effectivement vécu en Palestine sous tel ou tel empereur romain
(Tibère, Auguste, etc.), rien n’empêche de considérer que le personnage
des Evangiles se distingue de lui en cela qu’il a ressuscité des morts,
chose qu’un simple mortel est incapable de faire.
Mais là est l’objection fondamentale qu’on peut faire aux théologiens
et à tous les docteurs du christianisme : dans la mesure ou le Jésus
paulinien, ou, ce qui revient au même, le sauveur (ou futur sauveur) se
rencontre également dans les autres textes sacrés de l’antiquité (que
celui-ci s’appelle Zeus Soter, Dumuzi, Tammouz, Osiris ou Horus,
Dionysos, Adonai, Attis, Quetzalcoatl, ou tout ce qu’on voudra), il
appartient à un récit qui, au lieu d’être unique, se rencontrait dans
d’autres religions et/ou mythologies à l’époque de l’antiquité
(elle-même étant très très tardive lorsque ce même Sauveur s’appelle
Quetzalcoatl).
Ceci étant, on peut aller plus loin et considérer que les
personnages tels qu’ils apparaissent dans la Bible et les autres textes
sacrés (ou profanes) de l’Antiquité (songeons au Rig Veda, au
Mahâbhârata, au Râmâyana, à l’Avesta, ou encore à l’Iliade et l’Odyssée
d’Homère), tous ces personnages ont été au départ des dieux héros de la
végétation, lesquels deviendront des planètes ou des constellations
lorsque la religion elle-même deviendra sabéenne.
Ceci dit, quand on parle de religion, et, au-delà, de l’existence ou
non du Jésus historique, le problème ne situe pas tant dans le mot
religion que dans le mot histoire.
En effet, nous, gens du monde moderne, pensons différemment l’Histoire
que nos ancêtres (qui sont, dans le cas qui nous occupe, les premiers
chrétiens, et, si l’on remonte plus haut dans l’Histoire, des peuples
païens qui croyaient en d’autres dieux que l’Eternel et son envoyé sur
terre qu’est Jésus-Christ).
Pour eux, en effet, le Messie (qu’il s’appelle Hoshua, ou Yeoshuha, ou
Jésus, ou le Oint, ou Quetzalcoatl - on est ici dans la mythologie
aztèque) était censé revenir auprès des hommes (que ce soit pour les
réconforter ou au contraire pour les châtier) après les avoir quittés
pour un pays inconnu. Eux-mêmes attendaient son retour car il avait
promis qu’il reviendrait parmi eux.
Et c’est là qu’intervient l’idéologie. En effet, comme le savent tous
les spécialistes du monde antique s’occupant de religion, ce retour de
l’être providentiel se réfère au départ à une religion naturaliste qui
voyait dans le dieu de la végétation la créature providentielle capable
de faire revenir la vie et la végétation sur terre après les longs mois
d’hiver.
Et parce que la religion va devenir sabéenne avec le temps, ce
personnage providentiel va progressivement être identifié au soleil ou
à tel autre élément de la nature (songeons au dieu de l’orage capable
de faire tomber la pluie après une longue période de sécheresse), et,
au-delà, à telle planète ou constellation.
Supposons, à partir de là, que le Jésus historique ait effectivement
existé. Celui qu’on lit dans les Evangiles est alors sa doublure supra
mondaine (une doublure qui ressemblait à un dieu de la végétation quand
la religion des hommes était naturaliste – c’est là la thèse de John
Allegro dans son livre Le champignon sacré et la croix - , et qui
ressemble désormais à telle figure astrale, ce qui présuppose que la
religion des hommes est devenue sabéenne après avoir été naturaliste).
Et c’est précisément sur ce terrain-là que doit porter le débat quand on parle de Jésus.
Tout cela pour dire qu’il ne faut pas confondre l’homme Jésus, simple
mortel qui sera divinisé après sa mort, sous le nom de Christos, ou de
Christus, par ses sectateurs, avec le héros (ou dieu héros) auquel le
premier s’identifiait sous l’antiquité (un héros qui était lui-même un
dieu dans les religions naturaliste et sabéenne).
Maintenant, imaginons que le Jésus des Evangiles était immédiatement
divin. En ce cas, au lieu d’être un homme au sens strict, il est, sous
la forme d’une constellation, une créature céleste qui ressemble
effectivement à un homme.
Mais là est la différence entre l’homme et la constellation : tandis
que le premier habite, comme tous les humains qui se respectent, sur la
planète Terre, la seconde, elle, habite au départ tout en haut du
planisphère céleste, endroit qu’elle quitte pour se rapprocher
effectivement de la Terre lorsqu’elle se manifeste à l’extrémité sud de
l’hémisphère sud (un hémisphère sud qui renvoie ici au planisphère
céleste).
Bref, dans la mesure ou ce Jésus-là appartient à la religion sabéenne,
il est lui-même une constellation. Quant à la religion elle-même, elle
renvoie à un culte des astres qui, après avoir eu son heure de gloire
sous l’antiquité (une antiquité très tardive s’agissant de Sabiens dont
le nom apparaît pour la première fois dans le Coran), tomba dans les
oubliettes de l’histoire lorsque le monothéisme devint la religion des
hommes.
Ceci dit, il ne faut pas, en ces matières, confondre deux choses qui ne
se confondent pas. Il ne faut pas confondre une religion qui, après
avoir été sabéenne, est devenue monothéiste, avec une religion qui,
bien qu’elle soit restée sabéenne, met en scène des personnages dont
certains adorent un dieu unique qui n’est rien d’autre, sous le nom
d’Elohim ou de Yahvé Sabaoth, que le dieu du Temps et du Zodiaque (et
aussi, par voie de conséquence, le chef de l’armée des astres), tandis
que d’autres adorent des idoles au lieu d’adorer le dieu unique
(songeons par exemple à Terah, le père d’Abraham, ou à ceux des
Hébreux/Ibris qui adorent le Veau d’or au pied de la montagne du Sinaï
pendant que Moïse est monté sur la Montagne chercher les Tables de la
Loi).
C’est ainsi que, cartes célestes à l’appui (on est là dans
l’astronomie), on peut démontrer qu’Abraham et Moïse incarnent tous les
deux le Centaure, lui qui vénère un dieu unique (qui est l’occurrence
le maître du Temps et du Zodiaque) comparé à une troupe divine qui, par
le biais de certains de ses membres (qui sont ici des constellations),
adorent des idoles qui ne sont rien d’autre, dans la religion sabéenne,
que les étoiles associées à la constellation du Dragon.
Tout cela pour dire que les Anciens avaient du divin une autre
conception que nous les Modernes. Et c’est là que les théologiens et
les historiens de l’époque moderne se trompent : au lieu d’étudier la
Bible comme un livre qui est au départ un livre païen (plus exactement
sabéen), ils le lisent comme un Livre qui au contraire nie le paganisme
de nos ancêtres en mettant l’accent sur la nécessité de croire en
l’existence du Dieu unique et créateur de l’univers. Ces gens-là ne
comprennent pas que ce dieu unique est, dans la religion sabéenne, le
Maître du Temps et du Zodiaque, un Zodiaque qui, sous l’autre nom de
planisphère céleste, a pour acteurs des planètes et des étoiles.
Claude Gétaz
Source : Atheisme
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