Anarchisme en Guyane

Date : jeudi 04 octobre 2007 @ 16:24:49 :: Sujet : Communalisme

--> C'est nous les enfants de Cayenne
Source : L'En Dehors



Tr�s peu connue de la France m�tropolitaine, la Guyane est un d�partement d'outre mer fran�ais situ� au nord est du Br�sil et au sud du Surinam. Le climat y est tropical, tr�s chaud et tr�s humide. Sa surface fait trois fois celle de la Belgique pour seulement 150 000 habitant. La majorit� de sa population est concentr�e sur les trois villes principale: Cayenne (chef lieu), Kourou avec le centre spatial, et St Laurent du Maroni .90% de son territoire est compos�e de for�t tropicale quasiment vierge et la c�te Guyanaise fait pr�s de 300 km .
Contrairement aux id�es recues la Guyane n'est pas l'enfer vert qu'on imagine.C'est m�me un paradis si l'on sait un temps soit peu se passer du luxe de nos grande villes europ�ennes.

Quel rapport entre l'anarchisme et la Guyane?

La premi�re id�e qui vient � l'esprit lorsqu'on parle de Guyane c'est le bagne. En effet de 1852 � 1946 toute la vie Guyanaise reposait essentiellement sur l'Administration P�nitentiaire: la Tenciaire comme l'appelaient les d�tenus. Bon nombre de camarades anarchistes y ont �t� d�port�s et les conditions de d�tention y �taient tellement rudes que beaucoup y ont laiss� leur peau. Aujourd'hui les vestiges du bagne restent un des principaux attrait touristique de ce territoire.

L'anarchisme en Guyane aujourd'hui.

La faible densit� de population ses fronti�res perm�ables et le manque de z�le de l'administration font de la Guyane la terre promise des libertaires. Paris est tr�s loin de Cayenne et ses d�crets et lois on bien du mal a y �tre appliqu�s. Il n'y a aucune l�gislation en vigueur sur la chasse, la p�che, et sur la navigation fluviale . Bon nombre de v�hicules qui y roulent ne sont pas assur�s, peu de conducteur ont leur permis. On peut construire son carbet (case) ou on veut , personne ne viendra vous d�log�. Et bien que ce soit les m�mes lois qu'en m�tropole le cannabis par exemple est partout pr�sent. Tr�s peu de gens paient les taxes et impots. Les gendarmes sont peu nombreux passent la majorit� de leur temps � lutter contre l'immigration clandestine. Ca nous laisse donc le champ libre. Dire que la Guyane est une zone de non droit serait exag�r�, mais pas loin de la v�rit�.
Vu ce terreau propice bon nombres d'anar se sont install�s un peu partout en Guyane. En g�n�ral ces gens sont fort peu � cheval sur l'id�ologie, dans la pratique par contre ils sont horspair. J'en ai rencontr� sur cayenne, St Laurent du Maroni mais les plus originaux sont sans conteste ceux de Sa�l. Sur la crique Popotte � 6 km de Sa�l deux familles et quelques isol�s se sont install�s il y a une quinzaine d'ann�es et ont form� l'organisation Kanawa. Ils ont d�bois�s quelques hectares de for�ts et ont plant�s fruitiers et l�gumes, vivent de chasse et p�che. De temps en temps ils organisent des guidages en for�t et h�bergent les rares tourristes de passage.
Le P�re s'est intall� l� bas avec sa famille au d�but des ann�es 90, c'est un pariguot d'origine qui vivait jadis dans une communaut� en Arri�ge. Devant l'avanc�e toujours plus envahissante de la civilisation, il a d�cid� de partir plus loin et a aterri � Saul. Cet homme est vraiment quelqu'un d'exceptionnel, anarchiste et anticivilisatoiniste increvable, il a d�bois� son abbati et construit ses carbet � la force de ses bras. Bien organis� il fait venir de temps en temps les vivres indispensables par avion de cayenne (rhum, cartouches, riz , tabac, harricots...) . La crique Popote coule le long de son abbati, l'eau y est pure et est bue telle quelle sans �tre filtr�e. On peut y p�cher et se baigner � volont�.Tout au long de l'ann�e il r�colte des tas de fruits et l�gumes mais aussi d'autres plantes int�ressantes. Chez lui c'est la f�te tous les soirs, on dance on chante jusquau bout de la nuit, mais d�s l'aube on le retrouve dans sa plantation travaillant sans relache. Le gibier est abondant et la viande ne manque pas. Il instruit lui m�me ses enfants. Le jeudi il se rend � travers les bois jusque Sa�l ou le courrier et les vivres arrivent par Air Guyane (quand il ne sont pas en gr�ve).La micro soci�t� de Popote est pour moi id�ale, les contraintes sociales sont quasi inexistantes. Deux gendarmes mobiles viennent � Saul une nuit tous les deux mois, c'est tout dire! Et encore bien souvent ils viennent pour se reposer.
Cel� dit il ne faut pas croire qu'il est facile de vivre en for�t, l'entretien des plantations est quotidien, et rien de ce que nous trouvons a volont� en Europe n'est disponible. Bon nombre d'immigrants n'ont put y rester que quelques semaines tellement les conditions d'adaptation et de vie �taient difficiles.
Ces gens vivront en paix tant que la r�publique aura oublier ce petit coin de terre vierge!

Pour voir des photos de Sa�l et du coin :
http://perso.wanadoo.fr/yann.michel/guyane_recit_photo.htm http://chris.laine.free.fr/Saul/page_02.htm http://voyageenguyane.free.fr/saul.htm http://www.horizo.com/photo_guyane.htm http://laguyane.free.fr/villes/Saul.htm






Cet article provient de Anarkhia

L'URL pour cet article est : http://www.anarkhia.org/article.php?sid=1887