Un journal purement révolutionnaire  
     Accueil    Download    Soumettre un article
  Se connecter 23 visiteur(s) et 0 membre(s) en ligne.


  Post� le dimanche 06 ao�t 2006 @ 12:13:12 by AnarchOi
Contributed by: Luciditaire
Droit

Penauds journalistes et riches d�magogues, fr�les intendantes et lectrices de news, � les entendre sur leurs tribunes se targuer d�exprimer la d�fense d�un int�r�t pr�tendument National, avec un grand N niais, c�est � se demander le plus s�rieusement du monde s�ils fr�quentent les m�mes rues et s�ils consultent les m�mes dictionnaires que ceux des gens qu�ils influencent. Le terrorisme, par exemple, est un mot volage dans la gueule de ces b�tes de cirque.



Alerte au terrorisme! Aux cercles terroristes! Terrorisme biologique, bact�riologique, �cologique, c�est du pareil au m�me! Terrorisme d��tat, attentats � la bombe, Hezbollah, Oussama et Cie! Le terrorisme de Bush, le terrorisme �conomique, organis�, kamikaze, c�est de la soupe chaude qu�on nous sert, pour qu�on se gave l�esprit, de cinq � sept, tous les jours! Mais �a n�existe pas, le terrorisme est une invention, un moyen de lutte efficace selon l�approche qu�on peut en avoir. Dans la morale de ce qui est convenu d�appeler � l��thique � de ce continent (� combien mod�le) qu�est l�Am�rique, le terrorisme para�t �tre un acte ind�cent, alors qu�en certaines contr�es, dont la r�alit� est tout autre, l�invasion de son territoire par un �tranger imp�rialiste est un acte tout aussi ind�cent et condamnable. Lorsqu�il s�agit pour un pays qui se dit d�velopp�, technicis�, mod�le, d�imposer ses propres r�ponses � autrui, alors le mot � terrorisme � est abandonn� pour celui tout autant dangereux � d�int�r�t National �.

Les all�gres piailleurs des t�l�communications, journalistes et clowns d�actualit�s rectilignes, se plaisent quant � eux, dans un jeu infantile et d�une �troitesse � pi�ger le plus sot des radins, � coller des mots et des avatars, qui ne sont en fait que des jugements de valeur, � tous les gestes qu�ils captent dans le cadre r�ductionniste de leur objectif. Les journaux se contentent d�engraisser les signifiances d�une insignifiance qui leur est propre, et jamais neutre, d�un discours logique de phrases vestonn�es qui leur permettra de maintenir, par la manipulation de l�information, ce quotidien qui ne les rend pas trop inconfortables. Qui ne pense pas comme eux est n�cessairement contre eux, et s�emp�chant de progresser, il y aura course � la dominance; en bout de ligne, il y a des journaux de cent pages qui ne contiennent, mais l� absolument rien de pertinent, car tout y est d�form� et sorti de son contexte : une image ne vaudra jamais mille mots!

Bient�t, on accusera m�re-nature de terrorisme �cologique, � la suite d�un ouragan sur les c�tes floridiennes, ou d�un tremblement meurtrier en Californie; d�j�, l�expression � terrorisme �cologique � est en vogue pour d�signer les anarchistes qui commettent des attentats contre les gros pollueurs, ou encore des �cologistes nocturnes qui embellissent secr�tement leurs villes en plantant des arbres � des endroits strat�giques. Mais que dit-on des pollueurs, que dit-on des minist�res qui s�en indiff�rent, que dit-on des exploiteurs industriels, qui poss�dent les armes de dissuasion les plus fines, dans un terrorisme beaucoup plus subtil et efficace que celui qu�ils tentent d��craser en pays arabes par exemple, et enfin, du terrorisme qu�ils tentent d�imposer � la population comme �tant le seul qui s�vit actuellement sur Terre. On peut maintenant parler de � terroristes industriels �, de � terroristes m�diatiques �, de � terroristes statistiques �, et quant � pousser notre indignation jusqu�au bout, dans ce mot qui est � la mode, pourquoi ne pas consid�rer la masse, le peuple, cas�, ali�n� au syst�me, monsieur et madame trois-�toiles qui sont en inhibition de l�action, angoiss�s, stress�s, de � terroristes intra-organiques �, ou encore de � terroristes inconscients � ou � indirects �! Derri�re chaque mur, le m�me mur sous un autre angle de fabrication, notre envers du m�daillon n�est pas forc�ment l�envers de tous, derri�re chaque situation, que sommes-nous pour en juger?

Il y a de ces mots malheureux que l�on devrait �radiquer de notre vocabulaire, des mots grossiers, inexacts, empreints de valeurs qui ne sont jamais le fruit d�un hasard neutre, dont le poids et la cons�quence diff�rent d�un cerveau � l�autre. Terrorisme. Beaut�. Bonheur. Crime. Libert�. Pourquoi s�ent�ter � juger la Nature et l��tat de nos semblables? Investiguons les faits, avec lucidit� et conscience, �vitons de s�impr�gner des carcans de la pens�e journalistique et surtout, ayons peur des mots, ces manigances du langage conscient exprimant � peine le tiers de nos comportements et que de br�ves poussi�res de r�alit�.

Je conclus en posant ici une grande citation d��mile Durkheim, qui fait penser � ces jugements que portent nos mots par rapport � la r�alit� et son contexte qu�ils sont sens�s d�signer :

� Il ne faut pas dire qu'un acte froisse la conscience commune parce qu'il est criminel, mais qu'il est criminel parce qu'il froisse la conscience commune.�




Liens Relatifs




Temps : 0.0474 seconde(s)