AVERTISSEMENT
Le lecteur ne trouvera pas dans cette brochure un expos� homog�ne du n�o-malthusianisme th�orique et pratique. C'est une r�union de fragments parus dans R�g�n�ration.
Le premier article seul peut servir de canevas m�thodique pour une conf�rence, une brochure ou m�me un volume.
Les autres sont des d�veloppements sur la morale sexuelle et la s�lection humaine artificielle. Deux d'entre eux : La Vraie morale sexuelle et La Graine, ont paru dans des revues (Revue de morale sociale et Chronique m�dicale), en r�ponse � des enqu�tes sur la question sexuelle.
Nous avons jug� bon de publier deux articles traitant le m�me sujet, La Graine et le Choix des procr�ateurs. Ils se compl�tent l'un l'autre bien que, parfois, ils se r�p�tent.
Nous sommes persuad�s que cette brochure, bien qu'elle manque d'homog�n�it�, sera utile aux propagandistes.
LE N�O-MALTHUSIANISME
Prudence procr�atrice � bonne naissance
Sommaire de conf�rences
1. � Malthus a �tabli :
1� Que la population, si aucun obstacle ne l'en emp�che, cro�t ind�finiment en progression g�om�trique ;
2� Que la quantit� de subsistances que peut fournir un sol limit� est n�cessairement limit� ;
Donc : que la population a une tendance constante � s'accro�tre au-del� des moyens de subsistance.
Malthus, pr�tre et �conomiste anglais (1766-1838). Son ouvrage sur la population fut publi� en 1798.
2. � Les obstacles naturels � l'accroissement de la population sont tous douloureux, r�pressifs : morts de faim, de mis�re, de maladies, guerres, meurtres, etc.
La sauvagerie des pr�tendues civilisations a, jusqu'� ce jour, aggrav� les obstacles naturels.
3. � Les moyens fournis par la Science physiologique ne causent aucune douleur, sont pr�ventifs ; ils emp�chent les naissances, les conceptions non d�sir�es.
Ces moyens connus et employ�s par les riches sont consid�r�s comme contraires � la d�cence, � la moralit�, aux bonnes m�urs, par l'hypocrisie sociale, quand on les enseigne � ceux qui en ont le plus besoin, aux pauvres.
4. � Il y a int�r�t pour tous, individus, familles, groupes sociaux plus ou moins �tendus, humanit� enti�re, � ce que les enfants naissent de la meilleure qualit� possible.
5. � Cette v�rit� est admise pour toutes les esp�ces vivantes n�cessaires � la n�tre, aussi bien v�g�tales qu'animales, et la pratique des cultivateurs et des �leveurs est parfaitement conforme � la th�orie de la S�lection artificielle scientifique.
Reproduction des sujets les meilleurs au point de vue recherch� ; exemple : pour les chevaux de course, rapidit� ; pour les animaux de boucherie : quantit� et qualit� de la viande ;... ce devrait �tre pour les humains, un ensemble harmonique de qualit�s physiques, intellectuelles et morales.
6. � Pour notre race, la solution de ce probl�me, le plus grave de tous, est laiss� au hasard, et on le complique follement par la s�lection � l'envers, la destruction des meilleurs, la conservation, la reproduction des plus mauvais.
Unions ou mariages au hasard de gens qui ne se connaissent pas ; motifs de mariages autres qu'amour r�ciproque ; guerres industrielles, guerres internationales ; charit� n�gligeant les meilleurs, les laissant d�choir � tous �gards, soignant surtout les inf�rieurs, assurant leur reproduction.
7. � La morale positive ne peut �tre autrement d�finie que la science et l'art du bonheur de tout ce qui vit et sent, et avant tout de notre race.
Nous avons tous int�r�t � conna�tre cette science, � pratiquer l'art qui en est la cons�quence.
Tout individu qui pr�tend donner � la morale une autre d�finition bas�e sur les conceptions � priori, non d�montr�es, qu'il adopte, n'aboutit en r�alit� qu'� celle-ci : �Un acte est moral quand il me pla�t ; immoral quand il me d�pla�t.� Et c'est ainsi que chacun de ces m�taphysiciens pr�tend faire de ses r�veries la r�gle des autres humains.
8. � Pour arriver au bonheur de tous, il faut :
1� Une bonne organisation de la soci�t� humaine. Celle-ci n'a pu �tre r�alis�e par les individus en tr�s grande majorit� presque sauvages des temps pass�s et pr�sents. Elle le sera par les g�n�rations prochaines ayant re�u :
2� Une bonne �ducation. De celle-ci, seuls auront tir� tout le parti possible, pour eux et leurs semblables, ceux qui seront de :
3� bonne naissance.
Des exp�riences sociologiques impossibles aujourd'hui dans notre �tat d'int�r�ts antagonistes, de concurrence acharn�e, de luttes, de divisions, de haines, seront faciles � des gens de bonne volont�, ayant tous la m�me culture, bas�e sur le r�el, vivant dans l'abondance, dans un milieu d'int�r�ts concordants. � Bonne �ducation, c'est-�-dire exclusivement fond�e sur les r�alit�s scientifiques, sur l'observation, l'exp�rience, la libert�, l'affection, tout � fait d�gag�e des r�sidus m�taphysiques. Bonne naissance de parents de bonnes qualit�s, s'�tant choisis en parfaite libert� et n'ayant enfant� qu'avec volont� bien r�fl�chie.
9. � Le probl�me du bonheur humain a donc trois parties � r�soudre dans cet ordre et dans cet ordre seul :
1� Bonne naissance ; 2� Bonne �ducation ; 3� Bonne organisation sociale.
Les efforts pour r�soudre une partie du probl�me sont en grande partie perdus tant que les pr�c�dentes sont mal r�solues.
10. � C'est aux m�res de r�soudre la premi�re. Toutes savent que c'est un grand malheur, une grande faute, de mettre au monde des enfants qui ont des chances d'�tre mal dou�s, ou de ne pouvoir dans les conditions actuelles, recevoir la satisfaction enti�re de leurs besoins mat�riels et moraux.
Cette v�rit� est la plus importante de toutes.
11. � Les femmes doivent savoir que la science leur fournit les moyens efficaces et non douloureux de ne mettre au monde d'enfants que quand elles le veulent, et elles ne le voudront certainement alors que dans des conditions telles que leurs enfants aient toutes les chances d'�tre sains, vigoureux, intelligents et bons.
Que toutes l'apprennent, les inf�rieures aussi bien que les sup�rieures. De la sagesse, de la prudence, de la volont� raisonn�e de celles-ci, et de l'heureuse abstention de celles-l�, d�pend d'abord leur propre satisfaction, puis la premi�re, la plus importante condition du bonheur de l'humanit�.
En un mot, la maternit� doit �tre absolument libre.
Que le nombre des gens diminue provisoirement ou d�finitivement, peu importe. Mais que la qualit� de tous marche r�solument vers l'id�ale perfection.
Les moyens mat�riels sont d�crits dans des ouvrages publi�s ou adopt�s par la Ligue de la R�g�n�ration humaine, envoy�s seulement sur demandes de personnes majeures ; ou enseign�es par des m�decins et des sages-femmes indiqu�s par la Ligue.
12. � Les gens bien n�s, bien �lev�s, n'auront aucune peine � s'entendre pour cr�er les organisations sociales bas�es sur la r�elle libert� de chacun, assurant � tous l'abondance de tous les biens produits par la nature et l'industrie, et la f�licit� g�n�rale r�sultant de la bont� de tous envers tous.
LA VRAIE MORALE SEXUELLE
Les personnes au c�ur chaud qu'�meuvent profond�ment la �Question de Population� et les probl�mes poignants qui s'y rattachent, c�libat volontaire ou forc�, unions sexuelles l�gales ou ill�gales, prostitution, procr�ation volontaire ou involontaire, prog�niture des inf�rieurs, des d�g�n�r�s, r�g�n�ration, am�lioration de la race, sont souvent, quand il leur reste une dose plus ou moins forte d'une orthodoxie religieuse quelconque, singuli�rement d�tourn�es de l'�tude impartiale et des solutions audacieuses par la hantise de la puret�.
Attaquons cette n�faste doctrine. Afin de mieux asseoir leur domination sur les masses, les pr�tres de toutes les sectes ont avec le temps acquis d'�tranges droits de contr�le sur la satisfaction de nos besoins. Un peu d'amour et de reconnaissance pour l'auteur inconnu de rares bienfaits, mais surtout d'indicibles terreurs inspir�es par les cruaut�s de toutes sortes inflig�es par la nature, et l'ignorance compl�te des causes de ces biens et de ces maux, sont � la base de de toutes les croyances � priori. Des intelligents peu scrupuleux ont �galement exploit� amour, terreur et ignorance et sont les souches des corporations de pr�tres, moiti� dupes eux-m�mes, des pr�tendues r�v�lations qu'ils exploitent. Ces ma�tres spirituels de la pauvre humanit�, ont apport� d'innombrables entraves artificielles � la satisfaction de la faim d�j� tant entrav�e par les circonstances naturelles : ripailles et je�nes rituels, car�mes et carnavals abondent dans toutes les religions ; mais leur g�nie oppresseur s'est encore plus exerc� aux d�pens des besoins sexuels dont la satisfaction est laiss�e des plus faciles par la Nature.
Au groupe initial, famille, tribu nomade, caus�rent de grands embarras, l'alourdissement de la femme, son accouchement, maladie grave, si bien trait�e qu'elle soit ; la naissance d'innombrables nich�es dont il restait toujours trop malgr� la brutalit� avec laquelle on les d�truisait, � tels aujourd'hui nos petits chiens et petits chats, � par l'�crasement, la noyade, l'exposition, (mort lente et cruelle tant en usage dans l'antiquit� grecque avec sa civilisation apparente) ; par le brasier, seul moyen rapide, humain mais terrifiant, par suite rarement employ�.
Solutions d�testables de la difficult� par l'autorit� mat�rielle ou morale : l'amour, l'union sexuelle fut entrav�e d'un nombre effrayant de prescriptions vari�es suivant le temps ou les lieux, toujours tr�s oppressives et dont les plus sages m�mes avaient leur b�nignit� relative ensevelie dans d'atroces folies.
De sorte que l'acte sexuel a �t� accompagn� pour la femme non seulement de la crainte tr�s r�elle de la grossesse, mais aussi de toutes sortes de terreurs imaginaires. Satisfaire au d�sir amoureux en dehors des rites exig�s fut pour la femme le plus grands des crimes ; r�sister � l'appel de la nature et des sens usurpa la r�putation de la plus grande vertu, fut m�me pour la femme, la seule vertu, la vertu sans �pith�te !
Et voil� comment l'admiration de cette abstention, coupable selon la nature, de cette vertu n�gative selon les institutions humaines, de la chastet�, de la puret�, est le dernier lambeau le plus r�sistant � la destruction, des doctrines m�taphysiques qui ont toujours opprim� les humains et dont l'�vanouissement, continu sans doute, reste d'une d�plorable lenteur.
A part l'article de mes chers et savants amis, les Drs Rutgers et Drysdale je n'ai jamais trouv� dans la Revue de Morale Sociale un article qui n'ait la pr�occupation de la puret�. Ne voulant voir que les maux r�sultant de l'exc�s, ne se rendant pas compte qu'ils ne d�passent pas, souvent m�me n'atteignent pas ceux qui r�sultent de l'abstention, les ap�tres de la puret� prennent dans l'excellente solution pr�sente de la difficult� sexuelle, �une seule morale pour les deux sexes� non la morale de la libert�, dont l'homme jouit aujourd'hui partiellement et qu'il faudrait encore �largir, mais la morale d'esclavage qui p�se sur la femme, qui cr�e les mis�res du c�libat, les tromperies matrimoniales, les hontes de toutes les prostitutions.
Qu'on nous permette une courte digression : La prostitution est l'acte d'amour dans lequel l'amour r�el est plus ou moins accompagn�, sinon remplac� par des consid�rations int�ress�es. Ce n'est pas uniquement le fait de la pauvre fille qui vend � n'importe qui un contact passager pour une pitoyable somme de monnaie, mais autant et plus l'acte de celle qui avec toute forme requise, les vend tous en gros et plus cher, ne f�t-ce qu'au m�me homme. Ce l'est tout autant de l'homme qui vend � une femme son nom et sa personne en �change d'une fortune qui lui permettre l'oisivet� ou la malfaisance. Que de prostitu�es aristocratiques, hautement honor�es, sont plus m�prisables que la pierreuse la plus pi�tin�e ! Et combien d'autres prostitutions �quivalentes � celle de l'amour : celles de la plume ou de la parole...
Mais ne pas confondre hypocritement ou inconsid�r�ment la prostitution, amour esclave, avec l'amour libre. Il peut arriver que deux parfaits amoureux aient des ressources, des forces in�gales et partagent tout, peines et plaisirs avec une parfaite fraternit�. Ils ne comptent pas, personne n'a le droit de compter pour eux en faisant une hideuse confusion de l'affection et de la monnaie. Ceci permet dans toute leur dignit� les amours entre gens de fortunes in�gales. N'autoriser sous pr�texte de dignit� que l'union des fortunes �gales, est le retour au vil marchandage actuel de l'amour � la double et r�ciproque prostitution.
La solution de la question g�n�rale de population qui a la faveur pr�sente de la presse r�put�e honn�te est le maximum d'abstention sexuelle ; et il se trouve nombre de gens, surtout de femmes, domin�s par leurs pr�jug�s pour affirmer que cela est d�sirable et peut �tre g�n�ralis� ! Il y a m�me parmi les docteurs, des th�oriciens qui en vantent l'utilit� physiologique de la chastet� absolue. Je renvoie � l'admirable livre, du docteur en m�decine George Drysdale, les �l�ments de Science sociale, cette vraie Bible de l'humanit�, pour trouver la d�monstration d�taill�e de la Loi d'exercice.
A l'�ge de la pubert�, les organes g�nitaux r�clament cet exercice aussi imp�rativement que, d�s la naissance, les organes nutritifs r�clament une alimentation ; les muscles, le mouvement ; les nerfs, les vibrations sensitives et motrices. Les gens chez lesquels ce besoin n'existe pas sont des anormaux, soit de par leur nature incompl�te, soit de par l'effet morbide de leur imagination, de leurs croyances sp�culatives.
Qu'ils ne se donnent pas comme types d'humanit� saine, et surtout que leur m�taphysique d�primante cesse d'avoir dans son application le n�faste appui du bras s�culier.
Mais, il y aura abus ? dira-t-on. S�rement il en existe d�j� partout, surtout l� o� il y a compression, et plus on tentera de comprimer, plus l'abus cro�tra. Il d�cro�tra avec la libert�.
J'en atteste tant de gens qui ont eu � peu pr�s leur part congrue et r�guli�re de volupt� sexuelle. Une fois satisfaits, r�jouis des plus doux souvenirs, calm�s par la suave esp�rance que l'avenir r�serve les m�mes satisfactions � la renaissance de leurs d�sirs, ils ont toute libert� de corps et d'esprit pour se livrer � d'autres occupations. J'entrerais bien dans des calculs num�riques, si je n'�tais assur� de pousser � une exacerbation extr�me, les sentiments des lecteurs que ma brutale franchise peut avoir d�j� pas mal effarouch�s. Que l'on me croie donc quand j'affirme qu'il existera parmi les vraiment libres, peu de gens assez ardents pour consacrer � la volupt� d'amour le milli�me de leur existence, tandis que les plus occup�s en consacrent sensiblement la moiti� � celle de leurs autres besoins, sommeil, repos, nourriture, propret�.
D'autre part, chez les hommes qui n'ont pas les satisfactions sexuelles, leur besoin devient une obsession continuelle, une passion maladive, qui prend la place de toute autre pens�e, qui se traduit en vices personnels, en folles agressions de faibles, et aboutit dans de trop nombreux cas extr�mes, aux crimes les plus invraisemblables. Chez les femmes plus r�serv�es, c'est la cause principale de l'an�mie, du d�p�rissement organique, de la vieillesse anticip�e.
Comparez ces deux cr�atures du m�me �ge, la mis�rable vieille fille, et la relativement heureuse jeune femme !
Pour justifier leur doctrine, les pr�cheurs de puret� nous annoncent assez t�m�rairement qu'un jour viendra o� l'�tre humain d'essence plus raffin�e, saura �assigner � l'instinct sexuel la place qui lui est due, dompter ses manifestations intempestives, etc.� Mais morbleu ? (dirait Henri IV) quand bien m�me les �poux arriveraient � cette pond�ration plus qu'extr�me de ne donner � la satisfaction sexuelle qu'un 200.000 de leur vie commune, ce serait encore assez pour que la femme saine pendant les 30 ans de sa vie sexuelle, normale, puisse atteindre le joli nombre de 16 enfants. Et la question de population serait loin d'�tre r�solue.
Nous qu'on appelle n�o-Malthusiens, qui prenons le titre de R�g�n�rateurs, nous pr�chons et rendons possible la vraie morale, celle de la sant�, de la mod�ration. Les partisans de l'abstention peuvent pr�cher la puret�, mais non la rendre possible, g�n�rale, saine, ils aboutissent aux maladies r�sultant du manque d'exercice qu'ils affectent de m�priser, et fatalement aussi � celles que produisent les exc�s, au moins occasionnels, qui leur causent tant d'horreur.
Leur morale a pour bases leurs r�ves et leurs vieux r�sidus m�taphysiques, elle ne peut que leur procurer une morose satisfaction fond�e sur la souffrance de tous.
La n�tre a pour base la connaissance des lois physiologiques, la satisfaction normale, mod�r�e, saine de tous les besoins corporels autant qu'intellectuels et affectifs.
Les vieilles morales surann�es rendent fatales l'extension de la douleur, la n�tre est la fondation immuable du bonheur de tous.
Je voudrais encore insister sur ce point essentiel que notre doctrine offre le seul rem�de radical de la prostitution.
La principale cause de ce fl�au social est le manque de respect universel et multiforme pour la volupt� sexuelle. Incessantes plaisanteries naus�euses ou irr�fl�chies, condamnations pudibondes s'�quivalent.
�tablissons en principe que la vibration nerveuse � laquelle correspond la volupt� sexuelle, et tout aussi estimable que tant d'autres vibrations auxquelles personne ne refuse l'estime.
Il est tout aussi honorable pour un �tre humain de donner, de recevoir la volupt� sexuelle que de cr�er une belle chose, utile, bonne quelconque, de regarder avec admiration un beau paysage, un beau monument, une belle figure, un beau tableau, une belle statue, d'entendre avec plaisir une belle musique, de se r�jouir du parfum d'une rose, d'une violette ou d'un jasmin, de manger une pomme (1).
Que cette �vidence simple remplace l'�chafaudage infini de niaiseries b�ti tout autour de la volupt� d'amour : honorabilit� du seul mariage l�gal malgr� toutes ses horreurs, infamie de toute union libre si stupidement confondue avec l'union esclave ; que cette transformation pr�ch�e avec ardeur par les philosophes vraiment dignes de ce nom, s'accomplisse dans les cerveaux de tous, � commencer par ceux des femmes dites honn�tes, des mari�es r�guli�res, la prostitution cesse d'exister de fait et de nom, l'amour libre seul existe. Celui-ci ajoute aux joies de ceux et de celles qui ont d�j� joui de quelques bribes d'amour r�glement� dans de rares bons moments ; il vient enfin combler les d�sesp�rantes r�veries de la malheureuse moiti� du genre humain, � qui le v�ritable amour �tait interdit par les sottes institutions et coutumes de tout temps et de tout lieu.
Mais qu'en �chappant � l'esclavage artificiel de nos institutions, on se garde de tomber dans l'esclavage naturel r�sultant de la folle procr�ation d'enfants non d�sir�s. La libert� de la maternit� est la condition essentielle de la libert� de l'amour, de la fin de toutes les prostitutions, celle dans le mariage l�gal comme celle hors du mariage (2).
La femme �mancip�e de l'esclavage des lois et des coutumes sexuelles aura la sagesse de ne faire d'enfants qu'� sa volont�. Et cette volont�, elle ne l'aura qu'apr�s m�re r�flexion, apr�s s'�tre assur�e de toutes les chances possibles que l'enfant qu'elle d�sire pourra �tre bien �lev� physiquement et moralement, sera heureux, par cons�quent bon, et qu'il deviendra plus tard un �tre humain r�ellement utile � ses semblables.
Hors dans cette unique solution, compl�te, radicale, il n'y a que leurre, que fiction.
Choix des procr�ateurs
Il est bien peu de gens qui aient la modestie de reconna�tre leurs diverses inf�riorit�s. Les plus laids, les plus inintelligents, les plus vicieux, sont en g�n�ral les plus dispos�s � croire qu'ils rendent un grand service � leur famille, � leur classe, � leur pays, voire m�me � l'humanit�, en procr�ant le plus grand nombre possible de d�g�n�r�s de leur esp�ce. Et, comme ces d�g�n�r�s se recherchent (peut-�tre parce que les moins mauvais les �vitent), leurs produits de double d�g�n�rescence sont encore pire que leurs procr�ateurs.
L'enfant est pour la plupart des gens, surtout des m�res, une poup�e, un joujou, en attendant qu'un peu plus grand il devienne une machine � taper dessus, un esclave � tout faire, un martyr ; mais si faibles d'esprit que soient la m�re et le p�re, apr�s un petit nombre d'exp�riences, ils ne tiennent pas beaucoup � avoir des enfants, et s'ils pouvaient vaincre leur paresse, leur n�gligence, leur salet�, s'ils connaissaient les moyens de ne pas enfanter, ils les exploiteraient avec enthousiasme. Beaucoup de m�res auraient m�me tr�s volontiers recours � la st�rilisation d�finitive si elle se faisait sans danger et surtout sans douleur, et s'il n'y avait pas, pour les pauvres, des entraves l�gales plus ou moins hypocrites, que nos successeurs, sinon nous, r�ussiront � faire enfin dispara�tre.
La peur de la douleur, de la maladie, de l'accouchement, de la mis�re, fait et fera plus ou moins bien partie de la besogne d'�puration des procr�ateurs. Si, comme il y a tout lieu de l'esp�rer, le troupeau devient moins stupide et se d�barrasse de plus en plus de l'idiote tutelle de ses gouvernants, spirituels et temporels, de ses inspirateurs, pr�tres, journalistes, �crivains, et de ses bourreaux formant l'inextricable r�seau de notre million de fonctionnaires, la question du choix des procr�ateurs se posera scientifiquement pour l'�tre humain comme pour les animaux qu'il transforme afin d'en tirer, � son avantage �go�ste, le meilleur parti.
Mais la question est beaucoup plus difficile pour l'homme, dont il faudrait faire � tous les points de vue un id�al de perfection, que pour les animaux, dont on ne cherche en g�n�ral � exag�rer qu'une seule qualit�, avantageuse pour nous, pouvant �tre et �tant souvent d�plorable pour eux-m�mes ; tels les petits moutons du B�arn, horribles d�g�n�r�s rachitiques, h�patiques, graisseux, � laine immens�ment longue, touffue et fine, obtenue par une s�lection perverse.
L'humain id�al n'est pas d�crit, et il est probable que les descriptions faites par chaque essayiste varieraient avec ce que lui montrerait son miroir. Ayant bien soin de ne pas regarder le n�tre, nous consid�rons comme id�al, l'humain qui r�unirait en lui seul l'ensemble des perfections dont nous n'avons trouv� que des parcelles chez un grand nombre, au point de vue corporel : beaut�, sant�, force, agilit� ; c�r�bral : intelligence, jugement, m�moire, imagination ; affectif : amour de ses semblables, de tout de qui sent et vit, de tout ce qui est beau, noble, grandiose, partout !
Malgr� des exemples contraires, que les sots se r�jouissent souvent � citer, il est certain qu'on augmentera les chances de r�unir ces qualit�s, chez un humain � faire na�tre, en lui donnant deux parents chez lesquels elles se trouveront d�j� le plus possible, sans qu'aucune soit contrebalanc�e chez l'un par une qualit� contraire. On peut consid�rer comme une indiscutable v�rit� que, bonnes ou mauvaises, les qualit�s semblables chez les deux parents s'accroissent dans leur produit ; que les dissemblances s'y att�nuent, s'y effacent.
Que l'on continue cet effort pendant plusieurs g�n�rations, que l'�ducation suive la m�me voie, et l'on verrait vite dispara�tre devant cette nouvelle race, scientifiquement tant am�lior�e, le tas d'abrutis qui charment les gouvernants, leur fournit en bas les r�sign�s qui abaissent le niveau g�n�ral de vie, les brutaux qui suppriment les m�contents ; en haut les pr�tres imposteurs, les juges f�roces, les militaires assassins et rapaces, la bureaucratie tyrannique et insatiable, et la ploutocratie synth�se de toutes ces abominations.
Quelque �loign� que soit le but, il faut savoir diriger ses regards vers lui. Quelques difficiles que soient les chemins pour l'atteindre, il faut les chercher, y faire les premiers pas, y saper le plus d'obstacles possibles.
D'ailleurs pour l'ensemble, pour les neuf-dixi�mes au moins, et il serait probablement plus juste de dire pour les 99%, la m�thode est simple : abstention absolue ! Prendre, obtenir par tous les moyens, les enfants qui existent, mal pourvus, les nourrir, les soigner, les �lever avec art. Mais se garder d'en faire d'autres, aussi pitoyables, tant que tous les vivants ne seront pas amen�s au moins � un �tat passable, en attendant mieux.
Un immense progr�s r�cent de l'opinion publique est de cet avis, � peu pr�s g�n�ral aujourd'hui, que certains tar�s notoires, fous, �pileptiques, rachitiques, scrofuleux, tuberculeux... doivent s'interdire le parentage, ne doivent pratiquer le co�t qu'absolument st�rile.
Il faut compl�ter, �tendre ce progr�s � la multitude des petits tar�s, des simples imparfaits � un point de vue quelconque. Tels, ceux qui sont n�s ou devenus, jeunes, sans accident ext�rieur, plus ou moins chauves, sourds, mal voyants, myopes, presbytes,, encore plus, � odorat imparfait, � nez souvent bouch�, ultramuqueux, facilement enrhum�s, � poitrines �troites et poumons exigus, � muscles que l'exercice gonfle peu ou pas, craignant les mouvements, la gymnastique, la marche, � organes sexuels mal d�velopp�s, plus ou moins incapables de recevoir ou de fournir la volupt� normale... (3)
Que l'on aide tous ces r�sidus d'une fausse civilisation � vivoter comme ils pourront ; que le groupe social enrichi par les vigoureux et les habiles, traite tous ces d�biles avec la plus fraternelle bont�, qu'il leur donne tout le n�cessaire, plus grand pour les faibles que pour les forts, un fort agr�able superflu, sans �tre arr�t� par aucun des absurdes pr�jug�s traditionnels. Qu'on leur donne beaucoup, qu'on leur demande fort peu ou rien � si ce n'est, et ceci, tr�s imp�rativement : qu'ils soient les derniers de leur pauvre race !
La Graine
Comment des m�decins g�n�ralement d�terministes dans les questions biologiques reviennent-ils � la doctrine du Libre arbitre en sociologie ? D�clarer des humains responsables d'un acte, c'est tendre � justifier des arr�ts judiciaires si souvent en contradiction avec les donn�es les plus �videntes de la psychologie positive, renforcer le droit si contestable de punir, ajouter � la somme des inutiles souffrances.
Il faut, non punir ceux qui font le mal, mais, s'ils p�chent par ignorance, leur enseigner simplement � faire mieux ; s'ils p�chent par infirmit� mentale, les mettre le plus humainement possible, aussi longtemps et pas plus que n�cessaire, dans l'impossibilit� de nuire. Rien de plus !
Les m�decins parfaitement �go�stes (et il y en a beaucoup de tels) qui d�sirent avoir le plus de malades, les plus malades possibles, et qui ont l'art de les entretenir en mauvais �tat sans les achever, ont int�r�t � ce qu'il y ait, entre autres mis�res, beaucoup de grossesses, beaucoup d'enfants inf�rieurs. On peut m�me reconna�tre les praticiens de cette cat�gorie � leur passion pour la haute natalit�.
J'ai assist� en 1902 � un congr�s nombreux dans lequel tous les m�decins pr�sents vot�rent de mani�re � s'y faire classer (4).
Les dignes m�decins, trop rares, p�n�tr�s de leur haute mission de v�ritables ap�tres de la sant� physique et morale de l'humanit�, ne peuvent manquer, s'ils �tudient et r�fl�chissent, d'arriver aux suivantes conclusions th�oriques et pratiques :
La population rend � s'accro�tre plus rapidement que les moyens de subsistances. (5)
Les obstacles naturels qui la limitent sont douloureux : morts pr�matur�es, mis�re et cons�quences sociales, guerre, crime, vice, c�libat, prostitution. Avec la procr�ation au hasard, il y a eu partout en tous temps, le n�tre compris, insuffisance g�n�rale de subsistances. Comme il serait impossible de les accro�tre aussi vite que la population, il faut emp�cher celle-ci d'augmenter autant, voire m�me la maintenir stationnaire, la laisser se r�duire.
L'art des physiologistes nous permet d�j� d'obtenir ce r�sultat sans souffrance pour personne, en donnant aux gens conscients, femmes aussi bien qu'hommes, les moyens de ne procr�er que quand ils le veulent.
Les moyens actuels de pr�vention ne conviennent qu'aux gens propres et soigneux. Aux artistes physiologistes d'en trouver qui conviennent aux femmes sales et n�gligentes, c'est-�-dire � l'immense majorit�. Sont moralement impropres � remplir leurs devoirs parentaux les couples qui ne d�sirent pas un enfant, fussent-ils physiquement les plus aptes, car suivant toute probabilit� ils le traiteraient mal par ignorance, incurie ou m�me haine.
A l'usage des femmes inintelligentes, maladroites, inf�rieures, les m�decins de doivent pas se contenter de pratiquer en secret l'avortement ; ils doivent revendiquer avec �nergie leur droit naturel de le pratiquer quand cela est individuellement et socialement utile, et venir � bout sur ce point, de l'opini�tret� idiote et f�roce des attard�s qui font et appliquent les lois malfaisantes. Il se fera peut-�tre, mais pas s�r, plus d'avortements que maintenant (6), mais ils ne pr�senteront plus les souffrances et dangers que pr�sentent pour la femme la plupart de ceux, clandestins, qui r�ussissent aujourd'hui, et en plus, pour les enfants, les innombrables tentatives qui �chouent.
Pour les pires d�g�n�r�s incurables, ceux dont certains ali�nistes tendent � entretenir la reproduction, il n'y a pas d'autre rem�de que la st�rilisation artificielle. Encore une fois, il appartient aux artistes de la physiologie de chercher, et ils en trouveront, des proc�d�s pratiques qui ne pr�sentent ni les dangers, ni les douleurs, ni les cons�quences de la brutale castration, de l'ablation des ovaires, de la ligature des trompes.
A part d'antiques pr�jug�s religieux et m�taphysiques qu'on peut d�daigner, rien n'emp�chera alors de laisser es d�g�n�r�s extr�mes go�ter � saturation, m�me avec exc�s, abus, dussent-ils en crever comme le roi Charles IX ou l'archonte Sth�naros Eudaimon, les seuls plaisirs qui puissent les charmer ; que les rapports sexuels dont ils sont aujourd'hui priv�s soient permis, apr�s st�rilisation bienveillante, aux fous dans les asiles, aux criminels (fous coh�rents) dans les prisons et les bagnes ; ce sera un excellent rem�de pour att�nuer leur d�traquement, sans aucun danger pour un �tre sensible pr�sent ou futur, et en m�me temps une faible indemnit� pour leur libert� qu'on est bien forc� de limiter.
Ainsi les bic�tres se d�peupleront de leur population actuelle et devront �tre transform�s en phalanst�res, en v�ritables palais pour les gens sains. Tant pis pour les ali�nistes curieux, les ge�liers f�roces dont la race dispara�tra avec celle de leurs fous et de leurs criminels ; tant mieux pour tout le monde !
Voil� ce que doivent penser, propager, accomplir les vrais ap�tres de la sant� de tous, les sauveurs de la pauvre humanit�. Voil� quelle devrait �tre sans d�lai l'�uvre de leur s�lection sup�rieure, de l'Acad�mie de m�decine, bine transform�e de ce qu'elle est aujourd'hui. Pour cela, point de nouvelles lois ridicules ou inf�mes ! Au feu les vieilles ! Les cordiales instructions de ceux qui savent donn�es aux souffrants qui ne demandent qu'� savoir, la confiance de tous envers la future majorit�, et m�me unanimit�, la nouvelle race de m�decins savants et habiles entreteneurs de sant�, rempla�ant l'universelle m�fiance contre les dipl�m�s actuels, en si grand nombre ignorants et rapaces ; voil� ce qui vaut mieux que du papier inutilement sali par les l�gislateurs et les jurisconsultes !
Dans le vieux mariage qui s'�croule, ou dans le libre amour dont nous voyons l'aurore, jamais personne ne se permettrait un co�t fertile, sans le pr�cieux avis des bons experts conseillers, sans �tre assur� que le produit d�sir� aura toutes chances d'�tre sain, vigoureux, intelligent, adroit, bon, de venir un membre utile de la famille humaine.
Quant aux cas ordinaires, aux copulations pr�ventives, aux co�ts st�riles, s'ils ne sont pas pr�matur�s, ni excessifs, si l'on sait, chose tr�s facile � bien enseigner � tous, �viter, par suite �teindre les contagions v�n�riennes, ils sont sans importance et ne doivent causer � qui que ce soit aucune inqui�tude individuelle, familiale ou sociale.
Cette doctrine, ces pratiques constituent le premier et indispensable chapitre du salut de l'individu et de toute la race humaine.
Plusieurs des savants et des �crivains plus ou moins sociologues qui ont pris part � l'enqu�te, ont eu de ces v�rit�s une premi�re perception qu'ils font vaguement pressentir dans leur r�ponse.
Un peu plus de courage, Messieurs, osez clamer la v�rit� toute enti�re, marchez en t�te, nous vous suivrons. Ou bien si l'audace vous manque encore, provisoirement, suivez-nous. Voil� des ann�es que nous marchons seuls, apr�s vous avoir souvent sollicit�s en vain.
Prochaine humanit�
Nous visons le but le plus grandiose : une humanit� r�sultant de plusieurs g�n�rations successives dont tous les membres auront �t� voulus, soign�s avec z�le et science d�s leur conception, ayant constamment re�u l'�ducation physique et morale la plus intelligente, ayant toujours progress� � chaque �tape.
Rien ne peut nous faire pr�voir ce que sera l'humanit� ainsi r�g�n�r�e. R�unissons sur n m�me sujet les diverses qualit�s id�ales que nous avons pu rencontrer presque compl�tement chez quelques exceptions, augment�es m�me de toute notre imagination : sant�, force, habilet�, intelligence, dans toutes ses manifestations, et enfin, par dessus tout cette bont�, cet �panouissement du c�ur si diminu� aujourd'hui par les circonstances, m�me chez les meilleures natures ; et figurons-nous que cet assemblage id�al de puissance physique, de science, de noblesse morale, sera la simple banalit� dans la race ainsi transform�e.
En rie qui voudra ! Les choses vont vite, plus que le ne croient les barbouilleurs de papier qui se sont faits les �ducateurs de la masse, et qui posent pour les sceptiques parce que qu'il est plus commode de blaguer, que de savoir, de pr�voir, et surtout d'agir pour le bonheur de tous, conform�ment � science et � pr�voyance.
En un si�cle, nous avons pass� de la pile de Volta � la lumi�re, � la traction �lectrique, au t�l�graphe, au t�l�phone, de l'argent corn� de Scheele au Cin�matographe, etc. Dans un si�cle encore, nous pouvons passer de notre actuel dixi�me d'humains, au dixi�me heureux, parce qu'entour�s de neuf dixi�mes d'indicibles mis�res, � un monde nouveau qui l'emporte autant sur l'ancien au point de vue du bonheur que la locomotive et le steamer l'emportent sur la marmite de Papin.
Mais si c'est l� l'id�al prochain qui doit conserver chaud le cour des pr�curseurs, des ap�tres, il est inaccessible aux r�ves de la masse.
Un peu moins souffrir, c'est tout ce qu'elle demande, osant � peine l'esp�rer.
Et m�me, les revendications de ceux qui ne se r�signent pas, sont g�n�ralement pour la minorit� jouissante, plus effrayantes par leur forme irrit�e, par leur expression de haine trop justifi�e, que par le fond m�me, que par l'esp�ce des am�liorations, des transformations, voire m�me des r�volutions qu'ils r�clament.
Pensons donc, avant tout au timide d�sir du grand nombre est que notre premier acte soit comme celui de nos a�n�s, les N�o-Malthusiens anglais soit la Croisade contre la mis�re.
Les pauvres femmes qu'elle �crase n'ont ni temps ni cerveau � consacrer aux sp�culations philosophiques, aux consid�rations de physiologie, de sociologie.
Tout ce qu'elles demandent c'est de ne pas avoir encore un enfant qui vienne ajouter � leur mis�re et en souffrir aussi. Il ne s'agit pas de les sermonner, mais de leur donner le proc�d� qui leur convient le mieux suivant les circonstances, sans craindre les d�tails, la le�on pratique qui leur permettra d'en user � coup s�r.
Voil� le v�ritable apostolat auquel se d�voueront bient�t tant de cours f�minins, �videmment pleins d'amour pour celles qui souffrent, mais trop souvent d�voy�s par un tas de petites r�clamations de d�tail, d'ordre infiniment petit par rapport � la grande question de la libert� de la maternit�.
Vous, les plus d�vou�es, les plus charitables, vous allez dans les taudis, porter aux pauvres honteux le morceau de pain insuffisant qui leur redonnera � peine un peu de vitalit� pour souffrir plus longtemps ; distribuer pour eux et pour leurs enfants de vieux v�tements, ce qui peut-�tre les emp�chera de mourir de cong�lation imm�diate, mais fera durer leur torture tout le long de l'hiver !
Vous retournerez chez vous, chaudement v�tues, prendre un honn�te repas, vous r�jouir � la chaleur du foyer familial, puis vous endormi dans un bon lit, doucement berc�es du bien que vous avez voulu, que vous avez cru faire !
Que notre intelligence, �claire votre c�ur ! Vous avez fait un peu de bien et beaucoup de mal, en soulageant � peine quelques infortunes individuelles, vous avez pr�par� les innombrables infortunes � venir.
quant aux autres qui jettent d�daigneusement leurs sous sans regarder, dans la main d'un mendiant qui peut aussi bien �tre un farceur qu'une v�ritable victime ; qui donnent avec ostentation dans quelque pompeuse parade de charit� du monde o� l'on s'amuse ; pour celles-l�, le mal qu'elles font, n'ont pas m�me pour excuse le bien qu'elles n'ont pas cherch� � faire, une chaleur de c�ur qu'elle n'ont point ressentie.
Disparaissez, d�g�n�r�es d'en haut, aussi � plaindre que celles d'en bas. Depuis longtemps vous profitez du savoir dont nous voulons gratifier vos s�urs martyres. Usez-en de plus en plus, conservez pour vos dignes m�les, vos gr�ces et vos charmes, gardez-vous de les d�former par un maternit� dont vous n'�tes pas dignes : que votre race s'�teigne avec vous !
Mais je me trompe, je n'ai pas de v�ux � faire, je n'ai qu'� constater : Vous disparaissez, c'est un fait ; tant mieux, place aux meilleures !
A l'�uvre, donc vous, les meilleures, h�tez-vous de r�aliser les premiers termes de l'humanit� r�g�n�r�e. A l'aide de votre science, de votre conviction profonde d'une part, faites tout pour arr�ter la conception d'enfants qui auraient � tous points de vue chance d'�tre d�fectueux ; d'autre part prodiguez vos soins � ceux qui seront d�sir�s, par de dignes m�res ; � ceux d�j� n�s, faites des conditions telles qu'ils aient le maximum de chances d'�tre sains, vigoureux, intelligents et bons.
Laissez l'ignoble p�dantisme scolaire perp�tu� par les attard�s, ou les habiles, les routiniers ou les rh�teurs qu'il engraisse, et attachez-vous au d�veloppement dans le maximum de libert�, des qualit�s, qui font l'homme int�gral : sant�, force, intelligence, bont�.
Oui ! notre propagande a deux parties essentielles. Ses ennemis inconscients ne voient que la premi�re, qui est en effet la plus importante pour le moment. Tant pis pour eux ! Mais nous, nous voyons par toutes les deux.
D'abord d�blayer le terrain. Par tous les moyens compatibles avec notre civilisation sup�rieure, notre r�elle humanit�, d�barrassons la race de tous les d�chets jamais d�sir�s, jamais soign�s, qui l'encombrent et entravent son d�veloppement.
Ensuite, � mesure que ces heureuses disparitions feront place � de nouveaux �tres de qualit�s meilleures, d�j� simplement parce que voulus et soign�s, appliquons tous nos efforts � d�velopper au maximum ces qualit�s qui s'�l�veront encore dans la g�n�ration suivante.
Ainsi se pr�cisent nettement les deux parties de notre programme : la n�gative et la positive, d�molition et reconstitution.
Ainsi se justifient les deux sous titres de la Ligue de la R�g�n�ration humaine, le premier achevant le premier travail et entament le second : S�lection scientifique, ou en termes plus populaires bonne naissance ; le second compl�tant l'id�al de la R�g�n�ration humaine : �ducation int�grale !
C'est le seul chemin pour pour arriver � de bonnes organisations sociales.
(1) Comme cons�quence, � l'�ge de la pubert�, l'�ducation sexuelle, th�orique et pratique, doit �tre tr�s honn�tement donn�e � tous et � toutes, de pr�f�rence par d'habiles initiatrices et initiateurs dans toute la force de la maturit�, qui mieux que tous autres, apprendront � recevoir, � rendre le maximum de volupt�, � �viter ses exc�s, ses abus, les maux divers, notamment grossesses et maladies contagieuses que lui ont si f�cheusement accol�s les tra�trises de la nature, l'ignorance et l'incurie de la masse humaine.
(2) Voir Amour Libre Maternit� par Paul Robin.
(3) L'�quipe a d�cid�, � partir de ce jour, de ne plus se reproduire..
(4) Voir dans le p�riodique l'Assistance familiale, directeur Dr Marie, le r�cit tr�s att�nu�, reproduit dans R�g�n�ration N� 14, de la mani�re dont furent trait�es ma personne et mes th�ories.
(5) Voir le c�l�bre ouvrage de Joseph Garnier, Le Principe de Population, les �l�ments de Science sociale par George Drysdale, docteur en m�decine, 6e �dition fran�aise, traduite de la 32e anglaise 1905, aux bureaux de R�g�n�ration, 27 rue de la Du�e, ainsi que plusieurs brochures populaires.
(6) Plusieurs statisticiens estiment que leur nombre �gale au moins celui des naissances, soit par jour, 150 � Paris, dans le monde 3000 ; par an � Paris 50 mille et dans le monde 20 millions.