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  Post� le mercredi 22 mars 2006 @ 22:28:59 by anarkorevolter
Contributed by: anarkorevolter
Anti-CPE
un tract et une affiche (l'image manque) coll�es et distribu�es lors des manifs. Reproduction encourag�e !


texte d'une affiche coll�e devant les lyc�es :



Jusqu'au retrait du CPE : la MANIF SAUVAGE, pardi !
Une manif c'est quoi ?
Il est facile pour commencer d'�noncer ce qu'une manif ne doit pas �tre : une procession de moutons, une marche fun�bre de vaincus. La manif est un moment de l'�laboration collective au sein d'un mouvement (ici contre le CPE). Il s'agit de ressentir une puissance collective, de rompre avec nos habitudes des foules solitaires, et non d'�tre � tous seuls ensemble �. Il est n�cessaire, pour faire l'exp�rience de cette puissance, de laisser libre cours � la spontan�it�, � l'intensit�, aux coups d'�clat, � la joie collective, aux initiatives partag�es. Assez de toutes ces manifs o� chacun regarde tristement le d�sarroi de tous ! O� les slogans mille fois entendus beugl�s au m�gaphone, jusqu'� l'extinction de voix, ne sont plus un message de r�volte, mais une simple bande-son !
Une manif pour quoi faire ?
Le but d'une manif n'est pas d'�tre (plus ou moins) nombreux, de marcher (plus ou moins) longtemps, d'�couter le discours des syndicats en fin de parcours, puis de rentrer chacun chez soi pour regarder � la t�l� � combien on �tait �. Tout rassemblement doit �tre non pas un spectacle, une repr�sentation de l'unit� et de la lutte, mais une occasion de constituer une force, fut-elle limit�e � la dur�e de la manif. Pour cela, un programme minimal : que l'�v�nement surgisse du non-�v�nement qu'est habituellement la manifestation. On se dit intuitivement qu'une manifestation est r�ussie lorsqu'elle d�range le cours normal des choses : faisons donc en sorte que ce d�rangement soit le plus intense possible, et que l'on ne se souvienne non pas du nombre des manifestants mais de leur d�termination et de leur force.
Une manif� sauvage !
La manif sauvage, c'est le moment o� l'ennui dispara�t, o� le m�gaphone n'est plus qu'un bruit parasite, o� les tra�ne-savates sont d�pass�s, o� une vitalit� intense l'emporte sur le banal d�fil�. La manif sauvage, c'est quand on part en courant en se prenant la main, qu'on oublie les syndicats et leurs foutus cordons de service d'ordre, qu'on se fout du parcours que tracent les flics et ceux qui les suivent. La manif sauvage, on sait seulement d'o� elle part, et on ne peut que la faire vivre, nul ne d�cide de son d�roulement ni de sa fin que ceux qui y participent. La manif sauvage, c'est quand on arr�te de se demander � quand est-ce que �a finit �, qu'on a envie que �a continue toujours. Pas de chef, pas de mot d'ordre �crit d'avance, juste des sauvages ma�tres de leurs mouvements. Manif sauvage des acc�l�rations, manif sauvage des flics qui tournent en bourrique, manif sauvage des rires collectifs et du bonheur d'�tre l�, d'investir enfin la rue avec autre chose que de l'ennui.


tract distribu� en manif :

SAUVAGEONS ! ou La manif la plus classe du monde

Lancer une manif sauvage

Le but est de � d�tourner � une partie de la manif hors du parcours trac� par les organisateurs (et par la police). Placez-vous � un endroit du cort�ge, de pr�f�rence � en t�te � de manif, voire au milieu pour les gros cort�ges. Si possible, il est plus pratique d'avoir form� un groupe d'au moins une dizaine de sauvages s'�tant donn� le mot et disposant d'une banderole, le nombre et la d�termination �tant deux facteurs d�cisifs pour le d�tournement.

Faites tourner l'information : � il est temps de mettre un peu de piment dans la sauce ! �, � �a vous dit un peu d'adr�naline dans ce d�fil� de grabataires ? �, ou un simple � on se fait chier on veut que �a bouge � suffisent. Dites-vous que de toute fa�on tout le monde y pense, et qu'il suffit que quelqu'un lance le mouvement pour que la manif prenne des airs de jeu en terrain urbain.

A un croisement, faites en sorte qu'alors qu'une partie du cort�ge suit les flics (ou les syndicalistes, c'est kiff-kiff) le gros de la manif parte en courant dans une direction impr�vue. Il est bon d'avoir un objectif pr�cis : occuper la rue du Gros, bloquer un grand carrefour, ou tout simplement semer les flics pour reformer la manif au milieu de la circulation, ce qui rend leur travail plus compliqu�. Une fois l'objectif atteint (ou � chaque carrefour s'il n'y en a pas), laisser la spontan�it� continuer le trac�.

La manif sauvage se termine lorsque les participants le d�cident, mais il faut garder � l'esprit que contrairement � une manif banale, la d�cision doit �tre collective. Une autre solution, si les effectifs des sauvages deviennent insuffisants pour assurer leur s�curit�, est de rejoindre le cort�ge mou� pour recommencer de plus belle !

Pr�cautions � prendre pour une manif sauvage

Comme pour toute manif, il est important de rester group�s. Les groupes trop peu nombreux sont facilement encercl�s par les flics et dispers�s. Les sauvages doivent faire attention les uns aux autres, se pr�venir mutuellement, maintenir une coh�sion de groupe.

Il peut arriver qu'un ou plusieurs sauvages rest�s isol�s soient interpell�s. Il faut que leurs camarades fassent preuve de solidarit� - on pourrait m�me dire complicit� - et s'organisent imm�diatement pour les arracher aux mains des flics et assurer leur retour au sein du groupe. Un petit groupe d�termin� peut facilement faire rel�cher les interpell�s, sans n�cessairement provoquer un affrontement physique avec les forces de l'Ordre.

Pour les m�mes raisons il faut toujours rester mobiles : un groupe peu nombreux et statique est plus vuln�rable qu'une meute qui se d�place. De plus, se d�placer rapidement et changer souvent d'objectif est tellement plus enivrant.

La manif sauvage �tant consid�r�e � tort comme un d�bordement (de fait, elle d�borde la routine des moutons et le train-train des militants professionnels) il est important pour assurer sa propre s�curit� de garder l'anonymat. Premi�rement parce que les sauvages ne repr�sentent personne : ils d�veloppent simplement une puissance collective. Deuxi�mement parce que les m�dias, et parfois la police, utilisent des enregistrements vid�os pour identifier des � meneurs �, comme si les sauvages avaient besoin de meneurs� A vos �charpes !

Si la police d�cide de disperser les sauvages � l'aide de gaz, du s�rum physiologique (type Dacryum) pour les yeux - ou mieux, des lunettes de piscine - et un tissu impr�gn� de jus de citron vous sortiront de ce mauvais pas. Un num�ro d'avocat peut aussi servir (autant tout pr�voir).

Contre le Service d'Ordre : d�sordre !




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