Même avec un ruban autour, le sexisme reste le sexisme.
Campagne contre les jouets sexistes - Paris 10 au 17 decembre
Même avec un ruban autour, le sexisme reste le sexisme.
Les
années passent mais les couleurs bleu et rose ne se démodent pas quand
arrive Noël. La fête des enfants est aussi le moment où l'on conforte
les plus jeunes dans leur rôle de petite fille et de petit garçon. A
travers les jouets que nous leur offrons, nous leur inculquons les
valeurs liées à leur sexe : celles de la domination pour les garçons,
celles de la soumission pour les filles.
Des catalogues de jouets au rayon "enfants" des supermarchés, il
règne une division permanente et définitive. Les mini planches à
repasser, le maquillage, les déguisements de princesse d'un côté. Les
mini lance-roquettes, les jeux vidéo et les panoplies de super-héros de
l'autre. Guère étonnant que les plus jeunes aillent "spontanément" vers les
jouets correspondant à leur genre. Gare à la fillette qui voudra
commander une perceuse miniature au Père Noël ! Gare au petit garçon
qui inscrira une poupée sur sa liste de cadeaux ! On les découragera
vite, et s'ils insistent leur entourage ou les petits camarades les
taxeront respectivement de "garçon manqué" et de "tapette".
Lorsque la petite fille refuse implicitement de se cantonner aux
jeux du ménage et à l'apprentissage de Miss Monde, elle remet en
question la norme. Car on attend d'elle qu'elle apprenne à devenir une
mère au foyer qui prenne en charge gratuitement les tâches ménagères
(aujourd'hui, dans les couples, elles sont réalisées par les femmes à
80 %). On attend également d'elle qu'elle cultive la coquetterie et la
frivolité en rêvant au prince charmant, activité indispensable pour
devenir une "vraie" femme : celle qui va tout mettre en œuvre pour
devenir et rester désirable aux yeux des hommes hétérosexuels (en
devenant accro aux régimes amaigrissants pouvant conduire à des
troubles alimentaires graves).
Quant au petit garçon qui voudrait s'amuser avec une poupée, on lui
fait vite comprendre qu'il est devenu trop grand et qu'il est temps de
laisser le pouponnage à ses petites sœurs. Pour devenir un homme, un
vrai, il faut qu'il apprenne la guerre pour montrer qu'il est fort,
qu'il joue au mécano pour montrer qu'il est intelligent, qu'il apprenne
à ravaler ses larmes pour montrer qu'il n'est pas "une gonzesse"...
Bref, il doit sans arrêt surenchérir pour prouver sa virilité, par
des comportements de domination pouvant aller jusqu’à la violence (10%
de femmes victimes de violences conjugales en France). Mais il y a une
chose que la petite fille et le petit garçon apprennent tous les deux :
ils sont faits pour tomber amoureux l'un de l'autre, se marier et avoir
des enfants. Hors du sacro-saint modèle de la famille patriarcale point
d'issue ! Peu importe si on renforce l'homophobie, en interdisant aux
enfants d'aimer quelqu'un du même sexe qu'eux, en leur imposant le
couple hétérosexuel comme seul avenir, et la reproduction du schéma
parental… Pour venir à bout de la domination des hommes sur les femmes
et obtenir l'égalité, combattons ce formatage permanent des enfants
mais aussi des adultes.
Délaissons les jeux violents, et offrons des jouets non-sexistes,
des jeux coopératifs, des albums sans clichés sexistes… Finis les
cadeaux qui aliènent les filles comme les garçons !Contre les stéréotypes soyons inventifs !
Toute la semaine, distributions de catalogues contre les jouets
sexistes devant les magasins de jouets (demandez un contre-catalogue à
l'une des adresses - postale ou internet - ci-dessous)
Samedi 17 décembre
Actions festives
et diffusion de tracts et catalogues contre les jouets sexistes
Rendez-vous Place du Châtelet - 14H30
Collectif contre le publisexisme
145 rue Amelot, 75011 Paris – [email protected] –
http://publisexisme.samizdat.net
Mix-Cité
c/o MFPF, 4 square Ste-Irénée 75011 Paris - [email protected] –
www.mix-cite.org
Panthères Roses
[email protected] - http://pantheresroses.free.fr
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