source : http://endehors.org/news/8067.shtml
Il est de bon ton pour les politiciens de donner des leçons de civisme
aux citoyens en déclarant solennellement que«les partis politiques sont
les garants de la démocratie». Affirmation qui laisse perplexe quand on
constate comment fonctionnent ces mêmes partis et surtout la manière
dont ils agissent quand ils accèdent au pouvoir.Un parti politique est un moyen et uniquement un moyen. Question: quel est l’objectif? A QUOI SERT UN PARTI POLITIQUE?
Qu’à
l’origine, c'est-à-dire à la fin du 18e siècles, les groupements, clubs
et autres ligues aient été des centres de réflexion politique dans
lesquels ont germé des idées démocratiques, c’est une évidence
incontestable… Qu’ils aient aidé à la «prise de conscience» et au
«changement social», c’est également vrai.
Ceci n’est plus vrai aujourd’hui. Constitutionnellement,
les partis politiques “concourent à l’expression du suffrage” des
citoyens et «contribuent ainsi au débat et à la démocratie». Quand
est-il exactement? II n’est qu’à observer le «ballet» des partis
politiques dans l’arène électorale pour constater que le spectacle est
toujours le même, sur le fond, et que rien ne change sur l’essentiel…
quant au débat qu’ils impulsent, qu’ils contrôlent, qu’ils délimitent,
il ne porte jamais sur les questions et problèmes essentiels, sans
parler de la dynamique qu’ils disent impulser et qui est en fait
totalement inexistante. Comme toute structure humaine, le parti
politique a complètement dégénéré et est devenu une officine de pouvoir
et de promotion sociale. En effet, la problématique que pose le parti
politique est essentiellement gestionnaire: «il faut gérer le système
et montrer que l’on sait le faire mieux que les autres». C’est
exactement cette attitude qu’ont pris en Europe et dans le monde tous
les partis de gauche… y compris les partis communistes… qui se
disaient/disent abusivement despartis «de rupture». Que les
partis politiques se livrent à une réflexion, on ne peut pas le nier,
mais ce qui importe c’est le sens de cette réflexion, la problématique
qui la fonde. L’action d’un parti politique porte sur essentiellement deux points: - l’élaboration d’un programme de gestion du système marchand qui est censé être «plus efficace» que celui de l’«adversaire»; -
la mise au point d’une tactique en vue de l’accession au pouvoir
(alliances, ententes,… avec d’autres formations politiques), avec tous
les dégâts collatéraux de telles pratiques (magouilles, népotisme,
favoritisme, détournement de fonds, faux électeurs, promesses
démagogiques…) voir également l’article «PEUT-ON AVOIR CONFIANCE DANS
LES HOMMES/FEMMES POLITIQUES?» Jamais, le parti qui veut accéder
au pouvoir et/ou qui y est ne pose, et ne se pose, la question du sens
du système économique qu’il gère. Le système marchand, le salariat, est
considéré comme une réalité intangible qu’il est hors de question
d’interroger sur ses principes (voir l’article «MARCHANDISATION ET
IRRESPONSABILITE»). DEMOCRATIE ET PARTI POLITIQUE
Le
parti n’a pas nécessairement besoin d’être unique pour verrouiller la
vie politique d’un pays. Les «grandes démocraties modernes» comme il
est de bon ton de les nommer, ne se privent pas, par un subtil jeu de
«ping-pong Droite-Gauche», «bipartisme», de figer toute évolution des
rapports sociaux vers plus de social et d’humain, à fortiori de les
changer. Ils manipulent l’opinion dans les médias, édictent des
règlements pour éliminer les «gêneurs», mettent des seuils d’accès, des
pourcentages minimum, découpent les circonscriptions à leurs
convenances, systématisent les «parrainages» qu’ils contrôlent,
détournent par mille procédés l’argent public… Ainsi ils arrivent
«démocratiquement» et «légalement» à un véritable totalitarisme… tout
en sauvant les apparences.
L’alternance, que l’on confond avec
l’alternative n’est que le changement de personnel politique à la tête
du même Etat et pour une continuation et une gestion du même système,
le système marchand. Les hauts fonctionnaires restent et continuent
leur œuvre de gestion. La différence peut faire illusion dans certains
cas et certaines circonstances, mais sur le long terme il est
impossible de se tromper… il s’agit, sur le fond d’une même
politique.(voir l’article «VICTOIRE DE «LA» POLITIQUE…MORT «DU»
POLITIQUE») Il est vrai qu’à certaines époques le système a,
pour des raisons conjoncturelles, éliminé les partis politiques au
profit d’un seul ce que l’on appelle une dictature Mais il serait faux
de croire qu’il s’agit d’un phénomène,-le fascisme- hors du temps et
a-historique comme on essaye de nous le faire croire. Les partis
totalitaires ont souvent, plus ou moins accédé au pouvoir avec la
complicité implicite ou explicite d’autres partis (ne serait ce que
pour des raisons tactiques) et ont été toujours financés par le
Capital. Le fascisme a d’ailleurs été une manière de sauver le système
marchand qui ne l’a, et qu’il n’a, jamais, radicalement renié. On a
trouvé des grands commis d’état démocratiques se mouler parfaitement
dans les oripeaux du fascisme et inversement (faut-il citer des noms?).
Ainsi,
le soit disant système démocratique a, en toute innocence feinte, en
toute légalité, en toute apparence quant au respect des valeurs qu’il
prétend défendre, tissé une véritable «toile d’araignée»
juridico-démocratico-constitutionnelle qui donne l’illusion du
fonctionnement démocratique de notre société. Toute contestation du
soit disant fondement démocratique de l’édifice est considéré comme une
hérésie et une provocation. A l’intérieur de cette construction, les
partis politiques évoluent en toute tranquillité, se livrent aux jeux
stériles de la succession au pouvoir, voire s’entendent comme «larrons
en foire» pour violer et profiter de la légalité qu’ils votent et
imposent à l’ensemble des citoyens. (faut-il citer des noms et des
exemples?) ACTION POLITIQUE ET PARTI
Aujourd’hui s’engager dans l’action politique c’est «adhérer à un parti». Pourquoi?
Il y a abord, celles et ceux qui font carrière… C’est
une profession, une promotion sociale. Devenir membre de la direction
d’un parti c’est profiter de privilèges exorbitants au regard du simple
citoyen, c’est pouvoir accéder à la tête de l’Etat qui multiplie ces
privilèges et permet d’agir en toute impunité pour soi et les siens.
Ainsi se constitue toute une bureaucratie parasite, la classe (caste)
politique composée à la fois de technocrates, d’arrivistes,
d’affairistes, de courtisans et une ribambelle d’individus plus ou
moins médiocres, purs produits des appareils politiques qui se casent
dans les assemblées (faut-il citer des noms?)… et ce sont ces gens, qui
se prennent et se nomment «élite» (???) qu’il nous faut respecter et
reconnaître comme l’incarnation de la démocratie…alors qu’ils ne sont
que l’expression de la putréfaction de la pratique politique. Attention
faire ce genre de critique vous fait déclarer «adversaire de la
démocratie» et, insulte suprême, de «poujadiste». Mais pour être efficace dira-t-on… En
fait, appartenir à un parti est aujourd’hui le degrés zéro de
l’engagement politique, même, et surtout, si l’engagement est
réellement sincère. Etre dans un parti c’est un engagement à
l’économie: on a une structure, des permanents professionnels (voir
point précédent) qui s’occupent de l’intendance, qui pensent pour nous,
ou orientent la (notre) pensée, dictent nos choix, orientent nos
réflexions… il ne reste plus qu’à se coller derrière un «leader»…
parisien de préférence…coller des affiches, (encore que!), vendre des
journaux (encore que!)… et à voter,… surtout à voter… La fidélité tient
lieu d’intelligence politique, l’obéissance de courage politique. On a
alors la conscience (politique) tranquille. Et on peut même se
permettre de fustiger les autres en leur demandant «ce qu’ils attendent
pour s’engager». Le militantisme dans un parti politique est
devenu ainsi un sous produit de la dégénérescence de la citoyenneté,
une aliénation librement consentie au nom de la lutte contre…
l’aliénation. La bêtise et le suivisme élevés au rang de valeurs
civiques. MILITANTISME ET ORGANISATION SONT-ILS CONDAMNABLES?
Non! Mille fois non! C’est la forme qu’ont pris aujourd’hui l’un et l’autre qui l’est.
Autant
est méprisable et dangereux le militantisme «suiviste», «sectaire»,
autant est respectable le militantisme qui se fonde sur la réflexion et
la pratique politique. Autant est méprisable et dangereuse
l’organisation politique composée à sa direction de bureaucrates
serviles et profiteurs (ce qui est le cas de la plupart des partis
politiques actuels… faut-il donner des noms?) autant est respectable et
utile l’organisation politique qui aide et fédère des luttes et actions
alternatives en vue de l’instauration de nouveaux rapports sociaux. La
professionnalisation de l’action politique a prouvé sa totale
aberration et montré la gravité des dérives qu’elle engendre. Au nom
d’une soit disante efficacité politique on a créé des postes de
permanents dans lesquels s’incrustent des individus médiocres et
arrivistes. En fait, on a feint de confondre l’efficacité politique
avec la continuité politique. Efficacité politique et continuité
politique ne correspondent pas forcément, et dans la structure et dans
la durée. En effet, la continuité politique dans une organisation est
souvent mère de la bureaucratie qui s’installe et fait valoir ses
droits et privilèges. Or, ce n’est jamais l’organisation politique qui
garantie l’efficacité politique, ce qui la garantie et en fournie la
mesure, c’est la praxis, la conscience collective en action, l’action
collective, la critique sociale par la mise en place de structures
alternatives. Détachée de cette conscience pratique, l’organisation
s’autonomise, devient une fin en soi et fini en bureaucratie
gestionnaire de ses intérêts qui se confondent avec ceux du système
qu’elle gère. Cette donnée élémentaire est aujourd’hui totalement oubliée, niée par toutes les organisations du champ politique. C’est
au travers des lignes politiques, des stratégies politiques, des
anathèmes proférés, et surtout par leur pratiques, que l’on peut
mesurer la dérive de bureaucratisation et de sectarisation des
organisations politiques. La plus grande méfiance s’impose donc à leur
égard, non pas parce qu’elles existent, mais parce qu’elles se situent
dans un problématique socialement, et osons le mot, historiquement,
aberrantes. Redécouvrir la praxis comme pratique sociale
collective au travers de la mise en place de structures alternatives,
non seulement relativisera l’action et la malfaisance des bureaucraties
politiques, mais permettra de poser les bases de principes
d’organisation, collectivement assumés et conforme aux objectifs et
exigences du changement. L’efficacité ne sera plus dans la pratique des appareils mais dans la pratique sociale.
|