Cette
m�thode est aussi appel�e �probl�me-r�action-solution�. On cr�e d'abord
un probl�me, une � situation � �pr�vue pour susciter une certaine
r�action du public, afin que celui-ci soit �lui-m�me demandeur des
mesures qu'on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se
d�velopper la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants,
afin que le public soit demandeur de lois s�curitaires au d�triment de
la libert�. Ou encore : cr�er une crise �conomique pour faire accepter
comme un mal n�cessaire le recul des droits sociaux et le d�mant�lement
des services publics.
3/ �La strat�gie de la d�gradation
Pour
faire accepter une mesure inacceptable, il suffit �de l'appliquer
progressivement, en � d�grad� �, sur une dur�e de 10 ans. C'est �de
cette fa�on que des conditions socio-�conomiques radicalement nouvelles
�(n�olib�ralisme) ont �t� impos�es durant les ann�es 1980 � 1990.
Ch�mage �massif, pr�carit�, flexibilit�, d�localisations, salaires
n'assurant plus un �revenu d�cent, autant de changements qui auraient
provoqu� une r�volution �s'ils avaient �t� appliqu�s brutalement.
4/ �La strat�gie du diff�r�
Une
autre fa�on de faire accepter une d�cision �impopulaire est de la
pr�senter comme �douloureuse mais n�cessaire�, en �obtenant l'accord du
public dans le pr�sent pour une application dans le �futur. Il est
toujours plus facile d'accepter un sacrifice futur qu'un �sacrifice
imm�diat. D'abord parce que l'effort n'est pas � fournir tout de �suite.
Ensuite parce que le public a toujours tendance � esp�rer na�vement que
��tout ira mieux demain� et que le sacrifice demand� pourra �tre �vit�.
Enfin, cela laisse du temps au public pour s'habituer � l'id�e du
changement �et l'accepter avec r�signation lorsque le moment sera venu.
5/ S'adresser au public comme � des enfants en �bas-�ge
La
plupart des publicit�s destin�es au �grand-public utilisent un
discours, des arguments, des personnages, et un ton �particuli�rement
infantilisants, souvent proche du d�bilitant, comme si le spectateur
�tait un enfant en bas-�ge ou un handicap� mental. Plus on cherchera �
tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ?
�Si on s'adresse � une personne comme si elle �tait �g�e de 12 �ans,
alors, en raison de la suggestibilit�, elle aura, avec une
certaine�probabilit�, une r�ponse ou une r�action aussi d�nu�e de sens
critique que celles d'une personne de 12 ans�. Extrait de �Armes
silencieuses pour �guerres tranquilles� ��
6/ �Faire appel � l'�motionnel plut�t qu'� la r�flexion
Faire
appel � l'�motionnel est une technique classique �pour court-circuiter
l'analyse rationnelle, et donc le sens critique des �individus. De plus,
l'utilisation du registre �motionnel permet d'ouvrir la �porte d'acc�s �
l'inconscient pour y implanter des id�es, des d�sirs, des �peurs, des
pulsions, ou des comportements�
7/ �Maintenir le public dans l'ignorance et la b�tise
Faire
en sorte que le public soit incapable de �comprendre les technologies
et les m�thodes utilis�es pour son contr�le et son �esclavage. �La
qualit� de l'�ducation donn�e aux classes inf�rieures doit ��tre la plus
pauvre, de telle sorte que le foss� de l'ignorance qui isole les
�classes inf�rieures des classes sup�rieures soit et demeure
incompr�hensible �par les classes inf�rieures.� Extrait de �Armes
silencieuses pour guerres �tranquilles� �
8/ �Encourager le public � se complaire dans la m�diocrit�
Encourager le public � trouver � cool � le fait d'�tre�b�te, vulgaire, et inculte�
9/ �Remplacer la r�volte par la culpabilit�
Faire
croire � l'individu qu'il est seul responsable de �son malheur, � cause
de l'insuffisance de son intelligence, de ses capacit�s, ou de ses
efforts. Ainsi, au lieu de se r�volter contre le syst�me
�conomique,�l'individu s'auto-d�value et culpabilise, ce qui engendre un
�tat d�pressif dont l'un des effets est l'inhibition de l'action. Et
sans action, pas de �r�volution!�
10/ Conna�tre les individus mieux qu'ils ne se connaissent eux-m�mes
Au
cours des 50 derni�res ann�es, les progr�s fulgurants de la science ont
creus� un foss� croissant entre les connaissances �du public et celles
d�tenues et utilis�es par les �lites dirigeantes. Gr�ce � la biologie,
la neurobiologie, et la psychologie appliqu�e, le �syst�me� est parvenu �
une connaissance avanc�e de l'�tre humain, � la fois physiquement et
psychologiquement. Le syst�me en est arriv� � mieux conna�tre l'individu
moyen �que celui-ci ne se conna�t lui-m�me. Cela signifie que dans la
majorit� des �cas, le syst�me d�tient un plus grand contr�le et un plus
grand pouvoir sur les individus que les individus eux-m�mes.
***
Je
ne sais pas comment la Troisi�me Guerre Mondiale sera men�e, mais je
sais comment le sera la quatri�me�: avec des b�tons et des pierres. -- Albert Einstein
The earth
doesn�t belong to anyone. It is a land upon which all of us are to live
for many years, ploughing, reaping and destroying. You are always a
guest on this earth and should have the austerity of a guest. -- Jiddu Krishnamurti