
Argentine
A quelques jours de notre liberté par abandon des poursuites.
Mardi 27/04, avec un groupe de camarades anarchistes nous avons décidé
de nous mobiliser en solidarité avec le compagnon Giannis Dimitrakis
(prisonnier en Grèce depuis 4 ans, accusé de braquage de banque).
Pendant la manifestation, en direction de l’ambassade, ont été
distribués quelques tracts informatifs sur la situation du camarade,
quelques tags ont été faits, laissant sur les murs que la solidarité ne
connait ni limites, ni frontières et que notre dégoût de la société
carcérale est totale. A un moment inattendu, comme si il s’agissait
d’un film de policiers enragés, sont apparus devant nous un groupe de
civils armés qui pointaient leurs armes sur les camarades et frappaient
brutalement toutes les personnes qui les croisaient. Notre réponse ne
s’est pas faite attendre et nous nous sommes défendu-e-s. Au final 5
personnes des nôtres sont arrêté-e-s et un hospitalisé du fait de la
lâche violence à l’œuvre. La démagogie médiatique ne s’est pas non plus
faite attendre, manipulant et déformant les faits comme ils en ont
l’habitude.
Nous avons passé la première nuit dans le commissariat 15, pour être
ensuite transféré-e-s aux tribunaux de Comodoro [une des rues de Buenos
Aires] où ont été prises nos déclarations, et les accusations de
dommages, lésions, attentat, résistance à l’autorité, possession
d’explosifs comme d’ « arrogance idéologique » [littéralement. Qui
légitime l’usage potentiel de la violence pour mettre ses idées en
pratique, en gros], rien de plus absurde et éloigné de la réalité,
puisque comme anarchistes nous comprenons et étendons notre geste de
solidarité à tou-te-s les persécuté-e-s et victimes de la répression
dans le monde. Une telle incohérence de la part du juge fédéral Claudio
Bonadio ne pouvait être plus longtemps supportable. (Ce bourreau est
connu pour avoir condamné à la prison préventive cinq manifestants
arrêtés pendant les incidents pendant l’“escrache” [—intraduisible
en français— une nouvelle forme de lutte inconnue ici et pratiquée dans
des pays qui ont subi la dictature de l’armée, voir ici]
contre l’agissement de l’État d’Israël ; 4 personnes ont ensuite été
arrêtées dans la perquisition d’un local du FAR-MTR sur Florencio
Varela, que Bonadio a jugé responsables des délits d’ « arrogance
idéologique » - imposer les idées par la force -, violation de la loi
anti-discrimination, lésions légères et résistance à l’autorité ; on
leur met aussi sur le dos les évènements du 20 décembre).
La nuit du mercredi [28], nos maisons sont perquisitionnées par
surprise. Le jeudi, nous sommes transféré-e-s à la prison de haute
sécurité de Ezeiza, après nous avoir refusé la sortie (2 camarades sont
transférées à l’unité numéro 3 de femmes, et 3 compagnons à l’unité
numéro 1). Nous avons passé dix jours dans les geôles du Capital,
assumant les conséquences que supposent l’enfermement, et assumant à
tout moment notre position d’anarchistes. Le vendredi 7 mai, nous
sommes de nouveau transféré-e-s aux tribunaux de Comodoro, où on nous
informe que nous obtiendrons la liberté, mais en restant sous les
charges mentionnées plus haut. A partir de maintenant, le scénario de
cette persécution, clairement médiatique, est de nous maintenir sous la
procédure pour un temps indéterminé, ce temps avec lequel nous faisons
venir l’information dans la rue, la diffusion et l’agitation par
différents moyen. Nous pensons qu’il est nécessaire de visibiliser cet
évènement, qui ne nous touche pas seulement à tou-te-s les anarchistes,
vu que la criminalisation de la protestation ne fait pas de différence
entre ceux qui se rebellent ou se solidarisent dans cette lutte contre
l’État/Capital, ses prisons et son autorité. Nous voulons saluer toutes
et tous les anti-autoritaires, rebelles, individualités et camarades
des différents parties du monde qui d’une façon ou d’une autre ont eu
un geste de solidarité et de complicité pour et avec nous.
Pour la destruction totale de la société carcérale
Pour la liberté de tou-te-s les incarcéré-e-s dans le monde
Et l’abandon des poursuites contre les camarades anarchistes.
Mort à l’État et que vive l’Anarchie ! 
Original sur Liberación Total, traduit entre deux cafés.
Rappel des faits (en espagnol, photos/vidéo) : Solidaridad Inmediata
http://grenoble.indymedia.org/2010-05-21-Lettre-des-camarades-accuse-e-s-de
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