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  Post� le mercredi 31 mars 2010 @ 06:28:39 by anarkorevolter
Contributed by: anarkorevolter
RévolteCette nuit au centre d’identification et d’expulsion de Ponte Galeria à Rome

Dans la nuit du lundi au mardi 30 mars, les sans-papiers enfermés au centre d’identification et d’expulsion de Ponte Galeria à Rome se sont révoltés, dénonçant entre autres la façon dont ils sont traités, «comme des chiens». Départs de feu, destructions, occupation des toits, affrontements avec les forces de l’ordre présentes en masse et en tenue anti-émeute, la révolte a duré toute une partie de la nuit. Les journaux parlent de milliers d’euros de dégâts, la prison serait aujourd’hui sans eau ni électricité. Plusieurs détonations, notamment des tirs, ont été entendus mais le directeur du CIE, lui, nie toute intervention des forces de l’ordre et parle de tentative d’évasion…




Ce matin les prisonniers ont été divisés en deux groupes, les «méchants» et les «gentils». Parmi les méchants, une quinzaine d’hommes ont été choisis, qui auraient été filmés par les caméras de surveillance. Ils ont apparemment été conduits dans une autre prison que celle pour les étrangers dits clandestins, c’est-à-dire dans l’une des nombreuses autres catégories de prisons qui existent en Italie, celle pour tous les exploités dira-t-on pour simplifier. Leur jugement pourrait avoir lieu très rapidement.


Pendant ce temps, cet après-midi, dans le secteur des femmes où il semble que les prisonnières soient complètement assomées par les somnifères et autres camisoles chimiques qu’on mélange à leur nourriture et où, de fait, la situation la nuit dernière est restée calme, la énième déportation par charter pour le Nigéria a commencé et plusieurs retenues nigériannes ont été emmenées.


Pour en savoir plus, à lire et à écouter (témoignages de retenus) en italien.
Solidarité sans frontières et liberté pour toutes et tous avec ou sans papiers !


Liste Rétention, 30 mars 2010.



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Dernières nouvelles des centres de rétention italiens


Version traduite en français :

Le texte ci-dessous est la traduction du compte-rendu de Macerie, le site d’un collectif danti-racistes italiens (cest ainsi que lon désigne en Italie les mouvements qui travaillent en général sur les questions liées à limmigration, discriminations, rafles, rétention, expulsions…), qui ont des contacts téléphoniques quotidiens avec les retenus dans les différents centres, et animent régulièrement des actions de solidarité. Jai ajouté des précisions en ce qui concerne les dates et les expressions italiennes qui sont ici en italique.


La journée dhier (le lundi 29 mars) semblait être une journée  ordinaire dans le CIE de Ponte Galeria (le Centre dIdentification et dExpulsion de Rome, léquivalent italien de nos CRA), avec la majorité des retenus maintenus sous sédatifs, qui dorment jusquà midi et passent leur journée au lit. Dans le centre il y en a «de toutes les couleurs», des immigrés qui travaillent en Italie depuis 20 ans aux toxicomanes, en passant par les acooliques, les diabétiques, les asthmatiques, et les malades d’hépatite.


«Ici on nous traite comme des chiens»


Le quotidien à lintérieur des centres ne change pas, nous entendons toujours les mêmes histoires. Il y a quelques jours, de désespoir,  un retenu se frappait violemment la tête contre le mur, et un autre qui protestait a été frappé si fort (par les gardes dAuxilium, qui gèrent le centre depuis début mars) quils lui ont cassé les dents. Tabassé come ces garçons qui avaient tenté de séchapper en montant sur les toits du centre (il sagit probablement de la trentaine de retenus qui ont gagné les toits de Ponte Galeria le samedi 13 mars dernier, à loccasion de la manifestation de soutien en face du centre ; ils ont été sévèrement réprimés). À tout ça sajoutent les cas dautomutilation quotidiens : presque tous les soirs il y a un retenu qui avale une lame de rasoir (par protestation, et/ou pour ralentir voire empêcher leur expulsion). Si tu te plains, ils menacent dappeler la police, larmée et les gendarmes. Si tu demandes des soins, ou dêtre emmené à lhôpital, ils te disent que tu fais semblant parce que tu cherches à tenfuir. Ils confisquent tous les shampoings, savons et après-rasage, parce quon na le droit dutiliser que les produits fournis par les gestionnaires du centre, la Cooperativa Auxilium. Ils confisquent tout, surtout les briquets : les gardes ne veulent pas dincendies, comme celui qui est parti le 13 mars dernier, lors de la révolte qui a secoué le centre. Mais il y a une épicerie dans le centre, et ils vendent des allumettes ; peut-être quils nont pas réalisé que lon peut aussi allumer un feu avec des allumettes…


«Un bordel monstre !»

Mais hier à minuit (toujours le lundi 29 mars) nous recevons un sms d
un des retenus du CIE de Ponte Galeria. Une révolte a éclaté autour de 23 heures : les retenus ont mis feu à leurs matelas, et il y a deux gros départs de feu distincts dans le centre, qui grandissent jusquà toucher linfirmerie. Certains retenus sont montés sur le toit, et dautres ont fracassé trois ou quatre portes blindées et ont presque atteint le mur denceinte. Le centre est désormais envahi par les flics : ils sont partout, en tenue anti-émeutes, avec matraques, casques et boucliers. Autour d1h20 du matin on entend même des coups de feu.


Les derniers contacts téléphoniques que nous avons pu avoir avec les retenus à l
intérieur du centre ont eu lieu à 3 heures du matin. À ce moment-là, il y avait encore des retenus sur les toits, et les flammes navaient pas encore été éteintes.

Depuis ce matin (mardi 30 mars) il nous est impossible d
entrer en contact avec les retenus, personne ne répond plus au téléphone, et nous ne pouvons donc pas avoir dinformations de première main. Pourtant, il y a quelques heures, la conseillère regionale Anna Pizzo a cherché dentrer dans le centre de Ponte Galeria pour évaluer la situation. Comme il fallait sy attendre, étant donné quelle navait pas fourni de préavis écrit, on ne la pas laissée entrer. Le directeur du centre a tout de même admis quil y avait eu une tentative dévasion dans la nuit, suivie dune révolte, mais il a nié une quelconque intervention de la police. À lécouter, il sagirait dun événement mineur, alors quil a lui-même déclaré que pendant la révolte l’installation électrique et la plomberie du centre ont subi des dommages graves, à tel point quaujourdhui lélectricité et leau courante ne sont pas encore rétablies à Ponte Galeria.


Mise à jour de 13h00 : Les retenus du secteur réservé aux hommes ont été enfermés dans la cantine, et divisés en deux groupes : dun coté les «gentils» et de lautre les «méchants». Cette distinction serait faite au regard des enregistrements vidéos des caméras de surveillance, qui auraient filmé toute la révolte. Il va sans dire que les retenus classés dans le groupe des «méchants» — une quinzaine apparemment — sont mis de coté en vue de leur arrestation. Dans la partie du centre réservée aux femmes, au contraire, personne ne sest aperçu de rien ; au cours des derniers jours, en effet, les médicaments administrés aux retenues, ouvertement ou dissimulés dans la nourriture par exemple, sont particulièrement lourds. Selon différentes sources, les retenues passent leur temps à dormir, ou à pleurer. Plusieurs retenues nigerianes ont été emmenées ce matin, ce qui veut dire quil pourrait y avoir une nouvelle expulsion en préparation.


Mise à jour de 13h45 : Il y a bien eu 15 arrestations parmi les retenus masculins, qui ont été transférés probablement à Regina Coeli (la principale prison de Rome). Ils pourraient passer en comparution immédiate dès demain.


Dautres mises à jour suivront.

macerie, 30 mars. 
Traduction en français par Au fond près du radiateur, émission dactualité sociale tous les mardi de 19h à 20h30 sur FPP (106.3 FM en région parisienne).



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Version originale (en italien) :


Quella di ieri sembrava una giornata come tutte le altre nel Cie di Ponte Galeria, con la maggior parte dei reclusi sedati che dormono fino a mezzogiorno e passano la giornata a letto. Nel centro c’è gente “di tutti i colori”: chi lavora in Italia da vent’anni, tossicodipendenti, alcoolizzati, diabetici, asmatici e malati di epatite.


“Qui ci trattano come cani”


Da dentro sempre gli stessi racconti. Qualche giorno fa un recluso ha sbattuto la testa contro il muro per la disperazione e un altro che protestava è stato picchiato tanto forte che gli hanno rotto i denti. Riempito di botte come quei ragazzi che avevano provato a scappare salendo sui tetti. Poi ci sono i casi di autolesionismo: ogni sera qualcuno ingoia una lametta. Se ti lamenti, minacciano di chiamare la polizia, l’esercito e i carabinieri. Se chiedi di essere curato o portato in ospedale, ti dicono che stai fingendo perchè vuoi scappare. Sequestrano shampoo, sapone e dopobarba, perchè bisogna usare solo quello che forniscono i gestori del centro, la Cooperativa Auxilium. Sequestrano tutto, soprattutto gli accendini: le guardie non vogliono incendi, come quelli della sommossa del 13 marzo scorso. Ma nello spaccio vendono i cerini, e forse non hanno capito che anche con quelli si può accendere un fuoco…


“Un casino della madonna!”


A mezzanotte di ieri arriva questo sms da uno dei reclusi del Centro. Da un’ora è scoppiata una rivolta: i materassi bruciano e ci sono due grossi fuochi che si alzano arrivando fino all’infermeria. Alcuni reclusi sono saliti sul tetto e altri hanno spaccato tre o quattro porte di ferro e hanno quasi raggiunto il muro di cinta. Tutto il centro è pieno di polizia: sono dappertutto ­in tenuta antisommossa, con manganelli, scudi e caschi. Intorno all’una e venti si sentono anche degli spari.
Le ultime telefonate coi reclusi risalgono alle tre di notte, e raccontano di alcuni reclusi sono ancora sui tetti e di fiamme non ancora spente.


Da questa mattina nessun recluso risponde più al telefono, quindi non possiamo avere informazioni di prima mano. Ma qualche ora fa, la consigliera regionale Anna Pizzo ha cercato di entrare nel Cie, per verificare la situazione. Ovviamente, mancando il preavviso scritto, non l’hanno fatta entrare. Il direttore ha però ammesso che nella notte c’è stata una tentata evasione, seguita da una protesta, ma ha negato l’intervento della polizia. Secondo il direttore è stata una cosa da poco. Talmente da poco, che per sua stessa ammissione oggi nel centro mancano luce e acqua perchè durante la rivolta sono stati danneggiati gravemente l’impianto elettrico e quello idrico.


Aggiornamento ore 13.00. I prigionieri del settore maschile sono stati rinchiusi nella sala mensa e divisi in due gruppi: da una parte i “buoni” e dall’altra i “cattivi”. Le telecamere di sicurezza avrebbero ripreso tutta la rivolta ed è l’ora degli arresti. Da quel che si capisce, per ora i fermati — i “cattivi”, appunto — sono una quindicina. Nel settore femminile, invece, nessuna si è accorta di nulla: negli ultimi giorni, infatti, le medicine somministrate apertamente o con l’inganno dalla direzione sono particolarmente pesanti e, secondo alcuni racconti, le recluse passano il proprio tempo a dormire o a piangere. Alcune nigeriane questa mattina sono state portate via, e questo vuol dire che si potrebbe essere in preparazione un’altra deportazione.


Aggiornamento ore 13.45. In effetti gli arrestati sono 15, e sono stati portati probabilmente a Regina Coeli. Potrebbero essere processati per direttissima già domani.


Seguiranno aggiornamenti.


 macerie, 30 marzo.
Tradotto in francese da Au fond près du radiateur, trasmissione di contro-informazione ogni martedì dalle 7 di sera alle 8 e mezza sur FPP (106.3 FM a Parigi).



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