À l’approche d’un nouvel anniversaire du 11 septembre diverses actions ont
été menées : des barricades nocturnes au milieu des routes, des
affrontements opposant la police à des encagoulés dans des universités et
des quartiers populaires, des engins explosifs (à retardement et à déclenchement
contrôlé), des camions brûlés en territoire mapuche, des commissariats et
des véhicules de police attaqués, de nombreuses alertes à la bombe dans
plusieurs villes.
La police avait annoncé le renforcement des mesures destinées à éviter les
troubles, ce qui n’a pas empêché que le contrôle de la nuit du 11
septembre lui échappe. La police s’est vue dépassée sur l’ensemble du
territoire : pillages, incendies, policiers blessés, barricades, tirs, et
une longue nuit d’affrontements...
Les jours précédant le 11, pendant la nuit...
La préparation du 11 commença avec les « sorties universitaires », avec
des affrontements entre encagoulés et forces de l’ordre à Santiago (USACH,
UAHC, UMCE et Université du Chili), Valparaiso (UPLA et UV) et Concepción
(UFRO et UDEC).
À l’UMCE une étudiante a été blessée à la tête par la police ; à l’UAHC
les affrontements opposèrent la PDI à des encagoulés et débouchèrent sur
un agent sérieusement blessé envoyé à l’hôpital et sur le placement en
préventive de deux camarades accusés de tentative d’homicide. À
Concepción, aux abords de l’Université de la Frontière, à la suite
d’affrontements entre forces spéciales de la police et encagoulés, un
étudiant a été arrêté et accusé d’avoir lancé des cocktails molotov - ce
qu’il nie - et placé en préventive.
Du fait de ces affrontements aux abords des universités, les facultés
concernées ont décidé de suspendre les cours jusqu’à nouvel ordre.
La nuit du 4, aux alentours de 21 heures, commencèrent les affrontements
entre forces spéciales et environ 200 personnes, dans le quartier Hermida
de la Victoria, à Cerro Navia. Les manifestants installèrent des
barricades pour bloquer la rue et lancèrent des molotovs et des bombes
assourdissantes sur la police. Le même soir, dans le secteur de La
Pincoya, à Huechuraba, une centaine de personnes bloquait la route avec
des barricades, et un bus du réseau Transantiago qui passait à proximité
fut détruit à coups de pierres.
Le mercredi 9, à 6 heures du matin, des encagoulés dressèrent des
barricades enflammées à l’entrée de Valparaiso. Le même jour à 23h45, des
encagoulés coupèrent la route 68 à Valparaiso avec des barricades.
Le jeudi 10, des encagoulés bloquèrent l’accès à Concepción avec des
barricades sur l’autoroute General Bonilla.
Le jeudi 10, aux abords de l’école Valentin Letelier dans la commune de
Recoleta, 40 encagoulés bloquèrent la route avec des barricades, et
lancèrent des pierres et de la peinture sur des patrouilles de police,
ainsi que des tracts à propos d’un nouveau 11 septembre et en mémoire des
camarades Claudia López et Jhonny Cariqueo. 7 jeunes furent arrêtés à
proximité des lieux.
La nuit du 10, près d’une centaine de personnes attaquèrent le 14ème
commissariat de San Bernardo, et furent dispersés par la police à coups de
lacrymogènes et de balles en caoutchouc.
Le mercredi 9, aux environs de 21h30 une explosion secoua le réfectoire
des sous-officiers de la police de Santiago. Le communiqué appelait à
sortir dans les rues et à attaquer les flics par tous les moyens
possibles.
Le vendredi 11, le groupe d’intervention spécial (GOPE) de la police
désamorça deux engins explosifs à la station de train Villa Alemana. Les
bombes avaient été déposées dans une poubelle à côté d’un distributeur
automatique.
Le vendredi 11, deux engins explosifs vinrent troubler la tranquillité de
Concepción. La première explosa sur la voie ferrée conduisant de
Concepción à Talcahuano, au niveau de Lorenzo Arenas, au moment où passait
un train chargé de soude caustique et de chlorhydrate de sodium. La police
affirma que l’objectif était de faire dérailler le convoi, sans succès.
L’explosion a causé des dommages matériels estimés à 2 millions de pesos
en détruisant la boîte de vitesses de l’entreprise Transap. L’engin
explosif était composé d’un extincteur rempli de poudre, activé par une
mèche à combustion lente. Le deuxième engin explosif, similaire au
premier, fut retrouvé à Coronel, sans que l’explosion n’ait réussi à se
produire.
Le vendredi 11, à Valparaiso, des hommes des forces spéciales de la police
désamorcèrent un engin explosif trouvé aux abords de l’université.
Le vendredi 11, une bombe assourdissante explosa devant le domicile de
Iván Isla, procureur général du ministère public de la commune de
Curacautín, dans la région de l’Araucanía. Le procureur et son domicile
sont désormais sous protection policière.
À Valparaiso et à Santiago de nombreuses alertes à la bombe donnèrent du
travail aux forces spéciales qui durent évacuer des écoles, des
universités, des entreprises.
La nuit du 11...
La nuit tombée nombreux furent les endroits qui s’illuminèrent du feu des
barricades : panneaux de signalisation, mobilier urbain et décombres...tout
était bon pour alimenter le feu et empêcher qu’il ne s’éteigne. Les
établissements à piller et/ou à détruire furent ceux de toujours :
magasins, supermarchés, écoles, banques, etc... Tandis que les objectifs à
attaquer à coups de pierres, bâtons et balles furent les commissariats et
les policiers.
Près de 15 communes de Santiago et de nombreuses autres dans tout le pays
se retrouvèrent sans courant, grâce au sabotage des postes électriques.
À Santiago, les communes de Pedro Aguirre Cerda, Lo espejo, La CisternaEl
Bosque, La Pintana, La Florida, La Granja, Puente Alto, Conchalí,
Quilicura, Recoleta, Macul, Huechuraba, Ñuñoa, Lo Espejo, Cerrillos,
Pudahuel, San Ramón, Peñalolen, San Miguel, San Bernardo, Renca, Quinta
Normal, Cerro Navia, Lo Prado, Maipu et Estación Central, diverses actions
furent menées, des barricades jusqu’à des attaques contre la police et des
pillages.
À Macul des inconnus pillèrent et détruisirent une station service de
l’entreprise Terpel. Dans le même commune des manifestants tentèrent de
voler un distributeur automatique qu’ils finirent par abandonner dans la
rue.
À Renca, un terminal de bus du réseau Transantiago fut attaqué, et plus
d’une douzaine de bus endommagés.
À San Bernardo, des manifestants attaquèrent le 14ème commissariat, avec
des pierres et des bâtons, et affrontèrent longuement la police.
À La Pintana des manifestants attaquèrent un commissariat et
s’affrontèrent à la police avec des pierres, des bâtons et des armes à
feu. Les affrontements durèrent jusqu’au petit matin.
À La Florida le rez-de-chaussée de l’école Sempier Altius fut pillé et
incendié. Dans la même commune, un lycée fut également pillé.
À La Granja, l’école Mahuidanche ainsi qu’une autre fut pillée et détruite.
À Conchali, des manifestants tentèrent de piller un supermarché Unimarc,
placé sous la surveillance de 4 policiers qui furent attaqués.
À La Granja un supermarché de la chaîne A Cuenta fut pillé.
Un supermarché Alvi à San Bernardo, une boulangerie à Cerro Navia et une
pharmacie à Maipu furent mis à sac.
Dans le quartier La Victoria des affrontements eurent lieu entre police et
manifestants. Des pierres, des molotovs et des tirs furent dirigés contre
la police. Au même endroit des voitures furent incendiées et des
encagoulés tentèrent de mettre le feu au siège du parti communiste.
Dans le quartier Villa Francia, commune de Estación central, des
encagoulés affrontèrent la police avec des molotovs et des armes à feu.
Les affrontements durèrent jusqu’au petit matin.
À Talcahuano, région du Bio-Bio, aux environs de 04 heures, alors que le
sergent de police Luis Barrientos rentrait chez lui sa voiture fut
interceptée par deux individus. Les inconnus le menacèrent et lui volèrent
des objets et de l’argent. Ils s’emparèrent ensuite du véhicule qu’ils
brûlèrent dans un terrain vague : la voiture fut complètement détruite.
Dans la région de l’Araucania, un groupe d’encagoulés pénétra dans le
domaine agricole Brasil pour y mener une attaque incendiaire. La maison
des propriétaires, un hangar, et deux tracteurs furent sérieusement
endommagés. Le domaine appartient à l’agricultrice Elsa Fernandez et est
réclamé depuis des années par des communautés indigènes.
Au terme des manifestations, on dénombre 3 jeunes morts dans des
circonstances confuses, dans diverses communes. Selon les familles des
victimes et de la presse, ces morts n’ont qu’un rapport indirect aux
manifestations, tandis que certains pensent que la police a une part de
responsabilité.
On compte 206 personnes arrêtées sur tout le territoire, la plupart pour
vol et pour troubles sur la voie publique.
19 agents de police ont été blessés, parmi lesquels :
Le commandant Carlos Abarza Chávez du 43eme commissariat de Peñalolen,
brûlé à l’acide sur le côté gauche du cou, sur son bras et sa cuisse
gauches. Cela eut lieu au croisement de l’avenue El Valle et de la rue
Américo Vespucio.
Le capitaine Luis Alvarado Barrientos du 36eme commissariat de La
Florida, blessé par un tir de plomb entre le cou et l’oreille dont les
auteurs sont inconnus. Cela eut lieu au croisement de la rue Punta Arenas
et de la rue Américo Vespucio.
Le sous-lieutenant Nicolas Sepúlveda González du 16eme commissariat de La
Reina, blessé par des plombs reçus sur l’avenue Carrascal, commune de
Cerro Navia.
Le sergent Amedes Lorca Fuentes du 16eme commissariat de La Reina, blessé
par des plombs reçus sur l’avenue Carrascal, commune de Cerro Navia.
Le caporal Pedro Huili Huala du 41eme commissariat de La Pintana a été
touché au visage par une pierre et a perdu plusieurs dents ( tout comme le
flic de la PDI rue Condell), dans le quartier El Castillo
L’agent de police Sebastian Pino Bustos du 25eme commissariat de Maipu
reçut une pierre sur la tête, au croisement de la rue Nicaragua et de la
rue Mirador, commune de Cerrillos
L’agent de police Juan Fuentes du 36eme commissariat de La Florida, a subi
une fracture de l’épaule suite à une attaque de manifestants.
L’agent de police Manuel Gomez Lopez du sous-commissariat Pablo Silva
Pizarro, a reçu un projectile sur la tête.
Traduit de l’espagnol, tiré de :
http://liberaciontotal.entodaspartes.net/archives/6461#more-6461





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