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  Post� le samedi 05 septembre 2009 @ 15:07:39 by littlepunky
Contributed by: inventin
Révolution(-naires)Dans ce monde informatis�, nos proth�ses de communication num�rique nous isolent chaque jour un peu plus en r�duisant au minimum les relations humaines, et nous conditionnent insidieusement jusqu'� notre mani�re d'appr�hender et de comprendre notre situation de survie.

"Alors que chacun s�isole dans la crainte, en se retranchant dans sa petite sph�re quotidienne, les relations sociales se d�sagr�gent dans la peur et le rejet de la diff�rence. Plus on communique avec nos proth�ses num�riques, par petits bouts � petits peu, moins on communique avec l�autre. La quantit� d�truit la qualit� sous le contr�le des machines � r�duire. Nos projections technologiques nous conditionnent, en nous incarnant dans les op�rations restrictives des affaires planifi�es. L�envahissement pr�cipit� de notre univers quotidien par les machines informatiques, a r�duit notre espace vital, en structurant nos croyances selon les mod�les restreints de l�ordre des choses qu�elles programment." (Stratag�mes du changement*) ________________________________________________________________________ Nous ne sommes pas inform�s, mais "mis en forme". Les transnationnales de l'information sont d'�normes machines de pression qui r�pandent de partout et en permanence la propagande de la soumission sans concession. Nos modes de perception et nos m�thodes de compr�hension qui nous ont �t� inculqu�s, conditionnent notre r�flexion, nos choix et rendent nos tentatives de changement inop�rantes. Nos solutions font blocage. Croire que l'action d�coule de la pens�e, que le changement radical ne serait que la cons�quence d'une conscience r�volutionnaire, est une pr�supposition, une hypoth�se d'un autre temps, que l'on peut remettre en question. Toute conclusion tir�e de l'exp�rience pass�e, suppose comme fondement, que le futur ressemblera au pass�. Notre exp�rience concr�te d�termine tout changement, mais seulement dans notre mani�re de percevoir et de r�agir � la r�alit�. Ceux qui veulent d�terminer et expliquer le changement par des mouvements pass�s sont aveugle � l'invention et � la m�tamorphose n�cessaires � l'�mergence d'un nouveau mouvement r�volutionnaire. _________________________________________________________________________ "Le pass� et le futur sont des mani�re d'�tre au pr�sent." Maturana et Varela, L'arbre de la connaissance, 1992. Si l'on se permet de ne plus consid�rer le futur comme une projection que le pr�sent consomme en le pr�cipitant dans un pass� toujours plus pr�sent, on peut alors se l'approprier comme un devenir d�sirable v�cu au pr�sent, plein de nouvelles possibilit�s qui ne cherche qu'� se r�aliser, un avenir sans entrave qui se construit ici et maintenant. "Nous ne pouvons pas pr�voir le futur mais nous pouvons le pr�parer. Dans la mesure o� on laisse aller les choses au hasard, on peut pr�voir qu�un syst�me clos caract�ris� par quelque ordre initial �voluera vers le d�sordre, qui offre tellement plus de possibilit�s. D�s que l�instabilit� est incorpor�e, la signification des lois de la nature prend un nouveau sens. Elles expriment d�sormais des possibilit�s." Ilya Prigogine, La fin des certitudes. _________________________________________________________________________ Notre pr�tentieux savoir ne voit pas tout ce qu'il se dissimule, ignore ce qu'il ne sait pas. Il tend � se proposer comme accompli et autosuffisant, � se prendre pour le propri�taire de la v�rit� et de la pertinence, � occulter erreurs, anomalies, paradoxes, h�r�sies, d�rives, bref tout ce qui dans les moments critiques de changement qualitatif est source et stimulation de changements et de r�volutions. La condition humaine n'est pas un destin marqu� par une histoire d�j� �crite, mais l'�mergence de mouvements, d'accidents et d'erreurs qui se font et se d�font dans le cours de situations impr�vues, de tournants, de seuils qui peuvent � un moment critique annuler les pressions dominantes en faisant surgir de nouvelles possibilit�s plus compatibles avec l'ensemble des diversit�s qui composent la soci�t�. _________________________________________________________________________ Nos points de vue sont se retrouvent souvent d�form�s par nos pr�jug�s intransigeants et sectaires. Le mod�le de perception et la m�thode utilis�e par l'observateur oriente sa recherche et d�termine son observation sans qu'il s'en rende vraiment compte. On ne voit jamais deux fois la m�me rivi�re, l'eau s'est �coul�e, nous-m�me avons �volu�, notre mode de perception est diff�rent, nos observations ont quelques peu chang� et la r�alit� n'est plus tout � fait la m�me. Pour le scientisme r�ductionniste, "l'objectivit� exige que les propri�t�s de l'observateur n'entre en aucun cas en ligne de compte dans la description de ses observations. Par cette suppression de ce qui fait l'essence de l'observation, c'est � dire les processus cognitifs, on r�duit l'observateur � n'�tre qu'une machine � copier, et l'on r�ussi � �vacuer la notion de responsabilit�." Heinz von Foerster, �thique et cybern�tique du second ordre, 1991. _________________________________________________________________________ Au nom de ce r�alisme chim�rique qui semble aller de soi, est ainsi compl�tement occult�e toute dimension humaine dans ce qu'elle a de trop vivante, de doute et de hasard, de relations incertaines, d'opportunit�s impr�visibles, de jeux sur les r�gles du jeu, de changement possible de ses propre r�gles de transformation, de libert� de choix, de d�rives situationnelles. Prendre toute position comme la position d'un observateur avec ce qui en d�coule, ouvre un champ de possibilit�s, fondamentalement critique � l'�gard des certitudes, des dogmes et des id�ologies. Ainsi chacun de nous devient responsable de son propre point de vue. Nous sommes impliqu�s dans le monde que nous d�crivons et transformons avec les autres. C'est alors que pour favoriser nos possibilit�s de libert� il nous est d�sormais n�cessaire de penser au second degr�, dans un cycle de r�flexion qui pousse notre connaissance � revenir constamment sur elle-m�me. Cette n�cessit� de penser notre compr�hension de la situation v�cue, favorise nos possibilit�s de libert�. _________________________________________________________________________ Le monde n'est plus une r�alit� objective bien s�par�e, �trang�re, � laquelle il faut se soumettre, mais devient alors notre r�alit�, plus humaine et plus accessible, plus vari�e et plus vivante. La dictature �conomique et financi�re n'est plus une fatalit�, mais la tyrannie d'un petit groupe d'usurpateurs multimilliardaires qu'il s'agit de rendre inop�rant pour sauver la soci�t� de la faillite de l'humanit�, et la plan�te de sa destruction. _________________________________________________________________________ "Les r�volutionnaires de la vie savent d�j� quoi faire pour d�passer les troubles qui font blocage. Seulement, ils ne savent pas qu�ils savent, car ils se croient inefficaces. Nous pouvons inventer ensemble un nouvel usage des connaissances que nous avons d�j�, dans des �quilibres diff�rents qui n�ont plus besoin d��tre uniques et parfaits. Il y avait une voie id�ale (r�aliste) mais irr�alisable, � pr�sent il y a une multitude d�exp�rimentations possibles." "Vivons dans le monde que nous inventons !" (*) _________________________________________________________________________ Lukas Stella (http://inventin.lautre.net) _________________________________________________________________________ * Stratag�mes du chagement, de l'illusion de l'invraisemblable � l'invention des possibles, par Lukas Stella aux �ditions Libertaires, disponible � Courcircuit-diffusion, Fnac...


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