Quelques citations de �lysée Reclus .
"L'anarchie est la plus haute expression de l'ordre."
"Aussi longtemps que la société sera basée sur l'autorité, les anarchistes resteront en état perpétuel d'insurrection."
"Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. La morale qui naît de la hiérarchie sociale est forcément corrompue."
"L’opprimé a le droit de résister par tous les moyens à l’oppression et la défense armée d’un droit n’est pas la violence!"
"Le citoyen, aujourd'hui
opprimé, demain libre. C'est à lui qu'il faut s'adresser pour fonder la
république sur sa véritable base; c'est lui qui est empereur et
pape,...c'est lui qui doit former des groupes avec ses frères de la
manière qui lui paraîtra la meilleure. Quelle sera la base de la
société nouvelle? Ce sera l'association."
"En supprimant l'�tat, nous
supprimons aussi toute morale officielle, sachant d'avance qu'il ne
peut y avoir de moralité dans l'obéissance à des lois incomprises."
"Il n'y a de morale que dans la liberté."
"Le suffrage universel " a
accru cette hideuse classe des politiqueurs, qui se font un métier de
vivre de leur parole, courtisant d'abord les électeurs, puis quand ils
sont en place, se tournant vers les puissants,...mendiant les places,
les sinécures et les pensions. ""
"Sans doute le suicide est
rare parmi les jeunes, mais la façon de penser qui le justifie n'est
que trop commune, et du reste, il y a mille manières de se laisser
mourir sans la grossière mise en scène du sang répandu. Le plus commode
est de renoncer à la volonté de savoir, à l'âpre curiosité de sonder
l'inconnu : on s'abandonne au flot comme une épave ; on prend les
opinions toutes faites et on les répète par habitude ... C'est la vraie
mort : que l'autre soit prompte ou lente à venir, elle ne fait que
coucher dans le cercueil un objet qui depuis longtemps était cadavre."
"Je me demande pourquoi
nous parlons des �tats- Unis d'Europe. Les Américains, les Chinois et
les habitants des îles du Pacifique sont aussi nos frères et ce que
nous voulons fonder c'est la République fédérale de la terre entière."
"Toutes ces frontières ne
sont que des lignes artificielles imposées par la violence, la guerre,
l'astuce des rois et sanctionnée parla couardise des peuples."
"On en voit qui mettent
leur orgueil à se sentir blasés, comme si l'impuissance d'admirer, de
jouir et d'être heureux constituait un grand mérite."
"" Soyez des hommes, "
clament les maîtres, lors des distributions de prix ! Il vous faudrait
comprendre à demi-mot : " Assouplissez-vous ! Courbez l'échine !
Apprenez à ramper ! ""
"De par le fonctionnement
social, les étudiants savent d'avance qu'ils battront monnaie avec
leurs diplômes : " La Science est de l'Argent ! " peuvent-ils dire en
secret. C'est dans leurs rangs que se recrutent les classes
dirigeantes, qui sont aussi les classes argentées."
"Même dans les sanctuaires
de la science, on pourrait lire ces deux mots que Lamartine disait
ignobles : " Acheter et vendre ! " Sans doute l'état social reposant
sur la propriété privée comme sur une pierre angulaire, il nous est
impossible de ne pas subir de continuels marchés, condition même de la
vie matérielle ; mais ces marchés, il importe d'en comprendre la honte
et d'en préparer le terme, chacun dans la mesure de sa force, en
travaillant à un renouveau social où les fruits du labeur commun
appartiendront à tous sans marchandage préliminaire."
"Que penser du médecin qui
tient une vie d'homme au bout de son scalpel et qui commence par tendre
la main pour que le patient y mette une pièce d'or ?"
"Considéré comme simple
possesseur de ses bras, l'homme est lui-même une marchandise, ni plus
ni moins que les produits de son labeur. Les industries de tous les
pays, entraînées de plus en plus dans la lutte de la concurrence
vitale, veulent produire à bon marchée en achetant au plus bas prix la
matière première et les bras qui la transformeront."
"Vue de haut, dans ses
rapports avec l'Homme, la Géographie n'est autre chose que l'Histoire
dans l'espace, de même que l'Histoire est la Géographie dans le temps.
Ne peut-on pas dire également que l'Homme est la Nature prenant
conscience d'elle-même?"
"La révolution dite de 1789
n'avait pas eu d'autre idéal que le triomphe du tiers-état,
c'est-à-dire celui de la bourgeoisie, et l'œuvre, dans son ensemble,
était due aux propriétaires du sol et des maisons, aux industriels, aux
commerçants...Le peuple n'avait eu qu'à servir de comparse, il avait
apporté ses instincts de foule, ses enthousiasmes, ses colères."
"En 1848, c'est l'ouvrier,
c'est le travailleur qui est l'auteur principal de la révolution. Il ne
connaît pas le mot de " socialisme " qui est d'invention récente,
...mais il le fait entrer dans l'histoire."
"La Terre devrait être
soignée comme un grand corps, dont la respiration accomplie par les
forêts se réglerait conformément à une méthode scientifique ; elle a
ses poumons que les hommes devraient respecter puisque leur propre
hygiène en dépend."
"Un fait capital domine
toute la civilisation moderne, le fait que la propriété d'un seul peut
s'accroître indéfiniment, et même, en vertu du consentement presque
universel, embrasser le monde entier. Le pouvoir des rois et des
empereurs est limité, celui de la richesse ne l'est point. Le dollar
est le maître des maîtres : c'est par sa vertu, avant toute autre
raison, que les hommes sont répartis diversement sur la face de la
Terre, distribués ça et là dans les villes et les campagnes, dans les
champs, les ateliers et les usines, qu'ils sont menés et malmenés de
travail en travail, comme le galet de grève en grève."
"Le sol de Londres, la cité
mondiale, appartient à un petit nombre de ducs et barons qui emploient
chacun tout un ministère de receveurs et d'huissiers pour la perception
de leurs loyers toujours grandissants. C'est ce régime que
l'aristocratie dominatrice de l'Angleterre voulait appliquer à son
profit dans tout l'empire colonial en des proportions encore plus
monstrueuses que dans la mère patrie."
"Le manifeste des ouvriers
internationaux (Londres 1864) retentissait comme un cri de guerre
contre tous les gouvernements, mais, par delà ceux-ci, il s'adressait
fraternellement à tous les hommes envers lesquels " La vérité, la
justice, la morale devaient être la ligne de conduite sans distinction
de couleur, de foi ni de nationalités. Pas de devoirs sans droits, pas
de droits sans devoirs ! ""
"Peut-être y avait-il un mot
de trop dans cette proclamation des ouvriers associés, le mot de
" foi ", car l'homme qui croit à un pouvoir surnaturel et se conforme
aveuglément aux ordres qu'il suppose lui être envoyés du ciel ne peut
avoir aucune compréhension de la liberté..."
"On peut affirmer que la
Terre produit assez pour tout le monde et que chacun peut manger à sa
faim. Ce n'est pas le sol qui n'a jamais refusé la nourriture à
l'homme ; c'est l'appropriation capitaliste des terres cultivables qui
empêche l'homme de s'en servir."
"...Et pourtant, la table
n'est pas servie pour tous au banquet de la vie ! Il y a des
faméliques, et même, ils sont nombreux ; en outre l'avenir n'est pas
sûr pour les fortunés et, parmi ceux qui mangent d'ordinaire à leur
faim, il y a des millions et des millions d'individus qui regardent
devant eux avec effroi, mangeant aujourd' hui dans l'appréhension de ne
pas avoir à manger demain."
"Quelle misérable besogne
que celle où les maîtres divisent l'ouvrage sans estimer... les
ouvriers, où les contre maîtres brutalisent et trompent le travailleur,
où celui-ci, n'ayant d'autre objectif que sa paie, ahane sans goût et
sans amour. C'est ainsi que l'on arrive à édifier des constructions
inutilisables ou meurtrières, à fabriquer des ponts de mauvaise qualité
et de mauvaise facture, que les vent des tempêtes emporte comme une
toile déchirée."
"Le petit commerce suit une
évolution parallèle à la petite agriculture et à la petite industrie.
Il est évident que, dans l'évolution contemporaine, le trafic
individuel avec ses boutiques, ses échoppes, ses caves, ses
transactions effectuées en liards et en sous, est absolument condamné."
"Pour un avantage
particulier, on va jusqu'à désirer un désastre public ; tel médecin,
tel fossoyeur souhaite des épidémies au risque d'être emporté lui-même
par le fléau ; le militaire veut les batailles où la mort l'attend
peut-être... et le marchand d'alcool encourage l'ivresse."
"La religion interdit à
l'homme de toucher au fruit de l'arbre de la Science, trop savoureux
pour nous, et maintenant, à son tour, la Science révèle que les fruits
de la religion ne nourrissent pas l'homme."
"Les religions sont
retardataires dans leur évolution. Obligées de s'en tenir aux anciennes
formules pour justifier leur prétention à l'infaillibilité, se laissant
toujours devancer par les conquêtes de la Science, elles sont
fatalement vouées à combattre tout d'abord ce que, cent ans plus tard,
elles seront forcées d'admettre tacitement, ou même de prêcher."
"Le maintien des privilège
s'allie si bien avec le maintien des vieux dogmes que, d'instinct, tous
ceux que menacent les progrès de la raison dans les mouvements
populaires vont se mettre à l'abri dans les cohortes religieuses."
"Quand une classe est
pénétrées des sentiments de sa disparition inévitable et prochaine,...
elle se rejette désespérée vers quelque divinité salvatrice, vers un
fétiche, vers un rameau bénit ; le premier sorcier venu qui lui prêche
le salut ou la rédemption l'attire pour un instant."
"Le vice capital des écoles
est celui de toutes les institutions humaines, le caractère
d'infaillibilité que s'attribuent volontiers les professeurs."
"Les professeurs, choisis
pour les écoles primaires, en vue d' " instituer " des hommes et des
femmes, devraient être les meilleurs, à la fois les plus sérieux et les
plus doux, afin que les jeunes prospèrent à côté d'eux en santé
physique et morale."
"L'instituteur n'a plus la
foi, et, forcé, suivant l'expression consacrée, de " chasser Dieu de
l'école ", il continue à se plier aux méthodes inspirées par le dogme
catholique et monarchique... Se servant des mêmes procédés
d'instruction et de prétendue moralisation, il remplace Dieu par un
autre Dieu, la Loi ou la Patrie que représentent le drapeau et autres
symboles. Si cette nouvelle divinité devait être prise au sérieux par
les enfants, leur horizon moral serait singulièrement rétréci, car la
patrie n'est qu'un étroit lambeau de terre, considérée généralement
comme entourée d'ennemis, tandis que l'idée de Dieu répondait pour les
âmes douces et simples à une justice de l'au-delà."
"Influence absolument
prépondérante de la presse - Quels que soient la vulgarité, la
banalité, le désir de scandale, le patriotisme hypocrite de la plupart
des feuilles quotidiennes et des revues périodiques, il est de toute
certitude qu'elles élargiront l'espace intellectuel autour des
lecteurs : elles l'arracheront à l'étroite commune, aux murs de la cité
primitive."
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