Parmi les membres de New Harmony se trouvait un bostonien descendant
d'une vieille famille puritaine, Josiah Warren (1798-1874), qui, sous
l'influence des conférences de Robert Owen à Cincinnati, liquida une
petite fabrique de lampes qu'il exploitait dans cette ville et
rejoignit Owen. L'expérience communiste de celui-ci déçut profondément
Warren, qui s'en fut vers l'extrême opposé et adopta la conception de
la Souveraineté de l'Individu et du Commerce équitable.
Revenu à Cincinnati en novembre 1827 il ouvrit une petite boutique
qu'il appela Time Store et où, pour se procurer les utilités en vente
les acheteurs devaient fournir le produit d'un temps de leur travail
(temps représenté par des « bons de travail » d'une heure ou
subdivision d'une heure) équivalent à celui qu'avait nécessité la confection des dites utilités.
Les marchandises étaient offertes à prix coûtant, plus une majoration
de 4 %, représentant les frais d'exploitation. Ces utilités étaient
échangées contre d'autres, s'il le fallait, toujours sur le même
principe.
Chaque consommateur fixait lui-même
le prix qu'il évaluait son heure de travail et celui des
femmes était égal ou à peu prés à
celui des hommes. Le temps employé à servir un
consommateur était déduit du bon qu'il présentait
et l'un des ornements les plus curieux du magasin était
l'horloge faisant face au client. En 1833, il lança à
Cincinnati le premier journal anarchiste qui ait jamais vu le jour
The Peaceful Revolutionist (le révolutionnaire
pacifique), une feuille hebdomadaire de 4 pages, qu'il rédigeait,
composait, stéréotypait et imprimait lui-même.
Elle vécut un an. En 1835, il essaya de créer une
colonie à Tuscaramas, dans l'�tat d'Ohio, mais
la malaria l'obligea de renoncer à son entreprise au bout de
deux ans. Pendant ce temps New Harmony était devenu une ville
prospère. Après un nouvel essai infructueux à
Mount Vernon, dans l'Indianja, Warren se rendit à New Harmony,
où il fit des conférences et ouvrit un nouveau magasin
The New Harmont Time Store. Macdonald, qui lui rendit visite
en 1842 vit en sa possession de nombreuses labor notes - bons
de travail horaires - représentant toutes sortes de genres et
de quantités de travail, émises par des ouvriers et des
artisans de New Harmony et des environs.

Après la dissolution de la
Clermont Phalanx, association fouriériste et de la
Cincinnati Brotherhood, à qui elle devait d'avoir vu le
jour, Warren se rendit sur les lieux du désastre et découvrit
4 familles disposées à faire l'essai du Commerce
�quitable. Avec elles, il créa un village appelé
Utopia, où tout était conduit sur la base individuelle
à en croire The Peaceful Revolutionist qui avait sans
doute reparu. Pas d'assemblée ou l'on discutait d'une
constitution, pas de réunion, pas de délégation
de pouvoir, pas de réglementations, pas de fonctionnaires, de
prêtres, de prophètes. Des soirées ayant pour but
de converser amicalement ensemble, de faire de la musique, de la
danse ou de passer le temps agréablement. Tout ce qui concerne
les différences d'opinion quant au goût, à l'opportunité, à la
question économique à légalité, à
ce qui est bien ou mal, bon ou mauvais, raisonnable ou insensé,
laissé à la décision suprême de chaque
individu, chaque fois qu'il lui était possible de prendre à
sa charge le coût de ses décisions. Tout le contre-pied
de l'owenisme.
En 1846 ou de bonne heure en 1847,
paraissait Equitable Commerce, l'oeuvre maîtresse de
Warren, plusieurs fois réimprimée, en 1852 Practical
Details in �quitable Commerce; les deux ouvrages parurent
réunis en 1863, à Boston; sous le titre True
Civilisation - La Véritable Civilisation. En 1851, Stephen
Peel Andrews (1812- 1886) publiait sa fameuse Science of Society,
qui fit plus d'impression encore que les publications de Warren.
C'est là où se trouve énoncé non
seulement le principe de la souveraineté de l'individu mais
aussi celui du coût comme limite du prix : les efforts qu'ont
coûté un produit, c'est ce qu'il vaut.
Stephen Pearl Andrews essaya de créer
une association d' « individus souverains » à
New-York et parmi ses amis se trouvait un certain Dr Thomas L.
Nichols, qui publia en 1853 son Esoteric Anthropology et édita
son fameux catalogue de noms imprimés à l'usage de tous
les chercheurs d'affinités des �tats-Unis, qu'on
considère comme le début de la réalisation
pratique de l'amour libre ou souveraineté individuelle en
matière de relations sexuelles (idée dominant alors
chez les spiritualistes à tendance avancée). A en juger
d'après un numéro de The New-York Tribune, il
existait alors à New-York une Ligue de l'Amour libre, à
cause de laquelle un débat s'engagea entre Henry James, Horace
Greeley et Stephen Pearl Andrews. Tout le monde sait que Benj. R. Tucker a toujours regardé Josiah Warren comme son initiateur.
En 1851, ce dernier s'était
établi à Long Island,. aujourd'hui faubourg de
New-York, et y avait créé une colonie individualiste
célèbre MODERN Times - « les Temps
modernes ».
Qu'était « Modern
Times », que fréquenta Stephen Pearl Andrews, Thomas
Nichols, et où résida Henry Edger, l'un des dix apôtres
de propaganda fide nommés par Auguste Comte et que
Noyes appelle « la Mère » de l'amour libre ?
Dans son History of American
Soclalisms John H. Noyes cite sous le titre « Un coup
d'oeil dans Modem Times » un article de journal datant
probablement de 1853 et inséré dans la collection de
Macdonald. Cet article est désigné comme une
conversation entre « un résident et un reporter »
« Nous ne sommes pas
fouriéristes. Nous ne croyons pas à l'association.
L'association aura à rendre compte d'un grand nombre des maux
dont l'humanité souffre actuellement. Nous ne sommes pas des
Communistes; nous ne sommes pas des Mormons, nous ne sommes pas des
Non-Résistants. Si quelqu'un vole ce qui m'appartient ou me
frappe, je prendrai bien soin de régler la question avec lui.
Nous sommes des Protestants, nous sommes des Libéraux. Nous
croyons à la souveraineté de l'Individu. Nous
protestons contre toutes les lois qui s'immiscent dans les droits
individuels - c'est pourquoi nous sommes des Protestants. Nous
croyons à la parfaite liberté de volonté et
d'action - c'est pourquoi nous sommes des Libéraux. Nous
n'avons conclu aucun pacte les uns avec les autres, sauf le pacte du
bonheur individuel; nous affirmons que chaque homme et que chaque
femme possède un droit absolu et inaliénable de faire
et d'accomplir, pour l'ensemble comme pour le particulier, exactement
ce qui lui convient, maintenant et dorénavant.
Mais cette liberté d'action ne
peut être exercée qu'aux dépens absolus des
individus qui la pratiquent: ils n'ont pas le droit de mettre à
contribution la communauté pour la conséquence de leurs
gestes.
« - Vous retournez à
peu près aux principes primaires du gouvernement et
reconnaissez la nécessité de quelque pouvoir contrôlant
autre que celui de la volonté individuelle?
« - Pas trop ! Pas
trop ! Dans l'état dépravé où se trouve
actuellement la société, pourun petit nombre d'entre
nous, nous sommes forcés par les circonstances de faire des
gestes qui ne sont pas précisément d'accord avec nos
principes ou avec le but de notre organisation. Nous sommes une
colonie à son début; nous ne pouvons pas produire tout
ce que nous consommons et nombreux sont ceux d'entre nous forcés
d'aller à d'extérieur gagner ce qu'on appelle de
l'argent, de manière à nous procurer de l'épicerie,
etc. Nous sommes pour la plupart des artisans et des ouvriers - de
l'est des Etats-Unis. La consommation de la colonie n'est pas
suffisante pour employer toute notre main-d'oeuvre. Lorsque nous
serons plus nombreux, nos ferblantiers, nos cordonniers, nos
chapeliers et autres producteurs non seulement auront assez de
travail mais travailleront pour la vente au dehors. Cela nous
procurera de l'argent. Nous créerons une bourse d'échange,
de sorte que si mon voisin le serrurier, demande mon aide et qu'à
mon tour je désire ses services, il y aura une échelle
pour fixer les conditions de l'échange.
« - Mais ceci attente au
principe de la souveraineté Individuelle.
« Je ne vois pas pourquoi.
Personne ne sera forcé d'échanger son travail
pour celui d'autrui. Si les conditions ne plaisent pas aux parties,
ils font comme il leur plaît. Le chemin traverse un champ de
blé de trois acres - bon blé, bonne récolte il
m'appartient. Vous voyez cet homme à l'oeuvre le coupant et
l'entassant. Son travail de cultivateur n'a pas autant de valeur que
le mien comme maçon. Nous échangeons et il en résulte
un bénéfice mutuel. Le blé est aussi bon étalon
que l'argent .....
« - Avez-vous des écoles ?
« Des écoles ? Nous
n'avons qu'une espèce d'école primaire pour les petits
enfants, défrayée par des cotisations individuelles.
Chaque parent paie sa quote-part.
« - Et les femmes ?
« Les dames ? Nous les
laissons faire à leur convenance et en général
elles s'en tirent fort bien. Oui l'idée de la souveraineté
individuelle leur plaît. La colonie leur fournit une
masse de divertissements; nous avons des soirées, de la
musique, de la danse, d'autres récréations. Elles ne
sont pas du tout coquettes ; elles s'habillent comme il leur plaît,
pourvu qu'elles puissent le faire.
« - Et elles portent parfois la
culotte, je suppose ?
« Certainement, si ça
leur plaît, elle peuvent porter la culotte ».
« - Maintenez-vous le
mariage ?
« Oh le mariage ! Eh bien on
ne discute pas de cette question-là entre nous. Nous,
du moins plusieurs d'entre nous, - ne croyons pas aux unions à
vie, si les partenaires ne peuvent pas vivre heureusement. Nous
supposons que chacun ou chacune ici connaît ses intérêts
mieux que tous les autres. Nous ne nous immisçons pas dans ces
choses; chez nous pas d'oreilles aux portes ni de cancanages. Nous
sommes de braves gens, laborieux, et ne nous occupons que de ce qui
nous regarde. Ici l'individu est maître et indépendant
et on considère toute loi tendant à restreindre la
liberté dont l'homme ou la femme doit jouir comme basée
sur une erreur et ne méritant pas d'être prise en
considération ».
En 1904, M. Daniel Conway fit éditer chez Houghton, Mifflin and C°, à
Chicago trois volumes de Mémoires, où se trouve décrite une visite de
cet écrivain à Modern Times, aux environs de 1860. Malgré quelques inexactitudes de détail comme pour ce qui concerne Tuscarawas (1) ce récit confirme le précédent. En 1860, Modern. Times
brillait de tout son éclat. « ...Parmi les nombreuses lettres que je
recevais de gens et de lieux de toutes sortes - raconte M. Conway - une
missive datée de « Modern Times », Etat de New York, attira mon
attention. Elle semblait émaner d'un pays féérique. Je m'adressai à
l'un de mes amis à New-York pour lui demander s'il avait connaissance
de cet endroit ; « certes », nie répondit-il, « c'est un village sis à
Long-Island, basé sur ce principe que chacun s'occupe de ses propres
affaires ». « Modern Times » m'en paraissait plus fantastique encore et
certain soir que je parlais parmi des ouvriers sur les relations entre
le capital et le travail, un inconnu d'aspect sympathique se leva,
s'approcha de moi et me dit : « Si jamais vous visitez Modern Times vous vous apercevrez que toutes les difficultés du travail proviennent de l'existence de l'argent ». Et ce disant, il disparut.
Mes vacances d'été
revenues, je visitai New-York. A Brooklyn j'appris qu'en une à
deux heures, le chemin de fer qui descend à Long-Island
m'amènerait à Thompson's-Station dont Modern Times, se
trouvait distant de cinq à six milles. J'atteignis Thompson's
au déclin du jour et je ne trouvai pas d'autre moyen de
poursuivre mon trajet qu'à pied. Ma valise était
légère, mais la route, solitaire, croisait plusieurs
chemins; la forêt s'épaississait et, à la fin, la
nuit tomba tout-à-fait. J'atteignis pourtant une clairière,
inondée par la clarté de la lune et je rencontrai une
femme qui me dit que le village était tout proche. Je lui
demandai s'il n'y avait pas d'hôtel. - « Pas que je sache
», répondit-elle, en passant vivement son chemin et son
attitude me fit penser qu'à certains moments il ne serait pas
à dédaigner qu'on s'occupât un peu plus des
affaires d'autrui. Il était neuf heures, mais la rue où
je pénétrai était silencieuse. J'avais sur moi
la lettre reçue jadis de Modern Times et, après
enquête, réussis à découvrir le fondateur
du village, Josiah Warren. Il me souhaita la bienvenue. Comme il n'y
avait pas d'hôtel dans la localité et que l'argent n'y
avait pas cours, on me conduisit dans une demeure, où on
m'octroya généreusement le couvert et le gîte
dont j'avais grand besoin. La femme était fort belle et
l'allusion qu'elle fit à un village utopique des contes de
Zschokke me fit tressaillir. « Vous ne rencontrerez pas ici un
Goldenthal, me dit-elle, nous sommes pauvres, mais si nos
idées vous intéressent, vous pourrez nous trouver
dignes d'une visite ». J'ai idéalisé cette
aimable femme, ainsi que le village, dans mon roman Pine and Palm
mais sa réelle histoire était beaucoup plus émouvante
que celle de Maria Shelton, et quand je rassemble mes souvenirs, le
village m'apparaît beaucoup plus romantique que le «
Bonheur » du même roman.
Josiah Warren avait alors une
cinquantaine d'années. Il était de petite taille,
trapu, l'aspect sévère mais l'oeil quelque peu remuant.
Le crâne était large, le front élevé. La
partie inférieure du visage n'indiquait pas autant de fermeté,
mais elle présentait les signes de ce doux enthousiasme, que
plus tard je reconnus caractéristique des militants anglais de
l'ancienne génération. Warren appartenait à ce
type. Je crois qu'il avait fait partie de la « communauté
» de Robert Owen, à Lanark. Sa sociologie, cependant,
était tout entière marquée au coin de
l'originalité. Convaincu que la disproportion existant entre
le salaire, d'une part, et le temps et le travail consacré à
la production, d'autre part, est la cause du surmenage, du
paupérisme, du luxe et de l'oisiveté, il résolut
d'inaugurer un système de « commerce équitable »,
où le prix de chaque produit serait déterminé
par ce qu'il aurait coûté. Prenons par exemple un
soulier : si l'on additionnait le coût du cuir, des pointes, du
fil, etc., et qu'on y ajoutât le temps passé pour la
façon et l'assemblage, la somme obtenue représentait la
valeur relative du soulier, valeur en autres articles dont le
cordonnier pouvait avoir besoin. Dominé par cette idée,
il consacra son capital à ouvrir un magasin à
Cincinnati, où il vendit toutes sortes d'objets, un peu
au-dessous du prix de vente courant. Les marchands de la ville le
ruinèrent en faisant courir le bruit qu'il vendait des
produits avariés. II en conclut que son plan ne pourrait
réussir que dans une société où les
autres marchands l'adopteraient, et quelques années après
il créa une petite « communauté » à
Tuscarawas, dans l'Ohio, qui ne put subsister, peut-être par
défaut de maturité dans les idées de Warren.
Vingt ans plus tard, en effet, quand il fonda Modern Times,
d'autres éléments y furent introduits.
La base commerciale, à Modern
Times, était que le coût détermine le prix et
que le temps fixe la valeur. Cette détermination variait avec
le blé. Un autre principe c'est que le travail le plus
désagréable recevait la rémunération la
plus élevée.
La base sociale s'exprimait en deux
mots : « souveraineté individuelle ». Le principe
de la non intervention dans la liberté personnelle était
poussé à un point qui aurait transporté de joie
Stuart Mill et Herbert Spencer. On encourageait vivement l'autonomie
de l'individu. Rien n'était plus voué au discrédit
que l'uniformité, rien n'était plus applaudi que la
variété, nulle faute n'était moins censurée
que l'excentricité.
Le mariage était une question
absolument individuelle. On pouvait se marier cérémonieusement
ou non, vivre sous le même toit ou dans des demeures séparées,
faire connaître ses relations ou non. La séparation
pouvait s'opérer sans la moindre formule. Certaines coutumes
avaient surgi de cette absence de réglementation en matière
d'union sexuelle : il n'était pas poli de demander quel était
le père d'un enfant nouveau-né ou encore quel était
le mari ou qu'elle était la femme de celle-ci ou de celui-là.
Les personnes mariées et qui désiraient le faire
connaître, portaient au doigt un ruban rouge. La disparition du
ruban indiquait que la liaison avait pris fin.
Modern Times comprenait une
cinquantaine de cottages, proprets et gais sous leur robe mi-blanche
et mi-verte dont les habitants s'assemblèrent dans leur petite
salle de réunions. Les hommes me désappointèrent
quelque peu par l'absence d'individualité dans leurs
vêtements, mais les dames déployèrent toute une
variété de gracieux costumes. L'Assemblée
demeura silencieuse pendant quelque temps, puis tout le inonde
entonna There's a good time coming (voici un bon temps qui
vient). Je lus quelques passages de la Bible, suivis par un des
chants d'Emerson qui parle du grand jour attendu où La
Force s'unira au Droit et à la Vérité.
Dès que j'eus achevé mon
allocation qui traitait de l'esprit du siècle, on annonça
pour l'après-midi une réunion de conversation.
La discussion roula sur l'éducation,
sur la loi, la politique, le problème sexuel, le commerce, le
mariage. Ces questions furent examinées avec beaucoup
d'intelligence et, témoignage rendu à l'individualisme,
pas un mot déplacé, pas une dispute ne s'éleva.
Si toutes les vues exprimées étaient « hérétiques
», chaque personne avait une opinion à elle, si
franchement exprimée, qu'elle faisait entrevoir un horizon de
rares expériences.
Josiah Warren me fit voir l'imprimerie
et quelques autres bâtiments remarquables de l'endroit. Il me
remit une des petites coupures employées comme monnaie entre
eux. A une extrémité se trouve un ovale représentant
le commerce accompagné d'un tonneau, d'une caisse et d'un
vaisseau à l'ancre; à l'autre est gravé un atlas
portant une sphère, à côté une montre et
entre deux figurines les mots : Le temps c'est la Richesse : Time
is wealth. Au centre, une Justice, avec l'épée et
la balance ordinaires; à son côté, un génie
dont le nom m'est inconnu portant une lance et une couronne. Un
bouclier portant l'inscription « travail pour travail »
sépare les deux figures. Au-dessus de tout cela, quelques
inscriptions : « Non transférable ». «
Limite d'émission : deux cents heures ». « Le
travail le plus désagréable a droit à la
rémunération la plus élevée ». - «
.Dû à... cinq heures de services professionnels ou 80
livres de blé »; suit une signature écrite et le
mot gravé « médecin ».
Le soir, tard, quelques personnes se
réunirent sous le porche de la maison où en m'avait
accueilli. Une conversation à bâtons rompus
s'entremêlait de chants. A la clarté de la lune des
confidences s'échangeaient dont les lambeaux seulement me
parvenaient et m'apportaient l'écho de ces tempêtes qui
ruinent les existences. C'étaient de foyers désolés
que provenaient ces thélémites dont la devise était
: « Fais ce que tu voudras ».
Quelques années plus tard, alors
que la guerre de Sécession désolait le pays, je pensais
à leur retraite non tant comme une nouvelle Thélème
que comme un de ces jardins des environs de Florence où
Boccace dépeint ces gentilshommes et ces grandes dames
s'étourdissant les uns les autres du récit de contes
charmants, cela tandis que la peste fait rage dans la ville. Mais
Modern Times n'avait pas prévu la guerre. Ces braves
gens avaient assez souffert dans les batailles de la vie pour ne pas
désirer la paix. Mais où la trouver ? Je n'ai jamais
revu Modern Times, mais j'ai entendu dire que dès que
la guerre eut éclaté, la plupart de ceux que j'avais
vus avait quitté Montauk-Point sur un petit bâtiment et
s'en étaient allés fixer leur tente sur quelque rive
paisible du Sud Amérique... » 1.De même au moment de la
visite de M. Daniel Conway, Josiah Warren avait 62 ans et non 50. l'en dehors #218-219 15 novembre 1931
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