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  Post� le vendredi 14 d�cembre 2007 @ 17:48:27 by AnarchOi
Contributed by: AnarchOi
État
--> Mati�re � r�flexion

L� � �tatisme � a �t� non seulement une catastrophe sur le plan historique et aussi et surtout, d�abord, une erreur strat�gique. L��tatisme est devenue le terme r�f�rent de tout ce qui concerne le � public �, le social. C�est autour de lui que s�est construite l�id�e d�une soci�t� nouvelle et d�s le 19e et surtout le 20e, le � socialisme �.



Les aberrations et les monstruosit�s du � socialisme r�el �, fond� sur l��tatisme, constituent un argument de choix pour que rien ne change et que s��tende sans partage le r�gne de la marchandise. L��tatisme et par voie de cons�quence l��tatisation, est en effet devenue synonyme d�incomp�tence, de lourdeur bureaucratique et d�absence de libert�.

Il / elle est devenu-e le principal argument des lib�raux et de mani�re g�n�rale, aujourd�hui, des gestionnaires du syst�me marchand, pour jeter l�opprobre contre toute tentative de changement des rapports sociaux.

ETAT ET INTERET PUBLIC

Il est n� d�une confusion tragique entre � Etat � et � int�r�t public � dans le cadre du projet d�une nouvelle organisation sociale et �conomique.

S�il est exact que l�Etat, l�institution, constitue le lieu politique de l�expression du pouvoir de la classe dominante, c'est-�-dire de la cat�gorie sociale qui profite de mani�re prioritaire du syst�me en place, et permet de � guider � les politiques �conomiques susceptibles d�assurer la p�rennit� du syst�me, il est par contre tout � fait hasardeux, et m�me faux, de faire de l�Etat, l�objectif essentiel de toute strat�gie politique de changement.

� D�tenir � l�Etat n�est pas, � priori, contrairement aux apparences, et l�exp�rience nous le confirme, synonyme de d�tenir les clefs de l�avenir. Dans le syst�me marchand, d�ailleurs pas plus que dans tout autre syst�me, l�Etat n�est l�expression de l�int�r�t public et donc, il n�est pas du tout �vident que, � d�tenir � l�Etat, permette de d�fendre cet int�r�t public, c'est-�-dire les int�r�ts �conomiques et sociaux de la majorit�.

Or, la plupart des strat�gies mises en �uvres au 20e si�cle se sont fond�es sur ce principe de � centralisation � du pouvoir et de � centralisation � de la gestion de la nouvelle organisation sociale et �conomique.

L��tatisme est fond� sur une double erreur :

- l�Etat serait le centre de gravit� de tout pouvoir,

- il existerait une rationalit� �conomique qui, exerc�e � partir de l�Etat assurerait la d�fense de l�int�r�t public.


Contrairement aux apparences, la r�alit� des rapports sociaux ne se trouve pas concentr�e dans l�Etat. S�il en est le garant, il n�en est cependant pas l�essence. Celle-ci est constitu�e par la r�alit� �conomique et sociale des rapports de production qui sont un produit de l��volution historique, � un moment donn�. Diff�rentes formes, constitutionnelles, de l�Etat peuvent d�ailleurs s�adapter � diff�rents moments de l��volution de ces rapports (r�publique, monarchie constitutionnelle, fascisme,�).


ETATISME ET STRATEGIE POLITIQUE


L��tatisme proc�de logiquement d�une conception et strat�gie politiques erron�es.

Si l�on part de l�hypoth�se que la prise du pouvoir d�Etat est l��l�ment essentiel du changement social, qu�il permet de confisquer le pouvoir �conomique des poss�dants, et que l��l�ment essentiel de la suppression de toute in�galit� c�est que personne ne poss�de rien� alors l��tatisation est la solution. C�est ce raisonnement qu�ont tenu la plupart des r�volutionnaires du 20e si�cle� avec le � succ�s � que l�on sait.

De mani�re tout � fait aberrante, l�Etat tenait dans leurs analyses une place centrale qu�il n�a en r�alit� pas, celle que tiennent en fait les rapports sociaux r�els entre les individus dans la soci�t� civile. L�Etat devient alors, dans leur raisonnement, la clef de vo�te, non seulement de la strat�gie de prise de pouvoir, mais aussi de toute l�organisation �conomique, sociale et m�me id�ologique de la nouvelle soci�t�. Les germes du totalitarisme sont plant�s ils ne demandent qu�� germer.

La germination sera assur�e par deux facteurs �troitement li�s :

la d�connexion entre la r�alit� politique artificiellement cr�e et la r�alit� sociale du terrain ;

la gestion par une bureaucratie de plus en plus �loign�e de la r�alit� et s�re de d�tenir la � v�rit� �.

Ceci explique l�importance fondamentale de l�id�ologie, et donc de la propagande, dans ce type de syst�me. D�abord parce que l�Etat est tout, par principe, mais aussi parce que la r�alit� sociale impos�e d�forme, d�chire, de plus en plus, l�image idyllique de la soci�t� nouvelle. L�Etat s�est en fait, et en droit, substitu� � la r�alit� sociale et a � b�ti � artificiellement, c'est-�-dire en dehors de l�Histoire, une soci�t� qui se veut id�ale qui, si elle correspond aux int�r�ts des gestionnaires-bureaucrates, ne convient pas du tout au reste de la population. Le mythe des premi�res heures de la � r�volution � est cens� compenser la triste r�alit� qui peu a peu s�impose.

ETATISATION ET RATIONNALITE ECONOMIQUE

Si l��tatisme n�est pas un gage d�efficacit� politique, au sens noble du terme, c'est-�-dire l�expression de la r�alit� des d�sirs d�une population � un moment donn�, l��tatisation elle n�est pas non plus gage d�efficacit� �conomique� � efficacit� �conomique � pas au sens marchand du terme, mais simplement en terme de satisfaction des besoins�. l�exemple du � socialisme � avec ses collectivisations forc�es - � on fait le bonheur des gens contre leur volont� �(sic) - en est un exemple flagrant.

La gestion centralis�e des moyens de production, de la distribution, voire de la d�termination des besoins et des d�sirs ne peut aboutir, et a abouti, � la catastrophe. Pourquoi ?

Pour plusieurs raisons :

- l�Etat, apr�s la prise du pouvoir, est devenu le lieu de tous les pouvoirs, y compris les plus intimes puisque l�id�ologie qui l�habite est � juste � ;

- l�Etat se donne le pouvoir exorbitant d��tre l�expression de tous les besoins et tous les d�sirs, il est donc � m�me, en principe, de pouvoir tous les satisfaire ;

- l��galit� �tant la r�gle, personne ne poss�de plus rien, l�Etat poss�de tout et comme l�Etat est le peuple, le peuple a tout (CQFD).

L��tatisation est donc bien une r�ponse logique � un projet politique qui d�cr�te une gestion centralis�e, � tous les sens du terme, de la soci�t�.

Le probl�me c�est qu�une telle conception ne correspond ni � une logique de l�Histoire, celle de l��volution des rapports sociaux, ni � l��volution de la conscience humaine qui n��volue que progressivement et n�ob�it absolument pas � des r�gles strictes de rationalit� aussi �thiquement, morales et donc th�oriquement souhaitables soient-elles.



Certains domaines, dans ces �conomies �tatis�es, ont pu, et ont effectivement �t� un immense progr�s par rapport � la situation pr�c�dente mais �galement par rapport aux pays � capitalistes �� comme la sant� et l��ducation. Domaines qui ont d�ailleurs terriblement r�gress�s � la chute de l�empire sovi�tique. Mais globalement, historiquement, ces syst�mes n��taient pas viables� ils faisaient, � l�origine, un pari risqu�, et perdu, sur une strat�gie politique qui s�est av�r�e fausse et sur un �tat de la conscience humaine qui ne correspondait pas aux mesures prises.

Il n�y a pas de regrets � exprimer, il y a par contre � comprendre les erreurs commises pour �viter de les reproduire dans l�avenir�. Car, et c�est ce qui constitue l�impasse politique actuelle, toutes les strat�gies actuelles qui pr�tendent � changer la soci�t� � sont sur cette m�me probl�matique, le m�me sch�ma de base : prendre le pouvoir, conqu�rir le pouvoir, acc�der au pouvoir,� et changer la soci�t�.

Patrick MIGNARD

13 d�cembre 2007



Note : "Source : L'En Dehors"

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