L'oncologie a toujours coexist� avec les th�rapies parall�les, voguant hors des traitements conventionnels contre le cancer, et bas�es sur des th�ories non fond�es par la biom�decine. Un des exemples en est le Laetrile, propos� par des cliniques "alternatives" au Mexique ou ailleurs. Le raisonnement � la base du Laetrile (drogue extraite des noyaux d'abricot et de p�che) est
que le cancer est caus� par une d�ficience d'une vitamine nomm�e "B-17", apporter cette vitamine sous la forme de Laetrile conduirait � la r�mission du cancer. Inutile d'ajouter que la vitamine B-17 n'appara�t nulle part dans la litt�rature biom�dicale.
Les traitements contre le cancer comme le
Laetrile sont souvent d�crits en tant que traitements "non prouv�s".
Probablement, l'exemple le plus c�l�bre �tait le Committee on Unproven Methods of Cancer Treatment (Commission sur les M�thodes de Traitement contre le Cancer non prouv�es) de l'American Cancer Society qui a �tudi� des traitements comme le Laetrile, et a publi� une s�rie d'articles dans ce journal dans les ann�es 1980. La difficult� avec le terme de " non prouv� " est que cela ne distingue pas les cures alternatives contre le cancer, inhabituelles et invraisemblables, des nouvelles
th�rapies en phase d'essais terminaux. C'est ce qui a conduit certains
� utiliser des termes tels que traitements contre le cancer
"non-conventionnels", ou th�rapies contre le cancer "alternatives et
compl�mentaires". Cette derni�re d�nomination est particuli�rement
populaire et a �t� adopt�e par l' American Cancer Society .
Pourtant, m�me en utilisant cette terminologie, il est important de
faire la distinction entre les th�rapies "alternatives" et les
th�rapies oncologiques, ou encore avec les th�rapies "compl�mentaires"
utilis�es � c�t� de la m�decine scientifique, pour traiter des sympt�mes et am�liorer la qualit� de la vie.
Dans cet article, nous poserons la question de savoir si "alternatifs" et "non prouv�s"
sont r�ellement interchangeables. Nous argumenterons sur le fait que,
contrairement � la plupart des �crits scientifiques, beaucoup de
traitements alternatifs contre le cancer ont �t� �tudi�s avec soin, et
pour lesquels il a �t� conclu en une totale inefficacit�, dans de
bonnes conditions de tests cliniques. En d'autres termes, les cures
alternatives contre le cancer ne sont g�n�ralement pas seulement "non prouv�es", mais ont bien �t� "r�fut�es".
Il ne s'agit pas purement d'un probl�me s�mantique, le conseil que nous
donnons aux patients, au regard d'une th�rapie, devraient diff�rer de
mani�re importante s'il a �t� montr� que celle-ci n'est d'aucun
b�n�fice, compar� � une autre dont les b�n�fices sont inconnus.
Comme dans tous les domaines de la science, la
recherche dans les th�rapies alternatives contre le cancer impliquent
une s�quence de preuves et de r�futations. Pour certaines th�rapies
alternatives, il y a de fortes preuves n�gatives provenant de plusieurs
�tudes; pour d'autres, le poids des donn�es sugg�re une absence de
b�n�fices. Ceci est d� en partie parce que les enqu�teurs ne
ressentirent pas le besoin de reproduire les r�sultats n�gatifs d'une
hypoth�se de traitement improbable. En effet, il serait contraire �
l'�thique de multiplier les patients pour de tels essais. Ainsi, "non prouv�" appara�t comme une expression inappropri�e concernant un traitement dont des donn�es fiables montrent qu'il est en r�alit� inefficace.
| Revue des essais cliniques de traitements alternatifs contre le cancer |
Les hautes doses de vitamine C : la th�rapie des hautes doses de vitamine C contre le cancer a �t�
popularis�e par Linus Pauling. Ce dernier publia un essai non
randomis�, rapportant que des patients trait�s avec de la vitamine C
vivaient plus longtemps que ceux trait�s dans l'h�pital voisin dont la
th�rapie ne contenait pas de vitamine C 9. Il sp�cula sur le fait que la vitamine C am�liorait la "r�sistance de l'h�te" au cancer 10
. Etant donn� l'int�r�t du public pour le r�gime vitamine C comme
anti-cancer, une �tude randomis�e fut conduite dans laquelle 150
patients atteints de cancers avanc�s re�urent soit de la vitamine C,
soit un placebo. Le temps de vie fut court dans les deux groupes , plus de 80% des patients d�c�d�rent en l'espace de 12 semaines, et il n'y avait aucune diff�rence entre les groupes 11.
L'�tude a �t� critiqu�e par Pauling, qui d�clarait que l'inclusion de
patients pass�s par une chimioth�rapie, et qui pouvaient de ce fait
�tre immunod�ficitaires, invalidait l'�valuation d'une th�rapie cens�e
agir gr�ce au syst�me immunitaire. Un autre essai fut dirig� avec 100
patients ayant un cancer colorectal avanc� mais non soign�s par
chimioth�rapie. De nouveau, les r�sultats �chou�rent � trouver des
diff�rences entre les groupes, tous les patients ayant pris de la
vitamine C d�c�d�rent dans les deux ans. L'intervalle de confiance de
95% exclut la possibilit� que la vitamine C puisse am�liorer la survie
de 25% ou plus 12.
Certains chercheurs ont argument� en disant que les r�sultats n�gatifs
pouvaient avoir �t� caus�s par la prise orale plut�t qu'en
intraveineuse de la vitamine C 13.
Cependant, la prise de vitamine C promue dans les th�rapies
alternatives est g�n�ralement sous la forme orale, selon la litt�rature
sur le sujet, mais il appara�t fortement improbable que cela soit d'un
quelconque b�n�fice.
Le laetrile :
Le laetrile est une substance glucoside naturelle d�riv�e des noyaux
d'abricots, devenue populaire dans les ann�es 1970. Une �tude a �t�
dirig�e sur 179 patients ayant un cancer intraitable et des l�sions
mesurables qui ont �t� trait�s avec du Laetrile. Comme il �tait de
coutume � l'�poque, ils re�urent aussi des vitamines et des enzymes
pancr�atiques. Seul un patient r�unissait les crit�res d'une r�action
partielle au traitement, 90% des sujets virent une progression de la
maladie dans les 3 mois. La dur�e de vie moyenne n'�tait que de 4.8
mois 19.
Le cartilage de requin :
Le cartilage de requin est devenu populaire, et consid�r� comme
traitement anti-cancer, au d�but des ann�es 1990. Il le doit notamment
� la publication d'un livre Shark Don't Get Cancer (les requins n'ont pas le cancer) et � un documentaire � la t�l�vision qui pr�tendait obtenir de bons r�sultats avec le cartilage de requin sur des patients cubains atteints de cancer 20, 21.
Au milieu des ann�es 1990, on estimait � 50000 le nombre d'am�ricains
ayant recours � ce traitement contre le cancer. C'est ce qui motiva la
conduite d'une �tude o� 60 patients atteints de tumeurs au cerveau, au
sein, au colon, aux poumons, de lymphomes, de tumeurs � la prostate et
autres. Cinquante patients ont pu �tre �valu�s. Aucun ne fit
l'exp�rience d'une r�ponse compl�te ni partielle, cinq d�c�d�rent
pendant la th�rapie, cinq autres se retir�rent � cause d'intoxication,
27 virent leur maladie se d�velopper et 13 avaient un �tat stable. Le
temps m�dian de la progression de la maladie dans le groupe tout entier
�tait de 50 jours. 90% virent leur maladie progresser en six mois et
aucun patient ne v�cut de temps de r�pit de plus d'un an. Aucune
am�lioration ne fut observ�e pour ce qui est de la qualit� de vie 22.
L'histoire
du cartilage de requin est cependant int�ressante. Il existe une raison
biologique pour utiliser des produits � base de cartilage comme agents
anticanc�reux : le cartilage est un tissu d�nu� de vaisseaux sanguins
et contient des substances antiangiog�niques (qui bloquent la formation
de vaisseaux sanguins). En effet, la capacit� du cartilage � inhiber la
neovascularisation � �t� d�montr�e il y a 25 ans environ 23.
Les propri�t�s antiangiog�niques ne sont pourtant pas sp�cifiques �
certaines esp�ces, ainsi, des extraits de cartilages de diff�rents
animaux ont montr� leur capacit� � inhiber la formation de vaisseaux
sanguins 24
. Une compagnie pharmaceutique canadienne a d�velopp� une m�thode
d'extraction de segments de cartilage de requin ayant des propri�t�s
puissamment antiangiog�nique (le requin est une bonne source de
cartilage parce q'une bonne proportion de son corps est cartilagineux).
Ces diff�rentes fractions ont �t� compar�es en laboratoire et la partie la plus prometteuse a �t� identifi�e. Connue sous le nom de Neovastat,
cette formule contient une haute concentration de mol�cules
biologiquement utiles, contrairement aux produits vendus dans les
magasins di�t�tiques, les parapharmacies ou sur internet, et a �t�
�tudi�e par des essais cliniques. Batist et al. ont rendu compte d'une
�tude sur le Neovastat. Bien que le but initial �tait de d�terminer la
s�ret� � long terme de cet agent, la dose a �t� augment�e pendant
l'�tude. Ce qui donna aux auteurs l'opportunit� d'�valuer le taux de
r�ponse des doses. Ils rapport�rent les r�sultats pour 22 patients avec
des cellules carcinomes r�nales. Il n'est pas mentionn� clairement si
d'autres patients furent �tudi�s. Ceux ayant re�u de hautes doses de
Neovastat v�curent plus longtemps (14.4 contre 7.1 mois) que ceux ayant
re�u de plus faibles doses 25 . L'essai �tait non randomis� et les r�sultats ne peuvent donc �tre consid�r�s comme d�finitifs. D'autres �tudes se poursuivent afin de d�terminer si le Neovastat est r�ellement b�n�fique � long terme 24.
Livingston-Wheeler : La m�thode Livingston-Wheeler est l'exemple classique du traitement alternatif contre le cancer, parce qu'il est pratiqu� dans une clinique
sp�cialis�e, et non dans un centre traditionnel, qui repose sur une
croyance situ�e hors du champ et de la connaissance biom�dicale. La
fondatrice de la th�rapie, Virginia Wheeler, croyait que tous les
cancers �taient caus�s par une bact�rie, Progenitor cryptocide,
une entit� qui n'a jamais �t� d�crite ailleurs que dans ses "travaux".
Le traitement propos� � la clinique Livingston-Wheeler de San Diego,
Californie, consiste en des tentatives de renforcer le syst�me
immunitaire par une "d�sintoxication", gr�ce � des r�gimes et des
lavements et par l'administration de vaccins sp�ciaux. Cassileth et al.
compar�rent 78 patients trait�s � Livingston-Wheeler � des patients
soign�s avec des th�rapies anti-canc�reuses standards, avec une
attention toute sp�ciale ou par l'interm�diaire de moyens sp�cifiques
(interleukine-2 par exemple) � l'Universit� de Pennsylvanie sous la
surveillance d'un oncologue. Les variables compar�es comprenaient la
race, le sexe, l'�ge, l'emplacement de la maladie et la date du
diagnostic. Tous les sujets avaient des cancers colorectaux avanc�s,
cancer du poumon, du pancr�as ou des m�lanomes. Le diagnostic de leur
esp�rance de vie ne d�passait pas un an et ils sentaient qu'il
n'existait pas d'options de traitement conventionnel dont l'efficacit�
�tait av�r� pour les sauver. En plus de leurs th�rapie alternatives,
plusieurs des patients du Livingston-Wheeler avaient aussi fait de la
chimioth�rapie, de la radioth�rapie et/ou furent op�r�s avant et apr�s
leur adh�sion � l'�tude.
Il n'y eut aucune diff�rence en ce qui concerne
la dur�e de vie entre les groupes, la p�riode de survie m�diane dans
les deux groupes �tait proche d'une ann�e, avec 85% des patients ayant
surv�cu moins de deux ans. Les patients trait�s � Livingston-Wheeler
eurent une qualit� de vie significativement plus mauvaise telle que
mesur�e par le Functional Living Index�Cancer 1.
Quoi que l'on puisse penser de la valeur relative d'un mod�le non
randomis�, l'�tude est parfaite pour ce qui est du contr�le de
l'esp�rance de vie de patients trait�s � Livingston-Wheeler. Les
r�sultats de l'�tude r�futent les d�clarations, trop souvent r�p�t�es,
selon lesquelles la clinique obtiendrait 82% de taux de gu�rison, m�me
dans les cas de cancers avanc�s 2.
La multith�rapie Di Bella : La multith�rapie Di Bella a �t� d�velopp�e par Luigi Di Bella, un
m�decin italien. Propos�e dans une clinique priv�e, la th�rapie
consiste en une prise importante de diff�rents m�dicaments, dont
plusieurs ne sont ni consid�r�s ni utilis�s comme agents anticanc�reux.
Les versions les plus r�centes de la th�rapie comprennent de la
m�latonine, de la bromocriptine, octr�otide, des r�tino�des m�lang�s et
du cyclophosphamide. Bien que Di Bella d�clare que son approche fut
d�velopp�e au moyen d'essais empiriques, il semble que l'accent soit
mis sur des agents qui r�gulent la production d'hormone de croissance,
ce qui est un motif tout � fait inhabituel et insolite pour une
th�rapie anti-canc�reuse. La multith�rapie de Di Bella a �t� �valu�e �
la fin des ann�es 1990 suite � une jurisprudence controvers�e, une
intense exposition aux m�dias et des d�monstrations publiques. Onze
essais s�par�s de Phase II ont �t� dirig�s pour des cas de lymphomes,
de leuc�mies, de cancer du sein, cancer du poumon, cancer colorectaux,
cancer du pancr�as, cancer du cou et de la t�te, glioblastomes et des
tumeurs avanc�es. Un essais suppl�mentaire sur un cancer du sein
pr�coce �choua et fut arr�t�. Le nombre de patients pour chaque test
allait de 20 (glioblastome) jusqu'� 65 (cancer du poumon avec
traitement chimioth�rapique ant�rieur). Un total de 395 patients a �t�
�tudi� sur les 11 tests dont 386 avaient eu des r�actions �ligibles �
l'�valuation. Aucun patient ne fit l'exp�rience d'une r�action compl�te
au traitement et seuls trois (moins de 1%) montr�rent une r�ponse
partielle. Sur une dur�e de 3 � 8 mois, 57% des patients moururent, et
seuls 4% recevaient toujours un traitement 3.
En plus de cette phase d'�tude, des chercheurs conduisaient une
�valuation r�trospective des enregistrements de la clinique Di Bella.
L'analyse se limitant aux patients vivant dans des r�gions de l'Italie
avec des donn�es sur les cancers telles qu'il �tait possible de
conna�tre la r�gion du corps malade et la date du diagnostic afin de
les confirmer. Les enregistrements cliniques, pour pr�s de la moiti�
des patients �ligibles, ne comprenaient pas de documentation ad�quate
du traitement, et 10% des cas furent abandonn�s. L'analyse se focalisa
donc sur 248 patients. La dur�e de vie de ces patients fut plus pauvre
que dans d'autres cas enregistr�s par ailleurs. Par exemple, seulement
21% des enfants atteints de leuc�mie et trait�s par Di Bella
surv�curent cinq ans, � comparer avec les 70% enregistr�s
nationalement. Bien qu'il y ait des biais �vidents dans ce genre de
comparaison (des patients qui ne se sentaient pas bien apr�s leur
th�rapie initiale peuvent s'�tre tourn�s vers celle de Di Bella), il
n'y a aucune preuve que la th�rapie Di Bella soit active, avec une
probabilit� de survie de cinq mis�rables ann�es pour tous les
diagnostics. Les auteurs ont aussi rapport� que le nombre de patients
trait�s par Di Bella �tait bien moindre que ce qui �tait d�clar�
(approximativement 1500 � comparer aux 10000 affich�s) et le r�gime du
traitement utilis� variait dans le temps et selon les patients,
contrairement aux d�clarations publiques de Di Bella 4.
Revici : Tout comme la multith�rapie Di Bella, le traitement Revici tire son
nom du m�decin qui l'a d�velopp�. La th�rapie d'Emanuel Revici repose
sur une th�orie patho-physiologique pour le moins insolite : toutes les
conditions, y compris le cancer, r�sulteraient d'un "d�s�quilibre"
m�tabolique. Les patients peuvent soit avoir un d�s�quilibre de type
"catabolique" soit de type "anabolique", et seront trait�s par des
agents anti-anaboliques ou anti-cataboliques, pour la plupart sans se
soucier des signes et sympt�mes en pr�sence. Le type de d�s�quilibre
est quant � lui d�termin� par une analyse d'urine, de sang et la
temp�rature corporelle. Par exemple, un pH urinaire �lev�, un bas
niveau de potassium et une haute temp�rature corporelle seront associ�s
� un d�s�quilibre anabolique; une basse "pression" d'urine, un taux de
calcium sanguin peu �lev� et une temp�rature corporelle basse se
verront associ�s avec un d�s�quilibre de type catabolique. Les agents
utilis�s par Revici sont eux aussi compl�tement diff�rents de ceux
utilis�s en oncologie, ils comprennent des glyc�rols, de l'alcool n-butylique et de l'huile v�g�tale sulfur�e. En 1965, le Journal of the American Medical Association publia une �tude sur 33 patients atteints de tumeurs avanc�es, qui re�urent le traitement de Revici 5.
Vingt-deux de ces patients d�c�d�rent pendant le traitement, huit
quitt�rent l'�tude et trois rest�rent sous la surveillance de Revici �
la fin de l'�tude. Parmi les huit qui quitt�rent l'essai, quatre
d�c�d�rent et deux �taient perdus. Les chercheurs d�clar�rent qu'aucun
patient ne montra de preuve objective de r�mission de la tumeur et que
m�me les trois patients rest�s sous la surveillance de Revici
montraient des signes de progression tumorale. Bien que Revici contesta
les donn�es, il est clair que seulement 15% des patients surv�curent
jusqu'� la fin de l'�tude. Ce qui contredit la d�claration selon
laquelle, dans un livre � ses louanges, Revici serait le "docteur qui gu�rit le cancer" 6.
Burzynski et les antin�oplastons : Stanislaw Burzynski s'occupe de patients dans une clinique priv�e ayant recours � ce qu'il appelle des antin�oplastons
: des mixtures de peptides, d'acides amin�s et d'autres substances
organiques simples suppos�es stimuler les d�fenses naturelles du corps
contre le cancer. Bien qu'il ait publi� plusieurs �tudes lui-m�me,
elles restent plut�t obscures 7. Une exp�rience en Phase II sur les gliomes, conduite sous les auspices du National Cancer Institute
s'arr�ta � cause d'une pauvre accumulation de preuves, et apr�s que
Burzynski ait �chou� � s'entendre avec les enqu�teurs sur un possible
d�veloppement des crit�res d'�ligibilit�. Neuf patients furent �tudi�s,
dont six pouvaient fournir une r�action �valuable. Il n'y avait aucune
r�action objective au traitement, et tous les six montr�rent une
progression de leurs tumeurs apr�s le traitement sur une dur�e comprise
entre 16 et 66 jours. Le temps moyen de l'�chec du traitement
(progression ou interruption due � la toxicit�) �tait de 29 jours. Les
neuf patients d�c�d�rent avant que l'�tude soit men�e � son terme, tous
sauf un moururent � cause de la progression de leur tumeur. Bien que
les auteurs de l'article affirm�rent que ce petit �chantillon emp�che
toute "conclusion d�finitive", les r�sultats sur les patients de
l'�tude sont �videmment extr�mement d�cevants et parlants 8.
Le Chaparral :
Les extraits de chaparral, un arbuste du d�sert, �taient utilis�s comme
panac�e polyvalente par les gu�risseurs am�ricains indig�nes. C'est
devenu un m�dicament anti-cancer populaire au 20� si�cle, en partie sur
la base de th�ories selon lesquelles il serait capable d'�liminer les
"toxines" causant le cancer du foie ou du pancr�as. S'ensuivait une
pr�sentation d'un cas d'un homme de 87 ans ayant "v�cu" une r�gression
d'un m�lanome facial apr�s un traitement au chaparral. Smart et al.
rassembl�rent des cas de patients avec des cancers avanc�s pour une
�tude sur le chaparral. Seulement trois des 44 patients, sujets de
l'analyse qui �taient �valu�s, virent une r�gression de leurs tumeurs,
bien que ce ne fut pas g�n�reusement (une r�duction de la taille de la
tumeur de 25%), un des patients a eu une r�action seulement 10 jours
plus tard. Ce faible taux de r�ponse pouss�rent les auteurs � se
prononcer contre le recours du chaparral en tant que traitement contre
le cancer 14.
Le sulfate d'hydrazine : Bien que le sulfate d'hydrazine soit un m�dicament synth�tique, il
entre dans la cat�gorie car il est consomm� par des patients atteints
de cancers comme th�rapie alternative, et parce qu'il repose sur des
concepts th�rapeutiques allant � l'oppos� des autres m�dicaments
valid�s et autoris�s contre le cancer. Plusieurs essais cliniques
semblaient indiquer un possible b�n�fice du sulfate d'hydrazine.
Chlebowski et al. �tudi�rent 65 patients randomis�s, ayant des cellules
canc�reuses afin de leur donner du sulfate d'hydrazine en plus d'une
chimioth�rapie, ou une chimioth�rapie seule. L'ensemble des patients
ayant surv�cu aux traitements n'�tait pas significativement plus haut
dans le groupe de ceux ayant re�u le sulfate (m�dian de 292 contre 197
jours, p=0.11). Il y avait par contre des diff�rences statistiquement
significatives en ce qui concerne des points finaux secondaires, comme
celui de l'assimilation de calories, mais pas d'autres comme une prise
de poids 15.
Sur la base de cette tendance � l'augmentation de l'esp�rance de vie
constat�e dans cette �tude, trois �tudes, contre placebo, ont �t�
conduites pour d�terminer si le sulfate d'hydrazine pouvait r�ellement
am�liorer la qualit� ou la dur�e de la vie. Les �tudes comprenaient,
respectivement, 243 patients pour lesquels il avait �t� r�cemment
diagnostiqu� des cellules canc�reuses au poumon, trait�s par �toposide
et cisplatine 16, 128 patients atteints d'un cancer colorectal ne b�n�ficiant d'aucune autre th�rapie oncologique 17, et 291 patients recevant du cisplatine et du vinblastine pour traiter des cellules canc�reuses au poumon 18.
Le sulfate d'hydrazine n'a am�lior� la dur�e de vie dans aucune des
�tudes. Les courbes de vie �taient essentiellement imbriqu�es dans les
deux essais de cancer du poumon, l'essai avec les patients atteints de
cancer colorectal fut arr�t� rapidement � cause des importants taux de
d�c�s dans le groupe recevant l'hydrazine (P=0.034). Le nombre de
personnes ayant surv�cu est rest� relativement pauvre dans les trois
�tudes, avec plus de 90% de patients d�c�d�s un � deux ans plus tard.
Les th�rapies m�taboliques : Gerson et Gonzales :
Les th�rapies alternatives contre le cancer sont souvent pratiqu�es au
Mexique, l�-bas les cliniques pouvent �chapper � la r�glementation en
vigueur aux USA. De nombreuses cliniques mexicaines, y compris celles
fond�es par le m�decin allemand Max Gerson, proposent des th�rapies
m�taboliques. Le traitement repose sur la croyance que le cancer est un
sympt�me d'accumulation de toxines. Une "d�sintoxication" est alors
n�cessaire et primordiale, impliquant des lavements au caf� ou du
c�lon, des r�gimes sp�ciaux, des jus crus, des enzymes et des
suppl�ments. Une �tude r�trospective de patients atteints de m�lanomes,
trait�s dans une clinique Gerson, conduite par des m�decins travaillant
dans la clinique, a conclu que l'esp�rance de vie � 5 ans de patients
ayant �t� trait�s par la th�rapie Gerson, �tait plus importante que
celles rapport�es par d'autres �tudes26.
Cette analyse �tait fauss�e par les analyses des sous-groupes (les
hommes avaient des pourcentages de survie exceptionnellement �lev�s),
l'utilisation de comparaisons non ajust�es de contr�les non randomis�s,
et les exclusions (40% des patients sous la th�rapie Gerson ont �t�
exclus de l'analyse). En r�ponse aux critiques, les auteurs accept�rent
le fait qu'une �tude non randomis�e, telle que celle publi�e,
n'apportait pas de preuves irr�futables d'un effet du traitement 27.
Un r�sultat plus prometteur a �t� rapport� d'une �tude sur 11 patients
touch�s par un cancer du pancr�as trait�s par Nicholas Gonzales, un
m�decin pratiquant � New York, qui a recours � des r�gimes m�taboliques
incluant des enzymes pancr�atiques. Gonzales rapporta 81% de taux de
survie � un an et 45% sur 2 ans et d�clarait que de tels r�sultats
�taient de loin sup�rieurs � la moyenne nationale28.
L'�tude �tait petite est manifestement encline � de nombreux biais. Non
seulement la comparaison avec des moyennes nationales est inadapt�e,
mais les principaux r�sultats reposent sur une s�lection de patients,
12 patients qui ne se conformaient pas au traitement ont �t� exclus de
l'analyse. N�anmoins, les r�sultats g�n�ralement positifs rapport�s par
Gonzales suffisaient � mettre en place une �tude du NIH en cours.
L'�tude Risberg : En 1992, Risberg et ses coll�gues examin�rent pr�s de 1000 Norv�giens
touch�s par un cancer et ayant recours � un traitement alternatif
contre le cancer. Leur but initial �tait de d�terminer la fr�quence et
les d�terminants de l'utilisation des th�rapies alternatives 29.
Les enqu�teurs r�alis�rent plus tard qu'il serait possible de rattacher
leurs donn�es au registre des statistiques Norv�giennes pour obtenir
des informations sur l'esp�rance de vie. Ils trouv�rent que le recours
aux m�decines alternatives s'associait avec une esp�rance de vie tr�s
pauvre. 79% des utilisateurs de m�decine alternative d�c�d�rent pendant
l'�tude, � comparer aux 65% de non utilisateurs. Cette analyse a
stup�fi� par le pauvre �tat clinique des utilisateurs � l'�poque de
l'enqu�te. Comme on pouvait s'y attendre, un patient atteint d'un
cancer d�butant et traitable sera moins enclin � se tourner vers une
cure alternative qu'un patient avec une maladie bien avanc�e, � qui il
reste peu d'options de traitement possibles. Il y avait une tendance,
chez les utilisateurs de m�decines alternatives, � avoir une esp�rance
de vie plus courte. Les auteurs pr�sumaient que l'esp�rance de vie plus
courte pouvait �tre expliqu�e par "une perception correcte par les patients de la gravit� de leur maladie".
Quelle que soit l'explication, l'�tude n'a jamais fait la preuve que le
recours � la m�decine alternative am�liorait l'esp�rance de vie 30.
La psychoth�rapie pour gu�rir du cancer :
La th�orie selon laquelle un �tat mental modifi�
peut affecter le cours d'un cancer a �t� popularis� par des auteurs
comme Bernie Siegel et Deepak Chopra. Dans leurs bouquins visant le
grand public, ces auteurs font des d�clarations p�remptoires selon
lesquelles les patients pourraient "contr�ler le cours du cancer en utilisant la pens�e", ou en devenant un "patient exceptionnel"
les patients pourraient d�velopper une volont� de vivre tr�s forte et
ainsi vaincre leur cancer. D'autres affirmations sont faites par des
auteurs comme Louise Hay, qui propose que l'�tat psychologique est un
facteur causal important. Hay, par exemple, d�clare que les "causes probables" du cancer comprennent "les blessures profondes, le ressentiment de longue dur�e (...) la peine qui ronge progressivement, la haine r�currente."
Le programme de Bernie Siegel, pour les patients
atteints de cancer, a �t� �valu� lors d'une �tude. Trente quatre femmes
ayant un cancer du sein, se soignant par ce programme, ont �t�
compar�es avec des patients comparables identifi�s. Un suivi sur 10 ans
ne montra aucune diff�rence pour ce qui est de l'esp�rance de vie entre
les deux groupes, avec approximativement 40% des patients dans les deux
groupes toujours en vie � la fin de l'�tude 31.
Plusieurs �tudes, cependant, semblaient montrer
des b�n�fices chez les patients recevant un traitement psychologique. A
la fin des ann�es 1970, David Spiegel mena une �tude randomis�e visant
� examiner les effets d'un groupe de soutien psychosocial sur la
qualit� de la vie et les sympt�mes chez des femmes souffrant de cancer
du sein m�tastatique. Comme toute analyse post hoc, les
enqu�teurs regard�rent les diff�rences de temps de vie et rapport�rent
une prolongation statistiquement significative de l'esp�rance de vie
dans le groupe recevant le support psychosocial 32. Cette �tude a �t� publi�e et fr�quemment cit�e, une recherche dans Science Citation Index
de novembre 2003 fait �tat de 800 citations pour l'�tude Spiegel
(�trangement, l'�tude n�gative n'a �t� cit�e que 65 fois). Il a
rarement �t� mentionn� que l'analyse des dur�es de vie n'�tait pas
pr�vue et que, en tant que tel, elle devrait �tre consid�r�e comme une
hypoth�se provoqu�e. Un essai randomis� post�rieur ne trouva aucun
impact du traitement psychosocial sur la survie 33
mais il a �t� critiqu� par Spiegel comme une "mauvaise reproduction",
essentiellement pour la raison que l'intervention �tait diff�rente
entre les �tudes 34.
Une �tude par Goodwin et al. ne peut �tre critiqu�e pour les raisons
identiques. Spiegel a �t� impliqu� dans le processus et la formation
des individus fournissant le traitement psychosocial, il jouait en
outre un r�le de premier plan dans toute l'exp�rience de mani�re
g�n�rale. Dans cette �tude, 235 femmes souffrant de m�tastases
canc�reuses au sein, furent r�parties au hasard dans des groupes pour
une th�rapie de groupe hebdomadaire ou des soins normaux. Bien que,
comme attendu, le groupe support ait tir� des b�n�fices en ce qui
concerne la douleur et l'humeur, il n'y avait aucune diff�rence pour ce
qui �tait de leur esp�rance de vie. Le temps de survie m�dian �tait
proche de 18 mois dans les deux groupes 35.
Il y a un int�r�t croissant de la part des
oncologues pour les th�rapies alternatives. Pourtant, il est important
de faire une distinction entre les th�rapies compl�mentaires utilis�es � c�t� de la m�decine conventionnelle pour ce qui est des sympt�mes et de la qualit� de la vie, et les th�rapies alternatives qui sont utilis�es � la place des th�rapies oncologiques dans le but de traiter le cancer.
Lorsque ces cures contre le cancer ont �t�
test�es, elles ont g�n�ralement montr� leur inefficacit�. Ceci dit, un
nombre extraordinaire de diff�rentes sortes de cures alternatives
contre le cancer ont �t� d�crites 36,
et seule une minorit� est pass�e par les essais cliniques. Que
devrions-nous donc croire au sujet des th�rapies alternatives qui
devrait n�anmoins �tre �valu� ? Nous r�pondrions qu'il ne faut pas �tre
agnostique en l'absence d'essais cliniques, d'autres preuves peuvent
�tre utilis�es pour parvenir � des conclusions raisonnables mais
temporaires. Par exemple, il serait rationnel d'avoir davantage foi
dans une nouvelle th�rapie pour laquelle il y a une bonne compr�hension
du m�canisme, des �tudes sur les cellules et des donn�es animales
prometteuses, que dans une th�rapie alternative reposant enti�rement
sur des notions fantaisistes n'ayant aucune efficacit� ni aucune preuve
du tout.
Il n'est pas facile d'�valuer les th�rapies
alternatives. Les cliniques qui leur sont consacr�es poss�dent souvent
une pauvre documentation. Celle Di Bella par exemple, n'enregistre les
traitements que pour seulement la moiti� de ses patients atteints de
cancer. Les relations entre les enqu�teurs et les praticiens ont
souvent �t� tendues, en partie parce que les praticiens sont
g�n�ralement m�fiants envers les motivations des enqu�teurs. En effet,
il est remarquable que la r�action typique de la communaut� m�dicale
alternative face aux r�sultats n�gatifs a �t� de prendre ces derniers
simplement comme une preuve de biais existants chez les chercheurs
conventionnels. Dans plusieurs cas, ceci s'est m�me traduit en
accusations de suppression d�lib�r�e ou de falsification de donn�es. Le
motif g�n�ralement donn� est que les chercheurs chercheraient �
prot�ger les int�r�ts de l'industrie pharmaceutique, menac�s qu'ils
seraient s'il arrivait aux oreilles du monde entier qu'une th�rapie
alternative contre le cancer tr�s peu ch�re, existait.
Il y a aussi des probl�mes m�thodologiques
inh�rents � la recherche sur les th�rapies alternatives. Les
traitements alternatifs contre le cancer, visant � renforcer la
r�action du corps face aux agressions du cancer, ne devraient pas
s'attendre � provoquer une rapide r�gression des tumeurs requis par le
mod�le de Phase II avec r�action finale. Les mod�les de phase II, qui
mesurent la dur�e de vie, sont communs mais n�cessitent des
comparaisons implicites ou explicites ouvertes � la critique. Des
essais randomis�s r�clament des patients dispos�s � accepter des choix
de traitement d�termin�s par le hasard. Ceci devient probl�matique si
les choix de traitement sont tr�s diff�rents, comme la chimioth�rapie
contre un r�gime di�t�tique. En effet, l'�tude de phase III sur les
th�rapies m�taboliques contre chimioth�rapie a chang� de mod�le,
passant de randomis� en non randomis�, � cause du manque de patients
ayant accept� de voir leurs traitements choisis au hasard.
Les th�rapies compl�mentaires, pour ce qui est
des sympt�mes relatifs au cancer, ne font pas partie de cet examen
critique. Il y a quelques pistes sugg�rant que des th�rapies comme
l'hypnose 37, la relaxation 38, les massages 39, la musicoth�rapie 40 et l'acupuncture 41, 42
(bien que ces �tudes posent de s�rieux probl�mes de m�thodologie et de
reproduction) peuvent �tre, dans une certaine mesure, efficaces pour
soulager des sympt�mes.
Cette revue n'inclut pas non plus la plupart des
traitements botaniques contre le cancer. Ceci vient du fait que, tout
comme la pharmacologie anticanc�reuse conventionnelle, la plupart des
produits v�g�taux sont cens�s agir soit par cytotoxicit� ou par
immunomodulation. Tandis que la meilleure preuve sugg�re que certains
produits populaires � base de plantes, comme le gui 43, 44, 45 sont compl�tement inefficaces contre le cancer, il y a des preuves que d'autres, comme le lycope 46 ou le polysaccharide K (PSK) tir� du Coriolus versicolore 47, 48
peuvent �tre b�n�fiques. En outre, le m�canisme d'action de plusieurs
v�g�taux anti-cancer a �t� �lucid�, menant vers un d�veloppement
rationnel de combinaisons avec des agents conventionnels. Par exemple,
le PSK et des v�g�taux contenant du glucane-�, qui ont montr� favoriser
une immunit� anti-tumorale en activant les r�cepteurs compl�mentaires 3
49.
Ceci sugg�re qu'ils puissent agir synergiquement avec des anticorps
th�rapeutiques tels que le trastuzumab ou le rituximab, un effet a �t�
d�montr� sur des souris 50.
L'association de la connaissance biom�dicale
dans le d�veloppement th�rapeutique de v�g�taux anticancers populaire
est un grand espoir. Les th�rapies alternatives contre le cancer, qui
ont abandonn� la connaissance biom�dicale, par exemple, en essayant de
traiter des carences inexistantes de vitamines, ont montr� leur totale
inefficacit� et leur absence de b�n�fices. Le label "non prouv�" est
inappropri� pour de telles th�rapies. Il est temps d'affirmer que la
plupart de ces th�rapies ont �t� "r�fut�es".
A lire :
- M�decines parall�les et cancers. Dr. Olivier Jallut
- La magie et la raison. Simon Schraub
A visiter :
- L'affaire Beljanski
- La loi d'airain de Ryke Geerd Hamer
- Compl�ments vitamin�s : des risques et un effet anti-cancer non prouv�
- Les charlatans et le cancer
Notes:
1- Cassileth BR, Lusk EJ, Guerry D, et al. Survival and quality of life among patients receiving unproven as compared with conventional cancer therapy. N Engl J Med 1991; 324: 1180�1185.
2- Richardson MA, Russell NC, Sanders T, et al. Assessment of outcomes at alternative medicine cancer clinics: a feasibility study. J Altern Complement Med 2001; 7: 19�32.
3- Italian Study Group for the Di Bella Multitherapy Trials. Evaluation of an unconventional cancer treatment (the Di Bella multitherapy): results of phase II trials in Italy. BMJ 1999; 318: 224�228.
4- Buiatti E, Arniani S, Verdecchia A, et al. Results from a historical survey of the survival of cancer patients given Di Bella multitherapy. Cancer 1999; 86: 2143�2149.
5- Lyall D, Schwartz M, Herter FP, Hudson PB, et al. Treatment of cancer by the method of Revici. JAMA 1965; 194: 279�280.
6- Eidem WK. The Doctor Who Cures Cancer. New York, NY: Sullivan & Foster Publishing; 1997.
7- Burzynski SR, Kubove E, Burzynski B. Phase I
clinical studies of antineoplaston A5 injections. Drugs Exp Clin Res
1987; 13 ( Suppl 1): 37�43.
8- Buckner JC, Malkin MG, Reed E, et al. Phase II study of antineoplastons A10 (NSC 648539) and AS2-1 (NSC 620261) in patients with recurrent glioma. Mayo Clin Proc 1999; 74: 137�145.
9- Cameron E, Pauling L. Supplemental ascorbate in the supportive treatment of cancer: prolongation of survival times in terminal human cancer. Proc Natl Acad Sci U S A 1976; 73: 3685�3689.
10- Cameron E, Pauling L, Leibovitz B. Ascorbic acid and cancer: a review. Cancer Res 1979; 39: 663�681.
11- Creagan ET, Moertel CG, O�Fallon JR, et al. Failure of high-dose vitamin C (ascorbic acid) therapy to benefit patients with advanced cancer. A controlled trial. N Engl J Med 1979; 301: 687�690.
12- Moertel CG, Fleming TR, Creagan ET, et al. High-dose
vitamin C versus placebo in the treatment of patients with advanced
cancer who have had no prior chemotherapy. A randomized double-blind
comparison. N Engl J Med 1985; 312: 137�141.[Abstract]
13- Padayatty SJ, Levine M. New insights into the physiology and pharmacology of vitamin C. CMAJ 2001; 164: 353�355.[Free Full Text]
14- Smart CR, Hogle HH, Vogel H, et al. Clinical
experience with nordihydroguaiaretic acid�"chaparrel tea" in the
treatment of cancer. Rocky Mt Med J 1970; 67: 39�43.
15- Chlebowski RT, Bulcavage L, Grosvenor M, et al. Hydrazine sulfate influence on nutritionalstatus and survival in non-small-cell lung cancer. J Clin Oncol 1990; 8: 9�15.
16- Loprinzi CL, Goldberg RM, Su JQ, et al. Placebo-controlled trial of hydrazine sulfate in patients with newly diagnosed non-small-cell lung cancer. J Clin Oncol 1994; 12: 1126�1129.
17- Loprinzi CL, Kuross SA, O�Fallon JR, et al. Randomized placebo-controlled evaluation of hydrazine sulfate in patients with advanced colorectal cancer. J Clin Oncol 1994; 12: 1121�1125.
18- Kosty MP, Fleishman SB, Herndon JE, et al. Cisplatin,
vinblastine, and hydrazine sulfate in advanced, non-small-cell lung
cancer: a randomized placebo-controlled, double-blind phase III study
of the Cancer and Leukemia Group B. J Clin Oncol 1994; 12: 1113�1120.
19- Moertel CG, Fleming TR, Rubin J, et al. A clinical trial of amygdalin (Laetrile) in the treatment of human cancer. N Engl J Med 1982; 306: 201�206
20- Lane IW, Comac L. Sharks Don�t Get Cancer. Garden City Park, NY: Avery Publishing; 1993.
21- Sharks Don�t Get Cancer. "60 Minutes." CBS television. February 28, 1993.
22 Miller DR, Anderson GT, Stark JJ, et al. Phase I/II trial of the safety and efficacy of shark cartilage in the treatment of advanced cancer. J Clin Oncol 1998; 16: 3649�3655
23- Brem H, Folkman J. Inhibition of tumor angiogenesis mediated by cartilage. J Exp Med 1975; 141: 427�439
24- Falardeau P, Champagne P, Poyet P, et al. Neovastat, a naturally occurring multifunctional antiangiogenic drug, in phase III clinical trials. Semin Oncol 2001; 28: 620�625
25- Batist G, Patenaude F, Champagne P, et al. Neovastat (AE-941) in refractory renal cell carcinoma patients: report of a phase II trial with two dose levels. Ann Oncol 2002; 13: 1259�1263
26- Hildenbrand GL, Hildenbrand LC, Bradford K, Cavin
SW. Five-year survival rates of melanoma patients treated by diet
therapy after the manner of Gerson: a retrospective review. Altern Ther
Health Med 1995; 1: 29�37.
27- Zollman C, Rees R. Disputes conclusions in Hildenbrand study [letter]. Altern Ther Health Med 1997; 2: 14�15.
28- Gonzalez NJ, Isaacs LL. Evaluation
of pancreatic proteolytic enzyme treatment of adenocarcinoma of the
pancreas, with nutrition and detoxification support. Nutr Cancer 1999; 33: 117�124
29- Risberg T, Lund E, Wist E, et al. The use of
non-proven therapy among patients treated in Norwegian oncological
departments. A cross-sectional national multicentre study. Eur J Cancer
1995; 31: 1785�1789.
30- Risberg T, Vickers A, Bremnes RM, et al. Does use of alternative medicine predict survival from cancer ? Eur J Cancer 2003; 39: 372�377.[Medline]
31- Gellert GA, Maxwell RM, Siegel BS. Survival of breast cancer patients receiving adjunctive psychosocial support therapy : a 10-year follow-up study. J Clin Oncol 1993; 11: 66�69
32- Spiegel D, Bloom JR, Kraemer HC, Gottheil E. Effect of psychosocial treatment on survival of patients with metastatic breast cancer. Lancet 1989; 2: 888�891
33- Cunningham AJ, Edmonds CV, Jenkins GP, et al. A randomized controlled trial of the effects of group psychological therapy on survival in women with metastatic breast cancer. Psychooncology 1998; 7: 508�517
34- Kraemer H, Spiegel D. Cunning but careless : analysis of a non-replication. Psychooncology 1999; 8: 273�275.
35- Goodwin PJ, Leszcz M, Ennis M, et al. The effect of group psychosocial support on survival in metastatic breast cancer. N Engl J Med 2001; 345: 1719�1726
36- Cassileth BR, Schraub S, Robinson E, Vickers A. Alternative medicine use worldwide : the International Union Against Cancer survey. Cancer 2001; 91: 1390�1393
37- NIH Technology Assessment Panel on Integration of
Behavioral and Relaxation Approaches into the Treatment of Chronic Pain
and Insomnia. Integration of behavioral and relaxation approaches into the treatment of chronic pain and insomnia. JAMA 1996; 276: 313�318
38- Walker LG, Walker MB, Ogston K, et al. Psychological, clinical and pathological effects of relaxation training and guided imagery during primary chemotherapy. Br J Cancer 1999; 80: 262�268
39- Grealish L, Lomasney A, Whiteman B. Foot massage. A nursing intervention to modify the distressing symptoms of pain and nausea in patients hospitalized with cancer. Cancer Nurs 2000; 23: 237�243
40- Cassileth BR, Vickers AJ, Magill LA. Music
therapy for mood disturbance during hospitalization for autologous stem
cell transplantation: a randomized controlled trial. Cancer 2003; 98: 2723�2729
41- Alimi D, Rubino C, Pichard-Leandri E, et al. Analgesic effect of auricular acupuncture for cancer pain : randomized, blinded, controlled trial. J Clin Oncol 2003; 21: 4120�4126
42- Johnstone PA, Peng YP, May BC, Inouye WS, Niemtzow RC. Acupuncture for pilocarpine-resistant xerostomia following radiotherapy for head and neck malignancies. Int J Radiat Oncol Biol Phys 2001; 50: 353�357
43- Goebell PJ, Otto T, Suhr J, Rubben H. Evaluation
of an unconventional treatment modality with mistletoe lectin to
prevent recurrence of superficial bladder cancer : a randomized phase
II trial. J Urol 2002; 168: 72�75
44- Lenartz D, Dott U, Menzel J, et al. Survival of glioma patients after complementary treatment with galactoside-specific lectin from mistletoe. Anticancer Res 2000; 20: 2073�2076
45- Steuer-Vogt MK, Bonkowsky V, Ambrosch P, et al. The
effect of an adjuvant mistletoe treatment programme in resected head
and neck cancer patients : a randomised controlled clinical trial. Eur J Cancer 2001; 37: 23�31
46- Ansari MS, Gupta NP. A comparison of lycopene and orchidectomy vs orchidectomy alone in the management of advanced prostate cancer. BJU Int 2003; 92: 375�378
47- Torisu M, Hayashi Y, Ishimitsu T, et al. Significant
prolongation of disease-free period gained by oral polysaccharide K
(PSK) administration after curative surgical operation of colorectal
cancer. Cancer Immunol Immunother 1990; 31: 261�268
48- Nakazato H, Koike A, Saji S, et al. Efficacy
of immunochemotherapy as adjuvant treatment after curative resection of
gastric cancer. Study Group of Immunochemotherapy with PSK for Gastric
Cancer. Lancet 1994; 343: 1122�1126
49- Yan J, Vetvicka V, Xia Y, et al. Beta-glucan,
a "specific" biologic response modifier that uses antibodies to target
tumors for cytotoxic recognition by leukocyte complement receptor type
3 (CD11b/CD18). J Immunol 1999; 163: 3045�3052.
50- Cheung NK, Modak S, Vickers A, Knuckles B. Orally administered beta-glucans enhance anti-tumor effects of monoclonal antibodies. Cancer Immunol Immunother 2002; 51: 557�564.
|