 Les r�sultats des �lections du 5 ao�t 2007 donnent une grande le�on de dignit� de la part des peuples d'Oaxaca qui luttent et qui r�sistent Oaxaca, 5 ao�t 2007 : des chemins diff�rents.
Oaxaca : des chemins differents
Les r�sultats des �lections du 5 ao�t 2007 donnent une grande le�on de dignit� de la part des peuples d'Oaxaca qui luttent et qui r�sistent Oaxaca, 5 ao�t 2007 : des chemins diff�rents. Les r�sultats des �lections du 5 ao�t 2007 donnent une grande le�on de dignit� de la part des peuples d'Oaxaca qui luttent et qui r�sistent ; celle-ci va au-del� des analyses creuses que font les partis politiques � propos de la participation pi�g�e aux �lections locales. Pour le PRI et Ulises Ruiz, les r�sultats sont une preuve de l'appui inconditionnel du peuple � son gouvernement, tandis que pour la coalition Pour le bien de tous [PRD-PT-Convergencia], l'abstentionnisme est d� � la politique de terreur du gouvernement Fasciste d'Ulises Ruiz.
Ces deux positions �vacuent la signification �vidente de l'�chec du processus �lectoral. L'�norme abstention, d'environ 73 %, est une manifestation cat�gorique du m�pris que les peuples d'Oaxaca dans leur immense majorit� ressentent envers la classe politique de tous les partis. Et il ne peut en �tre autrement, puisque cette classe politique est la m�me qui a fait �chouer les avanc�es des peuples d'Oaxaca vers une vie plus juste et plus digne. Les uns, le PRI et le PAN, en appuyant Ulises Ruiz et sa politique r�pressive, et en prot�geant les coupables des crimes contre le mouvement social.
Les autres, les partis de la soi-disant gauche, comme le PRD, le PT et Convergencia, en marchandant leur soutien, et celui des projets qu'ils repr�sentent, pour r�aliser les changements profonds que nos peuples exigent, en �change de la participation �lectorale et du vote pour des candidats dont beaucoup sont corrompus, menteurs, mus par l'ambition personnelle.
Oaxaca a chang� et rien ne sera plus comme avant. Tandis que la classe politique, tous partis confondus, s'obstine � poursuivre, dans l'inertie, vers le vide et la destruction, les hommes et les femmes d'Oaxaca qui luttent et qui r�sistent ont d�cid� de s'�carter de ce chemin-l�, le chemin �lectoral truff� de pi�ges et de frustrations, pour exercer � la place leur droit � la construction active, autonome et lib�ratrice de leur avenir.
Cette inertie de la classe politique est aussi repr�sent�e dans les organes de prise de d�cision du mouvement social, la direction de la 22e section [du Syndicat national des travailleurs de l'�ducation, SNTE] et le Conseil [de l'�tat d'Oaxaca] de l'APPO, qui re�oivent aujourd'hui une le�on magistrale ; pourvu qu'ils en tirent profit ! Les peuples d'Oaxaca qui avancent dans cette lutte leur ont d�montr� qu'ils n'�taient pas "les masses", bonne p�te qu'ils peuvent modeler � leur go�t et � leur profit. � ce mouvement participent des milliers de femmes et d'hommes simples, avec un c�ur en or, mais s�rement pas des na�fs qui acceptent tout sans broncher, et surtout sans participer aux "orientations" d�cid�es par quelques leaders, qui s'obstinent � prendre la t�te de ce mouvement uniquement pour r�aliser leurs propres ambitions, personnelles ou de groupe.
Le r�sultat est que la d�cision autoritaire et partisane de quelques chefaillons autoproclam�s du Conseil de l'APPO, celle de convaincre d'un vote sanction contre le PRI et le PAN pour favoriser les candidats et les int�r�ts des partis de la soi-disant gauche, a �t� un �chec retentissant. Et cela parce que, � la diff�rence de l'ann�e derni�re, y compris dans la m�me action concr�te d'appeler � un vote sanction comme un �l�ment de plus de la lutte, on a oubli� le "commander en ob�issant", et il est devenu de plus en plus �vident que les organes de prise de d�cision du mouvement suivent un chemin, et les peuples d'Oaxaca un autre. Il semblerait que les seuls moments o� tout le monde marche ensemble, c'est pendant les manifs.
Heureusement, dans cette divergence, le chemin qu'ont choisi les gens d'en bas, l'APPO l�gitime, est le chemin de l'autod�termination courageuse et pacifique. Malheureusement, le chemin pr�vu par les directions ressemble toujours davantage � celui des partis politiques, et � leur inertie en route vers le vide.
Beaucoup d'analyses et d'interpr�tations vont maintenant venir de ceux d'en haut. Ulises Ruiz et le PRI vont d�cortiquer le processus �lectoral et justifier ainsi leur projet �conomique n�olib�ral et leur politique r�pressive. De leur c�t�, les partis de la soi-disant gauche vont divaguer entre la r�crimination envers le gouvernement, la r�crimination et le chantage voil� envers le peuple pour n'avoir pas voulu les accompagner sur leur chemin vers le vide, jusqu'� essayer de le convoquer pour d�fendre leurs int�r�ts, les sept si�ges municipaux (*) qui leur garantiraient une source de revenus suffisante pour les trois ann�es � venir.
Oaxaca a chang�, et rien ne sera plus comme avant. Le chemin qu'on entrevoit s'�carte aussi bien des institutions du pouvoir corrompu que de la voie des armes. Les deux options ont assi�g� de fa�on provocatrice le mouvement pacifique des peuples d'Oaxaca, et celui-ci n'est tomb� dans aucune provocation, bien au contraire il continue � construire lentement, sans d�couragement ni impatience, son propre chemin in�dit vers la lib�ration.
� travers tout l'�tat, de mani�re silencieuse, discr�te, mais profond�ment sage et pleine d'aspirations, s'est d�gag� un accord pour sanctionner, par l'abstention, toute la classe politique. Car c'est toute cette classe, tous les partis politiques, qui sont directement responsables des dommages que subissent nos peuples. Cette sanction s'est exerc�e de diverses mani�res, depuis l'abstention personnelle jusqu'� l'accord d�cid� en assembl�es de peuples indiens, comme � San Pedro et San Pablo Ayutla, de ne pas permettre l'installation des urnes �lectorales sur leur territoire.
Le chemin qu'on entrevoit est difficile et fatigant, car � chaque tournant nous guettent les partis de gauche et de droite et les repr�sentants du pouvoir �conomique ; ils veulent nous faire revenir, au moyen des menaces, des tromperies et des promesses de toujours, au chemin qu'en tant que peuples nous avons d�cid� de d�serter gr�ce � des initiatives discr�tes, personnelles ou communautaires. Et aussi gr�ce � cette le�on du 5 ao�t, � travers laquelle les peuples d'Oaxaca sont en train de rejeter l'�tat, le gouvernement et le capital de leurs vies et de leurs territoires de fa�on courageuse, cat�gorique et pacifique.
M�me dans la minuscule conception des choses impos�e par la civilisation occidentale, celle d'une division obligatoire entre gagnants et perdants, la majorit� des peuples d'Oaxaca ne participe � aucun de ces groupes, car elle est au-dessus d'eux. L'�chec des partis de gauche dans ces �lections n'est pas l'�chec du mouvement social, car il est devenu �vident que les chemins sont diff�rents. � Oaxaca, on entrevoit le chemin vers une authentique lib�ration.
David Venegas Reyes "Alebrije" - Centre p�nitentiaire de Santa Mar�a Ixcotel.
Note (*) Apr�s les �lections pour les d�put�s locaux, le 5 ao�t dernier, doivent se tenir des �lections municipales en octobre.
http://oaxacalibre.org/oaxlibre/
Article copi� du site du Centre de m�dias alternatifs de Bruxelles http://cemab.be/
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