Communiqué issu d'un processus de recherche de concensus visant à
donner l'information juste aux médias quant à la nature du Campement
autogéré 2007 et sa position au sujet des manifestations contre le PSP.
Campement autogéré 2007
Un Campement porte son sens à travers son histoire
par les besoins et motifs qui le poussent à être et devenir.
Sa raison d'être évolue avec le temps
à l'image de ses participantes et participants.
À l'heure où les thèmes de la sécurité et de la prospérité
économique prévalent dans les discours officiels, nous constatons que
certaines dimensions de l'existence humaine tendent à tomber dans
l'oubli. Pensons ici à la solidarité, à l'idéal que représente la
démocratie directe, ainsi que l'émancipation à la fois individuelle et
collective de l'humain. Devant ce constat, nombre de femmes et d'hommes
participent à la formation d'un mouvement de justice globale, basé sur
les principes de liberté, d'égalité et de solidarité.
Au Campement autogéré, nous prenons les moyens pour créer ce monde
en expérimentant de nouvelles manières de vivre. Ainsi, le Campement
autogéré se veut un espace participatif et ouvert où la liberté
individuelle s'associe à la prise en charge collective. Les principes
d'autogestion, de liberté d'expression, de responsabilisation,
d'horizontalité et d'écologie font partie de la tradition du Campement.
Notre objectif est de créer des milieux de vie où les modes de
production et de consommation s'organisent selon les valeurs de
liberté, d'égalité et de solidarité. Par conséquent, le Campement
autogéré s'organise par l'entremise d'une assemblée démocratique, à
travers la recherche de consensus. Cet exercice de mise en commun
permet l'expression des différences ainsi qu'une prise de décision
collective et partagée.
Aux origines des campements...
Les Campements autogérés sont nés en marge du premier Forum Social
Mondial (FSM), à Porto Allegre au Brésil en janvier 2001. À cette
occasion, des milliers de participant-e-s ont préféré délaisser le FSM
pour s'organiser de manière autonome, sur les bases d'une démocratie et
d'une communication plus directe. Le premier Campement intercontinental
de la jeunesse s'est formé à partir de cette initiative libertaire. De
là, l'invitation fut lancée à reproduire l'expérience au niveau local,
partout dans le monde, par la culture des Campements autogérés. En
réponse à cet appel, des femmes et des hommes participèrent à
l'organisation du premier Campement autogéré, à Saint-Malachie en 2003.
Cette année, le choix de tenir le Campement à proximité de la ville
de Montebello n'est pas fortuit. Considérant les principes énoncés,
nous jugeons la rencontre des chefs d'�tat des trois pays d'Amérique du
nord illégitime. Quels efforts ont-il été déployés pour informer la
population au sujet de ce projet d’intégration continentale ? Y a t-il
une écoute de l’opposition d’envergure qui s’organise ? Nous constatons
un glissement de la démocratie vers une ploutocratie, c’est-à-dire un
système au sein duquel le pouvoir est entre les mains de ceux qui
détiennent les richesses. Bien que la nature première du campement ne
soit pas de loger les manifestant-e-s qui s'opposeront à la tenue de ce
huit-clos, nous soutenons les groupes qui participent à la dénonciation
de son caractère anti-démocratique et appelons à la mobilisation face à
ce cirque de mauvais goût. Quelle démocratie alors que chacun de son
côté de la clôture, les groupes sociaux comme le cercle des décideurs
semblent penser la société parallèlement, sans possibilité de dialogue ?
Par ailleurs, nous sommes opposé-e-s à toute forme de division,
encouragée par les forces policières, entre "bons" et "mauvais"
manifestant-e-s. Pour finir, tout individu est cordialement invité à
venir participer à ce processus humain fort enrichissant, dans le
respect, la solidarité et le partage de la vie quotidienne. (Au terme
d’un processus participatif, 90 % des personnes constituant l'assemblée
ont endossé la lettre de solidarité de l'AMP en date du 15 août 2007.)
www.uncampement.net [email protected]
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