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  Post� le mardi 24 avril 2007 @ 18:14:20 by AnarchOi
Contributed by: AnarchOi
SocialismeDepuis la Commission des relations anarchistes (CRA), �diteurs "d'El Libertario", voici notre r�ponse aux habituels r�quisitoires qui nous adressent souvent la droite rustique ou cette gauche pseudo-r�volutionnaire du chavisme. Nous devrions/pourrions/aimerions dire plus sur ce th�me, mais pour le moment nous condensons et actualisons ici l'essentiel de notre perspective, exprim�e avant mais qu'y vaut la peine d'�tre r�p�t�.



Hugo Chavez parle de socialisme, souverainet� populaire, participation. Pourquoi �tre en d�saccords si ceci correspond a l'id�al anarchiste ? Les diatribes de Chavez sont tr�s fournies. Mais lui-m�me a r�it�r� qu'il ne fallait pas ce fier � ce qu'il faisait ou disait. Ainsi, son "socialisme du XXI�me si�cle" dans les faits n'a pas d�pass� le simple paternalisme et capitalisme d'Etat, avec comme base l'abondance de la rente p�troli�re. La souverainet� populaire est la souverainet� d'une �lite de militaires, d'entreprises transnationales et de la "bourgeoisie populaire" naissante. Il suffit de voir la r�cente concession de pouvoirs extraordinaires � la Pr�sidence, ou la fa�on dont on raille les alli�s qui ont exprim� des r�serves face � la d�cision de construire un parti officiel unique, pour avoir une id�e de ce que le "Comandante " entend par participation. Dans l'anarchisme, on n'accepte pas de leadership permanent et omnipotent, sinon uniquement ceux qui sont constamment authentifi�s par ceux � qui, dans une circonstance particuli�re, ils repr�sentent et ceci est l'expression de la souverainet� et de la participation, et ce processus ne montre ni d'une mani�re ou d'une autre que l'on s'�loigne du pouvoir hi�rarchique et de l'Etat.

L'intention proclam�e du gouvernement est de faire une r�volution pacifique et d�mocratique. Pourquoi ne pas attendre que la r�volution s'approfondisse pour �mettre des jugements sur le processus ? Chavez parle de r�volution, mais sa parole n'est pas suffisante pour croire qu'il la fasse et qu'il doive �tre soutenu. Trop de tyrans et de d�magogues sur ce continent ont dit la m�me chose, sans qu'il y ait des raisons de les soutenir. Dans notre cas, il y a une "r�volution" dans le sens que notre mode de vie a �t� d�sarticul� dans beaucoup de sens, mais ce que nous voyons de construction ne nous incline pas � le soutenir. Permettre sa consolidation c'est rendre les choses plus difficiles � changer, parce que les changements que les anarchistes proposent vont dans une direction tr�s diff�rente de celle prise par le "processus", qui avec plus de 8 ans � la barre se montre plein d'autoritarisme, bureaucratiquement inefficace, infect� par la corruption de mani�re structurale, avec des orientations, des personnes, des attitudes que nous ne pouvons pas soutenir.

M�me si son projet n'est pas libertaire, le chavisme appelle � se confronter � l'oligarchie et � l'imp�rialisme. Pourquoi ne pas �tablir des relations strat�giques avec eux et plus tard, une fois d�tr�n� l'oligarchie et l'agression imp�rialiste, essayer de faire la r�volution anarchiste ? Les alliances strat�giques sont un mode d'action politique pour gagner le contr�le de l'Etat par un groupe d'alli�s, alors que nous, les anarchistes, cherchons � dissoudre l'Etat gr�ce � la participation de toutes-tous. L'�chec de ce qui s'appelle r�action et oligarchie (sobriquets avec des vues clairement propagandistes) servira uniquement � consolider � l'int�rieur du pouvoir ceux qui gagnent, ceux qui n�cessairement formeront la nouvelle oligarchie parce que ainsi l'impose la logique �tatique, comme il s'est produit en URSS, Chine ou Cuba. Ceci rendra la r�volution anarchiste plus difficile et l'Espagne de 1936 fut un bon exemple. Il est aussi inexact d'identifier le projet chaviste comme �tant en opposition au coup d'Etat, alors que son but original �tait de faire un coup d'Etat militaire, et qu'il se targue constamment dans son identification avec le langage et les pratiques de caserne. La lutte contre le gouvernement de la minorit� (oligarchie) � l'int�rieur des r�gimes �tatiques se r�duit � remplacer � quelques-uns par quelques autres. En ce qui concerne le combat contre l'imp�rialisme, si nous pr�tons attention � ce qu'ils proposent et appliquent en mati�re de p�trole, de minerai, d'agriculture, d'industrie, de plan de travail etc. ils semblent rester les valets de l'Empire et non ses ennemis (Pour plus de d�tails sur les axes strat�giques face au capital transnational et aux int�r�ts imp�rialistes, voir les publications du "El libertario" www.nodo50.org/ellibertario- en espagnol).

Maintenant, le gouvernement v�n�zu�lien annonce une explosion du pouvoir communal, avec l'implantation massive et s�cession de pouvoir aux Conseils Communaux, organisations communautaires et horizontales de participation populaire. Les anarchistes soutiennent ces structures de base ? Ce que nous commen�ons � voir de l'instauration et du fonctionnement des conseils communaux indiquent que son existence et sa capacit� d'action d�pendront de sa loyaut� � l'appareil gouvernementale, lequel s'assure laissant aux mains du Pr�sident la facult� juridique d'approuver ou non les dites organisations, comme le d�crit la loi correspondante. Dans ce cadre, il y a des exp�riences au Venezuela, ou tant de groupements de base (comme les syndicats sans aller plus loin) ressemblent aux tramways, qui re�oivent le courant depuis le haut. Certainement, il y a des tentatives pour un r�el groupement du bas vers le haut, et ceci a lieu dans le cadre du voisinage, ouvriers, paysans, indig�nes, �cologistes, �tudiants, culturels, etc. malgr� qu'ils ne comptent pas sur la sympathie officielle. Il nous semble que la soumission l�gale, fonctionnelle et financi�re des conseils communaux devant le pouvoir �tatique sera un s�v�re obstacle pour servir de base � un mouvement autonome. Ceci vaut aussi pour les annonc�s conseils de travailleurs pour les entreprises, dans lesquels on entrevoit un moyen d'annuler un syndicat ind�pendant.

Pourquoi les anarchistes critiquent la Force Arm�e V�n�zu�lienne- d'origine clairement populaire et nationaliste- et sa capacit� � soutenir un projet r�volutionnaire ? Dans tout arm�e moderne, depuis l'Europe du XVII et XVIII�me si�cle jusqu'� l'Am�rique Latine d'aujourd'hui, le gros des troupes sont recrut�e dans les secteurs populaires. Mais � part l'origine sociale de la majorit� des int�gr�s, la raison d'�tre de l'arm�e est la d�fense d'une structure de pouvoir et de ses d�tenteurs, c'est pour �a qu'elle ne pourra jamais soutenir une r�volution en faveur des opprim�s. Au mieux, on changera une personne par une autre et quelques r�gles de la structure du pouvoir, mais on ne l'�liminera pas parce que le commandement et l'ob�issance sont son essence. C'est pourquoi nous ne soutenons aucune arm�e, police ou privil�gi�s qui peuvent utiliser � leur avantage la force ou les armes contre d'autres gens. Le nationalisme n'est pas une position que l'anarchisme approuve, parce qu'il implique circonscrire les int�r�ts de certaines personnes, enferm�es artificiellement par un Etat dans un certain territoire-nation, lesquelles se consid�rent diff�rents et m�me sup�rieur aux autres. Nous sommes ennemis de tous type de privil�ges pour cause de naissance, de race, de culture, de religion ou de lieu d'origine. De plus, l'histoire n�faste de la structure militaire v�n�zu�lienne parle d'elle m�me : institutionnalis�e par le tyran Gomez pour liquider les aspirations f�d�rales r�gionales ; consolid�e dans sa vocation r�pressive durant la lutte contre l'insurrection de gauche durant les ann�es 60 ; et ex�cutante du massacre de f�vrier 1986.

Au cas o�, les anarchistes v�n�zu�liens seraient "d�charn�s" (surnom par lequel le chavisme fait allusion � ses opposants) et, pour cela, supportent l'opposition social-d�mocrate et de droite ? D�charn�s est une qualification nettement m�diatique, d�pr�ci� dans son usage politique officiel et avec des aires de consigne, que personne ne dit sur qui l'on nomme ainsi. Mais, si dans tous les cas avec lui on veut signaler a ceux qui n'admettent pas de faillir � notre libert� et notre autonomie pour nous soumettre � l'imposition autoritaire d'une personne, d'un parti, d'une id�ologie, nous le sommes. Et si avec ceci, on veut dire que nous appuyons des courants identifi�s comme le lib�ralisme �conomique, la d�valuation quasi-raciste des �lites jusqu'aux majorit�s, l'escroquerie de la d�mocratie repr�sentative ou le retour � des formes d'organisation socio-politiques d�pass�es par l'histoire, nous ne le sommes donc pas. De fait, nous n'appuyons pas le r�gime de Chavez ni ses contre-attaquants �lectoraux ; nous pouvons �tre d'accord avec quelques actions des uns et des autres, avec quelques d�clarations des uns et des autres, mais fondamentalement, nous critiquons la majorit� des faits et des discours des uns et des autres. Nous r�pudions la frustration r�p�t�e des esp�rances des gens qui ont soutenu Chavez, mais nous refusons de confirmer les manoeuvres politiciennes du troupeau d'opportunistes qui se pr�tendent opposition institutionnelle. Et surtout, nous ne pouvons pas, pour des raisons de principe, soutenir ceux qui fondent la recherche d'une vie meilleure dans un quelconque type de subordination des gens � la hi�rarchie �tatique, comme le pr�tendent les deux camps.

Les anarchistes sermonnent uniquement sans rien apporter. Quelle est votre proposition pour transformer positivement la r�alit� v�n�zu�lienne actuelle ? Notre lutte n'est pas conjoncturelle ou de circonstance, c'est pour une nouvelle soci�t� que nous devons opter pour la vie collective et individuelle. C'est la lutte pour l'existence d'une soci�t� sans classe, laquelle est indubitablement v�hicul�e, pour l'anarchisme, par l'abolition de l'Etat. Pour cette raison, selon notre crit�re, l'authenticit� de n'importe quelle r�volution doit �tre faite par la r�elle et effective liquidation-depuis l'instant m�me o� il se produit- de l'appareil �tatique et de tout pouvoir hi�rarchique. Nous ne cessons d'insister sur l'exigence de commencer la liquidation de l'Etat avec, et non apr�s, la d�molition de la structure classique de la soci�t�. La r�volution nous l'entendons non comme conqu�te de l'Etat mais comme la suppression de celui-ci. Dans ce sens, nous croyons en la prise de possession de la terre et des moyens de production, directement par les travailleurs, en incluant la n�cessit� de d�fendre par n'importe quelle voie, comme l'expropriation, ou plut�t, la restitution de toute la richesse a ceux qui en sont les l�gitimes propri�taires, ceux qui l'ont cr��. Nous soutenons donc qu'une proposition positive pour l'actuelle r�alit� v�n�zu�lienne, viens par la promotion de l'autonomie des mouvements sociaux du pays, puisqu'en eux se trouve l'espace de tension n�cessaire pour le d�roulement et l'influence des principes de base de l'id�al anarchiste : action directe, autogestion, libert� et �galit� dans la solidarit�.



Note : "Source : L'EnDehors, Traduction de : Lucie"

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