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  Post� le dimanche 15 avril 2007 @ 23:14:21 by AnarchOi
Contributed by: AnarchOi
Démocratie(s)Source : L�Id�e Libre n� 98 - F�vrier 1927



Plut�t faim de pain que soif de sang.
- Shakespeare (Jules C�sar)

Pollio et incipient magni procedere menses !
- Virgile

I

La caract�ristique du monde contemporain, de la soci�t� bourgeoise, capitaliste et bien pensante, c�est la haine du pauvre, l�ex�cration de l�indigent.

Avec la soudainet� d�une peste et l�acharnement d�un tic, cette horreur de la mis�re se manifeste dans les actes les plus infimes, dans le moindre geste des civilis�s. Par la doctrine de ses chats-fourr�s, par l�incl�mence de ses juges, par la f�rocit� de ses argousins, le tiers-�tat, propri�taire et financier, apprend au malheureux qui s�obstine dans le dessein de vivre quel crime c�est d�exister lorsqu�on n�a pas d�argent.

Leur excommunication de la pauvret� ne recule pas devant les cons�quences les plus extr�mes.

Les satisfaits, les repus ont un d�go�t si imp�rieux des fam�liques, un tel effroi des imp�cunieux, qu�ils en ont invent� la philanthropie, l��conomie politique, les asiles de nuit, les cr�ches, les bureaux de bienfaisance, tous les ergastules et les l�proseries o�, moyennant une pr�bende infamante et d�risoire, un morceau de pain assaisonn� d�avanie, le mendiant subit les atrocit�s multiformes du pr�tre, du doctrinaire et des rond-de-cuir.

Charit�s confessionnelles, aum�nes la�ques, munificences priv�es, tous les bienfaits du riche �go�ste se valent.

Que la sportule soit d�livr�e sur un billet de confession, sur une carte d��lecteur ou sur les abaissements d�esclaves, elle n�est qu�un leurre, un engin usuraire, un instrument de r�gne, la mise en �uvre de l�exploitation du d�sh�rit� par les heureux.

Et ce n�est la forme la moins plaisante de ce duel in�gal que les avantages pr�lev�s sur l�infortune par toutes sortes d�hommes de lettres : chroniqueurs, po�tes, dramaturges, sans compter les vaudevillistes innombrables qui, � l�exemple de Jehan Rictus, �cr�ment leur d�ner dans le ruisseau argotique et, des haillons larronn�s en la cour des Miracles, se font une redingote � la mesure de leurs r�ves doubl�e de soie et ridicule �norm�ment. �mile Veyrin, dont vous allez ou�r, tant�t, la P�que socialiste, n�est point de ces mangeurs impitoyables et lacrymatoires. S�il touche aux douleurs des fam�liques, c�est pour leur offrir le baume d�une compassion intelligente, virile et d�sint�ress�e, pour montrer � leur esp�rance l�aube de jours meilleurs et de cieux plus cl�ments.

Le bien et le mal existent pour lui. S�il ne se hausse gu�re � la compr�hension h�g�lienne du seul Devenir, du N�ant o�, pour un jour, s�installent, comme de vains d�cors, nos passions et nos r�ves, du moins, son g�n�reux amour envers ceux que Dosto�eswsky nomme les Humili�s et les Offens�s, la noble croyance en la bont� des hommes, pr�te � son ouvrage un charme incontestable de candeur g�n�reuse, d�apitoiement et de bont�.

*
* *

Qu�est-ce donc cette P�que socialiste, dont le titre est form� de deux vocables qui devraient, semble-t-il, comme dit Jean-Baptiste, � hurler d�effroi de se voir accoupl�s ? � Pourquoi la P�que, la P�que, c�r�monie lithurgique et id�aliste, aussi vieille que l�humanit�, fournit-elle ses rites aux agapes mat�rielles du socialisme - communiant, d�un pain uniforme, les app�tits attabl�s ?

N�est-ce pas de l�auteur un anachronisme enfantin, que suspendre telle enseigne au frontispice d�un drame � tendances ultramodernes, dont le but principal est de donner aux spectateurs assembl�s de grave enseignements, de hautes et s�rieuses le�ons ?

Ne vous y trompez pas : c�est justement � cause de la modernit� profonde, essentielle, de son ouvrage, que M. Veyrin a bien fait de le rattacher aux confarr�ations antiques o�, sous le couvert des Myst�res, l�homme des jours anciens rompait avec ses �gaux le pain de la fraternit�, leur distribuait le vin des �nergies sociales.

Dans toutes les religions, sous tous les climats, dans tous les lieux o� se posa la tente pr�caire des tribus errantes, o� s��lev�rent les architectures cyclop�ennes des villes ancestrales, le rite essentiel du repas en commun appara�t en m�me temps que le culte des morts et se combine avec lui. D�s que les bornes de la cit�, les limites redoutables sont pos�es, un autel s��l�ve dans le pom�rium o� cuit le repas sacr� partag� entre les vivants et les m�nes des a�eux.

C�est l�universelle eucharistie, dont l�hostie, alternativement effective ou symbolique, infuse � chacun des participants quelque chose de sa vertu.

Tant�t c�est l�anthropophagie rituelle si exactement d�crite par Andr� Lef�vre, dans son beau livre des Religions. En ce cas, l�homme s�approprie les m�rites du sacrifi� : ennemi, parent ou victime propitiatoire. La force du chef indien revit dans le guerrier qui l�a scalp� ; le sang des vierges ou des enfants calme la soif d�voratrice de Moloch, et, d�cha�nant les souffles propices, la mort d�Iphig�nie guide vers Ilios les trir�mes ach�ennes.

Tant�t c�est la th�ophagie. Le fid�le absorbe le divin qui se r�sorbe en lui. A l�individu, l�Univers se donne sous les formes les plus vari�es : s�ma de l�Indou, h�ma du Perse, farine parfum�e de menthe aux offices �leusiniens de Dyonisos et de Demeter.

Plus le pr�tre se livre � la th�otysie, plus il cro�t en m�rite ; si bien que les officiants de Zoroastre, selon James Darmester, se montraient gris la plupart du temps, le jus de l�accl�pias acide ayant (m�me b�nit) les inconv�nients du vin de Suresnes ou d�Argenteuil.

II

Quels sont, � pr�sent, les convives que M. �mile Veyrin fait participer � la C�ne d�ind�pendance et de mis�ricorde ?

O� prend-il les socialistes agissants qui, debout sous la lumi�re nouvelle, entonneront l�hymne du pardon final ? Dans quel d�cor fera-t-il prof�rer l�absoute humanitaire, ce mot des Albigeois que, du haut de son b�cher, Jean Huss l�guait au monde comme un testament supr�me d�esp�rance, de bonheur et de libert� ; ce mot dont tous nos martyrs, ceux de Chicago, ceux de Monjuich, ceux de Paris saluaient la lumi�re � venir et que le sublime Angiolillo pressentait dans les chansons de Germinal : La coupe au peuple !

Ce sera dans une usine, terrain du combat �conomique, de la lutte quotidienne et sans merci entre les patrons et les salari�s. Pour annoncer la bonne parole, cet �vangile de douceur auquel il semble croire, Veyrin ne choisira pas des savants ou des proph�tes. � Dii majorum gentium � ; un Saint Simon, par exemple, esprit absolu et utopiste, proph�te initiateur, qui, de son imp�rieux anc�tre, ami de F�nelon et du � parti des saints �, faisant de la science une religion, r�vant de concilier l�esprit et la mati�re et pr�sidant � la r�habilitation de la chair. M. Fourier, une sorte de Platon confus et b�gue, po�te � sa mani�re, annonciateur de l�harmonie future, consacrant de verbeux dithyrambes � l�gitimer les passions.

M. Auguste Comte, admirable organisateur dont le g�nie - ordre et raison - inventa la hi�rarchie des sciences, promulguant cette v�rit� que toutes les sciences, dans leur ensemble, forment un art : L�ART SOCIAL.

Bien au-dessous de ces Olympiens, nous, comme des Cyclopes infirmes et robustes, nous martelons un dur m�tal, en nos laboratoires. Voil� pourquoi Veyrin a localis� sa pi�ce dans la question ouvri�re, instaur� dans une fabrique son socialisme doux, qui ne va gu�re au-del� des b�n�fices en participation.

Trois protagonistes occupent, � eux seuls, le drame de Veyrin. Ce sont, pour ainsi dire, des entit�s philosophiques : le Bon Patron, le Mauvais Patron et l��g�rie consolatrice du Juste m�connu.

Gilbert Lemonnier, une sorte de Gr�goire Werl�, moins scrupuleux et n�vropathe que le h�ros d�Ibsen, se ruine pour assurer du travail � ses ouvriers, pendant une longue crise, et partager sa fortune � Micheline Mermet, fille naturelle de son p�re d�funt. Ironie des choses ! Rousselot, le fabricant impitoyable, chr�tien f�roce et candidat obs�quieux, � cheval sur le code et reluisant aux fins de mois, pr�cipite dans l�ab�me cette famille, exemplaire de toutes les vertus.

Mais, par un bienfaisant retour, les ouvriers sauveront la gloire du patron aim�. Gr�ce au capital, g�n�reusement abandonn� par Micheline, ils reprendront, � leur compte, les �uvres de leur pr�d�cesseur. Celui-ci, accus� par ses ennemis de banqueroute frauduleuse, ne quittera pas la prison infamante que pour manifester sa louange et tomber mourant au pied de la statue �lev�e en son honneur par la gratitude publique. M. Veyrin a tr�s justement �lagu� cette fin optimiste. Il ne faut pas que les �claireurs de l�Humanit� soient r�compens�s de leur vivant. Outre que l�effort - devant un succ�s temporel - perdrait de sa beaut�, l�envie pr�serve soigneusement d�aur�ole quiconque est suspect de dominer sur le commun. Lorsque Firdouzi re�oit l�or de Mahmoud, son convoi fun�bre est d�j� form�.

Il convient de se r�signer au plan du monde, � la passion du Juste, sans apoth�ose ni r�surrection. Les dieux obsc�nes et tragiques de l�Orient : Tammouz, Adonis, Zagreus, - les autres - meurent le vendredi pour rena�tre le dimanche. La semaine sainte des Bacchantes s�ach�vent dans un transport d�all�gresse luxurieuse qui, sur le Tmolos aigu, fait bondir comme un troupeau de louves en amour le thyase d�cha�n�.

Il n�en est pas ainsi dans notre Occident travailleur et sobre.

Le Caucase de Prom�th�e ou le b�cher d�Hercule : douleurs injustes, affront imm�rit�s, et le l�che aboiement de la foule servile, que les bienfaiteurs du monde n�esp�rent pas d�autre loyer. � O justice, � m�re, proclame le Titan riv� � son rocher, c�est pour avoir aim� les Eph�m�res que je souffre ainsi ! �

Toujours ingrats et plus ineptes encore, les hommes lapideront qui les sert et les dirige. Proph�te, justicier, voyant, sont � jamais le scandale et l�ex�cration de l�Univers.

Plus tard, quand les os du martyr se r�soudront en poussi�re, quand la nuit sera faite sur quiconque l�aima, son nom deviendra le flambeau de l�h�gire humaine, et les races, pieusement, se passeront, de main en main, la torche de Prom�th�e.

III

Le socialisme d�bonnaire de M. Veyrin promet aux g�n�rations futures des ruisseaux de lait et de miel, un Eldorado fleuri d�actions vertueuses et de paroles bienveillantes, mais ne voyez l� qu�un r�ve de po�te, le jeu d�esprit d�une �me tendre, encline aux suaves utopies.

En r�alit�, l�av�nement des socialistes serait la tyrannie la plus abominable qui ait jamais, au profit de l�esp�ce, martyris� l�individu. La quantit� de despotisme contenu dans les divers syst�mes pr�conis�s par les ma�tres du socialisme tant fran�ais qu��trangers, d�passe de beaucoup ce qu�os�rent les despotes les plus noirs. � Toute protection, - dit Cl�mence Royer - est une oppression. � Parole qui, des lointains de l�histoire jusqu�� la minute pr�sente, se r�alise, d��ge en �ge, avec la pr�cision d�un ph�nom�ne cosmique. Platon, le premier des socialistes, ennemi des institutions libres d�Ath�nes, ch�ri des plus ignobles tyrans de Sicile, propose le r�gime des castes, la censure litt�raire et philosophique. Thomas Morus, le bon ap�tre, l��v�que de l�Utopie, commence par pers�cuter les h�r�tiques. Campanella, inspirateur de Richelieu, fondateur des Jacobins de Paris, donne, pour couronnement � sa cit� du Soleil, le Club de Robespierre, tant sont pareilles les mentalit�s des Jacobins et celles des Dominicains ! Fourier s�adresse � Bonaparte pour appliquer son syst�me. Auguste Comte approuve le coup d��tat du Deux-D�cembre, flagorne l�empereur de Russie, Nicolas, comme ferait un simple amiral de notre belle France. Il �crit au g�n�ral des J�suites pour le prier de propager ses doctrines.

Si telle fut la v�sanie de ces grands hommes, quelle n�est pas l�aberration des �pigones qui concilient la philanthropique veulerie des bourgeois avec l�intol�rance r�gimentaire de l�ouvrier ? - � J�sus, dit Ernest Renan, qui avait ses heures de badauderie et de snobisme, J�sus, comme toutes les personnes distingu�es ( !) aimait le peuple. � Ce fut une erreur, sans doute, car il ne faut pas aimer le peuple en tant que pl�be ; il faut l�instruire, l�affranchir, le promouvoir � cette aristocratie que conf�re une existence libre et suffisante, lui rendre le jeu harmonique des instincts et des facult�s. � Il ne s�agit point de s�emparer de l��tat pour r�former la soci�t�, mais bien de r�former la soci�t� pour d�truire l��tat. � Ces mots de Proudhon condensent pleinement la doctrine anarchiste. Ils r�sument la loi de ces esprits logiques et ind�pendants, qui ne s�arr�tent pas � mi-chemin sur la voie des r�formes, et qui savent que, pour ensemencer les champs de l�avenir, il faut les purger d�abord des antiques d�combres, de l�inf�me pl�tras autoritaire : famille, nation, dogmes et propri�t�.

Le mal social ne rel�ve plus que du chirurgien. Depuis longtemps, la m�decine est impuissante, et les onguents collectivistes aussi d�cri�s que l�orvi�tan parlementaire. Le riche, inaccessible � la piti�, n�a de larmes que pour les douleurs th��trales, abjectes ou convenues. Toute r�conciliation est impossible avec le bourgeois, toute greffe inutile, sur ce rameau cari� de l�arbre humain.

D�ailleurs, le socialisme, comparable � un masque de th��tre, � ces oripeaux de louage qu�assument, en frairie, les courtauds de la politique, pr�te sa cucule et son faux nez � tous les ambitieux. Le second Bonaparte, avant de devenir Napol�on le Petit, �crivait des brochures sur l�extinction du paup�risme, s�int�ressant aux ouvriers � peu pr�s au m�me titre que les escrocs des Cercles catholiques ou de l�Usine Notre-Dame. Socialiste, le comte de Mun, ce Joseph de Maistre de chambr�e : socialiste, M. Harmel, bedeau patent� de la r�action cl�ricale ; socialiste, Rochefort, le clown rhumatisant, et Barr�s, le griset, et Drumont l�assassin en chambre, toutes gens qui aiment le pauvre � la fa�on dont les peuplades cannibales aiment leurs prisonniers.

VI

Accabl� d�ans, charg� de sciences inutiles, satur� de rancunes et d�amertumes, quand le docteur Faust eut compris l�inanit� de la m�taphysique et de la religion ; quand le bonnet d��ne du th�ologien se fit lourd � sa t�te chenue, pour d�serter le laboratoire poussi�reux et les in-folios moisis et les squelettes ricaneurs, toute grande il poussa la verri�re de sa bauge o� passait Marguerite. Et voici qu�en tous lieux, dans les campaniles romans et les tours gothiques, les cloches r�surgentes se mirent � chanter pour l�All�luia de P�ques, pour la vigile du printemps. Le ciel �tait bleu, verte la terre. Une all�gresse montait des tro�nes en fleurs, un d�sir incoercible de vivre et d�esp�rer. Alors, tremblant de joie, le vieux Faust �voqua Satan, ma�tre de la raison et de la volupt�. La Dame du Venusberg et l�Arche flamboyant de Delphes, quittant les demeures souterraines, vinrent � son appel. Dans un flot de jeunesse, d�orgueil et de baisers, ils purifi�rent le vieil homme rachet� pour jamais de la honte chr�tienne et de la nuit m�di�vale. Faustus, brisant le dogme aux cha�nes infamantes, retrouva sa conscience et reconnut les Dieux. Devant la table offerte, il go�ta les fruits d�lectables de la vie, pr�mices d�un nouvel amour et d�un second avril.

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* *

Comme lui, depuis vingt si�cles, le peuple s�an�mie dans les t�n�bres, dans la gehenne sacerdotale, dans les prisons civiles ; depuis vingt si�cles, Jacques Bonhomme tend l��chine aux plus monstrueux �quarrisseurs. Docteurs, soldats, riches hypocrites et puissants �hont�s se disputent � qui mieux mieux le plus vivant de son �me, le plus robuste de sa chair. Le pr�tre doucereux croise le glaive spirituel avec la ba�onnette pr�torienne, et tout ce d�ploiement d�horreurs ne vise qu�� prot�ger le coffre-fort. La pieuvre capitaliste, la louve cl�ricale, jamais rassasi�es, r�dent, toujours en qu�te d�argent et de domination. Reines par l��cole et par la force brutale, ma�tresses de toutes les prostitutions, depuis la caserne jusqu�au lupanar, en passant par l��cole congr�ganiste, elles imposent au malheureux les habitudes de hontes, les cloaques de servitude, les livr�es de mis�re, de la robe en satin de la pierreuse � la casaque rouge du soldat. Car elles veulent de l�or, se forgent, en redemandent encore et vont chercher partout leur proie, jusque dans les entrailles pantelantes du genre humain. Cependant la captivit� touche � son terme et le car�me va finir. Que les hommes se l�vent, qu�ils frappent, sans col�re ni piti� ; les dieux sournois, les ma�tres implacables, tra�nant aux g�monies l��tendard des nations et le labarum des cultes. Les cloches printani�res sonneront devant eux, non pour une f�te liturgique, non pour la gloire des superstitions abolies. Mais, de clochers en clochers, s��veillera l�O filii des Cit�s libres, des races fortes et sans dieux, proclamant aux carrefours du monde un Avril �ternel, cette P�ques bienheureuse des hommes justes et r�concili�s, ce banquet de l�Ind�pendance et de la Joie.

Laurent Tailhade

(Conf�rence faite au Nouveau-Th��tre, le 15 avril 1899)




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