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  Post� le mercredi 04 avril 2007 @ 15:26:59 by AnarchOi
Contributed by: AnarchOi
ÉtatLe texte que nous vous proposons dans les pages qui suivent a �t� publi� sous la forme d�une brochure en 1952 par les �ditions Pens�e et Action dirig�es par notre camarade Hem Day.

Groupe Maurice-Joyeux

Pour entrer en mati�re

Lorsque, devant le rythme de la vie moderne, l�homme de la rue s�en va r�p�tant que nous sommes au si�cle de la vitesse, il ne croit pas �noncer une v�rit� aussi profonde et d�une telle gravit�.

Le tragique de l�affaire n�est pas qu�en un peu plus de cent ans on soit pass� des diligences et des chandelles � l��lectricit� et � l�avion mais bien, qu�� cause de cela, la marche des �v�nements fut, elle aussi, d�une bouleversante rapidit�.

De cette consid�ration d�coulent des conclusions si �videntes qu�on h�siterait � les formuler si l�on ne connaissait, d�autre part, l�invraisemblable d�sarroi dans lequel ces bouleversements historiques nous ont plong� ; � savoir :

1� que tout changement de quelqu�importance dans la vie collective transforme par le fait m�me les donn�es du probl�me social ;

2� que toute action sociale, pour �tre efficace, doit tenir compte des donn�es r�elles et actuelles.

Ce qui veut dire que l�action sur le plan social doit se mener suivant les m�thodes dont on use dans tous les domaines de l�activit� concr�te. Le savant devant ses �prouvettes, le m�decin devant son malade ou le menuisier devant son �tabli ne font autre chose qu�observer, conclure et agir en cons�quence.

Le malheur, bien entendu, c�est que l�observation d�une r�action chimique, d�un cas clinique ou d�une pi�ce de bois, sont infiniment plus simples que l�observation d�un ph�nom�ne social. Il s�agit ici d�hommes jugeant d�autres hommes et c�est dire que la sereine objectivit� ne sera jamais qu�une intention. Mais si cela peut nous inciter � l�indulgence envers tous ceux qui se sont ainsi tromp�s, cela ne change rien aux dures n�cessit�s. Car tant pis pour ceux que la marche des �v�nements d�passe. Peut-�tre, qu�� des degr�s divers nous sommes tous de ceux-l� ; mais la premi�re chose � faire serait de s�en rendre compte.

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Il y avait pourtant un id�al, une doctrine, un mouvement dont on pouvait esp�rer qu�ils �chapperaient � ce pitoyable destin : le socialisme.

Doctrine r�volutionnaire n�e du capitalisme, quasi en m�me temps que lui avec, comme raison d��tre, de le d�truire et de le remplacer ; le socialisme a-t-il su s�adapter au rythme du capitalisme et le devancer ? A-t-il su dominer la marche des �v�nements et ne pas rester � sa remorque ? L� est toute l�explication de l��tat pr�sent du socialisme et, plus encore, de son avenir.

R�pondons franchement, qu�� cet �gard, le socialisme connut une rapide d�ch�ance et que loin de rester essentiellement �volutionniste, il devint rapidement et lourdement traditionaliste. � une �poque de transformations sociales constantes et dans un r�gime perp�tuellement instable le socialisme ne tarda pas � se cristalliser en conception dogmatique, en m�thodes classiques, en mots d�ordre clich�s, et loin d��tre �clair� par ses �checs il resta dans ses orni�res et r�p�ta ses slogans.

Comment et pourquoi le socialisme se laissa-t-il ainsi d�passer par les faits ? Quelles sont les donn�es actuelles du probl�me social ? Vers quoi nous pousse la logique des �v�nements et comment y faire face ? Voil� les questions qui nous occupent.

Naissance du socialisme

Si la recherche des origines id�ologiques du socialisme nous entra�nerait vraiment trop loin, ses d�buts, en tant que mouvement historique, se situent � l��poque o� le capitalisme lib�ral fut solidement implant�. Moment qui, dans nos d�mocraties occidentales, se situe au milieu du 19e si�cle, lorsque la bourgeoisie est fermement �tablie dans sa situation de classe dirigeante, a acquis de l�assurance et de l�exp�rience et, si l�on peut dire, codifi� son id�al. Celui-ci est, du reste, d�une simplicit� et d�une clart� telles que jamais classe dirigeante ne fut mue par des imp�ratifs moraux et sociaux si peu complexes, �Gagner de l�Argent.� Unique souci d�une classe qui poussa l��go�sme jusqu�� l�absurde.

Inutile de retracer longuement la marche du capitalisme lib�ral dans sa p�riode premi�re, que nous pourrions appeler : classique. D�veloppement du machinisme, concentration rapide des capitaux, �limination parall�le de l�artisanat et enfin, cons�quence directe, constitution de cette classe nouvelle, le prol�tariat industriel. Les nouveaux rapports de forces s��tablissent, la lutte de classe moderne est un fait, disons m�me le fait social net et brutal.

� proprement parler, le capitalisme est d�cha�n�. Tandis que sa technique progresse � pas de g�ants, qu�il �difie des fortunes prodigieuses, ses m�thodes d�exploitation des salari�s sont d�une f�rocit� qui d�passe souvent celles de l�esclavage antique. Car si l�esclave b�n�ficiait de la consid�ration que le paysan a pour son cheval, c�est-�-dire pour sa propri�t�, le capitaliste fait descendre des femmes et des enfants de dix ans dans la mine et, lorsqu�ils sont �puis�s, se contente d�en embaucher d�autres.

C�est dans de telles conditions que le mouvement socialiste naquit, c�est � la suite de l�observation et de l�analyse de cette situation que ses doctrinaires tir�rent leurs conclusions et trac�rent leurs plans. Plans d�action naturellement aussi clairs et aussi cat�goriques que la situation qui les inspira. La lutte de classe �tait une r�alit� qu�il �tait vain de d�plorer mais dont il fallait, au contraire, montrer l�in�luctable intensification. D�s lors, pas de paix sociale possible, pas m�me d�adoucissement � esp�rer. Il ne restait au prol�tariat qu�� lutter jusqu�au triomphe final, jusqu�� la suppression des classes, jusqu�au socialisme.

Telle est, �nonc� dans sa grande et belle simplicit�, la v�rit� socialiste. Celle que l�on trouve dans Proudhon comme dans Marx, celle que proclamait d�j� Graccus Babeuf alors que le capitalisme n�existait encore que potentiellement, celle enfin qui r�unit les forces socialistes �parses dans la premi�re internationale de 1866.

Il ne suffisait pas cependant pour mener � bien un si vaste et grandiose dessein, d��noncer quelques propositions aussi simples. En donnant au socialisme une si vaste ambition, il fallait en faire un tout coh�rent qui r�pondit � toutes les questions que pose le probl�me social et m�me tout le probl�me humain. Et c�est l� que le socialisme commit l�erreur initiale, fondamentale et exceptionnellement grave de syst�matiser des donn�es sociales essentiellement �volutives.

� vrai dire, cette erreur a bien des excuses. Il ne nous convient pas, � nous hommes de 1947, habitu�s � n��tre que trop bouscul�s par le rythme infernal de notre temps, de juger trop s�v�rement ceux qui se pench�rent sur les �v�nements il y a seulement quatre-vingts ans. Laissons ceux qui se bornent � remuer des abstractions nous dire que rien n�est nouveau sous le soleil et que le monde est un �ternel recommencement. En fait, les hommes n�s au d�but du 19e si�cle n�avaient aucun pr�c�dent qui leur f�t soup�onner s�rieusement qu�ils �taient � l�aube d�un temps o� l��volution technique et sociale serait sans commune mesure avec tout ce qui l�avait pr�c�d�.

D�autre part, le capitalisme semblait bien engag� dans une voie aussi rectiligne qu�implacablement logique. Gagner de l�argent, toujours plus d�argent, et pour le reste � laissez faire, laissez passer �. Avec ces formules tenant lieu de sens social, le capitalisme lib�ral devait rapidement aller loin, c�est-�-dire, � la culbute finale. Et de fait, il y allait bon train. Concentration capitaliste devenant parfois monstrueuse, paup�risme lamentable parmi une masse ouvri�re grossissant de jour en jour, batailles sociales prenant un caract�re plus aigu. Autre cause infaillible de d�sastre, le capitalisme bas� sur la recherche du profit imm�diat et sur la concurrence, devait arriver rapidement � la saturation d�un march� limit� pr�cis�ment par l�incapacit� d�achat des prol�taires. En bref, cette �volution catastrophique ne pouvait manquer d�amener la conscience du dit prol�tariat au degr� de maturit� n�cessaire.

On aura sans doute d�j� reconnu dans tout ceci, la phras�ologie marxiste, et certes, c�est � Marx que revient le m�rite d�avoir le premier, mis en lumi�re des faits essentiels. Et, jusque l�, on ne peut s�parer Marx de tous ses camarades socialistes. Mais s�il est vrai que le socialisme est devenu traditionaliste et relativement impuissant, c�est particuli�rement au marxisme qu�il le doit.

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Peu de doctrines ont �t� aussi largement analys�es et comment�es que le marxisme et longtemps encore il y aura des thurif�raires pour creuser vers ses sources et en faire valoir tous les aspects. Aussi bien notre propos d�aujourd�hui n�est-il pas une critique g�n�rale du marxisme mais de n�en parler que dans la mesure o� cela est n�cessaire. Or, si le marxisme peut �tre admis comme une conception universelle et, partant, �tre d�une extr�me complexit�, il peut n�anmoins se ramener enti�rement � une notion parfaitement simple : la lutte de classe. Au point que l�on peut dire du marxisme qu�il a la lutte de classe pour base, comme objet et comme conclusion et que l�originalit� de Marx consista � consid�rer la lutte de classe comme la grande et unique v�rit� historique. Toute son �uvre se ram�ne � �tayer cette affirmation par un syst�me m�taphysique et dialectique, � suivre pas � pas cette lutte de classe dans le r�gime capitaliste et enfin, � pr�parer le prol�tariat pour son in�luctable victoire.

On sait quel succ�s et quel prestige l��uvre de Marx connut dans l�ensemble du mouvement socialiste. Tous n�en firent pas une sorte de religion la�que mais presque tous en furent impr�gn�. Mais que l�on reconnaisse ou non la valeur du marxisme, il reste incontestablement et exclusivement bas� sur une histoire qui s�arr�te au milieu du 19e si�cle et sur la critique d�un capitalisme largement d�bord�e par les faits. C�est malheureusement sur ces donn�es du probl�me social que le socialisme continua � vivre et, pour une bonne part, vit encore.

Heur et malheur du capitalisme

S�il est bien vrai que, dans son essence, le capitalisme est immuable, il est non moins vrai qu�il se r�v�la dou� d�une extraordinaire souplesse, tr�s souvent et d�instinct il parvint � parer aux dangers qui le mena�aient. C�est ainsi premi�rement que les conditions de vie qu�il commen�a par imposer au prol�tariat, au lieu d�aller en empirant, all�rent, dans l�ensemble, en s�am�liorant. Am�lioration toute relative sans doute mais qui dissipait cette vision apocalyptique qui montrait les masses accul�es finalement et fatalement � la r�volte.

En second lieu, la prol�tarisation g�n�rale d�un c�t� et la concentration capitaliste d�un autre, ne s�op�r�rent pas non plus comme pr�vu. Un fort pourcentage d�artisans et de petits commer�ants all�rent bien grossir les rangs des ouvriers, mais les classes moyennes n�en furent pas pour cela �limin�es et leurs amputations furent compens�es, entr�autres, par des techniciens, sp�cialistes et administrateurs avantag�s par le capitalisme. Quant � la concentration elle consista plut�t en une concentration de direction et non de possession. Celle-ci se trouvant, au contraire, largement diffus�e par le syst�me des associations, des participations, par actions, obligations, cr�dits bancaires et autres proc�d�s. De sorte que le capitalisme ne devint aucunement le privil�ge exclusif d�une caste tellement infime par le nombre.

Mais c�est dans le domaine politique que le capitalisme fit preuve de sa grande habilet�. Il faudrait de gros volumes pour retracer les phases d�une lutte dans laquelle le socialisme fut tenu en �chec. (Si l�on veut bien admettre que, pour le socialisme, la survivance du capitalisme jusqu�� nos jours, �quivaut bien � une d�faite.) Tant et si bien que le socialisme, pour une bonne part, cessa d��tre r�volutionnaire pour devenir collaborationniste.

Une autre planche de salut que le capitalisme trouva juste � point, fut le colonialisme intensif. Il y trouva � la fois des sources de mati�res premi�res � des prix d�risoires et de larges d�bouch�s pour ses capitaux et sa production. De telle sorte que le capitalisme rattrapa largement en Afrique, en Asie et en Oc�anie les avantages relatifs qu�il conc�dait � ses prol�taires nationaux.

Malheureusement pour lui, si le capitalisme lib�ral �tait parvenu tant bien que mal � surmonter ses contradictions sur le plan national, il n�en �tait pas du tout de m�me sur le plan international. L� le principe de la concurrence ne cessait de s�vir dans toute sa rigueur et m�ritait bien son nom de �guerre �conomique �. Tellement qu�en ao�t 14 elle d�g�n�ra naturellement en guerre effective.

Cette guerre dura pr�s de cinq ans et engloutit des sommes dont on n�avait jamais eu id�e. Comment le capitalisme lib�ral allait-il payer ? Il ne paya pas, et d�posa pratiquement son bilan entre les mains de l��tat. Celui-ci, anonyme et sans vergogne, fit des dettes et couvrit ses besoins par des billets fabriqu�s en quantit�s industrielles. En r�alit�, ces op�rations furent pour le capitalisme lib�ral un coup auquel il surv�cu, mais dont il ne se rel�vera plus. � c�t� de lui, nourri par lui, mais se tournant en d�finitive contre lui, l��tatisme apparut comme une force montante et d�vorante.

Mais avant de voir de plus pr�s ce qu��taient devenus le r�le et la puissance de l��tat il convient de suivre son histoire parall�lement aux avatars du capitalisme lib�ral lui-m�me.

L�ascension de l��tatisme

Afin de n��tre pas accus� de choisir nos r�f�rences parmi des th�oriciens particuli�rement anti-�tatistes, contentons-nous donc de reprendre � ce sujet la d�finition marxiste classique: � L��tat est un produit de l�antagonisme irr�conciliable des classes.� Si cette formule ne dit �videmment pas de l��tat, tout ce qu il faudrait en dire, elle est cependant � appliqu�e au r�gime politico-�conomique du capitalisme lib�ral � parfaitement juste. Elle revient � constater que si ce r�gime avait besoin de l��tat, c�est qu�il lui fallait un moyen d�autorit� et de coercition pour l�galiser et prot�ger son exploitation de classe, et soyons du reste persuad�s que les bourgeois eux-m�mes admettent objectivement cette v�rit�. En effet, selon la vieille conception lib�rale, l��tat est essentiellement et uniquement un gendarme dont le r�le consiste � prot�ger les � honn�tes gens �, entendant surtout par l�, les � gens biens � ou, qui ont �du bien �. Car, et c�est un curieux paradoxe, le bourgeois authentique �tait anti-�tatiste ; s�il demandait � l��tat de maintenir l�ordre, il l�aurait vu par contre d�un mauvais �il, se m�ler de ce qui ne le concernait pas, au risque de g�ner la libre initiative et la libre concurrence. Phobie que la bourgeoisie poussa au point d��tre une classe dirigeante qui repoussait ses responsabilit�s sociales et civiques, telles par exemple, les charges et les devoirs militaires. Ne devenaient soldats que les gens trop pauvres pour se racheter et quant aux cadres d�officiers, ils �taient plut�t remplis par l�ancienne aristocratie.

Et pourtant, autre paradoxe, cette tendance anti-�tatiste du capitalisme lib�ral eut pr�cis�ment pour cons�quence de pousser � l��tatisme, et cela pour la simple raison que du moment o� la bourgeoisie r�pugnait � assurer ses responsabilit�s sociales, celles-ci devaient bien �tre prises en charge par l��tat. Il en fut premi�rement ainsi de quantit� d��uvres et d�activit�s qui, dans les anciens r�gimes, �taient le fait d�initiatives priv�es ou de l��glise (dont la richesse et le pouvoir �taient �normes) : h�pitaux, fondations philanthropiques et, par exemple, des entreprises aussi vastes que l�enseignement � tous les degr�s.

Une seconde raison du d�veloppement de l��tatisme fut que, malgr� tout son respect de l�initiative priv�e, le capitalisme �prouva de plus en plus le besoin de travaux et de services publics : routes, ponts, chemins de fer, poste, t�l�graphe, organes administratifs, techniques, etc.

Le colonialisme, � son tour, imposa � l��tat, de lourdes charges. Car si le capitalisme �tait press� d�envoyer ses repr�sentants se livrer � l�exploitation intensive des pays neufs, encore fallait-il, pour les conqu�rir et y maintenir l�ordre, que l��tat y envoya premi�rement ses militaires et ensuite ses fonctionnaires. De sorte que, pour toutes ces raisons et d�autres encore, les bourgeois �taient mal venus de protester contre le gonflement des budgets de l��tat et le nombre grandissant de ses fonctionnaires de tous genres.

Enfin, charge plus lourde que toutes les autres r�unies, les �tats capitalistes se virent contraint de se pr�parer � une guerre toujours imminente.

Ce que cette premi�re guerre mondiale co�ta aux �tats capitalistes, nous y avons d�j� fait allusion. Rappelons seulement que le trait� de Versailles imposait � l�Allemagne un total de r�parations de cent soixante-douze milliards de francs or. Somme spectaculaire �videmment et que, non moins �videmment, l�Allemagne ne put payer. Au reste, nous entrions dans cette p�riode o� l�on allait jongler avec des chiffres effarants et o� nombre d��tats se mettraient � fabriquer impudemment de la fausse monnaie. L��conomie capitaliste lib�rale �tait disloqu�e : elle se survivait.

Bien entendu ce m�canisme �conomique qui s �tait mis � �tourner fou �, faisait, ouvertement la joie des doctrinaires socialistes classiques. La catastrophe �tait proche et ils pr�disaient, avec assurance, la r�volution socialiste pour le surlendemain. Exactement comme ces � sp�cialistes � qui, quelques ann�es plus t�t, pr�tendaient que la guerre ne pourrait durer plus de trois mois, faute de moyens financiers.

En r�alit� ces proph�tes perdaient de vue que la r�volution socialiste ne r�sultera pas de contradictions �conomiques, aussi absurdes soient-elles, mais de l�effort cr�ateur d�un prol�tariat dou� de conscience socialiste et anim� d�une ferme volont� de r�aliser sa lib�ration. � Quelle prescience g�niale que le marxisme �, r�p�taient � longueur de colonnes les grands et petits pontifes socialistes scientifiques. �Le capitalisme lib�ral est � l�agonie ! � nous, au prol�tariat, au socialisme, de recueillir sa succession.�

Que le capitalisme lib�ral fut � l�agonie, c��tait une image qui en valait une autre ; la stricte v�rit� �tait qu�il abdiquait de plus en plus entre les mains de l��tat et que celui-ci se fortifiait au point de devenir une force ind�pendante, capable de surmonter les oppositions de classes, d�imposer sa volont� et son r�gime.

La contre-r�volution �tatiste

Lorsqu�on voudra r�sumer objectivement notre �poque, on en dira � peu pr�s : �Le d�but du vingti�me Si�cle fut marqu� par la faillite du capitalisme lib�ral conjointement � la carence du mouvement prol�tarien et � des �checs de la r�volution socialiste. De cette double impuissance r�sult�rent tout naturellement des pouss�es victorieuses de l��tatisme totalitaire.�

Que le fascisme soit n� de cette double faillite n�appara�t nulle part mieux que dans le pays o� il triompha premi�rement : l�Italie. Pays pauvre et surpeupl� sorti de la guerre dans une situation d�sastreuse � que le vieux capitalisme lib�ral se r�v�la incapable de surmonter.� Il connut imm�diatement de graves troubles sociaux. Les travailleurs all�rent jusqu�aux occupations g�n�rales des usines et l�on fut � deux doigts de la r�volution prol�tarienne, mais, pour des raisons qu�il importe peu d�analyser ici, ces deux doigts ne furent pas franchis et le prol�tariat batt�t en retraite. C�est alors que le fascisme apparut, marcha bient�t sur Rome et prit le pouvoir. Dire, comme certains doctrinaires socialistes obtus, que l�av�nement du fascisme fut une victoire de la bourgeoisie capitaliste, est prof�rer une b�tise. L�adh�sion relative de la bourgeoisie au fascisme fut un r�flexe de d�fense contre la menace dune r�volution � rouge �, et fut �galement bas�e sur l�ignorance du v�ritable caract�re du fascisme. Au total, ce n�en �tait pas moins une abdication en tant que classe dirigeante exclusive.

Telle fut l�aventure italienne, telle fut, avec des variantes, l�aventure allemande et d�autres encore. Quant au ph�nom�ne russe, quoique tr�s particulier par de nombreux aspects, il ne fut pas essentiellement diff�rent. Ce qui fait, qu�en r�alit�, rien ne ressemble plus au fascisme que le stalinisme, ne tient �videmment pas au hasard mais bien � ce que les causes de ces deux ph�nom�nes sont, dans le fond, identiques.

Lorsque, en 1917, 1e tsarisme s�effondra sous le poids de sa corruption et de son incapacit�, et que les soldats d�sert�rent le front pour rejoindre les ouvriers et paysans r�volt�s de l�int�rieur, cette r�volte devait apparemment aboutir � une v�ritable r�volution socialiste. Malheureusement, les conditions politiques et psychologiques de cette r�volution n�existaient pas ; le gouvernement Kerensky ne put que r�v�ler son inconsistance et les autres fractions r�volutionnaires ne trouv�rent pas d�appuis suffisants pour s�opposer � la prise du pouvoir par la fraction bolch�viste. Celle-ci, sans h�siter, transforma rapidement son pouvoir en dictature absolue, et le reste ne fut plus que le d�veloppement normal d�un syst�me qui devait conduire au capitalisme d��tat totalitaire. De sorte que le r�gime russe r�sulte, lui aussi, de l�effondrement de l�ancien r�gime et de l�impuissance de la r�volution prol�tarienne et socialiste proprement dite.

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Mais o� en sommes-nous pr�sentement, dans nos d�mocratie europ�ennes ? Quelques faits et quelques chiffres nous dispenseront de longues d�monstrations.

En Belgique, la circulation fiduciaire est (ou �tait) d�environ 80 milliards et le budget de l��tat, d�environ 40 milliards.

S�il est vrai qu�il faut �tre fort prudent dans 1�interpr�tation des chiffres, nous croyons pourtant que ceux-ci montrent � suffisance l�importance �norme prise par 1��tat sur le plan �conomique.

En France, un autre chiffre est tout aussi �loquent : plus de deux millions de fonctionnaires. Ce qui repr�sente environ un quart de la population masculine de 20 � 60 ans.

Croit-on s�rieusement que de pareils r�gimes puissent se maintenir avec une �conomie bas�e sur le capitalisme lib�ral ?

On comprend que de semblables situations bouleversent totalement les rapports de classes traditionnels. Nous serions, bien s�r, les derniers � nous attendrir sur le sort de la bourgeoisie ; jamais classe n�a autant m�rit� de dispara�tre : mais c�est bien ce qui lui arrive.

Qu�est devenu le bourgeois d�antan ; celui dont la carte de visite s�ornait du titre de � rentier�, �propri�taire� ou mieux, �sans profession� ? Une fortune de dix millions plac�e en valeurs �s�res� lui donnent dans les quatre cent mille francs de revenus. Le fisc en prenant environ la moiti�, ce qui reste permet, en France par exemple, � peu pr�s le standing d�un ouvrier qualifi�.

Est-ce � dire que nous soyons arriv�s au nivellement des conditions de vie ? bien loin de l�. Jamais certaines in�galit�s ne furent aussi criantes. Jamais un bon repas de restaurant n�a co�t� � Paris, ce qu�un ouvrier y gagne en trois jours, et � Rome, ce qu�il y gagne en une semaine. Mais qui ne sait que tout cela est la cons�quence d�une situation confuse, troubl�e et transitoire, entre un capitalisme lib�ral d�sax� et un �tatisme fort diligent pour fixer les salaires mais totalement incapable de fixer les prix et de stabiliser l��conomie. La fraude est devenue la r�gle, le march� noir une habitude et souvent une n�cessit�, l�or et les monnaies ont un cours officiel et un cours r�el tout aussi officiel, le mercanti et le trafiquant nagent et s�engraissent dans les eaux troubles de l��conomie dirig�e. Au point que l�on peut dire, du capitalisme lib�ral, qu�il ne subsiste que dans la mesure o� il parvient � tromper l��tat.

Et pourtant, malgr� qu�il soit ainsi bafou�, l��tatisme progresse in�luctablement vers son but totalitaire. D�j� il se pose en arbitre souverain des conflits sociaux ; alors m�me que patrons et ouvriers sont d�accord, il lui arrive d�opposer son veto � une hausse des salaires ; il interdit � des travailleurs de changer de m�tier ou m�me simplement de patron, enfin il se propose froidement de recenser m�me les femmes en se r�servant de les mettre pratiquement au travail forc� dans les conditions qui lui conviendront (projet du gouvernement anglais).

Ah certes, il est loin d�j� le temps o� l��tat donnait, aux �bons citoyens�, l�impression d��tre un protecteur et un serviteur ; il donnerait plut�t aujourd�hui, � la plupart, la sensation qu��prouve le mouton vis-�-vis du chien de garde ou le lapin vis-�-vis du chasseur.

Contre ces menaces, les uns et les autres en arrivent � protester et � vouloir r�agir. Mais l��tat profite largement de la confusion qui r�gne toujours � son sujet ; et il est bien vrai que, plus que jamais, il est malais� de d�finir, aux yeux des masses, en quoi consiste l��tat, ou mieux, qui est l��tat ? Puisqu�on nous demandera d��tre bref, clair et pr�cis, donnons donc encore des faits et des chiffres.

Les d�put�s belges viennent de s�octroyer 180 000 francs par an exempts d�imp�ts (alors que l�exercice d�un mandat parlementaire n�est pas une profession exclusive et que ce salaire n�est qu�une �indemnit� !). � cot� de ces repr�sentants du peuple gravitent alors une foule de personnages de moindre importance. Directeurs, attach�s, etc. dont les salaires sont plus modestes mais dont le nombre grossit constamment. D�autant qu � c�t� des minist�res, qui sont pourtant pass� de 7 ou 8 � 15 ou 20, ont surgi quantit� d�organismes �para-stataux� tr�s prosp�res. Tout ce monde, en plus d�appointements rondelets jou�t d�avantages indirects de tous genres et de la perspective d�une pension qui les dispense de pratiquer l��conomie.

Loin de nous de chercher des querelles personnelles � des gens parfois fort capables et fort actifs, mais il reste que le nombre de ceux qui vivent dans les hautes sph�res de l��tat, et y vivent relativement fort bien, augmente sans cesse. Quant aux petits fonctionnaires, si l��tat est pour eux un patron avare et sordide et s�ils m�ritent notre commis�ration, cela n�emp�che pas leur activit� d��tre, la moiti� du temps, parasitaire.

Tout ceci n�est pourtant que secondaire. Le grand danger de l��tatisme n�est pas l�extension de son parasitisme, mais l�extension de son pouvoir ; or, celui-ci d�passe largement le cadre des bureaux minist�riels. Il n�est pas un organisme ayant un caract�re �conomique ou social � jusqu�aux associations artistiques ou sportives � dans lesquelles l��tat n�intervienne insidieusement ou avec autorit�. Bient�t les repr�sentants de ces organismes priv�s deviennent �officieux �, gravitent dans l�orbite �officielle� et perdent pratiquement le plus clair de leur ind�pendance.

C�est devant cette �volution qu�il n�est pas �tonnant de voir nombre de bourgeois grands et petits, qui jadis vitup�raient l��tat, r�ver maintenant de s�y int�grer. L�industriel contingent� et tracass� de cent mani�res, le commer�ant qui devrait vendre avec 25 p. c. de marge b�n�ficiaire quand il a 20 p. c. de frais g�n�raux, qui viole �videmment la loi et vit dans la phobie du contr�leur ! Tous ces gens dont les affaires sont al�atoires et dont l�avenir n�offre aucune garantie, se prennent a r�ver d�une �bonne place stable � l��tat�. Nous songeons ainsi � ce notaire ayant le souci d�une grosse �tude, oblig� de comptabiliser ses honoraires jusqu�aux derniers centimes et que le fisc traitait en cons�quence. Quoique bon lib�ral il en venait � souhaiter que le notariat fut purement et simplement �tatis�.

Quant � ceux qui sont d�j� dans la place, ils ne songent �videmment qu�� un �tatisme renforc� qui traiterait mieux encore ses serviteurs. Et nous songeons ici � ce colonel qui remarquait avec une compr�hensible admiration qu�un colonel russe �tait infiniment mieux pay� que ses confr�res des nations capitalistes et lib�rales.

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Eh oui ! la roue de l�histoire ne cesse de tourner.

On conna�t la savoureuse anecdote qui se situe pr�cis�ment lors de l�av�nement de la bourgeoisie.

Quand Bonaparte installa sa cour, tous ces parvenus se pressaient dans les salons qu�avaient peupl� les courtisans de la royaut�. C�est alors qu�une ancienne blanchisseuse devenue dame d�honneur d�clara, en se calant dans une berg�re �Alors! c�est nous maintenant qu�on est les princesses...� .

Aujourd�hui, apr�s une brillante odyss�e, le r�gime instaur� par cette bourgeoisie conna�t son d�clin ; l��tat est de moins en moins au service de cette classe, il est devenu assez fort pour se servir lui-m�me et pour asseoir son aristocratie fonctionnariste.

La nouvelle tyrannie et le nouveau combat

Il appara�t donc bien que, soit par des r�volutions brutales, soit par les voies plus lentes de la l�galit�, 1��tatisme vise � instaurer son propre syst�me d�oppression et d�exploitation ; � l�ancienne lutte de classe bourgeoisie-prol�tariat, il substitue une opposition de castes et de classes plus cat�gorique et plus impitoyable encore. Tandis que la bourgeoisie lib�rale exploitait la collectivit� dans le simple but de s�enrichir et n�avait pour tout id�al qu�un vague progressisme mat�rialiste ; l��tatisme fait de l��tat un mythe tout puissant et absolu, c�est-�-dire, une nouvelle totalit�. Or, pour imposer un r�gime aussi essentiellement autoritaire, il faut, de toute �vidence, un appareil dirigeant et coercitif aussi puissant qu��tendu. C�est pourquoi, aux anciens rapports de classes, l��tat superpose et substitue sa hi�rarchie.

Au sommet, les Furher, Caudillo, Duce, ou autres �P�re du Peuple�, entour�s des grands dirigeants politiques qui forment la caste disposant des pouvoirs supr�mes et de l�autorit� sup�rieure. Vient ensuite une cascade de pouvoirs allant des diplomates, des chefs de l�arm�e et de la police jusqu�aux simples agents d�ex�cution. Enfin, tout en dessous, la grande masse des travailleurs du rang dont tous les droits se limitent � travailler dur, � ob�ir et � se taire.

Selon les thurif�raires de tels r�gimes, il est vrai, cette hi�rarchie aurait le m�rite et les capacit�s comme bases et le bien commun comme but. Il pourrait effectivement arriver que dans l��tatisme totalitaire, les hautes fonctions r�compensent le grand m�rite, mais il est certain qu�elles r�compenseraient plus souvent l�ambition, l�intrigue, le manque de scrupules et, surtout, la servilit�, et il est en tout cas hors de doute que quiconque ferait preuve, � l��gard de la v�rit� d��tat, d�opposition ou seulement de ti�deur, n�aurait rien � attendre sinon le pire.

Enfin une vue id�ale de l��tatisme n�est soutenable que pour une br�ve p�riode. En vertu d�une loi naturelle et tr�s humaine, les privil�gi�s du r�gime n�auront pas de but plus clair que de conserver et de consolider leurs privil�ges ; rapidement ils constitueront des castes, autant que possible h�r�ditaires et jouissant d�avantages d�autant plus substantiels qu�ils se les octroieront eux-m�mes. Esp�rer, d�autre part, que ces hommes, qui disposeraient de tous les pouvoirs, se priveraient b�n�volement d�en user et d�en abuser, c�est montrer que l�on ignore tout de la psychose autoritaire. Soyons, au contraire, assur�s que, si aucune r�action assez puissante ne s�y oppose, l��tatisme restera fid�le � lui-m�me et tendra toujours � plus d�autorit�, plus d�oppression, plus d�absolu.

On nous dira peut-�tre aussi, supr�me argument et supr�me erreur, que s�il est bien vrai que l��tatisme comporte de p�nibles inconv�nients, il n�en est pas moins un r�gime dont l�int�r�t personnel n�est plus le moteur et dont l�accumulation �go�ste du profit est exclue. Que si l��tat a ses profiteurs, son int�r�t sera tout de m�me l�int�r�t de tous et qu�ainsi l��tatisme reste, malgr� tout, une forme de socialisme. Argumentation sophistique s�il en fut. Rappelons donc que l��tat poss�de et poursuit son but en soi sans aucun souci du bien-�tre mat�riel ou spirituel des citoyens ; ceux-ci ne sont pour lui qu�un mat�riel humain propre � �difier sa grandeur et � r�aliser sa � mission historique�. La dite mission historique �tant renouvelable et interchangeable peut donc parfaitement exiger que les dits citoyens vivent et meurent mis�rablement avec une parfaite soumission et un perp�tuel enthousiasme. Quant � la nature de ces missions historiques ? nous savons qu�on ne sera jamais en peine d�en trouver.

Il arriva aux Pharaons d��puiser litt�ralement leur peuple par leur folie de b�tisseurs. Sans doute les dictateurs n�auront-ils plus la manie des pyramides et des temples, mais la passion du progr�s technique, la soif de puissance, l�imp�rialisme id�ologique et autres ambitions ne sont certes pas moins dangereuses ni moins impitoyables.

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Ainsi l�image de l��tatisme triomphant a de quoi faire fr�mir quiconque reste fid�le aux valeurs humaines et civilisatrices. La barbarie �tatiste serait incontestablement plus effroyable que celle des premiers �ges ; cette derni�re �tait l�effet d�un primitivisme naturel, tandis que celle qui nous menace serait une barbarie savamment organis�e et scientifiquement dirig�e. Il est cependant non moins certain qu�en provoquant une d�cadence vertigineuse de la culture et de la morale, l��tatisme totalitaire conna�trait lui aussi, et sans tarder, une �volution catastrophique vers la guerre permanente et le chaos social.

Devant ce danger, et quelque soit leur tendance, les socialistes devraient tout au moins avoir le courage de rompre avec un traditionalisme qui les aveugle. La lutte contre l��tatisme exige premi�rement de consid�rer en r�aliste cette vue id�ale du messianisme prol�tarien. Que le prol�tariat ait des int�r�ts propres et g�n�raux, et que, tout naturellement, il tende � am�liorer son sort, qui pourrait le nier ? Mais reconnaissons l�erreur qui consista � syst�matiser ces donn�es jusqu�� faire du prol�taire un automate historique en oubliant qu�il est un homme, c�est-�-dire un �tre vivant, mouvant, divers, complexe et myst�rieux soumis � toutes les faiblesses et � toutes les passions, capable enfin, du meilleur et du pire.

Si l�on veut pourtant, r�sumer d�un seul mot le but que poursuivit tant bien que mal l�ensemble du mouvement prol�tarien, on trouve : l��galit�, la r�alisation de cette soci�t� �galitaire auquel le socialisme limita si �troitement son id�al qu�il en oublia la libert�. On oublia, qu�en r�alit�, l��galit� ne peut se r�aliser que dans la libert� et par la libert�. Que si le prol�tariat ne construit pas sa libert� parall�lement � l��galit� il sera fatalement men� vers les ge�les de l��tatisme et qu�il ne sera, en d�finitive, qu�un esclave qui change de ma�tre. Malgr� que l��ducation politico-sociale que leur ont donn� leurs chefs ait mal pr�par� les prol�taires � r�agir, il semble pourtant que les plus �volu�s d�entr�eux comprennent ce qui les menace.

Que devraient-ils faire pour que leur r�action fut efficace ? Question qui soul�ve tout le probl�me de l�action prol�tarienne et qui nous pousserait ais�ment vers la strat�gie en chambre ! Nous en dirons donc simplement que la premi�re chose que le mouvement prol�tarien ait � faire, est de reprendre sa compl�te ind�pendance. Qu�il redevienne lui-m�me en �chappant, sans tarder, � l�emprise des organisations traditionnelles tant politiques que syndicales engag�es profond�ment dans un processus d��tatisation. Ce qui signifie que dans le domaine de l�action lib�ratrice, le prol�tariat doit repartir � z�ro ; reprendre la lutte contre le capitalisme lib�ral d�cadent et contre l��tatisme qui s�empare de sa succession. � ces deux formes d�oppression et d�exploitation le prol�tariat doit substituer son r�gime, celui d une libre association et d�une organisation des travailleurs, c�est-�-dire du seul socialisme digne de ce nom : du Socialisme-libertaire.

Dans cette lutte, les travailleurs doivent trouver � leurs c�t�s ceux qu�un ensemble de capacit�s et de qualit�s situe dans l��lite. � ceux-ci, nous ne dirons point davantage pourquoi leur place est l�, car nous pensons qu�on ne peut atteindre un �chelon sup�rieur de l��chelle humaine sans avoir compris tout le sens et la valeur de la libert�.




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