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Post� le mardi 03 avril 2007 @ 10:04:51 by AnarchOi Contributed by: Anonyme
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Un citoyen r�publicain, c�est quelqu�un debout, dans l�isoloir et qui fixe son regard le plus fort qu�il peut, sur un bulletin de vote � cette image, si nous la regardons un moment, nous aidera peut-�tre � ne pas nous �garer. Un citoyen �lecteur debout devant quelques noms imprim�s et qui essaye de comprendre ce qu�on lui propose. Quel est son objet, son but, son mod�le ? Rien d�aussi insaisissable que le mod�le d�un citoyen �lecteur; ce n�est pas un vase de fleurs, une figure nue, un plat de pommes de terre. M�me une �lection la plus simple a trait � plus d�une personne, � plus d�un instant. Les personnages qu�il fixe sont vieux et sans gr�ces, ils disent s�occuper de son avenir, de sa s�curit�, de son confort, mais ils sont loin, ils sont proches, ils sont insaisissables, jamais o� il voudrait qu�ils soient, ils vont vieillir, ils cheminent de ville en ville, de lieu en lieu, d��cran en �cran, la lumi�re devient verte puis noire parcourue d��clairs blancs et l��cran persiste. Seul, l��lecteur doit fixer son regard sur un mod�le qui bouge, qui change, qui dispara�t puis repara�t toujours diff�rent, toujours identique, le regard braqu� sur une image qui n�est pas un objet unique mais d�innombrables objets qui bougent et dansent en m�langeant les sons et les couleurs, les maux et les besoins. Deux mots seulement recouvrent tout ce que regarde l��lecteur � ce moment-l� : une vie d�sert�e.
Et maintenant regardons l��lecteur citoyen, avec une attention intrigu�e vers l��lecteur de gauche ou de la gauche dite extr�me. Que voyons-nous ? Simplement quelqu�un debout dans l�isoloir ? Cela nous dit peu de chose, ou rien. Et nous n�en savons pas plus. Quand on songe que nous parlons autant des �lecteurs et des citoyens actuellement qu�ils parlent d�eux-m�mes, c�est curieux comme nous savons peu de choses sur eux. Pourquoi sont-ils � un certain moment si nombreux, et apr�s si rares ? Pourquoi � certains moments sont-ils capables d�aller au-del� du bulletin de vote et apr�s rien que de la broutille? Il n�y a pas de r�ponse naturellement. Puisque nous n�avons pas encore d�couvert le virus de la r�volution, nous en savons encore moins sur la volont� que sur le corps. Nous avons moins de preuves. Nous n�avons pour le moment que des th�ories sur les �lections, sur les �lecteurs, sur la singularit� des �lecteurs de gauche, sur la libert�, beaucoup de th�ories sur les citoyens, et sur des projets de soci�t� mais toutes diff�rentes entre elles. Le sociologue dira que le citoyen est le produit de la soci�t� dans laquelle il vit, le po�te que l��lecteur est une apparition c�leste qui descend de l�-haut, incarne la d�mocratie et s��vanouit. Pour le psychologue, un �lecteur est une hu�tre : nourrissez-le du gravier des faits, irritez-le avec la laideur ordinaire et par compensation, il produira r�guli�rement comme une perle rare un bulletin de vote. Les g�n�alogistes disent que certaines souches, certaines familles produisent des �lecteurs comme les figuiers les figues, avec obstination. Cela prouve que nous n�y voyons goutte au sujet des �lecteurs; n�importe qui peut faire une th�orie; le germe de la th�orie c�est presque toujours le d�sir de prouver ce que le th�oricien d�sire croire.
Les th�ories sont donc des choses dangereuses. N�anmoins il nous faut en risquer une puisque nous discutons de l��lectorat fran�ais et singuli�rement des circonstances de ses vertus r�publicaines.
D�s que nous parlons de ses tendances ou des pressions sociales qui les pourchassent et les fondent, nous croyons implicitement qu�il existe quelques forces politiques, quelques influences, quelques conditionnements, quelques pressions ext�rieures assez fortes pour agir sur tout un groupe d��lecteur, de telle sorte que les pens�es de tous ont une certaine ressemblance. Il nous faut alors une th�orie sur la nature de cette influence. Mais ne l�oublions jamais - les influences sont en nombre infini, les �lecteurs sont d�une sensibilit� infinie, chaque �lecteur a sa sensibilit� propre. C�est pour cela que les opinions de l��lecteur de gauche changent sans cesse, comme le temps, comme les nuages. Il y a des groupes politiques en France, c�est un fait. Leurs �lecteurs descendent d�autres �lecteurs comme les familles des familles. Ils ressemblent � leurs parents comme les petits des hommes ressemblent � leurs parents, cependant ils diff�rent entre eux comme les enfants diff�rent entre eux; et parfois ils se r�voltent contre cette nature d�enfant en pleurant, en g�missant comme les enfants se r�voltent lorsqu�ils sont frustr�s ou que leur couche est souill�e. Alors ils votent blanc ou nul. Cet acte n�emp�che ni la frustration, ni la r�pugnance de la couche, il se substitue � la caresse rassurante de la maman press�e, il console jusqu�� la prochaine fois.
Peut-�tre sera t-il plus facile de comprendre les �lecteurs du pacte r�publicain de cette ann�e en prenant un rapide aper�u de leur derni�re bataille. En 2001, les Fran�ais �taient au c�ur d�une guerre sociale comme ils le sont aujourd�hui. Et il est naturel de se demander comment la guerre sociale les affectait. Est-l� une des influences qui les amen�rent � voter ? La r�ponse est tr�s �trange. Cette guerre n�affecta pas du tout la grande majorit� des �lecteurs et particuli�rement la constante tendance des �lecteurs de gauche � oublier ce qui les caract�rise sur le terrain social. On peut en trouver la preuve dans l��uvre politique des gouvernements �lus par leurs soins, des ministres issus de leur rang, affirmant les repr�senter comme ceux du dernier gouvernement le proclamaient. Parce que les gouvernements vivent tr�s peu de leur temps, aucun de leurs programmes ou lois et d�crets ne mentionnent cette guerre sociale qu�ils croient contenir en ne la mentionnant jamais. C�est donc que leur mod�le initial � leur vision de la vie humaine � n�est ni troubl� ni agit� ni chang� par la guerre qui se d�roule pourtant devant eux et souvent contre eux. Et eux-m�mes ne sont plus capables de reconna�tre et de nommer les conflits et les enjeux r�els de cette guerre quotidienne alors que la r�alit� brutale du fascisme contamine leurs rangs et leurs pens�es sans se dissimuler, en toute tranquillit�, et cela gr�ce � leur absence de jugement mais aussi � leur volont� de s�parer les individus jusqu�� l�infini dans l�illusion d�mocratique. Le r�veil, bien entendu, est rude.
Il est facile de voir pourquoi.
Les guerres de ce temps paraissent lointaines, elles sont fa�tes par les soldats et non par le simple citoyen. La rumeur des batailles met longtemps � atteindre le citoyen. C�est seulement quand le tintamarre de la malle-poste orn�e de lauriers retentit sur les routes de la communication qu�il apprend qu�une victoire a �t� remport�e par d�autres que lui et qu�ailleurs on allume des chandelles qu�on colle aux fen�tres. Cette immunit� dure depuis longtemps. Bien entendu, la France est parfois en guerre : la Yougoslavie, l�Irak, la C�te d�Ivoire, l�Afghanistan sont parmi les plus r�centes. Au nom de valeurs r�publicaines, l�arm�e fran�aise se bat � heures fixes en sur l��cran de la t�l�vision et le citoyen, l��lecteur de gauche ne s�est pas pos� de questions. Son monde d�mocratique �blouit le citoyen de gauche comme d�ailleurs celui d�extr�me gauche et l�altermondialiste. La catastrophe est toujours ailleurs, elle est pour les autres, jamais pour lui qui prot�ge le monde gr�ce aux vertus r�publicaines qui le rendent civique avec une constance sans pareille. Les guerres, h�ritage toujours pr�sent du colonialisme, comme toutes les guerres contemporaines sont un spectacle que l�on d�crit dans son exactitude longtemps apr�s qu�il a eu lieu, sur le moment il est d�crit comme une illustration, une sc�ne, un fantasme, un film. La bataille dont on parle alors ne transforme pas la vie de ses personnages, elle en tue seulement quelques-uns.
Nous pouvons donc dire qu�en g�n�ral, la guerre sociale, la vraie guerre, n�affecte ni le citoyen ni sa vision de la vie humaine parce que les gouvernements qui se sont succ�d�s gr�ce � lui ont nivel� cette guerre dans l�image d�une paix sociale qu�ils justifient par des guerres exotiques et lointaines qui leur permettent de gouverner install� dans la dur�e. Alors la guerre sociale�devient exactement l�inverse : une paix sociale qui r�gne dans les c�urs et dans les foyers. Voyons l�influence de la paix au quotidien. Rassemblons quelques faits avant de nous lancer dans les d�lices et les dangers de la th�orie.
Pour le citoyen, pour l��lecteur de gauche devenu aujourd�hui unitairement r�publicain - mais de quelle r�publique s�agit t-il? - la vie doit avoir l�aspect d�un paysage d�coup� en champs s�par�s. Dans chaque champ, un certain nombre de gens. Chaque groupe a dans une certaine mesure ses traditions, ses m�urs, son langage, son costume, ses occupations propres. Mais chaque groupe, dans la paix sociale, se trouve entrav�, stationnaire � des troupeaux paissant chacun entre ses haies. Et le citoyen moderne, de gauche et r�publicain, ne cherche pas � supprimer ces s�parations, il les accepte. Il les accepte si totalement qu�il n�en a plus conscience. Cela peut-il servir � expliquer pourquoi ces citoyens tout � leur fiert� d�avoir sauv� la d�mocratie en 2002 (le duel Chirac-Le Pen) par un pacte r�publicain qui ne leur profitera gu�re, sont capables de se contenter depuis longtemps de tant de r�les sociaux qui ne sont que l�expression r�gressive d�une humanit� tenue en l��tat d�un peuple colonis�?
Est-ce parce qu�ils ne voient pas les haies qui s�parent les classes? Qu�ils voient seulement des �trangers qui vivent entre les haies ? Est-ce pour cela qu�ils stationnent � la surface des choses, au milieu des images d�form�es d�eux-m�mes et du monde, qu�ils survivent inchang�s et constamment d�pendant du rythme �lectoral et de la politique mais jamais de la vie, jamais de leurs besoins v�ritables? Pour nous, pour ceux qui veulent, les haies aujourd�hui sont visibles. Aujourd�hui nous pouvons voir que chacun des hommes politiques n�a affaire par la politique qu�� une tr�s petite portion de la vie humaine et que tout le reste est interpr�t� pour contr�ler cette petite portion de vie qui persiste � s�affirmer. Nous pouvons voir cela maintenant; mais l��lecteur citoyen lui-m�me n�a pas conscience qu�il n�a affaire qu�� un seul type d�homme politique dans ces �lections, au mod�le unique form� par une id�ologie qui s�impose comme l�unique choix possible, dans une absence de perspective humaine v�ritable, par laquelle lui-m�me est morcel�, o� il perd libert� et esprit critique. L�homme politique sait qu�il est issu d�une id�ologie, il est n� pour cela, il lui doit tout et c�est ce qu�il conna�t le mieux. L�inconscience du citoyen �lecteur est pour lui un �norme avantage.
Pour l��lecteur de gauche ou d�extr�me gauche fig� dans la pose r�publicaine, pour l��lecteur d�mocrate (quelle d�mocratie ?) retrouvant la pose antifasciste, le vieux � front populaire � contre Sarkozy, ce qui n�a pas d�importance politique sombre dans l�oubli. C�est lorsqu�il tient dans la main son bulletin de vote que ses chances de participer � la vie sociale sont les plus fortes. Il faut qu�il vote car l�histoire, pour lui, est imm�diate. D�s le lendemain du vote, il glisse dans l�inconscient, dans cette prise en charge qu�il a appel� de ses v�ux, de son vote, il s�ab�me dans l��cran de sa t�l�vision, et dans la lecture des journaux qui lui montrent le chemin, auxquels il a d�l�gu� son esprit critique. Il est converti, la c�r�monie du vote constitue, � sa mani�re, un rituel destin� � ressourcer, � chaque changement de r�gne, la m�me continuit�, la m�me protection de la politique, dans l�adoubement d�un homme ou d�un parti, en fonction d�un contrat symbolique. Pour �tre efficace, le vote doit �tre une c�r�monie profond�ment conservatrice, dont l�archa�sme garantit la validit�. Les innovations ne peuvent qu�y �tre rares et renforcer le rite r�publicain en le poussant plus loin dans le m�me sens. En fait, tout devient brouill�, confus pour l��lecteur, il cherche la vertu dans la paix, la justice dans la s�curit�, le sacr� dans la r�publique mais il ne trouve que p�nitence, mesures coercitives, observance religieuse du dogme politique pour lequel il a vot�, au fond de lui il ne vote pas pour un parti, il maintient l�artifice d�une r�alit� sociale bas�e sur son exploitation, sa mis�re, ses peurs, qu�elle soient fond�es ou non.
Fausses d�cisions, faux lieux, faux espaces. Non-lieux, non-espaces, d�cisions nulles. La communaut� humaine s�achemine vers une forme de contr�le la r�duisant � un pur �tre animal, en fonction des techniques de communication, des manipulations de l�inconscient. L� o� des sursauts de d�saveu du syst�me secouent par instants le proc�s d�une identification forc�e, que va faire le citoyen ? Va t-il changer d�avis ? Va t-il se lever pour exprimer bien haut sa col�re et son d�sarroi lorsque le contrat (m�me symbolique) n�est pas observ� par l�autre signataire? Non, car il doit voter bient�t sur ce sujet ! Il lui faut attendre les nouvelles �lections pour que les paysages s��claircissent et que des formes plus pr�cises � ses yeux se dessinent � nouveau. Apr�s cet entre-deux, une autre �lection arrive annonc�e � grands fracas, le voile se l�ve; et voil� la chose magnifique qui avance, la chose qu�il veut vivre, qu�il doit vivre, parce que simplifiant les enjeux, compos�e avec une noblesse parfaite par des gens, dira t-il, qui sont morts pour cela en d�autres temps, en d�autres lieux comme si cela justifiait sa propre ali�nation, et dans cette chose qui progresse droit vers lui, se combinent m�moire et histoire, n�cessit�s morales et justice divine, toutes choses qui lui sont dict�es et qu�il se sait incapable de prolonger ou d�atteindre par l�urne d�risoire mais qui constitue l�ultime possible de son engagement momentan� : il vote, il sort de l�isoloir la t�te droite, l�esprit un peu honteux de cacher comme une maladie honteuse, un engagement aussi magnifique, aussi d�finitif, aussi glorieux, aussi romantique.
L��motion dans la tranquillit� se renouvelle, elle parodie une r�publique individualis�e, elle r��crit une histoire subversive oubli�e, d�sincarn�e maintenant dans le vote, par un rite nivellateur d�j� combattu en son temps par les r�volutionnaires de la R�volution Fran�aise (Jacques Roux, Sade). Si nous en concluons que par tranquillit�, nous entendons la passivit� n�cessaire au citoyen �lecteur afin de continuer � voter quelque que soient les situations, alors la tranquillit�, le confort en chaussons, sont devenus une vertu r�publicaine de plus.
Si donc nous pouvons hasarder une th�orie, nous pouvons dire que la paix et l�id�e de la prosp�rit� sont des influences qui donnent aux citoyens �lecteurs un air de famille partag� � droite comme � gauche. Ils ont des loisirs, ils ont la s�curit�, la vie ne risque pas de changer, eux-m�mes ne risquent pas de changer. Ils peuvent regarder la t�l�vision puis cesser de regarder la t�l�vision. Ils peuvent crier de joie lorsque leur �quipe sportive gagne, ils peuvent pleurer si elle perd. Ils peuvent oublier et puis dans leurs lits se souvenir des aspirations de leur jeunesse. Ce sont donc l� quelques-unes des conditions qui, malgr� de grandes diff�rences individuelles, leur ont donn� cet air de famille prosp�re, cet air civilis� de fonctionnaires de colonies.
Le XXe s�est achev� et le citoyen �lecteur de gauche regarde passivement sa vie et sa vie dans le monde, il vote avec r�gularit� puisqu�on lui demande : municipales, cantonales, r�gionales, nationales, rien ne l�effraie dans ce geste et il a raison de ne pas s�effrayer, le monde et sa vie dans ce monde sont li�s par contrat, lui comme tous les autres ont des chances �gales de d�velopper leurs dons. Mais il faut accepter les coups du sort, accepter les gratifications et les illusions. Il y a parfois des crises plus fortes que d�autres, il faut alors renouveler le pacte r�publicain sans voir que c�est pr�cis�ment lui qui est � l�origine de ces crises. Pire, les conditions de vie du citoyen-�lecteur se d�gradent ! La vie humaine est encore divis�e en classes; il tente d�apercevoir la classe d�o� lui-m�me est issu; les classes sont encore si bien �tablies qu�il a presque oubli� qu�il y a encore des classes; et il est encore si certain de sa situation qu�il est presque inconscient de sa condition et de sa qui�tude. Il croit qu�il regarde la vie toute enti�re et qu�il la regardera toujours ainsi. Ce n�est pas l� une image de pure fantaisie. Tous ces citoyens de gauche vivent sans rien faire d�autre que voter en pensant changer la soci�t�. Il leur arrive de d�crire leur jeunesse, quand ils commen�aient � penser et non � oublier. On peut leur demander : � Comment avez-vous appris � voter? � Ils disent : � l�universit�, certains � l��cole, d�autres � l��glise, beaucoup : je l�ai vu � la t�l�vision, en lisant, en �coutant, en parlant, on nous l�a dit, �a s�est toujours fait, certains sont morts pour �a, mes parents me l�ont dit. Un simple jeu de miroirs, une r�duction par l�absurde et ce qui advient : une forme vide.
Ils leur semblent qu�ils vont continuer � vivre comme cela, qu�ils d�terminent efficacement leur vie (de mani�re � ne jamais la changer), ils votent dans une tranquillit� prolong�e, par ce geste ils r�alisent enti�rement toutes leurs pr�occupations sociales � intervalles math�matiques, dans un temps saucissonn� par les �lections, ils sont partis pour voter comme cela, �ternellement. Puis, soudain, comme une crevasse dans une route lisse, la guerre sociale survient. Les banlieues existent encore, leurs jeunes qui ne se reconnaissent en rien de connu, humili�s par les polices, m�pris�s par tous, pillent, se battent, se r�voltent. Partout en France, la mis�re se rappelle au pouvoir r�publicain, la guerre sociale �tait derri�re la porte, elle attendait sur le paillasson, maintenant elle griffe les meubles, elle pisse sur la moquette, elle arrache le papier peint du salon, il faut la mettre dehors, l�expulser, il faut que le carr� de choux redevienne un cocon confortable avec sa t�l�vision en embuscade dans chaque coin, il faut que l�on puisse �tre tranquille en pensant au temps qu�il fera demain ou m�me apr�s demain.
Mais avant de poursuivre avec l�histoire de ce qui se passe avec ces �lections, regardons un moment de plus pr�s non pas le citoyen de gauche revendiquant un �lectoralisme intransigeant, non pas son probable mod�le politique de renoncement, mais son possible r�le social. Le r�le est une partie tr�s importante de l��quipement du citoyen, � gauche, � l�extr�me gauche et chez les altermondialistes. C�est l�id�e de ce r�le qui lui donne l�attitude � prendre vis � vis de son mod�le politique, qui d�cide de ce qu�il croit voir de la vie humaine, qui influence profond�ment son pouvoir de communiquer ce qu�il comprend. Par son r�le, nous entendons l�apparence d�un rapport � l�histoire non la construction d�lib�r�e et consciente de sa propre histoire. C�est un fait, le r�le est un fait. Pas une th�orie car tous les citoyens, depuis Bourdieu, Gl�ksmann et Finkielkraut, avec si peu d�exceptions qu�on peut les compter sur les doigts d�une main, se sont �lev�s vers un m�me genre de r�le : un si�ge sur�lev� pr�t du pouvoir. Tous les citoyens, et particuli�rement les �lecteurs de gauche, sont tendus vers ce leurre. Tous, ils se veulent �lev�s de la masse sur une tour de stuc et d�or d�o� ils pourront distribuer g�n�reusement leur �ducation positive.
Ne nous faut-il pas conclure, si grandes que soient les diff�rences entre eux tous et bien que nous ayons avou� que nous savons peu de choses sur la nature des influences, qu�il doit y avoir un rapport sur la nature des influences, qu�il doit y avoir un rapport entre le r�le et la fid�lit� au rite du vote ? Ce ne peut �tre par pur hasard que ces petits r�les de gauche et d�extr�me gauche si �loign�s de la vraie vie produisent les m�mes effets partout o� ils votent. C�est pourtant un fait. Dans l�image de ce r�le, dans la mani�re de communiquer celui-ci, l�id�ologie de gauche, les id�ologies d�extr�me gauche, l�id�ologie tout court, diffusent l�absence. Le vote et ce qui concoure au vote est en quelque sorte un an�antissement social pr�ventif. Pour l��tat de droit culminant au-dessus de toutes ses lois, pour le syst�me, pour l�id�ologie, faire voter, c�est vaincre.
La chose est si �vidente qu�il est �tonnant qu�on ait tenu si peu compte de l�id�ologie ces derni�res ann�es. C�est peut-�tre parce que l��ducation du citoyen est si peu d�finie par rapport aux nombreux domaines de la vie. Vivre, aimer, parler, rencontrer, �tre disponible, avoir confiance, bien des choses diff�rentes, semble t-il s�y trouve oubli�es. Pour �lever un citoyen, il faut l�enfermer dans une �cole, puis dans un bureau, dans un travail, dans un espace temps r�duit, l�isoler, lui apprendre trois lieux communs peut-�tre quatre, et lui donner l�illusion de partager le monde � travers un �cran de t�l�vision. Il faut que le syst�me lui apprenne � se contenter de survivre, et c�est l� que la chose se passe. Il faut qu�il apprenne � se mutiler. Je le r�p�te qu�y a t-il d��trange ? Personne ne trouve �trange que vous disiez qu�un patron doit apprendre � voler; ou qu�un policier doive tuer. Il en est de m�me pour le citoyen �lecteur. Car l�art de se rabaisser est au moins aussi difficile que les autres arts. Les gens ne tiennent pas compte de ce genre d��ducation peut-�tre parce qu�il est mal d�fini, mais vous verrez en regardant de plus pr�s, que presque tous les citoyens �lecteurs qui ont pratiqu� l�humiliation avec succ�s en votant Chirac, puis demain continueront � s�abaisser en votant Royal, Bayrou, Sarkozy, l�ont appris comme le reste : en ne vivant pas. Ils sont au sommet d�une tour. C�est une tour d�une importance extr�me; elle d�cide de l�angle de vision du citoyen, elle affecte son pouvoir de vivre selon des inclinations naturelles, elle affecte son pouvoir de communiquer, elle affecte son pouvoir d�aimer.
Derni�rement, la tour �tait une tour bien stable. Le citoyen de gauche �tait � peine conscient de sa tranquillit� id�ale ou des bornes de sa vision. Beaucoup avaient de la sympathie pour le gouvernement, d�autres une grande compr�hension pour le racisme, la s�curit�, la police, les guerres lointaines. Ils voulaient continuer � jouir de leurs avantages. Ils ne d�siraient pas d�truire la tour, ni en descendre. Plut�t la conserver telle quelle. Et la vie humaine ne changeait pas, la soci�t� restait la m�me depuis si longtemps qu�il devenait inconvenant de parler de lutte des classes, ou m�me de penser simplement � la r�volte. En outre, la tour elle-m�me avait tenu bon sous les pieds du citoyen de gauche, avec le support de la politique socialiste, de ses politiques � populaires �, la t�te dans les nuages de l�id�ologie, durant toutes les ann�es importantes pour le citoyen de gauche, quand il votait � gauche, pensait respectueusement r�publique de gauche et France citoyenne de gauche, quand il recevait toutes ses influences et ses enseignements simplifi�s qu�on r�sume sous le mot de conditionnement. Telles furent les conditions qui marqu�rent profond�ment la volont� des �lecteurs de gauche et de l�extr�me gauche de ne rien entendre, de ne rien voir, de ne rien comprendre. Car lorsque survint l�explosion volcanique de la guerre sociale visible soudainement dans toutes les banlieues de France, tous ces �lecteurs citoyens qui se donnent comme repr�sentatifs du modernisme de leur temps, avaient leur pass�, leur conditionnement, en s�curit� derri�re eux, en s�curit� en eux; il gardaient le souvenir d�une vie paisible, d�une civilisation stable. Alors m�me que la guerre avait fait irruption dans leur vie depuis longtemps et emport� certains d�entre eux vers les rives d�un fascisme � peine temp�r�, ils ne pouvaient que voter pour r�pondre � leur propre d�sarroi, et ils votent encore comme si la tour tenait bon sous leurs pieds. En un mot, ce sont les h�ritiers inconscients d�une longue tradition de silence.
Mais quelle diff�rence dans la tour elle-m�me maintenant, dans ce que les �lecteurs per�oivent du haut de la tour! Quand ils regardent la vie humaine, que voient-ils ? Partout la guerre, le terrorisme, la guerre de religion, la guerre pour la terre, la guerre pour le p�trole, la guerre du plus fort, la guerre �conomique et des convois d�injustices mais aussi quelque part, l�exigence toujours pr�sente du changement qui affecte ouvertement la totalit� de la vie. Un peu partout les vieilles haies changent de place, on jette les vieilles tours par terre. On plante d�autres haies, on �l�ve d�autres tours. Toute la civilisation, toute la soci�t� change. En France, il est vrai il n�y a eu ni guerre ni r�volution depuis quelques dizaines d�ann�es. Mais en France, les tours ne sont plus stables, ce sont des tours pench�es. On vote pourtant en d�pit de la r�alit� du changement qui se fait partout, sous la menace de la guerre, sans s�en rendre compte. C�est peut-�tre pour cela que le civisme a r�apparu comme une th�orie de gauche et d�extr�me gauche; que les lyc�ens, les �tudiants, confondent p�tainistes et anarchistes, collabos et r�volutionnaires, qu�ils ne voient pas que leurs parents ont collabor� avec les derniers gouvernements successifs par leur immense passivit� alors que les libertaires ou les r�volutionnaires sont en �tat de confrontation permanente avec le pouvoir. Les lyc�ens, les �tudiants se sentent oblig�s de pr�cher avec des mots qui ne leur appartiennent pas, qu�ils comprennent � moiti�, afin de justifier les compromissions de leurs parents et peut-�tre leurs slogans b�tards annoncent-ils pour demain leur soutien au fascisme afin de d�truire ces libertaires et ces r�volutionnaires si nuisibles, si remuants, qui sait ? On s�explique le caract�re vide de leurs slogans parce qu�on sait qu�ils n�ont aucune exp�rience personnelle d�une soci�t� sans tour et sans classe, que le projet d�une soci�t� sans classe ne leur est m�me pas envisageable et surtout qu�ils n�ont aucune id�e de la guerre et des luttes qui les entoure alors que les collabos (les vrais) et les indicateurs de police prennent d�j� tranquillement leurs places parmi eux sans qu�ils sans doutent. Une influence unique s�exerce sur tous et les induits � voter et � faire voter et � dire n�importe quoi. Et cette influence, ne l�oublions pas, peut fort bien exclure d�autres femmes, d�autres hommes attir�s par l�esp�rance d�une vie authentique, vraie, et que le spectacle de la post�rit� ne tente pas dans la politique, qui refusent de se mettre � l�unisson des chefs de file comme suivants, de l�id�ologie comme prison, parce que cette influence est hostile � la vie humaine et qu�ils ne peuvent pas vivre pleinement tant qu�ils sont soumis � ces forces.
Mais la tendance qui nous permet de regrouper maintenant tous les �lecteurs comme citoyens, de la gauche � la droite, des parents � leurs enfants, et qui donne � leurs gestes de voter une signification commune, c�est la tendance qu�� leur Tour � la tour meubl�e de tranquillit�, de rituel, de religiosit� r�publicaine, de communaut� fictive � � pencher.
Pour mieux les comprendre, imaginons que nous sommes r�ellement dans une tour pench�e, et notons nos sensations. Voyons si elles correspondent aux traits que nous observons dans leur renoncement par leur adh�sion au rituel du vote. D�s que nous sentons qu�une tour penche, nous prenons tr�s vivement conscience que nous sommes dans une tour. Tous les citoyens �lecteurs sont eux aussi tr�s vivement conscients qu�ils sont dans une tour; conscients de leurs r�les que leur conf�rent celle-ci, de leur place et de leur confort moral. Et quand nous arrivons au sommet de la tour, comme la vue nous para�t �trange ! Pas compl�tement sens dessus dessous mais de biais, oblique. C�est caract�ristique aussi des citoyens �lecteurs de la tour pench�e; ils ne regardent rien bien en face; ils regardent ou par-dessus, ou par-dessous, ou de c�t�. Il n�y aucun citoyen qui puisse faire face � la r�alit� en tant que citoyen. C�est peut-�tre pour cela que la tour leur para�t si haute. Que sentons-nous ensuite, �lev�s en imagination au sommet de la tour ? D�abord du malaise; puis de la piti� pour nous-m�mes � cause de ce malaise; et cette piti� devient bient�t de la col�re � de la col�re contre le constructeur, contre la soci�t� qui est responsable de ce malaise. Il semble que ce soit aussi les sentiments des citoyens de la tour pench�e. Malaise, piti� pour eux-m�mes, col�re contre la soci�t�. Et pourtant (voici leur v�ritable tendance), comment d�truire ou transformer radicalement une soci�t� qui apr�s tout vous donne une tr�s belle vue et une impression de s�curit� et de confort ? Vous ne pouvez pas changer le c�ur de cette soci�t� tout en continuant � en profiter. Alors, tout naturellement, vous choisissez une personne (un r�volutionnaire fera l�affaire), une situation particuli�re (une p�riode de bouleversement social intense) comme bouc �missaire; et vous esp�rez ainsi �viter d��tre fustig� vous-m�me, d��tre consid�r� comme responsable. Le cri du bouc �missaire retentit dans les couloirs �s�il vous pla�t, Monsieur, c�est lui, pas moi � ce sont l� des tendances tr�s naturelles et si nous �tions � leur place nous inclinerions � faire de m�me. Mais nous ne sommes pas � leur place; nous n�avons fait que grimper en haut d�une tour imaginaire. Nous pouvons cesser d�imaginer. Nous pouvons descendre.
Mais les citoyens, les �lecteurs de gauche ne peuvent pas. Ils ne peuvent pas rejeter leur r�le, leur conditionnement. Et puis, � leur cr�dit mais pour leur confusion, la tour pench�e non seulement penchait mais parfois elle penchait de plus en plus � gauche, puis par magie � droite tout en se r�clamant de gauche.
Il fut un temps o� certains habitants de la tour, plus curieux, d�esprit plus libres que d�autres, lurent autre chose que les faits divers, regard�rent autre chose que les sports et les journaux t�l�vis�s. Ils lurent Marx, Bakounine ou Debord. Ils devinrent r�volutionnaires; ils furent en permanence ennemis du fascisme. Ils se rendirent compte que la tour �tait fond�e sur l�injustice et la tyrannie. Ils tent�rent de d�truire la tour. Parfois ils y arriv�rent avant que d�autres tours ne furent prestement construites, plus spacieuses, plus vastes avec de plus larges fen�tres. Leurs d�pendances id�ologiques, leur manque d�unit�, expliquent les contrastes violents, l�obscurit� de leur strat�gie, leurs �checs. Ils �taient pris au pi�ge, eux aussi, d�une tour pench�e d�o� ils ne pouvaient descendre compl�tement, c�est en les regardant, en les voyant vivre � travers leurs exp�riences que nous comprenons mieux bien des choses qui dans leurs �checs nous laissent perplexes. Ces habitants sont honorables, nous les remercions de nous avoir montr�s comment pulv�riser la premi�re pierre, comment raser les tours et leur savoir-faire nous est pr�cieux.
Revenons � nos habitants moins glorieux, frileux, soumis.
Il existe au milieu des citoyens �lecteurs, des contradictions ; la recherche inconsciente d�un contact v�ritable, d�un contact humain, d�un lien vivant, la destruction de tous les obstacles � l�amour, au corps. Ils se rappellent cela dans leur solitude.
Mais nous n�avons le temps que de signaler les influences les plus flagrantes, qu�on peut r�sumer sous le nom de � Influences de la Tour Pench�e .� Ce qui veut dire que si vous voyez dans ces citoyens r�publicains de gauche, dans ces partisans inconditionnels du bulletin de vote, des gens pris au pi�ge dans une tour pench�e d�o� ils ne peuvent descendre, vous comprendrez mieux bien des choses qui dans leur choix vous laissent embarrass�s. On s�explique leur contestation du lib�ralisme et la soci�t� bourgeoise , et aussi que cette contestation garde une grande ti�deur. Ils aiment cette soci�t� qui les molestent. Ils renouvellent � chaque �lection le pacte r�publicain qui les pi�ge. Ils sont les seuls responsables de cette situation qui les englue et on s�explique aussi le ton p�dagogique, didactique, le ton de haut-parleur qui domine leur discours. Tout est un devoir, m�me l�amour. Pourtant, ils se sentent oblig�s de pr�cher, sinon par leur vie, du moins par leurs justifications d�mocratiques, le caract�re sacr� du droit de vote; ils �vang�lisent � tour de bras par leurs discours civiques, par leur exp�rience du renoncement � eux-m�mes; il annoncent la venue prochaine d�une soci�t� o� tous seront, un jour �gaux, o� tous seront sans doute libres, mais raisonnablement �gaux, raisonnablement libres, c�est � dire jamais assez libres, jamais assez �gaux.
Tout ceci explique pourquoi le citoyen, l��lecteur au drapeau de gauche, � la banni�re d�extr�me gauche a �t� forc� d��tre lui aussi un bouc �missaire. Si la � politique � �tait une r�alit�, la tour d�ivoire �tait un moyen de fuir � la r�alit� �. Cela explique le curieux langage b�tard dans lequel leurs justifications sont confin�es. Ce n�est pas le beau langage de la v�rification pratique, de la conscience du refus, ce n�est pas non plus le langage du pouvoir. C�est entre les deux, entre sacrifice et cr�ativit�, entre contestation et r�volte. Le citoyen de gauche est un habitant des deux mondes, l�un qui meurt, l�autre qui lutte pour na�tre.
Et nous en arrivons � ce qui est sans doute la tendance la plus marqu�e (celle qui s��chappe malgr� la perversion du civisme) des citoyens de la tour pench�e : le d�sir d��tre complet, d��tre humain, de trouver l��tat d�insurrection et de libert� � leur d�sir nostalgique de se retrouver en entier s�infiltre entre les tours; ils cherchent la gr�ce de partager les r�ves de leurs semblables, de vivre des �motions qui ne soient pas uniformes, de n��tre plus isol�s et sur�lev�s dans la solitude de leur tour mais d��tre en bas, sur la terre, avec la masse des humains aux prises avec la vraie guerre.
Aucune autre g�n�ration de citoyens ne s�est trouv�e dans de telles conditions. Nulle autre, peut-�tre, ne s�est trouv�e devant un d�passement si effroyablement difficile. Ces citoyens n�ont rien de stable � regarder, rien � esp�rer. Pendant toutes les ann�es d�apr�s guerre o� ces �lecteurs de gauche ou d�extr�me gauche furent le plus sensible aux influences, ils ont �t� conditionn�s � se nier, � ne jamais lutter par eux-m�mes, la subjectivit� �tant interdite, la r�volte impossible, ils ont �t� pouss� � ne jamais prendre conscience d�eux-m�mes, de leur classe, de ce qui change, de la nuit qui tombe autour d�eux, de la mort proche. Ils ont toujours d�l�gu� � d�autres. Leur esprit int�rieur est paralys�.
Cependant s�ils ont manqu� de pouvoir cr�ateur, de cette cr�ativit� qui cr�� la vie, de cette � insurrection �rotique � n�cessaire � toute prise d�armes contre le sacrifice, ils d�tiennent toujours le pouvoir de refuser les compromis citoyens, l�ennui r�publicain. Cela aussi leur a �t� impos� par les circonstances. Quand tout bascule autour de vous, le seul �tre qui reste relativement stable c�est vous-m�me. Quand tous les visages changent et s�obscurcissent, le seul visage qu�on peut voir clairement, c�est le sien propre. Ils peuvent donc se voir, et songez combien il est difficile de dire la v�rit� sur soi-m�me � la v�rit� d�sagr�able; d�avouer qu�on est m�diocre, vaniteux, mesquin, d��u, malchanceux, qu�on souffre.
La prochaine g�n�ration h�ritera peut-�tre d�eux, tout un �tat d�esprit, une conscience de soi qui ne sera peut-�tre plus paralys�e, �quivoque, divis�e. Ils h�riteront peut-�tre de cette inconscience qui comme nous l�avons sugg�r� (n�est ce qu�une suggestion?), est n�cessaire au citoyen, � l��lecteur r�publicain de gauche pour p�n�trer au-dessous de la surface du monde et prendre conscience, qu�au-del� de la reddition, existent des r�ves qu�on peut r�aliser, que ces r�ves ne sont pas seulement des nuages sucr�s qu�on imagine lorsqu�on est seul.
Pour ce grand don de la conscience, la g�n�ration prochaine devra remercier la subjectivit� prisonni�re et l�ali�nation au travail des citoyens, des �lecteurs de gauche et d�extr�me gauche, de tous ceux qui ont contribu� � la r�ussite du pacte r�publicain, de ceux qui sont volontairement prisonniers de la Tour Pench�e.
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