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  Post� le vendredi 02 mars 2007 @ 14:30:48 by AnarchOi
Contributed by: Anonyme
Démocratie(s)Le texte � D�claration en r�ponse au d�bat sur les � accommodements raisonnables �, texte qui a circul� sur diff�rents sites amis ou proches de la mouvance libertaire qu�b�coise est insatisfaisant. La confusion des th�mes, la fausse objectivit� du vocabulaire et la faiblesse argumentative font para�tre trop souvent combien les signataires de ce texte sont radicalement �trang�res � toute probl�matique de changement r�volutionnaire dans le cadre de la soci�t� nord-am�ricaine alors que ce n��tait peut-�tre pas le but de ce texte, mais son contraire qui pensait s�y affirmer.



Il y a en effet beaucoup de maladresses de style, d'approximations, de formules n�buleuses dans cette d�claration.

D�embl�e, nous voudrions signaler qu�il n�y a pas de pens�e sp�cifiquement f�minine comme ce texte pourrait le laisser croire, qu�il n�y a ici ou l� que des �tres qui, se sentent un jour oblig�s d�enfreindre les limites qu�on leur a assign�es, de lutter contre la vie caricaturale qu�on leur impose et que le seul espoir d�en finir avec cette vie ali�n�e r�side dans la d�termination � forcer les perspectives telles la s�paration des sexes et les r�les sociaux et non � les reconduire dans des pratiques identitaires parcellaires.

Les hommes de � Personne n�est ill�gal � sont, eux aussi, l�gitimement concern�s par les justes inqui�tudes que suscitent l�actuel d�bat protectionniste et x�nophobe au Qu�bec. O� sont-ils ? Jusqu�� ce jour les pratiques du collectif � Personne n�est ill�gal � ne semblaient pas pouvoir �tre revendiqu�es par une tendance ou un genre identitaire plut�t qu�un autre et les �chos de la diff�rence, culturelle, sexuelle, identitaire, linguistique m�me, n�y �taient pas d�tourn�s pour servir les incertitudes d�un parcours f�ministe qui se r��crit en mensonge sur un autre. Dans ce cadre la question de la participation et de la cr�ativit� de tous dans ce regroupement, et non seulement selon leur sexe ou leur genre, se pose avec acuit�. C�est ce qu�en d�autres termes, on d�finit comme la question de l�autonomie individuelle.

La mise en avant de l�identit� et du genre, en l�absence d�une v�ritable critique de la totalit� sociale, demeure incapable de d�truire la domination rationnelle contemporaine et rend particuli�rement malais�e une v�ritable souverainet� individuelle sur tous les aspects de la vie. La seule signature par des femmes � racialis�es et migrantes � r�duit consid�rablement la port�e d�un tel texte et la parole f�minine mutil�e se fait inutilement mutilante, sp�cialis�e, dogmatique ; elle prouve une division sexuelle qu�on ne s�attendait pas � trouver dans un collectif pr�occup� de solidarit� et de l�galisation pour tous. L�invocation fourre-tout d�un f�minisme int�grateur et non r�volutionnaire n�est qu�un triste moyen de camoufler la m�me mis�re entretenue et camoufl�e par la phallocratie.

Chaque prise de position publique implique un minimum de coh�rence et une certaine radicalit� sur le terrain social. Elle doit �tre � m�me de faire sentir assez pr�cis�ment les modalit�s qui permettraient de d�velopper une conscience critique unitaire.

Elle ne devrait pas seulement isoler le contexte particulier qui lui est offert, contexte instrumentalis� par l�actualit� m�diatique et devenu un produit de substitution et le cache-sexe momentan� de l�ali�nation g�n�rale.

Comme en France avec Le Pen, si les medias audio visuels contribuent � la banalisation du discours raciste et x�nophobe, c�est parce qu�ils sont devenus des drogues dans la soci�t�, une couverture s�curitaire pour les gens et une diversion et une substitution � l�authenticit� et � la vie r�elle. Il faut alors regarder leur strat�gie de plus pr�s.

L�impact donn� par les m�dias � cette minable affaire d�H�rouxville et l��cho m�diatique impuls� aux � accommodements raisonnables � contribuent � affermir en technique de l�isolement, un lieu id�ologique qui maintient et renforce la s�paration pendant que nous vivons partout un total �croulement de la communication entre les gens.

De tels lieux de perte sont pour le moment cr�ateurs de r�ponses st�r�otyp�es de niveau superficiel comme il est ais� de le constater partout, y compris dans les milieux radicaux. Ces r�ponses ne p�n�trent jamais dans les aspects n�gatifs de la publicit�, de la violence du discours m�diatique, qui privatise, isole, et � l�instar d�une forme mat�rielle structurante, repr�sente concr�tement l��tat des lieux de la s�paration et de la division, puisque tel est son r�le social.

Chaque jour un nouveau lieu de s�paration est construit par les m�dias o� des strat�gies individuelles borgnes se mettent en place au d�triment des solidarit�s n�cessaires. La vie ali�n�e et durcie ainsi mise en sc�ne sert de consolation au sein d�un monde d�senchant� o� les d�clarations de protestation, telle celle qui nous occupe, ont peu de poids, en premier lieu � cause de leur contenu m�me.

Nous relevons dans la � D�claration en r�ponse au d�bat sur les � accommodements raisonnables � une multitude de termes qui, de la sensibilit� indign�e (nous sommes outr�es) au caract�re p�remptoire des affirmations m�lent la force obsessionnelle d�une r�p�tition (nous affirmons, nous rejetons, nous c�l�brons, nous d�non�ons, ect.) qui s�efforce de compenser une absence accablante d�arguments solides, de r�flexion critique et une carence de volont� de d�passer la seule contestation admise et sugg�r�e par la situation.

Face � cette tr�s insuffisante � R�ponse au d�bat sur les accommodements raisonnables �, nous pensons qu�une vraie r�ponse a encore � �tre �crite, et nous croyons qu�une contribution efficace ne peut faire l�impasse sur le contexte g�n�rateur d�une telle d�claration : globalement l�opacit� th�orique de toute simple contestation.

Nous ne d�savouons nullement la g�n�rosit� et le d�sir d�en d�coudre de plusieurs camarades qui militent � leur fa�on dans � Personne n�est ill�gal �, mais nous pensons qu�il est temps de corriger une sorte d�impunit� th�orique au simple regard de la beaut� du geste, de l�activisme romantique, m�me habit�s de n�cessaire solidarit� et d�entraide.

La fausse sortie hors de soi, la simple illusion d�une pr�sence r�elle, d�une d�mocratie r�alis�e dans les groupes de contestation et d�une solidarit� courageuse mais impuissante devant la r�pression �tatique doivent �tre revues et corrig�es en dehors de tout romantisme et de tout id�alisme.

Il est vrai, mais ce n�est gu�re une consolation, que ce qui ressort le plus de ce texte, le respect des croyances religieuses, ne semble pas particuli�rement pire dans le contexte actuel que la confusion th�orique que l'on constate si souvent ou l'activisme � tout crins.

Et comme tout d�bat critique, comme celui amorc� par ce texte, devrait �tre aussi autocritique sinon critiquable, il sera int�ressant de voir comment les signataires de � D�claration en r�ponse au d�bat sur les � accommodements raisonnables � choisiront d�affronter une telle strat�gie et son contenu de v�rit�.

Il faut dor�navant avoir en t�te l�exigence minimum de formuler un v�ritable d�bat d�id�es � Montr�al et ailleurs. C�est le sens de cette r�ponse � la � D�claration en r�ponse au d�bat sur les � accommodements raisonnables �.

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