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  Post� le jeudi 28 juillet 2005 @ 23:21:02 by AnarchOi
Contributed by: AnarchOi
ArticlesPar Sylvain Boulouque





Il peut sembler paradoxal d'entendre un militant anarchiste expliquer " j'�prouve une profonde fid�lit� pour l'�tat d'Isra�l ". Ce militant, Nikola Tchordadieff [1] est n� le 23 octobre 1900 � Plodiv en Bulgarie. Il commence � militer tr�s jeune dans le mouvement libertaire. Il se r�fugie en France en 1923, apr�s le coup d'�tat, o� il rejoint les rangs libertaires et participe aux activit�s des groupes anarchistes juifs de Paris. Apr�s avoir �t� r�sistant, il reprend son action. D�c�d� le 6 juillet 1994, il avait souhait� que ses cendres soit transf�r�es en Isra�l. Ce lien est r�v�lateur d'une sensibilit� particuli�re. En effet, les anarchistes n'adh�rent qu'exceptionnellement � une conception �tatiste. D�s la naissance du sionisme politique, cette question nationale se pose aux libertaires et provoque d'�pres d�bats. Ces pol�miques rebondissent au gr� des �v�nements. Lors de la naissance de l'�tat d'Isra�l, les anarchistes adoptent une position officielle. Ils refusent la guerre au Proche-Orient et apparemment la cr�ation d'un nouvel �tat. Cependant l'exp�rience des kibboutzim, qui renvoie par analogie aux images des collectivit�s agricoles de l'Espagne r�volutionnaire, suscite une tr�s vive sympathie.



Les d�bats sur le sionisme


Les anarchistes confront�s � l'affaire Dreyfus, et � sa cons�quence directe la naissance du sionisme politique, prennent position. Bernard Lazare th�orise le sionisme libertaire, dont les options divergent de celles Th�odore Herzl. Il n'�voque pas l'id�e d'un �tat juif, mais d'une nation juive. Dans son sillon, d'autres militants libertaires comme Henri Dorr [2] ou M�cislas Golberg [3] deviennent sionistes [4]. Leurs d�clarations engendrent de vives r�actions chez les autres militants. Cependant, chez les p�res fondateurs de l'anarchisme - � l'exception de Proudhon - la nation est reconnue comme une entit� intrins�que � toute entit� humaine. C'est sa forme �tatique qui est condamn�e. Cette nuance dispara�t chez leurs �pigones, pour la grande majorit� des militants fran�ais, qui raisonnent dans le cadre d'un �tat-nation d�j� constitu�, et gomment les dimensions sp�cifiques de la question nationale. Certains d�noncent un nouveau nationalisme : la sp�cificit� juive renie l'aspiration � l'universalit� anarchiste [5], d'autres encore ne sont pas hostiles � l'id�e d'une nation juive, mais ils estiment que le d�part vers la Palestine n'est pas la meilleure des solutions : ils jugent le climat hostile [6] et pensent que la r�volution sociale qui serait priv�e par le d�part des juifs de nombre de r�volutionnaires actifs.[7]




Le d�bat naissant s'estompe lorsque s'ach�ve l'Affaire Dreyfus. Le mouvement libertaire maintient dans son ensemble un discours conventionnel et refuse, � ceux qui proposent un renouvellement de la pens�e anarchiste, le droit de parler en son nom. Si la question du sionisme resurgit p�riodiquement, elle est trait�e de mani�re marginale, les anarchistes ne s'en pr�occupent gu�re. Apr�s la Premi�re Guerre mondiale, les libertaires portent une attention plus soutenue aux �v�nements internationaux, du fait de l'arriv�e de militants anarchistes expuls�s de nombreux pays. C'est seulement au cours des ann�es 1930, que le mouvement anarchiste se penche � nouveau sur le sionisme. L'Encyclop�die anarchiste, dirig�e par S�bastien Faure [8], qui para�t entre 1930 et 1934, comporte quatre notices ayant trait au sionisme (Isra�lites, Ghetto, Juda�sme et Sionisme). Ces articles d�veloppent une th�matique identique : le sionisme est un mouvement g�n�reux, qui permet d'�chapper aux pers�cutions et qui par la colonisation agricole et les fermes collectives rend possible un d�veloppement �galitaire de la soci�t�, mais qui dans le m�me temps ajoute des barri�res nationales, entrave � une possible r�volution. Le discours libertaire n'�volue pas : le sionisme est une id�e noble mais la r�volution reste le premier des imp�ratifs. Les libertaires ne con�oivent le monde que dans un processus r�volutionnaire.



Les conflits de 1936-1939 en Palestine modifient le discours libertaire. Ainsi, Jules Chazoff [9] s'en prend violemment au sionisme � travers deux articles, qui paraissent dans Le Libertaire, dans lesquels il d�nonce la mainmise des sionistes sur la Palestine et l'exploitation dont seraient victimes les Arabes. Pour lui, le soutien aux opprim�s n'est qu'une des facettes de la lutte r�volutionnaire, le sionisme repr�sente � ses yeux un d�tournement de l'id�e m�me de r�volution. La parution du premier de ces articles provoque la r�action du Groupe anarchiste juif de Paris [10]. Ses militants rappellent, comme Bernard Lazare un demi-si�cle auparavant, que le sionisme est une �tape �mancipatrice, pr�mices des r�volutions futures. Ce sont les ultimes d�bats de l'avant guerre.




La naissance de l'�tat d'Isra�l



Dans l'imm�diate apr�s guerre, trois organes composent, pour l'essentiel, la presse libertaire : Le Libertaire, repr�sentant de tous les anarchistes, Le Combat syndicaliste, d'orientation anarcho-syndicaliste et Ce qu'il faut dire, de tonalit� pacifiste [11]. La naissance de l'�tat d'Isra�l suscite de nombreux articles. Les libertaires cherchent r�pondre aux questions li�es � la guerre, aux enjeux internationaux, � la naissance d'un �tat, et corr�lativement s'interrogent sur la possibilit� d'une pr�sence anarchiste au Proche-Orient.


Un article pr�sent� comme un reportage effectu� en Isra�l pr�sente un panorama de la situation. L'auteur ne fait qu'�voquer la pr�sence libertaire : " Les anarchistes, eux, diffusent � Tel-Aviv des journaux en Yiddish d'origines diverses. Freie Arbeiter Stimme [12] (La Voix de l'ouvrier libre) et Der Freie Gedank (La Pens�e libre) et �galement un p�riodique anarchiste en langue russe, �dit� par des �migr�s " [13]. Pourtant les groupes anarchistes juifs sont nombreux et auraient d� repr�senter une source privil�gi�e d'information [14]. Ainsi le groupe anarchiste juif de Paris, Der Fraier Gedank "La Pens�e libre", h�ritier du m�me groupe qui avant guerre portait le nom de L'Autodidacte, dont Samuel Schwartzbard [15] �tait membre, �dite de 1949 � 1963 un bulletin du m�me nom. Ce groupe d'une vingtaine de militants est compos� notamment de Jacques et Rosa Doubinsky, David et Golda Stettner, et de Nikola et L�a Tchorbadieff-Kamener. Si comme les autres militants, ils �prouvent une d�fiance � l'�gard du nouvel �tat, celle-ci est nettement moins marqu�e et est compens�e par une vive sympathie pour les kibboutz. Cette m�fiance relative � l'�gard du nouvel �tat dispara�t, les militants du groupe juif estiment que l'�tat d'Isra�l repr�sente finalement une terre d'accueil possible en cas de nouvelles pers�cutions [16]. Certains des militants partent s'installer en Isra�l o� ils participent � la fondation d'un journal, Problemen [17], dirig� par Alexandre Thorn et Yosef Loden, et dont l'un des principaux correspondants est David Stettner. Cependant, ce groupe reste en marge de l'anarchisme officiel comme en t�moigne la non prise en compte de leur position dans la presse libertaire.




La guerre et la naissance d'un �tat sont les �l�ments qui par d�finition heurtent les anarchistes. Mais face � cette r�alit� nouvelle, les militants sont dans l'obligation de prendre position. Apr�s l'utilisation des �l�ments traditionnels, comme le pacifisme et l'ath�isme qui repr�sentent deux des fondements de la pens�e anarchiste, une analyse de l'actualit� se greffe sur le discours libertaire. Ainsi la situation g�ographique et le ferment antireligieux sont r�investis pour justifier une prise position pacifiste :



" Le sang coule en Palestine o� l'on se dispute une �troite bande de terre br�l�e par le soleil, une terre qui ne doit son prestige qu'au t�moignage illusoire de cette escroquerie mystique qui en fit la terre promise [...] Pourtant le Br�sil est un pays exceptionnellement dou� sous le rapport de la fertilit� du sol " [18].



Ce discours ancien se combine avec celui du refus de la guerre auquel s'ajoute un th�me nouveau, le danger des rivalit�s internationales et des concurrences imp�rialistes. Lors de l'entr�e dans la guerre froide, les anarchistes tentent de mettre en pratique la th�orie du troisi�me front, imagin�e pour refuser les diktats et les volont�s h�g�moniques de l'Union sovi�tique et des �tats-Unis :



" La grande guerre n'aura pas lieu. Mais nous avons l'espoir que dans un Proche Orient pacifi� gr�ce � un �quilibre des forces et � une conjoncture imp�rialiste favorable, les forces sociales d�vi�es de leurs buts essentiels vers des objectifs raciaux et nationaux, se r�veilleront [...] Car, entre le "Schalom" des communautaires juifs et le "Salam" des cultivateurs arabes, il n'est de diff�rences qu'� Londres, � Washington ou � Moscou " [19].



Le militant qui signe cet article et qui th�orise cette pratique du troisi�me front a l'un des itin�raires les plus originaux de l'anarchisme. Son nom d'emprunt le plus connu est Louis Mercier [20]. Il est parti combattre en Espagne dans la colonne Durrutti, en juillet 1936 ; d�serteur au d�but de la Seconde Guerre mondiale; il s'engage dans les Forces Fran�aises Libres en 1942, o� il travaille pour le service d'information de Radio Levant � Beyrouth. Apr�s la guerre, il participe � la cr�ation de Force ouvri�re et au Congr�s pour la Libert� de la Culture. Il est l'un des militants le mieux inform� de la situation au Proche-Orient. Si Mercier met en avant la th�orie du troisi�me front ses attaques sont essentiellement tourn�es contre les vis�es de Moscou :



" Pendant des ann�es les communistes ont men� une campagne contre les 'fascistes [21]' juifs, disciples de Jabotinsky, mais aujourd'hui ils donnent une grande place � l'action de l'Irgoun Zvai Leumi dirig�s contre la Grande Bretagne. Toute lutte contre Londres est pr�sent� par Moscou comme une lutte progressiste [22] ".



Il met en garde par cet article les militants contre des jugements trop h�tifs:



" Nous connaissons d'authentiques militants r�volutionnaires juifs qui agissent dans les groupes terroristes parce qu'ils d�fendent en premier lieu leur droit � l'existence[...] Si les meilleurs Arabes et les meilleurs Juifs en sont � se replier sur des positions et des activit�s nationalistes, c'est parce qu'il n'existe dans le monde aucune internationale ouvri�re et r�volutionnaire capable de pr�senter aux �cras�s un espoir, une foi, une issue [23]".



Son article a une triple valeur : informer les libertaires des �v�nements, mettre en lumi�re la complexit� de la situation et en m�me temps rechercher une coh�rence avec une analyse libertaire.



Son point de vue n'est pas partag� par l'ensemble des militants libertaires. Nombre d'entre eux voient dans le conflit la naissance d'un �tat, source de guerre : " En Palestine, l'�tat apporte l'indiscutable preuve qu'il provoque la guerre du fait m�me de sa pr�sence [24]". Ils refusent de choisir un camp dans une guerre qui somme toute n'oppose que deux nationalismes :



" Seul le rejet de tout nationalisme et l'entente libre et fraternelle des populations travailleuses pourront sauver la Palestine de la barbarie qui va en s'�tendant [25] ".



Cependant, d�s la fin de la guerre le discours de Mercier est � nouveau normatif. Le nouvel �tat poss�de les caract�ristiques classiques de tout �tat avec une bourgeoisie et un syst�me capitaliste en plein d�veloppement. Mercier fonde encore ses espoirs dans les kibboutz, possible " contrepoids important aux volont�s capitalistes ou � l'envahissement de l'�tat [26]". Si la guerre et le nouvel �tat g�n�rent des protestations, des m�fiances et des regards critiques, les kibboutz passionnent les anarchistes.




Les kibboutz, une soci�t� id�ale.




Les exp�riences de travail collectif sont depuis toujours pour eux le lieu d'exp�rimentation de la soci�t� future. Les kibboutz deviennent alors une terre d'imagination, un nouveau r�ve. De nombreux articles rendent compte des s�jours, des installations et du caract�re libertaire - r�el ou imagin�e - des collectivit�s agricoles. Ainsi les t�moignages sont nombreux tant dans la presse libertaire fran�aise que dans la presse anarchiste internationale. Le Libertaire s'en fait l'�cho. George Woodcock [27] exprime sa vive sympathie pour les " collectifs palestiniens "qui ont mis : " en application la th�orie anarchiste : la d�centralisation et la suppression du profit individuel ". Quelques mois plus tard, Jean Maline analyse, l'ensemble des formes de travail collectif et des progr�s du travail collectif qui l� sont l'illustration pratique des th�ories anarchistes " de chacun selon ses moyens. A chacun selon ses besoins " [28]. Quelques militants de diverses origines, nombre de militants juifs mais �galement des espagnols, s'installent en Isra�l et travaillent dans les kibboutz. Ces derniers deviennent le moyen d'information privil�gi� pour les libertaires. Elie Barnavi rapporte l'itin�raire d'un certain Ramon, militant anarchiste espagnol. Il arrive en Palestine en 1948, participe aux combats de la guerre d'Ind�pendance dans une brigade compos�e d'immigrants de divers nationalit�s dont quelques libertaires. Ces militants se dispersent et s'installent respectivement dans diff�rents kibboutz [29]. Parall�lement d'autres militants arrivent en Isra�l, souvent pour des raisons familiales. C'est le cas de Joseph Ribas, militant de la Conf�d�ration national du travail, qui participa � la guerre civile espagnole, o� il fut gri�vement bless�. Apr�s �tre rest� plus de dix ans en France, il part avec sa femme et ses deux enfants pour J�rusalem puis s'installe dans le Kibboutz Hahotrim, au Sud de Ha�fa, o� il retrouve, selon son t�moignage, le m�me mode de vie que durant la R�volution espagnole [30]. C'est � partir des t�moignages de ces libertaires que Gaston Leval [31] et Augustin Souchy, militants de renom, donnent � la presse libertaire espagnole en exil de nombreux de renseignements sur les conditions de vie dans les kibboutz. Augustin Souchy se rend en Isra�l en 1952. Il publie un livre Le nouvel Isra�l, un voyage dans les kibboutz [32], dans lequel, il compare les kibboutz aux collectivisations espagnoles. Les anarchistes individualistes, adeptes de la r�volution sexuelle, publient un reportage sur " La famille, l'enfant et les relations sexuelles dans les kibboutz " [33]. Ce mouvement est amplifi� par d'autres r�cits de s�jours. Le Combat syndicaliste livre durant six mois un reportage sur cette soci�t� naissante [34]. Dans son compte rendu de voyage, l'auteur dresse un tableau emprunt d'une sympathie affich�e, s'attachant � d�crire les r�alisations et les acquis sociaux conquis par l'Histradrout.



Les kibboutz, et de mani�re plus g�n�rale les formes de travail collectif, sont mis en valeur, id�alis�s au point d'en faire des soci�t�s libertaires � part enti�re. Au-del� de la m�fiance que les anarchistes con�oivent pour un �tat, force est de constater que les anarchistes ont de facto reconnu la naissance de l'�tat d'Isra�l, m�me si par la suite la critique de l'�tat h�breu est plus acerbe. Plusieurs facteurs expliquent cette reconnaissance, les kibboutz en sont l'�l�ment d�terminant. La naissance d'un �tat et l'affirmation du nationalisme juif - au-del� du discours anti�tatiste et antinationaliste affich� - n'est finalement pas un obstacle � la reconnaissance d'Isra�l et de sa l�gitimit�. En effet, l'objectif est le d�passement du cadre national et �tatique n� d'une vision quasi th�ologique et mill�nariste de l'�volution des soci�t�s. Cependant cette reconstruction de la soci�t� selon un imaginaire qui n�glige les r�alit�s au profit de la construction d'id�aux-types, dont les kibboutz sont la pierre angulaire, permet aux anarchistes d'�viter de se poser r�ellement la question de la naissance d'un �tat et de l'adh�sion des populations � cette forme de soci�t�. Ils passent par cette non r�flexion volontaire au dessus des interrogations qui remettraient en cause les fondements traditionnels de l'anarchisme. Il est �galement notable qu'� la diff�rence des autres groupes de l'extr�me gauche, les anarchistes n'aient pas calqu� leur discours sur celui du parti communiste, ni cr�� une mythologie r�volutionnaire anti-imp�rialiste. En cela, ils se rapprochent de la tradition socialiste.


SOURCE: http://melior.univ-montp3.fr/ra_forum/fr/individus/boulouque_s/boulouque_anars_et_israel.htm#sionismeboulouque

POST BY: l'Ortographiste Degener� V2 Reloded III
Un sioniste de l'ultra gauche Israelienne Anti-colonialisme Anti-capitaliste et pro-Pal/ [email protected]




Notes:




1. Sur Nikola Tchorbadieff, cf. Sylvain Boulouque, " A la M�moire de Nikola Tchorbadieff ", Gavroche, n� 79, janvier-f�vier 1995 pp. 22-23.
2. Henri Dorr, de son vrai nom Lucien Weil (1865- vers 1914 ?), militant anarchiste correspondant du Libertaire signe deux articles " Le Droit d'�tre juif "dans Le Journal du peuple, n� 6, 24 septembre 1899 et " Oh� les Juifs "no 11, 31 octobre 1899.
3. Cf. Catherine Coquio, " Une mutation politique pendant l'affaire Dreyfus, M�cislas Goldberg en 1898-1899 "in Archives Juives n� 1, 1er semestre 1994, Paris, Liana L�vi, pp. 45-57.
4. Pour une analyse plus d�velopp�e de la question, cf. Philippe Oriol " Bernard Lazare anarchiste ", Sylvain Boulouque " 1899 : Les d�bats sur le sionisme dans la presse anarchiste "in M�langes Bernard Lazare, Honor� Champion, 1997 et Zosa Szajkowski, " L'antis�mitisme et le mouvement ouvrier fran�ais � l'�poque de l'Affaire Dreyfus ", in Tsafon, no16, 1994, pp. 26-68.



5. Ludovic Malquin, " A propos du droit d'�tre juif ", Le Journal du peuple, n� 7, 1 octobre 1899.
6. Cf. Anarchistes en exil, Correspondance in�dite de Pierre Kropotkine � Marie Goldsmith, 1897-1917. Lettres pr�sent�es et annot�es par Michael Confino, Paris, Institut d'�tudes slaves, coll. Cultures et soci�t�s de l'est, vol. 22. Lettre du 30 juin 1907, p. 296.
7. �tudiants socialistes r�volutionnaires internationalistes, " Antis�mitisme et sionisme ", Suppl�ment litt�raire aux Temps Nouveaux, �ditions de l'Humanit� nouvelle, Paris, 1900, pp. 274-279.
8. S�bastien Faure (1858-1942) est le fondateur du Libertaire, auquel succ�de Le Journal du peuple cr�� pour engager les anarchistes dans le combat dreyfusard. Faure anime le mouvement libertaire, par divers conf�rences, cr�ation de publications.
9. Jules Chazoff de son vrai nom Chazanoff (1891-1946), militant libertaire et r�dacteur au Libertaire depuis le d�but des ann�es vingt. Il s'est int�ress� au sionisme puisqu'il r�dige les notices de l'Encyclop�die anarchiste. Les deux articles de Chazoff sont " Quand Isra�l r�gne "n� 615, 18 ao�t 1938 et " Les Juifs et la Palestine ", N� 617, 1 septembre 1938.
10. La r�ponse parvenue la semaine suivante n'est publi�e que quinze jours plus tard, Un groupe d'anarchistes juifs, " La question juive et la Palestine "n� 618, 8 septembre 1938.
11. Il existe d'autres bulletins mais ils ne traitent pas, sauf exception mentionn�e, du sionisme. La R�volution Prol�tarienne n'a pas �t� retenue. Car elle confie la majeure partie de ses articles � Robert Louzon (1882-1976) qui n'est pas anarchiste et qui d�s ses d�buts dans le militantisme pris des positions antis�mites. Cf. Michel Drouin, " Une th�se exemplaire au paroxysme de l'Affaire Dreyfus : La premi�re enqu�te scientifique sur le prol�tariat juif ", pp. 45-53 in Cahiers Jean Jaur�s, no138, Octobre-D�cembre 1995.
12. Groupe libertaire juif am�ricain dont l'hebdomadaire a cess� sa parution en 1981.
13. Moish� Chaym, " D�part en Isra�l ", Le Libertaire, n� 237, 11 ao�t 1950. Sauf mention contraire tous les articles cit�s sont tir�s du Libertaire.
14. Pour l'avant Premi�re Guerre mondiale, cf. Nathan Weinstock " Le mouvement anarchiste juif ", in Point critique, n� 35, Bruxelles, juillet 1988, pp. 20-37.
15. Samuel Schwartzbard (1888-1938) assassina, en mai 1926, l'Hetman Petlioura, responsable des pogromes durant la guerre civile en Ukraine. Il fut acquitt�. " Le proc�s des pogromes "fut � l'origine de la fondation de la Ligue internationale contre l'antis�mitisme.
16. T�moignage de Claude Doubinsky [juin 1996] qui a assist� aux r�unions du groupe anarchiste juif de Paris. Les libertaires yiddishistes qui auparavent �taient proches des positions du Bund les abandonnent pour une sympathie non d�nu�e de critique vis-�-vis de l'�tat d'Isra�l.
17. Problemen a cess� sa parution en 1993.
18. Samuel Vergine, " Massacres en terre promise ", Ce qu'il faut dire, n� 56/57, 20 mai 1948. S.Vergine de son vrai nom Louis Dorlet (1905-1989) est l'animateur des revues d'orientations pacifistes.



19. Damashki, " La paix serait-elle proche en Palestine ", n� 128, 6 mai 1948.
20. Louis Mercier-Vega de son vrai nom Charles Corvint (1914-1977) , il utilise pour la presse libertaire notamment les pseudomynes de Ridel et Couramy (pour l'avant guerre) et de Damashki, Parane (pour l'apr�s guerre)
21. On peut supposer que Mercier a d�j� fait la connaissance d'Arthur Kostler, qui a appartenu aux "sionistes r�visionnistes" et que le terme fasciste est utilis� pour montrer la strat�gie communiste et non s'en prendre aux h�ritiers de Jabotinsky.
22. S. Parane, " Pour une action internationaliste. Le creuset palestinien ", n� 83, 26 juin 1947.
23. Ibid. Mercier utilise la m�me argumentation dans ses articles ult�rieurs : " Le jeu imp�rialiste et les r�alit�s sociales en Proche-Orient ", n� 177, 15 avril 1949. M�me s'il lui arrive parfois de tenir de construire une analyse st�r�otyp� " Palestine 1948 ", n� 111, 8 janvier 1948.
24. Eric-Albert " Palestine terre strat�gique ", n� 133, 11 juin 1948. La m�me terminologie est utilis�e dans les semaines pr�c�dentes et suivantes : " Guerre officieuse en Palestine ", n� 130, 21 mai 1948 ; " Luttes st�riles ", n� 136, 2 juillet 1948.
25. Gaston, " Juifs et arabes sacrifi�s par les "grands" ", n� 131, 28 mai 1948. Gaston de son vrai nom Armand Schuer est un militant anarchiste d'origine autrichienne, proche du conseillisme.
26. "La raison d'�tat en Isra�l ", n� 211, 13 mai 1950.
27. George Woodcock (1912-1995) est un militant anarchiste anglais. Il est directeur de la revue Now, auteur de Kropotkine , le prince anarchiste, Paris, Calmann-L�vy, collection " Traduit de ", 1953. Il est l'ami de George Orwell et de Man�s Sperber. " Les collectifs palestiniens "n� 123, 1 avril 1948.
28. J. Maline " Les communes libres en Isra�l. Leur caract�re - leur vie ", n� 203 et 204, 18 et 25 novembre 1949
29. Cf. Elie Barnavi, " Les ennuis de Ramon ou les ambigu�t�s de la nationalit� isra�lienne ", pp. 14-17 in M, Mensuel, Marxisme, Mouvement, n� 61-62, mai-juin, consacr� � Isra�l et t�moignage de l'int�ress� Tel Aviv, ao�t 1996.
30. T�moignage de Joseph Ribas (Hahotrim, ao�t 1996). Il devient le correspondant du mouvement anarcho-syndicaliste, ainsi dans A.I.T., (Mensuel de l'Association internationale des travailleurs), n� 37, janvier 1961, il signe une chronique sur les c�l�brations du quaranti�me anniversaire de l'Histradrut. Il t�moigne des conditions de vie dans les kibboutz dans le Bulletin int�rieur de la F�d�ration anarchiste, (n� 55, mars 1965), et livre une brochure en 1972 sur les kibboutz (Ruta, deuxi�me formule, troisi�me ann�e, mars 1972).
31. Gaston Leval de son vrai Pierre Pillier (1895-1978). Son engagement aux cot�s des anarchistes espagnols date de la guerre de 1914-1918 durant laquelle il est insoumis. Il joue un r�le important dans les organisations libertaires espagnoles. Il participe �galement � la collectivisation des terres pendant la guerre civile espagnole. Il rentre en France en 1938 et fonde apr�s la guerre diverses revues. Il est un des correspondant attitr� de la presse libertaire espagnole.
32. Augustin Souchy (1898-1984), militant anarchiste allemand r�fugi� en Espagne en 1933, puis en Am�rique latine. Son livre est �dit� � Mexico, 1953 (en espagnol, il est �galement publi� sous le m�me titre en allemand en 1984). Il se rend �galement en Isra�l en 1962 et 1979.
33. L'Unique, n� 51, 1 septembre 1950.
34. Le Combat syndicaliste, " Impression d'Isra�l "para�t du n� 56, 23 f�vrier 1951, au n� 63, 1 juin 1951. L'auteur de cet article est pr�sent� comme un " typographe parisien r�volutionnaire �prouv� ", syndiqu� depuis 1907. Il a �t� malheureusement impossible de retrouver le nom de ce t�moin.


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