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  Post� le lundi 27 juin 2005 @ 12:57:50 by AnarchOi
Contributed by: AnarchOi
Démocratie(s)Mai 2000



Selon l'Etat am�ricain, il n'y a pas de prisonniers que l�on puisse qualifier de politiques dans ses prisons. D'ailleurs, beaucoup d'autres pays ont cette position.

En fait, bien des individus ont �t� pris pour cible, poursuivis et jet�s dans les goulags am�ricains en raison de leurs opinions, de leurs engagements et/ou de leurs actions politiques. La r�cente lib�ration de plusieurs ind�pendantistes Portoricains, � l'issue d'une longue d�tention dans les prisons f�d�rales constitue une preuve de la reconnaissance tacite de l'existen� de prisonniers de guerre. Ou seraient-ils subitement devenus des prisonniers politiques apr�s une d�cennie pass�e dans les prisons am�ricaines ?

Des dizaines de soldats de la Black Liberation Army sont encore aujourd'hui dans les goulags am�ricains, certains depuis trente ann�es. Sont-ils moins prisonniers politiques que leurs camarades Portoricains seulement parce que le pouvoir politique n'a pas eu le courage de les lib�rer ?

Geronimo Ji-Jaga n'est pas devenu tout � coup un prisonnier politique parce qu'un juge du comt� d'Orange en Californie a d�cid� que ses convictions violaient la constitution de cet �tat. Que dire de ses 26 ann�es d'emprisonnement politique ? Quand Ji-Jaga a tent� d�obtenir sa libert� de parole des ann�es auparavant, malgr� un dossier exemplaire, on la lui refusa pour une seule raison: celle d��tre "encore un r�volutionnaire". Et pourtant, les Etats-Unis pr�tendent ne d�tenir aucun prisonnier politique.

Il y a aussi les prisonniers politiques de MOVE que l'on peut �galement appeler, dans le sens exact du terme, prisonniers spirituels. Ils ont �t� condamn�s � cent ans de r�clusion dans les goulags de Pennsylvanie, malgr� leur innocence, pour avoir refus� de renier leur adh�sion aux enseignements de John Africa, le r�volutionnaire l�gendaire, fondateur de l'organisation MOVE. Neuf hommes et femmes de MOVE (1) faussement accus�s d'avoir tir� collectivement sur un flic de Philadelphie le8 ao�t 1978 ont recu la peine maximale tandis que plusieurs autres membres de MOVE, terrifi�s par la violence de l'Etat ont d�savou� leur all�geance � MOVE. Ce qui leur a valu leur libert�. Pourtant les membres de MOVE sont, toujours en prison, 22 ann�es apr�s, parce qu'ils ont trop de principes pour renier John Africa ! Et non � cause de crime. Ne sont-ils pas des prisonniers politiques, spirituels de l'Etat ? Aux Etats-Unis, la loyaut� est un crime.

Lorsque le membre de MOVE Ramona Africa osa survivre � l'holocauste urbain du 13 mai 1985 (2), c'est elle et non les meurtriers d'enfants ou les poseurs de bombes de la ville, de l'Etat ou du gouvemement f�d�ral qui est all�e en prison. Durant sept longues ann�es infernales, Ramona a �t� enferm�e dans les cellules de l'Etat alors que les meurtriers de Osage avenue obtenaient promotions, avancements et �loges. Etait-elle prisonni�re de l'ordre politique ?

Il y a beaucoup d'hommes et de femmes qui continuent de croupir dans les prisons am�ricaines et dont les noms nous sont inconnus : Sundiata Acoli, les fr�res et soeurs Africa, Bashir Hameed, Mondo We Langa, Sekou Odinga, Russell Maroon Shoats, Joan Karl Loaman, Ray Luc Levasseur, Tom Manning, Yi Kikumara et bien d'autres encore . Pourquoi sont-ils inconnus ? Car il n'y a pas de prisonniers politiques aux Etats-Unis, n'est-ce pas ?


Mumia Abu Jamal (Mai 2000)


[1] Le 13 mars 1988, Merle Africa est morte d�un cancer en prison, dans des circonstances myst�rieuses.

[2] Mumia fait ici r�f�rence au bombardement militaire de la maison MOVE situ�e rue Osage � Philadelphie le 13 mai 1985.




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