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Post� le lundi 27 juin 2005 @ 12:38:53 by AnarchOi Contributed by: AnarchOi
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Voici un texte de Christian Ferrer dont j'avais appr�ci� l'intervention lors de la rencontre Internationale anarchiste de Barcelone en 1993 (1) et qui me semble sortir de la langue de bois que tant de nos amis "les anarchistes croyants" continuent � r�pandre � travers leurs p�riodiques. Il faudrait un peu de courage et un peu de simplicit� pour que les libertaires sortent de leurs querelles et tours d'ivoires pour essayer d'emprunter d'autres chemins que ceux d'une pens�e et des pratiques toujours ancr�es � des vieux reflexes id�ologiques... Des textes comme celui de Ferrer peuvent nous y aider. Bonne lecture.
Mimmo Pucciarelli
Il y a des id�es politiques qui ont m�rit� leur nom, surtout lorsque leur histoire a accumul� � travers le temps des attaques gouvernementales et des connotations de panique. L'anarchisme en est une. Extr�mes et excentriques, les id�es anarchistes ont promu une pens�e du "dehors", une id�ologie r�fractaire aux symboles politiques de son temps. � partir de cette forme anomique, les anarchistes ont appr�t� et r�pandu une s�rie d'id�es inattendues qui donn�rent un contour � l'imaginaire anti-hi�rarchique, antagoniste de la domination de l'homme par l'homme. Il n'est pas surprenant qu'une "l�gende noire" ait accompagn� l'histoire de la pens�e libertaire: utopisme, nihilisme asocial, chim�re politique, meneurs d'�meutes violentes, maximalistes intraitables. Les r�cusations ne furent pas rares mais, bien que diverses et dites avec de la bonne ou de la mauvaise foi, elles ne sont pas moins triviales, car la qualit� "absolue" ou "puriste" des demandes anarchistes ne les rendent pas forc�ment irr�alisables mais, au contraire, en font une pens�e exigeante qui n'a jamais facilit� des n�gociations politiques ou �thiques. D'o� aussi le fait que l'anarchisme n'ait amais inspir� l'indiff�rence publique.
Une audace imaginative
Il est difficile d'offrir � l'homme de la fin du XXe si�cle - le si�cle de l'apprentissage de la soumission � l'imaginaire hi�rarchique, sous des formes impitoyables ou sophistiqu�es - un panorama de ce qui signifia l'invention anarchiste. On s'�tonne encore du fait que l'on ait pu imaginer une soci�t� sans hi�rarchies et que l'on ait instaur� des modes de vie et des institutions r�gies par des coutumes et des valeurs libertaires dans des domaines tels que l'anarcho-syndicalisme et l'anarcho-individualisme, le groupe par affinit� et l'amour libre, l'enseignement de l'anti-autoritarisme dans les �coles rationalistes et la diffusion d'une mystique de la libert� jusqu'aux coins du monde les plus inhospitaliers. Si l'on rel�ve les actes historiques des anarchistes, p�n�tr�s par une morale exigeante et tenace, par l'invention imaginative d'actes de r�sistance, par l'humour parodique � caract�re anticl�rical, par les innovations dans le domaine p�dagogique, on trouvera une r�serve de savoir r�fractaire, produit d'une mac�ration historique aujourd'hui oubli�e ou m�connue par les cultures de gauche. En fait, la survivance de l'anarchisme est, d'une part, presque miraculeuse, �tant donn� l'ampleur de l'hostilit� qu'il dut surmonter et des d�faites qu'il dut supporter ; sa pers�v�rance est, d'autre part, compr�hensible : il n'est apparu, jusqu'� pr�sent, d'antidote th�orique et existentiel contre la soci�t� de la domination qui soit de meilleure qualit�.
Un enfant de la modernit�
Tout au long de la Modernit�, l'anarchisme fut r�pandu de la m�me mani�re que les anciennes h�r�sies, comme une urgence spirituelle qui poussa les id�aux �mancipateurs au-del� des limites symboliques et mat�rielles permises par les institutions auxquelles on avait octroy� le monopole de la r�gulation de la libert�. Peut-�tre parce que les anarchistes furent les r�alisateurs les plus fid�les de l'id�al jacobin ainsi que des courroies de transmission de l'ancien �lan mill�nariste, purent-ils faire de la devise Libert�, �galit�, Fraternit�, le tr�pied d'une mystique d�mesur�e.
En ceci l'anarchisme p�rennise une lign�e dissidente : il fut, au XIXe si�cle, la r�incarnation de l'espace de l'insolence politique qu'occup�rent les r�bellions paysannes de l'Europe centrale, les sectes radicales anglaises ou les sans-culottes dans des si�cles pr�c�dents. Dans les �v�nements anim�s par le mouvement anarchiste se sont incarn�es les �nergies utopiques qui permirent de faire circuler l'appel � une soci�t� antipode, m�me si les p�res fondateurs de L'Id�e n'ont pas trac� des contours r�ellement planifi�s du futur.
Au XIXe si�cle trois doctrines - lib�ralisme, marxisme et anarchisme - se constitu�rent aux sommets du triangle tendu des philosophies politiques �mancipatrices. Le XXe si�cle se nourrit de leurs maximes, leurs esp�rances et leurs syst�mes th�oriques aussi bien qu'il les mit � l'�preuve et les �puisa. Selon des mod�les diff�rents, aussi bien Stuart Mill que Marx et Bakounine �taient travers�s par la passion par excellence du XIXe si�cle : la passion de la libert�. Il y a, entre les trois id�es, des canaux souterrains qui les lient au m�me lit illustr� du fleuve moderne. Mais des ab�mes s�parent aussi les id�es libertaires du marxisme : l'accent mis par les anarchistes sur la corr�lation morale entre les moyens et les fins, leur scepticisme en ce qui concerne le r�le du "parti d'avant-garde" et de l'�tat dans les processus r�volutionnaires et la ferme confiance des anarchistes en l'autonomie individuelle et dans les crit�res personnels - sans exclure ni les affections ni les d�sirs - lors de la prise des d�cisions. Du lib�ralisme, les anarchistes ne purent jamais accepter la vision de libert� politique et de justice �conomique en termes de p�les irr�conciliables. Les anarchistes pr�f�r�rent ne pas choisir l'un ou l'autre desideratum moral et laiss�rent l'�lan nourrissant et fondant de leurs id�es, la libert� absolue, r�soudre cette tension � l'int�rieur d'un horizon mental et organisationnel plus large.
Le mythe de la libert�
Pour Bakounine (peut-�tre la figure la plus embl�matique de l'histoire de l'anarchisme) la libert� �tait un "mythe", dans le m�me sens que pour George Sorel l'�tait la gr�ve g�n�rale : une construction symbolique capable de faire contrepoids aux croyances �tatiques et religieuses ; mais �galement un "environnement" pr�gnant, l'oxyg�ne spirituel d'espaces illimit�s et in�dits pour l'action humaine. Bakounine - et apr�s lui une longue liste de militants anarchistes - souligna qu'il est abject d'accepter qu'un sup�rieur hi�rarchique nous conforme � un mod�le et insista sur le fait que seule la r�bellion peut purifier le corps social. Dans le rejet des mots autoris�s et des liturgies institutionnelles de l'Occident, les anarchistes mesuraient la possibilit� d'implanter les avanc�es d'une nouvelle soci�t�, forgeant un r�seaux de contre-soci�t�s � la fois du dedans et du dehors de la condition oppress�e de l'humanit�. D'o� le fait que l'anarchisme n'est pas seulement un mode de penser la domination mais fondamentalement un moyen de vivre contre la domination. Dans sa volont� de "retourner" l'imaginaire hi�rarchique, l'anarchisme postula les fondements aussi bien d'une science, que d'une exp�rience de la libert�: la science de la d�sob�issance comme chemin de la prise de conscience de soi et par soi, et l'exp�rience de vivre au quotidien en tant qu'esprits libres, car l'histoire est pour l'anarchiste le terrain d'essais de la libert�.
Puisqu'il fit de la libert� un mythe et demanda des libert�s sans restrictions, l'anarchisme put r�aliser l'autopsie politique de la modernit�. Comme Marx d�voila le secret de l'exploitation �conomique, Bakounine "d�couvrit" le secret de la domination : le pouvoir hi�rarchique en tant que constante historique et garantie de toute forme d'iniquit�. L'intuition th�orique des p�res fondateurs de l'anarchisme pla�a la question du pouvoir dans sa mire : ils soulign�rent que les in�galit�s du pouvoir pr�c�dent les diff�rences �conomiques. C'est donc dans le domaine politique (2) - et non seulement dans les activit�s r�alis�es dans les processus industriels - o� l'on peut trouver la cl� de compr�hension de l'opposition oppresseurs / domin�s. Sa version moderne la plus achev�e, l'�tat lib�ral ou autocratique, se constituait garant de la hi�rarchisation. Aujourd'hui, il faudrait peut-�tre identifier cette garantie aussi dans d'autres institutions. Mais pour les anarchistes, un territoire gouvern� par le b�ton ou par des mots tendres, cela leur est �gal, car la zone d'ombre qu'ils combattirent c'est la volont� de soumission � la puissance �tatique - principe de souverainet� plut�t qu'appareil. Toutes les inventions culturelles et politiques de nature libertaire sont r�unies dans une strat�gie horizontale de la contre-puissance, n�gation de la repr�sentation parlementaire qui r�duit les arts linguistiques et vitaux d'une communaut� � un jeux o�, comme par enchantement, les majorit�s et les minorit�s co�ncident. Selon Bakounine, les modalit�s de la domination s'adaptaient aux grands changements historiques mais les significations imaginaires associ�es � la hi�rarchie persistaient, y compris dans les d�mocraties ; et ces m�mes significations devenaient interdiction, condition d'impossibilit� pour penser le secret de la domination. Tout au long du XXe si�cle, on a vu se r�pandre dans l'espace public la question de la "dignit�" �conomique et l'on a pu th�matiser l'oppression de genre : tout cela a d�j� acquis une sorte de carte de citoyennet� en tant que probl�mes th�oriques, politiques, sectoriels, acad�miques ou m�diatiques. Mais la hi�rarchie est toujours un tabou.
La camaraderie humaine
L'id�e d'une camaraderie humaine sans �tat ni hi�rarchies est un tabou politique de la Modernit� � et de l'histoire � (tabou combattu, pourtant, non seulement dans certains moments historiques embl�matiques mais aussi dans des pratiques quotidiennes qui d'habitude passent inaper�ues aux yeux des anthropologues de la politique obs�d�s par les conditions de gouvernabilit� d'un territoire ou par la l�gitimit� de la forme-�tat ou par la fiscalisation de ses actes).
La possibilit� d'abolir le pouvoir hi�rarchique : voil� l'impensable, l'inimaginable de la politique ; impossibilit� assur�e par les techniques de la hi�rarchie qui r�gulent jusqu'aux moindres actes humains, qui font pression sur les n�cessit�s quotidiennes, qui encouragent le d�sir de soumission et qui r�ussirent m�me, peut-�tre, � s'enraciner dans l'inconscient. Selon Hobbes ou Machiavel, il ne peut exister d'unit� entre le peuple et son gouvernement sans soumission � volontaire ou involontaire, l�gitime ou ill�gitime �, et il n'y a pas de soumission sans terreur.
Fonder une politique sur la base de la camaraderie communautaire et non sur la peur fut la r�ponse anarchiste � la vision d�sincarn�e de ces penseurs politiques et, dans ce but, il �tait n�cessaire d'annuler ou d'affaiblir les institutions auto-reproductrices de la hi�rarchie afin de permettre une m�tamorphose sociale qui ne soit pas dirig�e par l'�tat. Cette pr�tention ne peut qu'�tre consid�r�e comme une anomalie p�rilleuse par les bien-pensants et comme un danger par la police.
Les fins et les moyens
Le g�nie de l'anarchisme fut de promouvoir non seulement un id�al de R�demption humaine au futur mais aussi des nouvelles institutions et des nouveaux modes de vie � l'int�rieur de la soci�t� contest�e qui, en m�me temps tentaient de la remplacer (des syndicats, des groupes par affinit�s, des �coles libres, des nouveaux instruments p�dagogiques, des modes d'auto-organisation communautaire et des modes d'autogestion de la production). D'o� l'obsession de l'anarchisme � garantir la correspondance entre les fins et les moyens.
La discipline partisane, les �lites illustr�es et les machines �lectoralistes sont la n�gation du groupe d'appartenance constitu� par des esprits voisins, de la capacit� organisatrice de la communaut� et des attributs personnels.
Le marxisme ne sait encore comment sortir de ses vieilles certitudes autoritaires ni tirer quelque enseignement libertaire des 70 ans de d�sastre sovi�tique.
Dans le cas du lib�ralisme, les perspectives de ses promoteurs sont ax�es sur la possibilit� de faire r�gner la loi dans les institutions politiques. Mais le fait de pouvoir �lire un ma�tre par les urnes n'am�liore pas un syst�me de domination ; de la m�me mani�re, le contr�le des actes du gouvernement est une t�che d�fensive qui renforce souvent, d'ailleurs, l'imaginaire hi�rarchique des soci�t�s.
Le probl�me de la "l�gitimit�" du gouvernement, si importante pour les philosophes politiques lib�raux, est, pour une pens�e contre-institutionnelle telle que l'anarchisme, un probl�me mal pos�. Bakounine soutenait au XIXe si�cle que les parlements d�mocratiques �taient des soci�t�s d�clamatoires. Et il parlait, alors, d'hommes qui prenaient au s�rieux l'art du bon gouvernement et du bien commun et non des mafias politiques actuelles, encha�n�es � des alliances de pouvoir dont elles sont ins�parables. Le souci de l'institutionnalisation des formes d�mocratiques et de la l�gitimit� des gouvernements �lus d�daigne la substance secr�te de la Raison d'�tat.
L'�largissement du concept de citoyennet� et son institutionnalisation dans le moule de la repr�sentation politique fut le chemin �mancipateur oppos� � celui choisi par les anarchistes. Si les tumultueuses virtualit�s de la foule du XIXe si�cle trouv�rent dans les id�es libertaires une sorte de confirmation politique, c'est parce qu'elles s'adaptaient avec souplesse aux passions d�cha�n�es du peuple. Mais l'�nergie obscure du lumpen-prol�tariat ou des s�ditions populaires ne fut jamais appr�ci�e par ceux qui supposent que le fonctionnement automatique des soci�t�s est une condition pr�alable et une soupape de s�curit� au moment de permettre la discussion publique des libert�s. Puisque les anarchistes furent toujours des �trangers de la politique, ils savent que la jurisprudence du pers�cut� est diff�rente de celle du pers�cuteur.
Les oiseaux des orages
La politique et l'�thique anarchistes compt�rent sur des arts communautaires �trangers au processus d'institutionnalisation des pouvoirs modernes ainsi que sur la p�che, l'�nergie personnelle, qui octroya � la force et � l'insistance de son rejet un style et une trempe singuliers. Elles sont �galement � l'origine du d�sordre fertile et de l'imagerie politique contestataire � �trangers � d'autres traditions politiques � que l'anarchisme engendra. Voil� pourquoi il est in�vitable que, dans des moments f�briles de l'histoire, l'on soup�onne la pr�sence d'anarchistes : aussi bien dans les soul�vements dissidents que dans les �meutes spontan�es. Les anarchistes furent, en g�n�ral, des oiseaux des orages, et le nom d'un Buenaventura Durruti, au XXe, si�cle correspond peut-�tre � celui de Bakounine, un si�cle auparavant.
Dans les pratiques historiques du mouvement libertaire, on trouvera moins une th�orie achev�e de la r�volution qu'une volont� de r�volutionner culturellement et politiquement la soci�t�. De fait, il pourrait difficilement se produire ce que le XIXe si�cle appela r�volution, si, auparavant, n'avaient pas germ� des modes de vie diff�rents. Dans l'�ducation de la volont�, dont se souciaient tant les th�oriciens anarchistes, r�sidait la possibilit� d'en finir avec l'ancien r�gime spirituel et psychologique, pour lequel l'�tat moderne avait reconstitu� une nouvelle voie de transmission.
Voil� ce en quoi r�side la grandeur de la pens�e libertaire, sans oublier la variante anarcho-individualiste qui est moins une volont� anti-organisatrice qu'une demande existentielle, une pulsion anticonformiste.
La confiance anthropologique en la promesse humaine (�lan typique du XVIIIe si�cle) fut le centre de gravit� � partir duquel l'anarchisme d�ploya une philosophie politique vitale, qui pressentait que la libert� n'�tait point une abstraction ni une possibilit� future mais un s�diment actif dans les relations sociales, s�diment d�form� ou contrefait par l'oppression. Sans doute les anarchistes sont-ils des h�ritiers des Lumi�res et c'est pr�cis�ment pour cela que la confiance qu'ils accordaient � l'�ducation rationaliste voire "scientiste" ne les fit point devenir des simples positivistes.
Des expressions multiples
Bakounine ou Kropotkine croyaient que l'origine des maux sociaux n'�tait point la m�chancet� humaine - certitude conservatrice - mais l'ignorance, laquelle pouvait �tre r�solue, en partie, par le "d�masquer" (sic !) par excellence du XIXe si�cle : la science. Contrairement � ce que beaucoup supposent, � commencer par le marxisme, la pens�e anarchiste est tr�s complexe et il n'est pas ais� de l'articuler dans un d�calogue. Il n'exista jamais de dogme �crit dans un livre sacr�, ce qui conf�ra de la libert� th�orique et tactique � ses militants. L'anarchisme ne s'occupa pas non plus de construire un syst�me d'id�es ferm�es, pas plus qu'une th�orie syst�matique � propos de la soci�t�. Peut-�tre, la diversit� m�me des id�es et des pratiques anarchistes favorisa-t-elle sa survie : lorsqu'une des ses variantes s'affaiblissait ou s'av�rait inefficace, une autre s'y substituait. De l'anarcho-individualisme au syndicalisme r�volutionnaire, des exp�riences communautaires aux r�voltes des jeunes, de la diffusion des id�es dans des petits groupes aux exp�riences d'autogestion de la r�volution espagnole, les anarchistes pivot�rent sur l'une ou l'autre face de leur histoire.
En outre, les anarchistes savent que leur id�al constitue une pr�tention ardue car ses exigences th�oriques et pragmatiques le placent " en dehors" des discours socialement accept�s ; ils savent aussi que leurs pratiques sont incompatibles avec toute forme de domination. Mais si les id�es anarchistes appartiennent encore au domaine de l'actualit� c'est parce qu'elles soutiennent et transmettent des savoirs impensables par d'autres traditions th�oriques qui s'estiment �mancipatrices. C'est dans la d�fense de ce savoir antagoniste que r�side leur dignit� et leur futur.
Christian Ferrer
(� Osvaldo Bayer)
Traduit du
Bolet�n de la Fundaci�n dEstudis Llibertaris i Anarco-sindicalistes nE3, hiver 1998
par Mar�a Laura Moreno Sainz.
Les intertitres sont de la r�daction d'AL.
http://www.users.skynet.be/AL/archive/99/219-ete/anarchisme.htm
(1) Elle avait pour titre Dans la maison de l'incendiaire a l'habitude de dormir un pompier et est d�sormais disponible avec deux autres textes dans la brochure Une utopie pour le XXIe si�cle, ACL, 1996.
(2) Le mot espagnol dominio, utilis� par Christian Ferrer � plusieurs reprises, signifie aussi bien domaine que domination, autorit�, pouvoir, ce qui le rend parfois ambigu, NDT.
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