Texte insignifiant de Falardeau

Date : lundi 04 juillet 2005 @ 00:55:12 :: Sujet : Politique

Ce texte est vraiment pourri ; c'est un ramassis d'insultes et de mensonges écrit par le réactionnaire Pierre Falardeau, qui réagit à sa lecture du dernier numéro de Ruptures. Attends qu'on te revoit dans une manif, Falardeau...

Tiré du journal "Le Québécois libre".

Delirium Tremens

Je suis tombé récemment sur une petite revue humoristique qui s’appelle Ruptures. C’est sans importance, mais très drôle. En fait, aussi comique qu’un éditorial d’André Pratte. Tordant comme un papier de Mario Roy. À mourir de rire comme une chronique d’Yves Boisvert. À se rouler par terre comme un article d’Alain Dubuc. À pisser dans ses culottes comme les humeurs à matante Lysiane.

Mais c’est pas parce qu’on rit que c’est drôle. La revue Ruptures est publiée par des petits rigolos de Montréal et de Québec qui se prennent fort au sérieux et, ce qui est plus grave, qui se prennent pour des anarchistes américains. Des Elvis Gratton en plus jeunes mais avec une coupe mohawk passée au Varatan. Ils sont frisés à l’intérieur du cerveau. En fait, la revue pourrait ressembler à un croisement un peu bâtard de Cité Libre avec le célèbre journal chilien El Mercurio, ancêtre des médias d’opposition vénézuéliens financés par le State Department et du Bulletin des anciens de l’École de police de Regina. Le tout financé par le Programme des commandites.

« Ruptures est la revue francophone de la Fédération des communistes libertaires du Nord-Est (NEFAC). La Nefac est une organisation bilingue de révolutionnaires… s’identifiant à la tradition communiste dans l’anarchisme. » Des « révolutionnaires bilingues », donc membres de la NEFAC, qu’on peut traduire en anglophone fluant par la « North-East Federation of anarcho-communists », ou quelque chose du genre. D’après ce que j’ai compris, la NEFAC est une patente américaine, avec des « chapitres » à Boston, à New York, à Baltimore, à Philadelphie, qui a décidé de venir évangéliser les sauvages vivant au nord de l’Empire. Pour répandre la « bonne nouvelle », on a fondé des chapitres à Montréal, Québec et Toronto, reprenant en cela le système des « succursales » qui a fait la bonne fortune de la multinationale américaine « Hells Angels Corporation ».

Dans le numéro 4 de la revue, nos évangélistes de l’anarchisme impérial s’attaquent au nationalisme québécois, leur ennemi principal. « Ni Québec, ni Canada, ni patrie, ni État ». Ni rien du tout en fait. C’est ce qu’on appelle sans doute le ni-nihilisme d’inspiration russe, mais servie à la sauce étasunienne. « Nous sommes également pour la destruction complète, dans un même mouvement, de tous les autres États de la région (à commencer par l’Américain) ». Vaste Programme! Une déclaration de guerre qui fait sans doute trembler le Pentagone sur ses bases! Et un petit chausson avec ça?

Mais en attendant la semaine des quatre jeudis et la « destruction complète de tous les États de la région », la seule cible de nos anarchistes qui parlent le francophone sans accent, reste le mouvement national de libération du peuple québécois. Et quoi de mieux pour ce faire que de ressortir les mêmes vieilles tactiques des fédéraux du temps passé : l’épouvantail à moineaux d’une extrême-droite d’opérette. En bons élèves de Marc Lalonde et de Pet Trudeau, nos missionnaires bilingues dressent donc dans Ruptures #4, un petit palmarès maison d’une extrême-droite de circonstance. Sur cette liste d’ennemis à abattre, j’ai droit, personnellement, à une mention honorable au même titre que le Parti de la Démocratie chrétienne du Québec, la Société des Missionnaires laïcs, Québec-vie, le MLNQ, les Penseurs patriotes « issus des rangs de l’Armée de Marie », sans oublier bien entendu les Fils de Vinland « un regroupement de boneheads ». Qu’est-ce?

C’est bien la première fois de ma vie qu’on me traite de « bonehead ». Dans l’Ouest canadien, on m’a comparé à Hitler et à Saddam Hussein. Récemment, Don MacPherson, le formidable penseur de la Gazette, me traitait de fasciste, de raciste et de xénophobe. Il me trouvait aussi mal habillé, mal rasé et malpropre. Mais « bonehead », j’avoue que c’est assez nouveau. Presque poétique. En prime, j’ai même droit à ma photo genre Allô-Police, gracieuseté des petits indicateurs de la NEFAC qui dénoncent aussi Québec Radical « un groupe de jeunes catholiques intégristes et des païens proches de la scène black-métal national-socialiste ». Plus dangereux encore est le groupe qui publie la revue Aquila « une publication national-bolchévique inspirée des écrits du penseur fasciste italien Julis Evola ». Tabarnak, y’en a qui sont perdus sérieusement! Nos preachers anarchistes devraient pas mélanger le Prozac avec le Largactil. C’est dangereux pour le cerveau. Ça pourrait provoquer des Ruptures d’anévrisme. « La revue Aquila est diffusée par un militant du Parti communiste révolutionnaire connu pour ses sympathies ultra-nationalistes ». Un mutant sans doute avec deux têtes et trois bras qui fait de la figuration dans le film de peur des évangélistes du Nord-Est. Autre figurant de ce film surréaliste, le groupe des Affranchistes « qui se définissent comme des anarcho-identitaires avec une approche ethno-différentialiste et anti-mondialiste ». On dirait le délire d’Alfred Jarry! Vous sniffez du Ajax avant d’écrire? Vous vous crinquez au Mr Net?

Mais de tous ces nazis de comédie musicale, les plus dangereux sont sans doute les militants de la revue Franc Parler qui « vend les œuvres de Robert Dun, un militant anarchiste passé au national-socialisme ». Comme on le voit, l’anarchisme à deux sous mène vraiment à tout. Même au national-socialisme. Un anarcho-nazi! Faut le faire non!

Et le pseudo anarchisme d’inspiration nouillorquaise mène directement lui à l’anarcho-colonialisme canadien et à l’anarcho-impérialisme américain. Cette petite revue de science-fiction politique sent le chien policier à plein nez. Elle sent le cheval de la police montée à 100 milles à la ronde. Elle pue des pieds comme les agents de la CIA.

Il y a vingt ans, la Royal Canadian Mounted Police, s’inspirant en cela des services secrets britanniques en Irlande du Nord, nous faisait le même coup avec ses staliniens bilingues de McGill et ses maoïstes biculturels de Concordia. On va quand même pas se faire fourrer une fois encore avec des pissettes molles. On va pas se faire faire le coup une deuxième fois avec des supposés révolutionnaires de carnaval déguisés en frères Dalton de l’anarcho-crétinisme. Sous le foulard noir on devine sans peine le visage des provocateurs. Et sous le capuchon noir on voit dépasser le chapeau pointu de la Police montée.

Des petits crosseurs, même anarchistes, ça reste des petits crosseurs. Des crosseurs de poules mortes qui me font profondément anarchier. Et ils osent nous traiter de racistes et de xénophobes, ces anarcho-évangélistes, comme le font exactement les anarcho-libéraux de Power Corporation.

Le peuple québécois subit le racisme de ces gens-là depuis deux cent quarante-quatre ans et ces petits anarcho-crosseurs ont le culot de nous traiter nous de racistes. La seule race que je déteste c’est la race des vendus qui nous poignardent dans le dos, la race des salopards qui font le sale travail des boss du Conseil de l’Unité canadienne, la race des fiers-à-bras pseudo-progressistes qui ne servent en fait que le pouvoir du plus fort. Moi qui professe un anti-américanisme plus que primaire, je déteste jusqu’au plus profond de mon âme d’homme colonisé toute cette race de petits Américains blancs, blonds, roses et boutonneux qui prétendent venir nous donner des leçons de politique. Qu’ils soient anarchistes, maoïstes, écologistes, évangélistes, bouddhistes ou féministes ne changent rien à l’affaire. On a déjà nos propres vendeurs de jus de carottes naturel, nos propres joueurs de tam-tam épileptiques, nos propres amateurs de tampax au tofu biologique et nos propres défenseurs de bébés phoques sans OGM. Pas besoin de supporter en plus des colporteurs américains de petit catéchisme anarcho-trudeauiste et autres anarchieries du genre.

En Amérique du Sud, les yankees exportent des pentecôtistes pour écraser la révolte des peuples. Ici, dans le Nord-Est, ils nous envoient des Témoins de Jéhovah déguisés en anarcho-fédéralistes, bilingues en plus. Après les Mickey-Mouse-à-marde, les McDonald-à-marde, voici les esties d’anarchistes-à-marde. C’est Lénine, je crois bien, qui parlait de la maladie infantile du communisme. Dans le cas de la NEFAC et de Ruptures, on ne peut même pas parler d’infantilisme. Ça va plus loin. On est devant un cas grave de fausse-couche intellectuelle. Cette pensée ressemble comme deux gouttes d’eau à un fœtus mal formé nageant dans le formol, à un avorton monstrueux dans un bocal du musée des horreurs.

Le problème, messieurs les « sh*theads » masqués, avec l’anarcho-crétinisme, ce n’est pas l’anarcho, c’est le crétinisme. Vous êtes une honte pour les anarchistes morts pour la liberté des peuples.

Pierre Falardeau






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