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  Posté le mardi 03 janvier 2006 @ 22:45:08 by AnarchOi
Contributed by: AnarchOi
Politique Un sondage SOM-La Presse-Le Soleil, publié le 25 mai 2002, révèle que l'ADQ aurait obtenu 36% des voies si des élections générales avaient eu lieu à cette date. Mais est-ce que les électeurs connaissent biens les politiques de l’ADQ? Quelles sont les idées que cache la figure bon enfant qu’est Mario Dumont?


Anti-syndicalisme.

L’anti-syndicalisme avoué de l’ADQ est à faire frissonner. On peut lire dans le programme de Mario Dumont que le syndicalisme n’est rien de moins que de « l’immobilisme » qui serait défavorable aux travailleurs et travailleuses. Évidemment, en grands démocrates que sont les adéquistes, ils n’ont d’autres choix que d’imposer « un assouplissement des conventions collectives » et de « faire appel à la sous-traitance ». Ainsi, il sera très difficile pour les salariés de recourir à la syndicalisation et, s’ils sont trop empreint à cet « immobilisme », eh bien on refilera l’ouvrage aux plus coopératifs. Quel beau souci du respect des travailleurs et des travailleuses!

Encore plus d’argent pour les riches.

Le programme de l’ADQ semble très clair, le peuple québécois et ses entreprises sont honteusement surtaxés. Et ceci est tellement vrai que l’Action démocratique du Québec a cru bon de publier un mémoire s’attaquant à la question et portant le titre de « Stimuler la croissance de façon responsable ». L’ADQ propose une diminution des taux d’imposition par l’instauration, pour les particuliers, d’un impôt à taux fixe et, pour les entreprises, par une baisse drastique des impôts car, tout le monde le sait, « notre compétitivité économique en dépend largement ». Les partisans de l’impôt à taux unique ont trois arguments principaux pour défendre leurs ingénieuses idées, et qui découle, soit dit en passant, beaucoup plus de la théologie que de l’économie. Jetons-y donc un petit coup d’œil.

- L’impôt à taux uniforme est plus simple !
Cet argument est le plus communément utilisé pour tenter les contribuables qui redoutent à chaque année le jour des impôts. Mais il ne tient littéralement pas la route. La complexité de la fiscalité actuelle n’est aucunement due à sa progressivité mais bel et bien à la détermination du revenu, ce qui ne serait en aucun cas simplifié par un taux d’imposition unique. Notre modèle d’imposition pourrait avoir 42 pallier qu’il ne serait pas plus compliqué. L’on prend le revenu et on y enlève 20, 23 ou 26 %, selon où on se trouve dans l’échelle de revenu, même un enfant de 7 ans pourrait le faire aisément.

- L’impôt à taux uniforme est plus juste!
C’est vrai en terme de statistique… mais tout dépend quelle conception vous avez de la justice. Ce qu’il faut comprendre de l’impôt à taux fixe, c’est que la classe moyenne ne sauvera que quelques centaines de dollars par années tandis que tous les riches patrons du Québec, eux, s’en mettrons plein les poches. En effet, selon les calculs de notre bon ami et économiste Claude Picher, l’impôt proportionnel ne ferait sauver que 265 dollars a la majorité des Canadiens tandis que les gens ayant un revenu imposable de 100 000 dollars verront leur porte-feuille s’engraisser de 5481 dollars chaque année. Voici ce qu’est, dans le concret, la soif de justice qu’ont les adéquistes.

- L’impôt à taux uniforme permettra d’éviter l’évasion fiscale!
Celui-là est le pire de tous les arguments. Nous sommes parfaitement d’accords, l’évasion fiscale est une plaie dans une société démocratique. Parlez-en aux détenteurs des 5000 milliards de dollars que l’on estime aujourd’hui dans les paradis fiscaux. Les Québécois et québécoises qui gagnent 25 000 dollars par années ne fréquentent pas beaucoup ces endroits-là, je crois qu’on peut être d’accord là-dessus. Maintenant adéquistes, je vous mets au défi de nous expliquer en quoi un taux d’imposition à taux fixe peut stopper l’évasion fiscale.

- La réalité.
Dans les faits, un taux d’imposition fixe ne favoriserait que les riches et nantis qui salivent en regardant les taux d’imposition ridicules des classes laborieuses. Il entraînerait, aux grands plaisirs de nos maîtres, la destruction et la privatisation de nos services publics, ouvrant ainsi la porte aux entreprises privées que nous ne voulons en aucun cas voir dans la gestion de nos services les plus chers!

Privatisation.

- L’éducation :
Depuis la révolution tranquille, à force de luttes et d’efforts, le Québec a réussi à se donner un système d’éducation public parmi les plus enviables au monde. Dans un élan de responsabilité autoproclamé l’ADQ entend changer la donne en balayant les efforts fait depuis plus de quarante ans par le peuple québécois. L’ADQ souhaite « arrimer les réseaux d’entreprises aux institutions d’enseignement. » Les portes sont grandes ouvertes aux multinationales. Cégep-Pepsi et Université-McDonald bienvenue!

Comble de générosité démocratique, le parti de Mario Dumont propose rien de moins que le « financement des institutions scolaires privées. » Ne payons plus pour tout le monde mais uniquement pour les jeunes élites riches. Tout aux riches, rien aux pauvres. Merci Mario!

Pour clore ce segment de l’éducation, il ne reste plus qu’à éliminer cette vieille idée de formation d’un citoyen critique à la sortie des écoles. L’heure est à former des obéissants. Pour ce faire, il est bien évident que l’ADQ doit rétablir l’ordre dans ce système d’éducation si chaotique en « effectuant un sérieux ménage dans la banque de cours offerts. » Bien entendu les cours gênant, tel la philosophie, la sociologie, les sciences humaines et politiques, sont de nature à être inclus dans ce « sérieux ménage ». On peut comprendre, sans doute recèlent-ils trop de cet « immobilisme » si proche du syndicalisme.

- Santé :
Toujours dans le programme de l’ADQ, on peut lire que la privatisation ne s’arrêtera pas à l’éducation. La santé y passe également. L’ADQ croit bon d’avoir la « participation du secteur privé dans notre système de santé. » Le programme renchérit de plus belle avec le droit à ce « que certains soins médicaux puissent être payés par le patient qui le désire. » Fini les « vieilles idées » où tous avaient le droit aux même soins sur le même pied d’égalité. Désormais celui qui a le plus d’argent passe en premier. « Pour un Québec responsable et prospère! »

Ambiguïté politique.

De 1991 à 1992 Mario Dumont œuvre au sein de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec(PLQ), principal adversaire politique à la cause souverainiste. On le retrouve, deux ans plus tard, chef de l’Action démocratique du Québec(ADQ), position ambiguë sur le projet souverainiste. Lors du référendum de 1995, l’ADQ se prononce en faveur du OUI. À la suite de la défaite du ce dernier, l’ADQ renonce à sa déjà faible position en faveur du OUI. Aujourd’hui, Dumont se dit contre la tenue d’un nouveau référendum sur l’indépendance du Québec. Maintenant, on comprend mieux le slogan électoraliste du parti : « Du changement pour vrai. »

Comme l’a écrit Pascale Breton, journaliste à La Presse, « Mario Dumont semble vouloir suivre les traces de son prédécesseur (Robert Bourassa) en gardant une certaine ambiguïté sur la question du statut du Québec ». Le programme de l’ADQ joue d’ailleurs sur différents paliers. Il entend «respecter le résultat référendaire de 1995 et maintenir un moratoire sur la tenue d’un référendum sur la souveraineté», tout en mettant fin «au pourrissement des relations Québec-Ottawa», de façon à établir «un dialogue ferme, ouvert et respectueux avec nos partenaires de la fédération, pour instaurer les conditions optimales de notre développement économique et social». Comment faire plus nébuleux?

Est-ce le jeu de l’ADQ de tenir les québécois(es) dans l’incertitude? Il semble que la stratégie fonctionne : Si on tient compte des intentions de vote, 47% des électeurs qui favorisent le PQ croient que l’ADQ est souverainiste, tandis que 40% des électeurs qui penchent vers les libéraux le voient comme fédéraliste. «Quant aux personnes qui ont l’intention de voter pour l’ADQ, 43% pensent que le parti est souverainiste, 41% le voient fédéraliste et 16% sont indécis», commente le sondeur Guy Laroque, de SOM.

De Le Pen à l’ADQ.

L’ADQ est certes le plus à droite des principaux partis du Québec, son impôt à taux unique, sa privatisation massive des systèmes publiques et son anti-syndicalisme avoué en sont autant d’exemples. Et à l’exception du racisme et de l’homophobie, les positions de l’ADQ ressemblent à s’y méprendre à celles de l’extrême droite du Front National de France, le parti de Jean-Marie Le Pen. Maintenant, la responsabilité de ceux qui savent et qui veulent combattre la montée de cette droite dure, est de dénoncer les véritables politiques de l’Action démocratique(?) du Québec. Ne nous laissons plus berner par la langue de bois et l’ambiguïté de l’ADQ ni par l’opportunisme de Mario Dumont. L’ouverture, la tolérance et la démocratie ont toujours été des valeurs prépondérantes à la société québécoise. Poussons encore plus en avant les voies de l’égalité, de la justice et de la liberté pour tous…et non leur sombres contraires. Officiel

Quelle alternative?

Loin de vouloir favoriser le Parti québécois où le Parti libéral, nous voulons avant tout informer la population sur le véritable visage de l’Action démocratique du Québec. Mais nous devons être conscient(e)s que les politiques prônées par l’ADQ, le PQ et le PLQ sont celles du néolibéralisme et que de voter pour un parti ou un autre actuellement en revient à approuver un ordre social injuste.



Note : "Par : Maxime Rocheleau, Pierre Desrosiers, Karine Saucier"

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