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  Posté le vendredi 09 mai 2014 @ 11:59:12 by AnarchOi
Contributed by: Anonyme
Activisme

Chèr.e.s camarades,

Pourquoi insistez-vous sur l’organisation à l’intérieure ou en parallèle de plus grandes manifestations, ou de dates symboliques établies ? Des moments où non seulement vous savez que les attaques de la police viendront, car tout l’appareil répressif sera organisé, coordonné, déployé et habilité par leurs lois et leurs technologies, mais où vous vous ferez également rappeler de surveiller vos arrières des masses hostiles dans la rue (n’avez-vous pas encore vu, les masses prêtes à vous piétiner sous leur peur?), toute l’amalgame de la gauche qui veut maintenir et gérer la domination alternativement, les stools et les paciflics comme nous les appelons à Montréal, déjà piégé.e.s à l’avance dans une souricière entre flics et citoyens, encore plus que lors d’une journée normale.

Et n’est-ce pas exactement cela, la confrontation dont vous parlez ? Confronter et rompre avec la normalité, la normalité de se réveiller, travailler, chier, dormir, entrecoupé de quelques jours fétichisés de protestation ? Ne serait-ce-t-il pas de transcender le calendrier militant, régularisateur de nos moments d’action rendus prévisibles ? Camarades, l’élément de surprise est encore un allié farouche.

Ou est-ce plutôt une thérapie de groupe que vous recherchez ? D’être avec d’autres, vous consolant de n’être pas seul.e.s, en recherchant davantage “l’entraide, le soutien, l’ouverture d’esprit”. Si oui, alors vous pouvez vous complaire dans la manif car elle n’est rien de plus que cela, une thérapie de groupe au sein de cette aliénation de masse que nous appelons la société.

Nous espérons que vous vous entraidez, souciez et soutenez les un.e.s les autres tous les jours. Nous espérons que tous les jours vous devenez plus fort.e.s dans votre étreinte avec vos proches, celleux dont les mains vous saisissez, alors que vous remettez votre vie entre leurs mains. La manif est autant un lieu pour trouver des gens qui se préoccupent de vous qu’une boîte de nuit.

Camarades, nous aimerions penser que vous avez autant que nous le désir ardent, de ne pas reprendre la rue, mais de la rendre inutilisable. Les rues ne sont pas les nôtres, elles ne l’ont jamais été et ne le seront jamais et nous ne voulons pas qu’elles le soient. Elles font partie de ce monde de béton et de ciment qui nous tient enfermé.e.s, nous empêche d’avoir les pieds dans la terre, et de voir au-delà. Tous les jours, partout où il y a des rues, quelques proches suffisent pour y trouver les fissures, pour en arracher les morceaux à renvoyer à ceux à qui elles appartiennent.

Camarades, nous souhaitons nous étreindre, empoigner les rues incendiées de désirs, n’importe quel jour pourri de misère que la domination force sur nous.




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