"Croire en un Dieu cruel rend l'homme cruel"- Thomas Paine
Pr�face
Il y a pr�s de 2000 ans, naissait en Galil�e un fondateur de secte, qui finira crucifi� environ 30 ans plus tard. Ses avant-derniers mots sur la croix furent "Donnez-moi � boire". Et pourtant! La secte qu'il avait fond� deviendra ensuite la plus grande de tous les temps. Elle prendra le pouvoir politique dans l'empire romain, abolira la libert� de religion, puis amoncellera des montagnes de cadavres: ses membres massacreront des millions d'"infid�les", "h�r�tiques", "sorci�res" et autres, puis se massacreront entre eux en donnant � l'Europe les guerres les plus f�roces qu'elle ait connu. Une telle histoire pourrait inciter � la modestie, mais les chr�tiens revendiquent, au contraire, un monopole de l'�thique. Ils proclament qu'ils adorent le seul Dieu, dieu qui est "amour", et se consid�rent meilleurs que le reste de l'humanit�, qu'ils condamnent comme �tant un ramassis d'adorateurs de faux dieux.
Seule id�ologie � pouvoir partager avec le communisme et le nazisme le podium d�di� aux id�ologies les plus meurtri�res de l'histoire humaine, le christianisme reste une id�ologie dominante dans nombre de pays occidentaux, dont le gendarme du monde, les USA. Il est temps d'ouvrir le Livre Noir du Christianisme: 2000 ans de terreur, pers�cutions, r�pression. Commen�ons, modestement, par cette Page Noire du Christianisme, qui r�sume quelques-unes des pires atrocit�s commises au nom de cette id�ologie qui pr�tend promouvoir l'amour du prochain.
An un
"Les dieux n'�taient plus, et Dieu n'�tait pas encore".
L'Empire Romain garantit la libert� de culte. L'ath�isme et la raison dominent dans les villes. Les dieux sont des figures mythiques, des repr�sentations all�goriques de forces de la nature [R�f�rence]. C'est � cette �poque que na�t un type qui, disent certains juifs, perd la raison car il lit la Tora trop jeune. Il fonde une secte qui vise � interdire le culte de dieux autres que le sien. Le type est finalement mis � mort, mais sa secte se r�pand avec le succ�s que l'on sait.
Le culte de la personalit� pour le fondateur de la secte atteint, chez les chr�tiens, un niveau que m�me le stalinisme n'�galera pas: le fondateur est proclam� "vraiment homme et vraiment Dieu" ("Homme-Dieu", dirait-on en langage normal). Ceux qui en doutent sont proclam� sans ambages h�r�tiques, et subiront plus tard les foudres de l'inquisition. D�s le 4� si�cle de notre �re commencera la mise � mort par des chr�tiens de non-croyants.
50 -150
La secte chr�tienne se d�veloppe. Des textes grecs, �crits par les membres de la secte hors de Palestine ("Les �vangiles") relatent de la vie du fondateur de la secte: n� d'une vierge, qui serait rest�e vierge malgr� plusieurs autres enfants, il aurait gu�ri des malades, mais aussi maudit un figuier qui se serait dessech� instantan�ment. Il aurait aussi fait pr�cipiter des centaines de cochons qui ne lui appartenaient pas dans un lac. Ce personnage, qui d�fend les pauvres, mais affirme aussi "ceux qui ont tout seront combl�s, et � ceux qui n'ont rien, il sera enlev� le peu qu'ils ont", un peu path�tique lorsqu'il maudit un figuier ou se laisse crucifier, est d�clar� une incarnation du "Dieu unique". Le fait que, d'apr�s les �vangiles "canoniques", ses avant-derni�res paroles sur la croix furent "Donnez-moi � boire" ne semble point troubler les adeptes de la secte, qui se r�pand bient�t dans l'ensemble de l'empire. [R�f�rence]
Aux environs de l'an 50 aurait lieu le premier b�cher de livres: d'apr�s Les Actes des Ap�tres, un livre de la Bible, Paul, un des premiers chefs chr�tiens, br�le avec ses adeptes pour "pour cinquante mille pi�ces d'argent" de livres
L'intol�rance religieuse des chr�tiens, qui visent ouvertement, d�s le d�but, � imposer une interdiction des cultes de dieux autre que leur propre dieu, qui, insistent-ils, est le "seul Dieu", leur attirent bient�t les foudres de la justice romaine, qui d�fend la libert� de culte, qui est l'un des piliers de cette soci�t� complexe est multiculturelle qu'est l'empire romain des premiers si�cles de notre �re. La propagande chr�tienne retourne habilement la situation. Ceux qui sont condamn�s par la justice romaine sont proclam�s "martyrs", leurs restes sont v�n�r�s dans les �glises, on invente la l�gende comme quoi ils ont �t�s ex�cut�s pour avoir "refus� de renier leur foi", ce qui bien s�r est mieux que la v�rit� nue, qui est qu'ils ont �t�s condamn�s pour avoir �t� des fauteurs de troubles voulant imposer l'intol�rance religieuse dans une soci�t� multiculturelle.
Les chr�tiens d�velopperont au moyen-�ge toute une s�rie de l�gendes de Martyrs antiques qui choisirent la mort plut�t que renier leur foi. Des morceaux d'ossements sont conserv�s dans des �glises et v�n�r�s par des fid�les, fresques et tableaux racontent des histoires aussi abominables qu'invraisemblables de vierges �ffarrouch�es pr�f�rant des morts horribles plut�t que le p�ch� de la chair, et de courageux protochr�tiens r�pondant non je ne r�nie pas ma foi au lion qui menace de les d�vorer au milieux des cris de la foule des pa�ens en d�lire. Beacoup de chr�tiens croient vraiment � ces mythes, m�me lorsqu'ils sont en contradiction compl�te avec l'histoire connue. Par exemple, en Suisse, il y a un Monast�re Saint Maurice, dans la ville du m�me nom. Lorsqu'on visite ce monast�re, l'on vous raconte, en vous montrant des petits fragments d'os dans des beaux reliquaires en appui du r�cit, que le monast�re a �t� construit sur les lieux du martyr de la L�gion Th�baine: d'apr�s ce mythe chr�tien, invent� par le premier �v�que de Martigny � la fin du IV� si�cle, en ces lieux, en 285, une l�gion, la L�gion Th�baine, constitu�e de soldats chr�tiens originaires d'Egypte et command�e par Maurice, un �gyptien noir, refusa de participer � un culte pa�en, et l'empereur Maximien ordonna l'extermination des l�gionaires. Evidemment, non seulement aucun chroniste de l'�poque n'a not� cet �v�nement, mais en plus il n'y avait pas de l�gion appell�e L�gion Th�baine � l'�poque. Pourtant, le massacre par d�capitation de 5% de l'arm�e romaine aurait pu difficilement passer inaper�u. Cela n'a pas emp�ch� � ce saint qui n'a jamais exist� de faire une belle carri�re posthume, en devenant l'un des deux saint patrons des soldats, avec Saint George, blanc, � cheval. Saint Maurice est noir et va g�n�ralement � pied. Il va sans dire que les autres mythes de la martyrologie chr�tienne antique ne sont pas plus v�rifiables.
300 (ou 303, ou 309, date incertaine)
Le premier concile et la codification de l'antis�mitisme chr�tien: 19 �v�ques et 24 pr�tres se r�unissent � Elvira, dans le Sud de l'Espagne, et fixent les premiers canons de l'�glise qui soient parvenus jusqu'� nous. Ces canons pr�voient des peines s�v�res pour une s�rie de "p�ch�s". Pour certains, comme le divorce, et l'adoration de dieux autres que le dieu chr�tien (l'idol�trie) l'expulsion d�finitive de l'�glise est pr�vue. Pour les p�ch�s moins graves, la punition est l'exclusion de la communion pour des p�riodes allant jusqu'� 10 ans. Parmi les d�lits punissables d'excommunications de plusieurs ann�es, l'on trouve, entres autres: laisser b�nir sa r�colte par un juif ou partager un repas avec un juif. Le concile jette ainsi les bases dans le droit canon de l'antis�mitisme chr�tien, dont les effets d�vastateurs se d�ploieront en force d�s le IV� si�cle et dureront jusqu'au XX� si�cle.
C'est �galement � ce concile que les pr�lats chr�tiens d�cident officiellement que tout chr�tien mis � mort pour participation � des destructions de temples ou de statues de d�it�s non chr�tiennes a droit au titre - �videmment posthume - de martyr.
Hors des conciles �galement, les leaders chr�tiens prendront tr�s vite des positions tr�s dures � l'�gard des Juifs. Orig�ne, le fondateur du mouvement monastique �gyptien, �crira que "Le sang de J�sus retombe non seulement sur les Juifs de l'�poque mais sur toutes les g�n�rations de Juifs jusqu'� la fin du monde". Son contemporain Saint Jean Chrysostome �crira lui pour sa part "La synagogue est un bordel, une tani�re de b�tes impures (...) jamais un juif n'a pri� Dieu. (...) Ils sont pos�d�s des d�mons".
C'est dans cette p�riode que l'�trange obsession des chr�tiens pour le sexe commence � d�ployer ses effets d�vastateurs. Le m�me Orig�ne, incapable de contr�ler ses obsessions, prend � la lettre le bon mot de J�sus "car il y en a qui se font eunuques pour le royaume des cieux" et commet un geste irr�parable sur sa personne.
L'eunuque Orig�ne fonde sur son obsession du sexe un grand mouvement de masse: le mouvement monastique, qui perdure encore aujourd'hui: des centaines, puis des milliers de fanatiques, dont certains, au d�but, imiteront le geste tragique d'Orig�ne sur leur personne, quittent les villes d'Egypte pour s'installer dans des grottes, puis des monast�res dans le d�sert. D�s le d�but, ils accorderont refuge � leurs corr�ligionnaires recherch�s par la justice criminelle, et sortirons p�riodiquement de leurs tani�res pour porter la terreur en ville lorsques les autorit�es religieuses le leur demandent. Ce sont ainsi des moines qui assassineront Hypathia. On peut imaginer la terreur des populations urbaines lorsqu'elles voyaient arriver, surgissant du d�sert, ces hordes de moines hirsutes, sales, v�tus de lambeaux de peux de b�tes, et pr�ts � tout et � toute violence pour accomplir la volont� de leur dieu.
La tradition d'utiliser les moines pour des actions de terrorisme se maintiendra dans l'�glise catholique: au moyen-�ge, elle fera appel aux Franciscains et Dominicains pour l'inquistion. Pendant la 2� guerre mondiale, les Franciscains croates sortiront de leurs tani�res pour travailler comme gardiens, bourreaux et m�me chefs de camps de concentration. Cette tradition du moine revenant dans la civilisation pour y semer la terreur du Christ prend ainsi ses racines au tout d�but de l'histoire chr�tienne et perdure aujourd'hui.
312
Prise de pouvoir par les chr�tiens: Au terme d'une guerre civile, Constantin prend le pouvoir. Peu apr�s, il se converti officiellement au christianisme, et "autorise" dans un premier temps le culte du dieu unique chr�tien par l'Edit de Milan: c'est le d�but de la pers�cution religieuse en Europe. Peu � peu, les cultes de dieux autres que le dieu chr�tien seront interdit. Les sanctuaires classiques seront d�truits, ou converti en �glises chr�tiennes. A la fin du 4� si�cle, il n'y aura plus aucun temple pa�en dans tout le bassin m�diterran�en.
315
Premi�re loi antis�mite dans l'empire christianis�: le pros�lytisme juif est interdit, sous peine de mise � mort sur le b�cher. Les mises � mort sur le b�cher sont une passion que les chr�tiens cultiveront pendant plus de 1'500 ans de leur histoire.
[R�f�rence]
325
L'empereur chr�tien Constantin ordonne au premier Concile de Nic�e de changer la date de P�ques: "Il n'est pas seyant que, dans la plus sainte de nos f�tes, nous suivions les coutumes des Juifs; dor�navant, nous ne devons plus rien � avoir de commun avec cet odieux peuple". Les pers�cutions violentes des juifs par les chr�tiens, qui commenceront � la fin du IV� si�cle, sont la cons�quence logique de la haine antis�mite de l'�glise chr�tienne des d�buts.
L'antis�mitisme chr�tien restera ancr� dans les rites catholiques jusqu'aux ann�es 1960' et le concile de Vatican II. Jusqu'� cette date, l'on r�p�tait � chaque messe, dans chaque �glise catholique, la pri�re "Oremus et pro perfidis judaeis: ut Deus et Dominus noster auferat velamen de cordibus eorum; ut et ispi agnostant Jesum Christum Dominum nostrum" ("Nous prions pour les perfides juifs notre Segneur et notre Dieu de retirer le voile de leur coeur, qu'ils puissent eux aussi conna�tre notre seigneur J�sus-Christ")
326
La christianisation du droit romain: dans les ann�es qui suivent sa prise de pouvoir, Constantin entreprend de modifier le droit romain pour le mettre en conformit� avec les fondements de l'id�ologie chr�tienne. Ainsi, la liste des d�lits pour lesquels la peine de mort est pr�vue est fortement allong�e. Par exemple, l'enl�vement (avec consentement de l'enlev�e) d'une jeune femme � sa famille par son amant, qui �tait une affaire relevant du droit civil, devient passible de la peine de mort pour l'enleveur, l'enlev�e, et aussi tous les complices, y compris les esclaves des familles de l'enleveur de l'enlev�e. Les relations sexuelles entre un esclave et sa ma�tresse sont d�sormais interdites et passibles de mort. Il faut noter que par contre le premier empereur chr�tien fait que la loi continue � consid�rer comme licites les relations sexuelles entre un ma�tre et une femme esclave. Mettant en pratique les enseignements de la Bible, Constantin durcit significativement la condition des esclaves: par exemple, tuer un esclave en le frappant n'est plus consid�r� un meurtre que si l'on prouve qu'il y avait intention de tuer. Puis la loi devient encore plus cl�mente pour les ma�tres cruels lorsque Constantin, en 326, interdit toute enqu�te � l'encontre d'un ma�tre dont l'esclave serait mort des suites d'une punition physique. Les esclaves fuyards auront d�sormais le pied coup� ou seront mis � mort. Enfin, duret� supr�me, Constantin non seulement interdit aux esclaves le recours � la justice, mais dispose que tout esclave ou serviteur qui d�poserait plainte contre son ma�tre (sauf dans le cas des d�lits suivants: adult�re, haute trahison, fraude fiscale) sera ex�cut� de suite, sans t�moins et sans enqu�te. La liste des d�lits pour lesquels la d�nonciation du ma�tre par un esclave est r�v�latrice de l'�chelle des valeurs chr�tiennes: le meurtre n'y figure pas, pas plus que vol ou le viol: ces crimes sont, pour l'empereur chr�tien, moins importants que l'adult�re: on d�c�le l� � nouveau cette obsession �trange, si caract�ristique du christianisme, pour le non-respect des interdits sexuels.
C'est aussi en cette ann�e 326 que le terme de "concubinat" fait son entr�e dans le droit romain: les concubins sont soumis � des tracasseries administratives sans pr�c�dents dans l'histoire romaine: il leur est interdit d'acqu�rir des propri�t�s immobili�res et leur citoyennet� romaine leur est retir�e.
D'autre part, mettant en pratique ce que les chr�tiens appellent volontiers la charit� envers les pauvres, Constantin fait voter une loi qui permet aux familles n�cessiteuses de vendre leurs enfants comme esclaves, ce qui �tait �videmment interdit.[R�f�rence]
363 - Un meurtre pour r�aliser une proph�tie
En 361 L'empereur Julien r�tablit la libert� de religion dans l'empire. Il aurait pu passer � l'histoire comme Julien le Philosophe, ou Julien le Soldat en raison de ses succ�s militaires en Gaule et contre la Perse, mais sa d�cision de tol�rer dans l'Empire les diff�rentes sectes chr�tiennes ainsi que les autres religions lui attire la foudre des chr�tiens: apr�s sa mort, il entrera dans l'histoire comme Julien l'Apostat.
Peu apr�s son arriv�e au pouvoir, il publie plusieurs livres � la gloire des vieux dieux ainsi que d'autres, pol�miques, contre diverses sectes philosophiques et, naturellement, contre le christianisme.
Notons � ce sujet que son trait� "Contre les Galil�ens" (= les Chr�tiens) est � peu pr�s totalement perdu. Il n'en reste que des bribes difficilement exploitables. M�me les r�futations qu'en ont faites les Chr�tiens contemporains ont disparu, ou ont �t�s expurg�es des citation de l'oeuvre de Julien. Un des rares extraits qui nous est parvenu dit: "Il me semble bon d'exposer � tous les hommes les raisons qui m'ont persuad� que la machination des Galil�ens n'est qu'une fiction humaine, forg�e par le vice. Bien que cette fourberie n'ait rien de divin, elle a dup� la partie de notre �me qui aime les fables, qui est pu�rile et insens�e, et elle lui a fait ajouter foi � ces monstruosit�s" [Julien, Contre les Galil�ens, traduction de Christopher G�rard, �ditions Ousia, 1995].
Bien s�r, les chr�tiens se mobilisent rapidement contre cette libert� religieuse qui leur est intol�rable. Ils se lancent donc dans des actions de provocation, esp�rant d�clencher ces "pers�cutions" dont ils sont si friands pour pouvoir avoir des martyrs. Entres autres, les chr�tiens
- profanent, puis incendient, puis incendient le temple de Daphn�, pr�s d'Antioche, o� l'Empereur r�sidait
- sabotent des travaux de reconstruction du Temple de J�rusalem
- d�truisent le temple de la Fortune � C�sar�e de Cappadoce
- d�truisent, � Pessinonte, sous les yeux de l'Empereur, de l'autel de Cyb�le, m�re des dieux, une divinit� � la gloire de laquelle Julien avait compos� un trait�
Cependant, Julien ne se vengea de ces crimes que par un pamphlet, intitul� "L'Ennemi de la Barbe", une satire mordante, autant dirig�e contre sa propre personne que contre les frivoles habitants d'Antioche.
Julien payera de sa vie ses exc�s de mansu�tude envers les chr�tiens, en particulier contre Athanase, �v�que d'Alexandrie. Athanase �tait un individu au pass� criminel, qui avait �t� chass� de son si�ge �piscopal suite � des disputes entre les sectes chr�tiennes. L'�dit de 361 lui permet de retourner � Alexandrie, Il y excite une foule de fanatiques qui massacrent l'�v�que arien de la ville Georges de Cappadoce et jette les lambeaux de son corps dans le Nil. L'�v�que Georges �tait lui aussi un individu pour le moins discutable, qui avait pill� maints temples de l'Egypte antique, mais ce meurtre attire l'attention de l'Empereur sur le pass� d'Athanase, et il ordonne son bannissement hors d'Egypte. Sans attendre l'intervention de la force publique, Athanase se retire dans le d�sert, se cache chez de moines, et proph�tise la mort de l'Empereur:"Le Charpentier (=J�sus) pr�pare un cercueil (pour Julien)" annonce-t-il aux foules de fanatiques qui viennent l'�couter pr�cher dans le d�sert. Mais Athanase est un homme intelligent, qui sait qu'il faut parfois des actions concr�tes pour aider � r�aliser des proph�ties. Il promet la gloire �ternelle, la r�mission de tous ses p�ch�s et toutes les joies du Paradis � un soldat chr�tien qui allait accompagner l'empereur dans sa grande exp�dition en M�sopotamie. Le 26 juin 363, lors de la bataille d�cisive contre les Perses, il assassine Julien avec une lance dans le dos. On dit que Julien, mourant, aurait lanc� au ciel quelques gouttes de son sang en s'�criant : "Tu as vaincu, Galil�en !". Sans doute ces propos sont-ils l�gendaires, mais Julien a peut-�tre r�ellement eu une telle pens�e au moment o� il s'effondrait et mourrait frapp� dans le dos par un tra�tre, pour cause de tol�rance religieuse. [R�f�rence]
380
L'empereur Th�odose proclame officiellement le christianisme seule "Religion d'�tat". Il faudra attendre 12 ans avant que tous les autres cultes ne soient d�finitivement interdits.
381
Th�odose, empereur chr�tien, lance la chasse aux h�r�tiques: les h�r�tiques sont des chr�tiens qui ne reconnaissent pas dans certains points de d�tail de la doctrine chr�tienne. A ces chr�tiens non catholiques l'on interdit de: se r�unir, d'enseigner, de discuter en public, d'ordonner des pr�tres. Leurs �glises sont confisqu�es au profit des �v�ques catholiques. Les h�r�tiques sont aussi exclus de la fonction publique. Pour certaines "h�r�sies", les mesures sont plus dures: peine de mort pour les manich�ens, et l'on arrache les yeux aux �v�ques marcionites (une secte gnostique chr�tienne). Les livres sacr�s des ariens - une secte chr�tienne qui consid�rait que J�sus avait �t� cr�e par Dieu le P�re - sont livr�s aux flammes en de joyeux holocaustes. En 15 ans de r�gne, Th�odose promulguera pas moins de 15 Edits de Pers�cution contre l'un ou l'autre des groupes h�r�tiques chr�tiens.
382
Th�odose, empereur chr�tien, lance la chasse aux apostats: une s�rie de lois promulgu�es en 381, 383 et 391, pr�voient bannissement social des apostats. Celui qui abandonne le christianisme au profit de toute autre religion, y compris le juda�sme: l'apostat sera expropri�, il lui sera interdit d'h�riter, de participer � la vie sociale et de d�m�nager: la loi sp�cifie clairement que l'apostat doit continuer � vire au lieu o� il vit, tout en �tant exil� de la soci�t�, car cela est plus dur qu'un exil dans des terres lointaines.
385
Th�ophile (aujourd'hui Saint Th�ophile) est nomm�e patriarche d'Alexandrie. Il commence aussit�t une violente campagne de destruction de tous les temples et sanctuaires non chr�tiens. Il a l'appui du pieux empereur Th�odose. On doit � Th�ophile la destruction, � Alexandrie, des temples de Mythriade et Dyonisius. Cette folie destructrice culminera en 391, avec la destruction du temple de S�rapis et de sa biblioth�que. Les pierres des sanctuaires d�truits seront utilis�es pour �difier des �glises pour la nouvelle religion unique, le christianisme.
Ensuite, sans doute pour montrer qu'il est capable de pers�cuter aussi des chr�tiens (dans la mesure o� ils ne sont pas 100% orthodoxes), Th�ophile commande personnellement les troupes qui attaquent et d�truisent les monast�res qui adh�raient aux id�es d'Orig�ne, un th�ologien chr�tien qui fut d�clar� h�r�tique car il soutenait que dieu �tait purement immat�riel.
C'est aussi en 385 que, pour la premi�re fois, un h�r�tique est comdamn� � �tre brul� vif, apr�s avoir subi la torture. Cette pratique se g�n�ralisera � partir de 447. [R�f�rence]
389
Pour la premi�re fois, un �v�que dicte � un empereur la politique � suivre: Saint Ambroise de Milan, en pleine cath�drale, se l�ve et, avec ce sens de la charit� si particulier que les chr�tiens ont, impose � l'empereur d'annuler l'ordre que ce dernier avait donn� � l'�v�que de Callinicum sur l'Euphrate de reconstruire une synagogue que l'�v�que et et sa congr�gation avaient d�truite. L'�glise prend ainsi parti, d�s ses d�buts, pour les br�leurs de synagogues, parti qu'elle continuera � soutenir jusqu'aux ann�es 1940'.[R�f�rence]
390
L'empereur Th�odose, pieux catholique, introduit la peine de mort pour toute personne qui f�terait P�que � une date autre que celle qu'avait impos�e le concile de Nic�e, et publie un �dit qui interdit d�finitivement le culte de dieux autres que le dieu chr�tien dans tout l'empire romain.
D�but des ann�es 390'
Suite � l'�dit de 390 du pieux empereur chr�tien Th�odose, peu � peu, les temples non chr�tiens sont ferm�s au culte, les processions "pa�ennes" sont interdites. Cette suppression de la libert� de religion au profit exclusif du christianisme cause parfois des �meutes, comme celles de 408 � Calama en Numidie.[R�f�rence]. Dans cadre de cette campagne pour l'�radication de l'empire de tout ce qui n'est pas chr�tien, l'empereur fait aussi, en 393, interdire les jeux olympiques.
Cette campagne d'interdiction est l'occasion de violents pogroms anti-pa�ens. C'est dans ce cadre que les chr�tiens abattenmt le temple de S�rapis � Alexandrie. En Gaule, le bon Saint Martin, celui qui avait donn� la moiti� de son manteau � un pauvre en plein hiver, parcourait les campagnes, accompagn� d'une horde de moines fanatiques, d�truisant tous les symboles de l'ancienne religion et convertissant les pa�ens r�calcitrants � coups de gourdin.
� Rome, Th�odose imposa, � l'instigation du pape Sirice, un serment solennel aux s�nateurs romains. Ils devaient solennellement renoncer au culte de Jupiter et jurer fid�lit� au Christ. La statue de la Victoire est enlev�e du S�nat et remplac�e par un crucifix.
C'est � la m�me �poque qu'ont lieu en Germanie les premi�res ex�cutions de non-chr�tiens, une belle tradition que l'�glise d�veloppera avec l'inquisition et perp�tuera ensuite jusqu'en 1826.
391
Une foule de chr�tiens comprennant grand nombre de moines fanatiques venus du d�sert, guid�s par Saint Athanase et Saint Th�ophile, abat le temple et la grande statue de S�rapis � Alexandrie, deux chefs d'oeuvre de l'antiquit�.[R�f�rence] . La collection de litt�rature du temple est �galement d�truite. Plusieurs pa�ens soint tu�s dans l'assaut du temple, les statues d'or du temple sont fondues, et le pr�cieux m�tal est incorpor� dans le tr�sor de l'episcopat.
401
Saint Augustin, �v�que de Carthage, Docteur de l'Eglise, est consid�r� comme le plus grand penseur de l'�glise antique, et sa Th�orie de la guerre juste servira plus tard � justifier les croisades. Mais l'�glise a soin aujourd'hui d'�tre tr�s discr�te sur l'oeuvre de destruction de temples et statues � laquelle le saint consacra de son vivant tant d'�nergie. D�s 399, l'on commence � Carthage � d�truire temples et statues pa�ennes. Saint Augustin applaudit. Constatant que l'enthousiasme destructeur de la populace catholique risque de faiblir, en juin 401, Saint Augustin emploie l'humour (chose rare dans l'histoire chr�tienne), au cours d'une messe dominicale, pour relancer la folie destructrice: "Il est �crit Herculi Deo au pied d'une statue d'Hercule. Mais pourquoi ne parle-t-il pas ? Il est aussi muet que son �pitaphe". La foule des croyants rigole. Saint Augustin lance alors "A Rome, les temples sont ferm�s, les idoles d�truites ! Comme � Rome, ainsi � Carthage". Des bandes de catholiques enrag�s se lancent alors � l'assaut des statues et temples encore debout en ville et les d�truisent. [R�f�rence]
408
Les �meutes de Calama: enivr� par son succ�s � Carthage, Saint Augustin exige la destruction de temples et statues aussi dans les villes de province. Peu � peu la parole du saint homme se r�pand dans l'Afrique du Nord, et des hordes de chr�tiens se lancent � l'assaut des temples et des statues. A Calama ( aujourd'hui Guelma en Alg�rie ), une �meute �clate lorsque les chr�tiens s'attaquent au temple d'Hercule: 60 personnes, chr�tiens et pa�ens, meurent dans la bagarre. [R�f�rence]
412
Cyrille (aujourd'hui Saint Cyrille, Docteur de l'Eglise), est nomm� �v�que d'Alexandrie et succ�de ainsi � son oncle Th�ophile. Il excite les sentiments antis�mites diffus parmi les chr�tiens de la ville, et, � la t�te d'une foule de chr�tiens, incendie les synagogues de la ville et fait fuir les juifs. Il encourage ensuite les chr�tiens � se saisir des biens que les juifs ont d� laisser derri�re eux. [R�f�rence]
415
Hypathia, la derni�re grande math�maticienne de l'�cole d'Alexandrie, par ailleurs fille de Th�on d'Alexandrie, directeur de la biblioth�que, est tu�e par une foule de moines chr�tiens inspir�s par Cyrille, patriarche d'Alexandrie, que l'�glise canonisera. [R�f�rence] . Apr�s le lynchage par la foule, le corps de la math�maticienne est train� dans la cath�drale par un groupe de moines aux ordres de Cyrille, et est mis en pi�ces � coups de fragments de tuiles. La motivation des chr�tiens est que Hypatia, brillante enseignante de math�matiques, repr�sentait une menace pour la diffusion du christianisme, en raison de son enseignement des sciences et du N�oplatonicisme. Le fait qu'elle �tait une femme, de plus, dit-on, belle et charismatique, rendait son existence encore plus intol�rable aux yeux des chr�tiens. Son assassinat marqua d'ailleurs un tournant: apr�s sa mort, de nombreux chercheurs et philosophes quittent Alexandrie pour l'Inde et la Perse, et Alexandrie cesse d'�tre le grand centre de l'enseignement et de la science du monde antique. D�sormais, la science r�gressera en Occident, et ne retrouvera un niveau comparable � celui de l'Alexandrie antique qu'� l'aube de la r�volution industrielle. Les travaux de l'�cole d'Alexandrie concernant les math�matiques, la physique et l'astronomie seront pr�serv�s, en partie, par les Arabes, les Perses, les Indiens et aussi en Chine. L'Occident, pour sa part, plonge dans l'obscurantisme et ne commencera � en sortir que plus d'un mill�naire plus tard.
En reconnaissance de ses m�rites en mati�re de pers�cution de la communaut� scientifique et des Juifs d'Alexandrie, Cyrille sera d'abord canonis�, puis promu � "Docteur de l'Eglise" en 1882. [R�f�rence]
532
L'empereur Justinien fait fermer l'�cole de philosophie d'Ath�nes, consid�r�e comme le dernier bastion du paganisme. D�sormais, l'obscurantisme et l'ignorance r�gnent en ma�tres dans tout le bassin m�diterran�en. Les ma�tres de l'�cole doivent quand � eux s'exiler en Perse.
590
Gr�goire I, dit Le Grand, aujourd'hui Saint Gr�goire, devient Pape. Il est consid�r� comme l'inventeur de la croisade. En effet, il envoie � Gennadius, gouverneur d'Afrique pour l'Empire Romain d'Orient, une longue lettre l'incitant � "engager de nombreuses guerres" ayant pour but de convertir de force au christianisme les populations des terre conquises. Saint Gr�goire s'occupe aussi activement de la conversion des juifs au christianisme, en leur offrant des avantages financiers, tout en approuvant la politique de conversion forc�e pratiqu�e � l'�poque par le roi Wisigoth en Espagne. Ce saint homme est aussi un farouche adversaire des sciences et de la connaissance rationnelle. L'on conna�t de lui une lettre � l'�v�que de Vienne (France) o� il �crit: "Nous avons eu voix d'une information dont je ne peux r�f�rer sans honte: il semble que dans ta congr�gation l'on enseigne la grammaire". Outre la grammaire, il d�courage ou interdit l'enseignement de la culture gr�co-romaine en g�n�ral, y compris les langues, la science, la philosophie et la mythologie.
En raison de son action contre la culture et son encouragement de la guerre sainte, Saint Gr�goire Le Grand est consid�r� comme le fondateur de la doctrine sociale chr�tienne qui sera r�alis�e pendant le moyen-�ge en Europe.
VII-XV si�cle
Le "Moyen �ge Chr�tien" . Profitant de la disparition des grandes biblioth�ques romaines et de l'absence quasi-totale d'activit� d'�dition en Europe, l'�glise obtient de fait un monopole sur l'ensemble de l'�crit et de l'information. Le peuple est laiss� volontairement dans l'ignorance, on le d�courage de lire la bible au cas o� il aurait acc�s � un exemplaire. D�s le XIII� si�cle, l'inquistion interdira m�me formellement la possession de livres de l'Ancien Testament. Peu � peu, l'�glise impose sa grippe sur la soci�t�. L'inquisition, le c�libat des pr�tres, le caract�re obligatoire du mariage avant toute relation sexuelle, sont toutes des institutions qui datent de cette �poque.
C'est aussi � cette �poque que se d�veloppe ce qui deviendra une des plus riches traditions chr�tiennes: br�ler vifs des gens. Environ 1 million de "sorci�res" seront br�l�es au cours du moyen-�ge. Les villes rivalisent pour battre le record du nombre de sorci�res br�l�es en un an. Un record durable est �tabli par la ville de Bamberg, si�ge �piscopal, qui br�le 600 sorci�res en un an.
Nombre de membres de la hi�rarchie eccl�siastique regrettent encore aujourd'hui cette �poque o� l'�glise dominait la vie de la soci�t�: les clercs chr�tiens regrettent la "spiritualit�" de l'�poque, son art, qui laissait une large place � la mort - sujet qui a toujours passionn� les chr�tiens - et � de la musique envo�tante.
804
L'empereur chr�tien Charlemagne convertit nombre de Saxons, en leur proposant le choix suivant: se convertir au catholicisme, ou avoir la t�te coup�e. Plusieurs dizaines de milliers de t�tes tombent, avec la b�n�diction de l'�glise: les pr�tres pr�sents participent au jeu de l'empereur.
897 - Un pape juge son pr�d�cesseur
Etienne VI fait d�terrer le cadavre de son pr�d�cesseur, le pape Formose, pluisieurs mois apr�s l'enterrement. Il fait tra�ner le cadavre par les pieds devant un synode qu'il avait convoqu�. L�, ayant solennellement condamn� le d�fut, il ordonne de lui couper 3 doigs de la main droite, puis fait jeter le cadavre dans le Tibre. Son corps sera r�cup�r� et re-enterr� en cachette. L�s, en 905, le nouveau pape, Sergius III, le fait re-d�terrer. Il le fait rev�tir des v�tements pontificaux et asseoir sur un tr�ne et le fait re-juger. Ensuite, l'on d�capita le cadavre, on lui coupa encore 3 doigs, puis le re-jeta dans le Tibre. Cette fois-ci, personne ne prend la peine de r�cup�rer et enterrer le cadavre.
XI si�cle
Schisme d'orient. Le patriarche de Constantinople pr�tend qu'il faut utiliser du pain avec levain pour l'Eucharistie, le rite th�ophage au centre de la messe chr�tienne. Le Pape, �v�que de Rome, affirme qu'il faut du pain sans levain. Sur cette question d'importance capitale, la chr�tient� se scinde, et les deux patriarches, de Rome et Constantinople, s'excommunient mutuellement. Le schisme provoquera des morts jusqu'aux ann�es 1990' (guerres civiles en Yougoslavie, catholiques contre orthodoxes).
XI -XII si�cle
Face � la croissance de la population en Europe, l'Eglise propose une m�thode de contr�le de la population "naturelle": les croisades. L'appel � la croisade est lanc� en 1095. En 1099 J�rusalem est "lib�r�e": lorsque les troupes crois�es entrent dans la ville, le gouverneur musulman se rend contre la promesse que la population civile sera �pargn�e. Bien s�r, l'ensemble de la population (qui comprend essentiellement des juifs et des musulmans) est pass�e par les armes dans les heures qui suivent, mais les crois�s ont soin de violer femmes et enfants avant de les �gorger ou de leur ouvrir le ventre. On estime � 70'000 le nombre de civils massacr�s. La derni�re phase du massacre se joue dans les synagogues et mosqu�es de la ville, o� les habitants terrifi�s se sont r�fugi�s: ils esp�rent que le caract�re religieux des lieux pourrait inspirer les pieux crois�s � la cl�mence. Il n'en est bien s�r rien: les crois�s entrent, et transforment les lieux de cultes en de vastes charniers. Le massacre des milliers de civils agglutin�s dans la grande mosqu�e de l'esplanade du temple durera plusieurs heures. "Tout ce qui respire" dans la ville a �t� tu�, reportent avec fiert� les commandants des crois�s.
1090 - 1153 Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l'Eglise, Doctor Mellifluus
Saint Bernard de Clairvaux est canonis� d�s 1174, puis promu � Docteur de l'Eglise en 1830 avant d'�tre proclam� Doctor Mellifluus en 1953 par le pape Pie XII. Il est donc un exemple int�ressant de ce que l'�glise catholique consid�re, au 20� si�cle, comme un comportement exemplaire au moyen-�ge. En effet, les m�rites de Saint Bernard sont grands: ses pr�ches pour le 2� croisades convainquents maints jeunes europ�ens d'aller exterminer les h�r�tiques en Orient. Apr�s avoir, en 1146, pr�ch� pour la 2� croisade ensemble avec le roi de France en personne, il va en Allemagne pr�cher la bonne parole avec une formule simple: la participation � la croisade est une bonne affaire, car elle donne automatiquement l'indulgence pl�ni�re pour tous les p�ch�s. Mais les allemands sont moins faciles � convaincre que les Fran�ais, d'autant plus qu'� leurs fronti�res vivent des slaves non christianis�s, que l'on pourrait exerminer tout en s'�pargant le p�rillieux voyage jusqu'� la Palestine. Saint Bernard, pragmatique, obtient du Pape l'autorisation d'�tendre la croisade, confirm�e par la bulle papale Divini Dispensatione.
"La mort ou le bapt�me" - Saint Bernard
Mais le saint homme a une crainte: que les soldats allemands ne soient trop doux avec les slaves. Ses pr�ches deviennent donc plus pr�cises. Le but de l'entreprise est l'extermination (Vernichtung) des "Pa�ens de l'autre c�t� de l'Elbe". Il insiste: le but n'est pas la reconqu�te de terrains, comme en Palestine, mais bien une oeuvre d'extermination. Les arm�es des crois�s doivent offrir � tous les pa�ens rencontr�s le choix suivant: "Extermination ou Conversion" (Vernichtung oder Bekehrung). Ensuite, la formule devriendra, pour des raisons de marketing & communication "La mort ou le bapt�me" (Tod oder Taufe). Le message est tr�s bien compris par les slaves de l'Est de l'Elbe, qui accrochent tous � la porrte de leurs maison des croix et d�clarent accepter la nouvelle religion avec enthousiasme. Saint Bernard sera d��u du peu de sang vers� pendant cette croisade, alors que le Pape et la hi�rarchie romaine se r�jouiront de l'extension des �v�ch�s d'Allemagne du Nord. Un autre motif de satisfation sera que cette croisade portera � l'�tablissement durable d'ordres de moines-guerriers qui continuront pendant plusieurs si�cle � porter la Bonne Nouvelle du christianisme par l'�p�e dans les peuples slaves d'Europe du Nord-Ouest, si bien que la Pologne et une partie significative de la population des pays baltes sont aujourd'hui catholiques.
Non content d'avoir r�ussi � exciter nombre de catholiques � tuer des m�cr�ans, Saint Bernard entre aussi en conflit avec plusieurs th�ologiens de son temps, dont Gilbert de la Porr�e, qui est finalement condamn� et ex�cut� gr�ce � Saint Bernard, et Arnoldo da Brescia, dont les cendres sont, apr�s l'ex�cution � Rome, dispers�es dans le Tibre. De nombreux sermons de Saint Bernard nous sont parvenus, dont le plus important est semble-t-il celui intitul� "L'amour de Dieu". [R�f�rence 21]
1182
Les "Pogroms latins" de Constantinople. Dans la ville du pieux patriarche qui mange du pain avec levain, s'�tablit, dans le d�but du XII si�cle, une colonie de marchands "latins", essentiellement originaires de Venise, G�ne, Pise et Amalfi. Mais ces gens ont tout pour d�plaire aux pr�lats orthodoxes: non seulement ils utilisent du pain sans levain pour le rite de la l'eucharistie, mais ils font le signe de la croix dans le mauvais sens (de gauche � droite, et non de droite � gauche comme les orthodoxes) ! Les popes orthodoxes excitent la populace, et, enfin, en un jours radieux de mai 1182, la foule guid�e par les popes se jette sur les "latins": plusieurs milliers de "latins", hommes, femmes, enfants sont tu�s.
1204
La IV croisade fait un d�tour par Constantinople, � l'�poque la plus grande ville de la Chr�tient�. Mais les chr�tiens savent se faire entre eux ce qu'ils font � d'autres: pendant 3 jours, Constantinople est mise � sac dans une orgie de violences innommables.
1208-1244
Croisade des Albigeois
Pendant la 2� moiti� du XII si�cle, l'immoralit� des clercs chr�tiens scandalise de plus en plus les populations europ�ennes. Un des r�sultats de ce scandale est le d�veloppement d'�glises chr�tiennes alternatives � l'�glise catholique, bien s�r imm�diatement d�cr�t�es h�r�tiques par cette derni�re. Les plus importantes de ces h�r�sies sont l'h�r�sie vaudoise et l'h�r�sie cathare (ou des Albigeois). Les vaudois sont des protestants avant la lettre qui d�cident que l'on peut se passer des pr�tres pour adorer dieu. Ils sont imm�diatement pris en chasse par les autorit�s civiles et eccl�siastiques et doivent se r�fugier dans des vall�es alpines recul�es. L'h�r�sie des Albigeois prend une importance bien plus grande: une bonne partie de la population du Sud de la France adh�re � cette doctrine qui pr�che une observance stricte des principes du Nouveau Testament chr�tien, et impose en outre � ses "parfaits" des r�gles de vie tr�s strictes. Le pape Innocent III lance l'appel � la croisade contre ces h�r�tiques en 1208, et peu apr�s les op�rations militaires sont lanc�es.
Le 21 juillet 1209, l'arm�e crois�e, guid�e par Arnaud Amaury, Prieur g�n�ral de l'Ordre de C�teau, chef l�gat du pape, atteint la ville catholique de B�ziers. Amaudry remet alors � l'�v�que de la ville une liste de 222 noms d'h�r�tiques cathares ou vaudois, lui intimant de les livrer au crois�s, ou bien de quitter la ville en y abandonnant les 222 malheureux. En cas de refus, menace le p�re g�n�ral des cisterciens, les catholiques subiront le m�me sort que les h�r�tiques. Seuls l'�v�que et quelques catholiques quittent la ville. Le p�re g�n�ral cistercien tien sa promesse: le lendemain, les crois�s p�n�trent dans la ville. Arnaud Amaury lance l'ordre qui assura sa post�rit�: "Tuez-les tous, dieu reconna�tra les siens", et un carnage immense commence. Environ 1000 personnes se r�fugient dans l'�glise de Sainte Madeleine, esp�rant que les crois�s n'oseront pas tuer en ce lieu. Vain espoir, tous, y compris des pr�tres catholiques, sont massacr�s. La ville est livr�e aux flammes. Arnaud Amaury c�l�bre un Te Deum pour remercier dieu d'une victoire si facile. Il a en effet motif de se r�jouir, puisque l'on estime que 25'000 personnes ont �t� tu�es pendant la journ�e, dont les 222 h�r�tiques recherch�s. Les rares survivants err�rent plusieurs jours en agonisant autours de la ville, priv�s d'eau et de soins.
A part le cas c�l�bre de B�zier, cette guerre est le th��tre d'innombrables massacres de civils par les crois�s. On citera l'exemple de Marmande: la ville se rend, en juin 1219, � une arm�e compos�e de 20 �v�ques, 600 chevaliers et 10'000 archers: la population de 5000 personne est enti�rement massacr�e, y compris les femmes et les petits enfants. Le plus grand b�cher de la croisade est semble-t-il celui �rig� apr�s la chute, le 3 mai 1211, du ch�teau de Lavaur (pr�s de Castres): 400 cathares sont br�les sur un seul b�cher! La ch�telaine est livr�e aux soldats, qui, une fois qu'ils ont fini de s'amuser, la jettent vivante dans un puit et ensuite la couvre de pierres. La Provence et la r�gion de Toulouse sont largement d�peupl�es par cette guerre, qui est men�e contre les populations civiles avec une f�rocit� sans pr�c�dent en Europe depuis les invasions barbares. La population de nombreuses villes, dont Carcassonne, est enti�rement extermin�e. des r�gions enti�res de Provence sont totalement vid�es de la population autochtone, puis des paysans catholiques sont import�s d'autres r�gions de France.
Cette guerre, qui se double d'un g�nocide, ne s'arr�tera qu'avec la chute de Mons�gur, derni�re place-forte cathare, en f�vrier 1244. Le premier mars 1244, l'�glise catholique triomphante fait br�ler vifs 205 h�r�tiques sur un seul grand b�cher. La civilisation d'Oc est d�truite, la langue d'Oc ne survivra que par des �crits et quelques troubadours.
C'est pendant le g�nocide des cathares que l'�glise catholique cr�e l'institution de l'inquisition, qui continuera � br�ler des suspects de sympathies cathares bien apr�s la fin de la guerre. Par exemple, Guillaume B�libaste, un parfait cathare v�cu cach� en Catalogne pendant des d�cennies. Rattrapp� par l'inquisition, il sera br�l� vif en 1321 � Villerouge-Term�n�s (Aude), dont le ch�teau appartenait � l'archev�que de Narbonne. [R�f�rence]
1224 - La l�galisation de l'ex�cution des h�r�tiques
L'empereur Fr�d�ric II d�cr�te que l'h�r�sie doit �tre punie par la mort ou par la perte de la langue le choix �tant laiss� � la discretion du juge. Cette id�e de l�galiser une pratique en vigeur depuiis longtemps pla�t aux seigneurs chr�tiens, et une vague d'actes l�gislatifs allant dans ce sens traverse l'Europe. En 1231, la constitution Sicilienne rend absolu le d�cret de br�ler les h�r�tique, pour s'aligner � la pratique alors en vigueur en Allemagne. A Venise, le serment ducal est modifi�: tout nouveau Doge doit, d�s 1240, juger de br�ler tous les h�r�tiques. En 1255, Alphonse X le Sage, roi de Castille et de L�on, ordonne de br�ler sur le b�cher tous les chr�tiens qui se convertiraient � l'Islam ou au juda�sme. En 1270, une loi fran�aise rend obligatoire de punir les h�r�tiques par le b�cher, bien que ce ch�timent �tait d�j� habituel dans ce pays depuis des si�cles. L'Angleterre, qui avait d�j� � l'�poque une f�cheuse tendance � n'adopter que tardivement les lois et coutumes europ�ennes, n'adoptera une loi semblable que en 1401.
La pratique de la chasse aux h�r�tiques reste disparate et et plus ou moins s�v�re dans les diff�rents pays. Ainsi, alors qu'� Oxford, � partir de 1166 les h�r�tiques sont seulement marqu�s au fer rouge sur le visage, ils sont d�j� mis � mort en grand nombre sur le continent. Par exemple, � Strasbourg, en 1199, l'on br�le pas moins de 90 h�r�tiques en un jour. Ce sont ces disparit�s maintes fois constat�es des pratiques qui poussera l'�glise � cr�er l'inquisition.
1228 - Premi�re loi antis�mite espagnole
Le roi Jacques 1er d'Aragon d�cide, apr�s une r�union avec plusieurs �v�ques (les �v�ques de Vich, de Barcellone et de G�rone particip�rent), d'interdire aux juifs d'avoir des domestiques chr�tiens. [R�f�rence]
1234 - L'invention de l'�toile jaune
Le concile d'Arles d�cide d'introduire l'"obligation pour les juif de porter sur eux des signes distinctifs". Avec une avance de plus de 500 ans sur les administrations douani�res suisses et su�doises (qui demanderont en 1938 aux allemands d'apposer un "J" sur le passeport des juifs allemands), et sur l'administration nazie (qui fera sienne l'invention de l'�toile jaune obligatoire), l'�glise catholique invente ainsi le concept d'apposer une marque sur les personnes � pers�cuter. Il faut dire que cette invention chr�tienne sera peu appliqu�e. Mais elle permet de relancer l'antis�mitisme en Europe, dont les cons�quences seront d�s 1391 tragiques. [R�f�rence]
1226-1270
Louis IX Roi de France. Enfin un catholique r�put� pieu et int�gre acc�de � la couronne de France. L'�glise le canonise d�s 1290, en reconnaissant ses m�rites, qui, nul ne doute, sont exceptionnels. En effet, pendant son r�gne, Saint Louis lance deux croisades, qui se terminent toutes deux de mani�re catastrophique: peu importe, c'est intention (de tuer et de piller) qui compte au yeux de la mis�ricordieuse �glise catholique! Sur le plan int�rieur, Saint Louis fait en sorte que la justice punisse de mani�re syst�matique les blasph�mateurs: ils seront mis au piloris, et auront la langue perc�e au fer rouge.
1225-1274 - St Tomas, Docteur de l'Eglise, th�oricien de l'extermination des h�r�tiques et Docteur ang�lique
Saint Thomas est encore consid�r� aujourd'hui comme le grand philosophe catholique. En particuliers, sa Summa Teologica est l'oeuvre de r�f�rence de la scholastique catholique et est amplement et souvent cit� par le pape Jean-Paul II dans ses encycliques. St Thomas justifie entres autres, dans la Summa Teologica, la n�cessit� de tuer les h�r�tiques:
En ce qui concerne les h�r�tiques, il y a deux choses � consid�rer, une de leur c�t�, une autre du c�t� de l'�glise. De leur c�t� il y a p�ch�. Celui par lequel ils ont m�rit� non seulement d'�tre s�par�s de l'�glise par l'excommunication, mais aussi d'�tre retranch�s du monde par la mort. En effet, il est beaucoup plus grave de corrompre la foi qui assure la vie de l'�me que de falsifier la monnaie qui sert � la vie temporelle. Par cons�quent, si les faux monnayeurs ou autres malfaiteurs sont imm�diatement mis � mort en bonne justice par les princess�culiers, bien davantage les h�r�tiques, aussit�t qu'ils sont convaincus d'h�r�sie, peuvent-ils �tre non seulement excommuni�s mais tr�s justement mis � mort.
[Summa Teologica, Secunda Secundae Pars, Question 11, l'H�r�sie, article 3]
Saint Thomas traite en d�tail la question dans quand faut-il tuer un h�r�tique: si il se renie l'h�r�sie, il ne faut pas le tuer, mais si il r�cidive, il faut imp�rativement le tuer:
Mais, quand ceux qu'on a accueillis retombent de nouveau, il semble que ce soit le signe de leur inconstance en mati�re de foi. C'est pourquoi, s'ils reviennent ult�rieurement, ils sont bien admis � la p�nitence, non pas cependant au point d'�viter la sentence de mort.
[Summa Teologica, Secunda Secundae Pars, Question 11, l'H�r�sie, article 4]
Cette pratique sera institutionalis�e par l'inquisition. Au moment de monter sur le b�cher, l'h�r�tique aura la possibilit� de se repentir, et de "mourrir en bon chr�tien". L'inquisition portera sa grande charit� au point que celui qui se repent sur le b�cher sera tu� par �tranglement et non par les flammes.
St Thomas gette aussi les bases doctrinales de la pers�cution dont les juifs convertis seront victimes :Les Juifs, s'ils n'ont nullement re�u la foi, ne doivent nullement y �tre forc�s. Mais, s'ils ont re�u la foi, il faut qu'on les mette de force dans la n�cessit� de la garder [Summa Teologica, Secunda Secundae Pars, Question 10, l'Infid�lit� en g�n�ral, article 8]
Le Docteur ang�lique explique qu'il faut tol�rer les rites des juifs, et c'est tout � son honneur, avant d'�crire:
Quant aux rites des autres infid�les, comme ils n'apportent aucun �l�ment de v�rit� ni d'utilit�, il n'y a pas de raison que ces rites soient tol�r�s.
[Summa Teologica, Secunda Secundae Pars, Question 10, l'Infid�lit� en g�n�ral, article 11]
Saint Thomas est consid�r� aujourd'hui comme le philosophe catholique par l'�glise. Le Thomisme est la philosophie officielle de l'�glise catholique. Pour s'en convaincre, il suffit de lire l'encyclique de Jean-Paul II "Foi et raison" (qui date de 1998, disponible sur le site du Vatican), consacr�e au rapport entre philosophie et religion: le pape y cite � maintes reprises le Docteur ang�lique et aucun autre philosophe catholique.
1231
Fondation de l'inquisition. Jusqu'en 1231, la t�che de d�couvrir, d�masquer et punir les h�r�tiques �tait du ressort des �v�ques. Mais avec le temps, cette t�che devient trop lourde pour ces bergers du bon peuple chr�tien, qui ont tant d'autres lourdes t�ches � assumer. Le pape d�cide donc de cr�er une institution s�par�e, qui aura le temps et les moyens de se consacrer uniquement � l'�radication de l'h�r�sie et de la sorcellerie: l'inquisition. L'inquisition, au cours de son histoire, br�le plus de 1 million de personnes, essentiellement des h�r�tiques, des juifs et des musulmans convertis au christianisme et des "sorci�res". La derni�re sorci�re sera br�l�e en 1788. Le dernier "h�r�tique" devra attendre son tour jusqu'en 1826. L'inquisition et ses imitateurs protestants br�lent aussi des m�decins et des scientifiques, lorsque l'occasion se pr�sente. [R�f�rence]
L'�glise ne reniera jamais l'inquisition, et garantira la continuit� historique de l'institution jusqu'� nos jours, en se limitant � en modifier le nom: il faudra attendre Pie X, en 1906, pour que le "Saint office de l'inquisition" soit renomm� "Saint Office", et 1965 pour que le dit office soit rebaptis� "Congr�gation pour la doctrine de la foi". Enfin, en 1997, le pape ouvre les archives du Saint Office, et des historiens tri�s sur le volet sont autoris�s � y mener des recherches. Les estimations du nombre total de victimes de l'inquisition sont fortement revues � la hausse, le consensus tourne aujourd'hui autours du million de personnes ex�cut�es, auxquelles il faut ajouter d'innombrables personnes tortur�es et dont les biens ont �t�s saisis.[R�f�rence]
Souvent, les chr�tiens d'aujourd'hui tendent � argumenter que l'inquisition ne serait qu'une erreur n'�yant rien � voir avec le christianisme v�ritable. Ils oublient que l'institution exixte toujours, bien que sous un autre nom. Ils oublient aussi que les pratiques de l'inquisition (torture et ex�cution d'h�r�tiques) avaient commenc� d�j� peu apr�s l'arriv�e des chr�tiens au pouvoir dans la Rome antique. L'inquisition en tant que pratique et institution traverse ainsi toute l'histoire du christianisme. Ils oublient aussi que le fondement de l'inquisition est � rechercher dans les Saintes Ecritures, en particuliers dans le L�vitique et ces deux versets du chapitre 22 de l'Exode:
Verset 18: Tu ne laisseras point vivre la magicienne (ou "la sorci�re" dans d'autres traductions")
Verset 20: Celui qui offre des sacrifices � d'autres dieux qu'� l'�ternel seul sera vou� � l'extermination.
Quand au mode d'ex�cution, le b�cher, il est aussi le r�sultat d'une lecture attentive de la Parole de Dieu: dans le 2� livre des Rois, il est expliqu� le sort que r�serve le Roi Josias (dont il est dit, dans le m�me livre (ch. 23 verset 25) "Avant Josias, il n'y eut point de roi qui, comme lui, rev�nt � l'�ternel de tout son coeur, de toute son �me et de toute sa force, selon toute la loi de Mo�se; et apr�s lui, il n'en a point paru de semblable." ) aux h�r�tiques de son temps, qui sont des pr�tres qui ont voulu adorer dieu sur des monts autres que le mont du temple de J�rusalem (Ch. 23 verset 20):
"Il immola sur les autels tous les pr�tres des hauts lieux, qui �taient l�, et il y br�la des ossements d'hommes. Puis il retourna � J�rusalem".
Le m�me bon roi Josias s'�tait d'ailleurs lui aussi, comme l'inquisition, occup� aussi des "sorci�res" de son temps: (Ch. 23 verset 24):
"De plus, Josias fit dispara�tre ceux qui �voquaient les esprits et ceux qui pr�disaient l'avenir, et les th�raphim, et les idoles, et toutes les abominations qui se voyaient dans le pays de Juda et � J�rusalem, afin de mettre en pratique les paroles de la loi, �crites dans le livre que le sacrificateur Hilkija avait trouv� dans la maison de l'�ternel".
Aujourd'hui, certains catholiques mod�r�s et des protestants voudraient se distancer des agissements de l'inquistion et des chasseurs de sorci�res protestants, et affirment que l'ex�cution par le feu d'h�r�tiques et de sorci�res n'a rien de chr�tien. H�las, force est de constater que les inquisteurs et leur imitateurs protestants agissaient conform�ment aux enseignements des textes fondateurs de leur religion, et beaucoup, sans doute la vaste majorit� mais en tout cas les plus c�l�bres comme Bernard Gui, Torquemada, et plus tard le Cardinal Bellarmino, �taient des hommes d'une grande int�grit� et certainement de bonne foi, sinc�rement convaincus d'agir pour le bien, m�me si ce bien �tait la volont� cruelle de leur dieu cruel.
Les chr�tiens qui essayent aujourd'hui de dissocier christianisme et inquisition oublient aussi que le personnel de l'inquisition fut fourni essentiellement par deux ordres religieux qui existent encore de nos jours, et qui sont g�n�ralement tr�s populaires dans les milieux chr�tiens de l'Occident de l'aube du 21� si�cle: les Franciscains et le Dominicains. Ces deux ordres pauvres, fond�s au d�but du XIII� si�cle, avaient d�j� plusieurs milliers de membres en 1231. D'apr�s [R�f�rence], ces deux ordres �taient aussi irr�prochables l'un que l'autre, menant une vie pure, pleine de z�le religieux, � l'abri de toute corruption. Leurs principes fondamentaux sont: la pauvret�, le travail, l'humilit� et la charit�. Il est donc naturel que le Pape se tourne vers ces chr�tiens int�gres pour combattre l'h�r�sie et la sorcellerie. D�s 1244, les deux ordres d�pendent uniquement de Rome. Les �v�ques �taient oblig�s de donner l'absolution � tout Dominicain ou Franciscain qui la demandait, sauf en cas de telles �normit�s que le pape seul pouvait �tre juge. Les prieurs des deux ordres mendiants sont eux autoris�s � absoudre leurs fr�res de toutes les censures qui auraient pu leur �tre inflig�es et m�me de relever les ordres d'excommunication. En 1296, cette autonomie des ordres mendiants fut renforc�e par une bulle papale qui lib�rait formellement les Dominicains et Franciscains de toute jurisdiction �piscopale et les statuts des ordres furent d�clar�s �tre les seules lois par lesquelles ils pouvaient �tres jug�s. L'�glise avait ainsi � son service une v�ritable arm�e d'hommes enti�rement d�vou�s � sa cause. Les premiers inquisiteurs furent tous Dominicains, mais dans les d�cennies qui suivirent, les postes d'inquisteurs furent, dans de plus en plus de pays, r�partis entre les deux ordres.
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D�s qu'elle obtient l'autorisation de pratiquer la torture, l'inquisition est en droit de juger et de torturer les hommes d�s 14 ans, et les femmes d�s 12. Plus tard, l'Inquisition Espagnole supprimera cette discrimination, et, dans un soucis d'�galit� des sexes qui est tout � son honneur, s'autorisa � juger et � soumettre � la torture les enfants des deux sexes d�s 10 ans. Pour torturer et juger des enfants plus jeunes, l'inquistion �labora des stratag�mes l�gaux, le plus courant �tait celui de nommer un "curateur" qui avait la tutelle de l'enfant, et qui ensuite "assistait" l'enfant au cours de son proc�s. Il y a eu des cas d'enfants de 7 ans accus�s, tortur�s et condamn�s comme h�r�tiques. Les enfants d'h�r�tiques �taient g�n�ralement consid�r�s comme h�r�tiques eux-m�mes. Si leur �ge ne leur permettait pas d'�tres tortur�s et jug�s, ils �taient "endormis": on les pla�ait dans un bassin d'eau ti�de, on les ligotait, et on leur coupait les art�res aux poignets. Cette m�thode �tait consid�r�e comme particuli�rement "mis�ricordieuse" par les inquisiteurs.
Image � droite [cliquer pour agrandir] : Saint Dominique pr�sidant un tribunal de l'inquistion, dans une belle image de l'�poque |
1237 - On d�terre et br�le des cadavres
A Toulouse, alors que la guerre contre l'h�r�sie cathare est encore en cours, l'inquisition veut montrer que m�me la mort ne mets pas l'h�r�tique � l'abri de l'inquistion. L'on fait exhumer les corps de plusieurs personnes, dont des nobles, et, apr�s avoir d�clar� qu'ils sont morts en �tat d'h�r�sie, les fait trainer sur la place du March�, o� ils sont br�l�s.
L'id�e de d�terrer des cadavres pour les br�ler aura un franc succ�s, et continuera � �tre pratiqu�e tant par l'inquisition m�di�vale que, plus tard, par l'Inquistion Espagnole.
1251
Le pape Innocent IV autorise enfin l'inquisition � pratiquer la torture. L'obtention d'aveux de culpabilit� en est grandement facilit�e. L'inquisition peut prononcer, sur la base d'aveux arrach�s par la torture, des peines allant d'une simple pri�re ou un je�ne jusqu'� la confiscation des biens et m�me la prison � vie. Par contre, elle ne peut prononcer de condamnation � mort. Avec une subtilit� tellement caract�ristique de l'�glise catholique, l'inquisition peut par contre "passer" un h�r�tique au bras s�culier de la justice pour une condamnation � mort sur la base des aveux obtenus sous la torture par l'inquisition. Cette subtilit� de proc�dure permettra � l
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