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Post� le samedi 10 novembre 2007 @ 11:29:14 by AnarchOi Contributed by: AnarchOi
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Source : The Alarm, Dimanche 27 Septembre, 1896, p. 3.
L'ouvrier, dont les muscles et la force sont tellement admir�s par la
p�le et ch�tive prog�niture bourgeoise, mais dont le travail suffit �
peine � lui maintenir la t�te hors de l'eau, se marie seulement pour
avoir � la maison une femme et une m�nag�re, qui, r�duite en esclavage
du matin au soir, doit concentrer ses efforts pour maintenir au plus
bas le niveau des d�penses. Elle est tellement us�e par ses efforts
continuels pour permettre au mis�rable salaire de son mari de les faire
vivre tous les deux qu'elle en devient irritable et n'est tr�s vite
plus en mesure de r�pondre aux demandes d'affection de son mari et
ma�tre qui, h�las! Arrive assez vite � la conclusion que ses plans ont
�chou�s et se met donc � penser que son mariage est un �chec.
UNE SPIRALE DE PLUS EN PLUS FORTE
Les d�penses allant en augmentant au lieu de diminuer, la femme, qui a
perdu la force qu'elle avait au d�but du mariage, commence � se sentir
trahie, et les soucis et la crainte de la famine ont raison de sa
beaut� peu de temps apr�s son mariage. Elle se d�courage, d�prime,
n�glige son travail domestique, et comme il n'y a aucun lien d'amour ni
d'affection entre elle et son mari qui leur permettrait de faire face �
la mis�re et � la pauvret� de leurs vies, au lieu de s'accrocher l'un �
l'autre, ils deviennent deux �trangers l'un � l'autre, de plus en plus
attentifs � leurs fautes respectives. Au contraire du millionnaire,
l'homme ne peut s'�vader vers son club, mais il va au bar noyer sa
mis�re dans un verre de bi�re ou de whisky. La partenaire malheureuse
de cette mis�re, trop honn�te pour chercher du r�confort dans d'autres
bras, et trop pauvre pour s'autoriser une quelconque distraction ou
loisir, reste dans cet environnement sordide et � peine entretenu
qu'elle appelle sa maison, � pleurer am�rement sur la folie qui a fait
d'elle la femme d'un pauvre. Et pourtant, il n'y a aucun moyen qu'ils ne se s�parent.
MAIS ILS DOIVENT FAIRE AVEC
Si exasp�rants que soient les liens avec lesquels l'Eglise et l'Etat
les ont enchain�s l'un � l'autre, ils ne peuvent �tre bris�s, sauf si
les deux personnes d�cident de leur permettre d'�tre rompus.
Et
quand la Loi a suffisamment piti� pour d�faire leurs liens, c'est que
tous les d�tails de leur vie priv�e ont �t� mis � jour. La femme est
condamn�e par l'opinion publique et sa vie toute enti�re est ruin�e. La
peur de cette disgr�ce l'entraine souvent � plier sous le poids des
contraintes de la vie maritale sans oser �mettre une seule plainte
contre le monstrueux syst�me qui l'a bris�e comme tant de ses soeurs.
Les bourgeois endurent ce syst�me pour �viter le scandale, les pauvres
pour �pargner leurs enfants et par peur de l'opinion publique. Leurs
vies ne sont que mensonge et hypocrisie.
La femme qui vend
ses faveurs est libre de quitter quand elle veut l'homme qui les
ach�te, tandis que � la femme respectable � ne peut se lib�rer d'une
union qui l'humilie.
Toutes les unions artificielles qui ne
sont pas consacr�es par l'amour rel�vent de la prostitution, qu'elles
soient sanctionn�es ou non par l'Eglise et la soci�t�. De telles unions
ne peuvent avoir qu'une influence d�gradante � la fois sur la morale et
la sant� de la soci�t�.
LE COUPABLE, C'EST LE SYST�ME
Ce
syst�me qui force les femmes � vendre leur f�minit� et leur
ind�pendance au plus offrant n'est qu'une ramification du m�me syst�me
infernal qui permet � quelques uns de vivre sur les richesses
produitent par leurs semblables, dont 99 % doivent travailler et se
r�duire en esclavage du matin au soir pour un salaire � peine suffisant
� leur survie, cependant que les fruits de leur travail sont absorb�s
par une minorit� de vampires d�soeuvr�s qui vivent entour�s de tout ce
que le monde compte de plus luxueux .
Arr�tons nous un moment � la contemplation de ces deux images du syst�me social en vigueur au XIX�me si�cle.
Regardons les maisons bourgeoises, ces endroits magnifiques dont la
vente du seul ameublement pourrait subvenir aux besoins de centaines
d'hommes et de femmes . Regardez les soir�es et les diners des enfants
de ces bourgeois, dont un seul plat aurait suffit � nourrir des
centaines d'affam�s pour qui un repas d'eau et de pain est un luxe.
Regardez ces fanatiques de la mode, passer leur temps � inventer de
nouveaux moyens de s'amuser : sorties au th��tre, bals, concerts,
yachting, courant d'une partie � l'autre du globe dans une recherche
folle de gaiet� et plaisirs. Et alors tournez vous un moment et
regardez ceux qui produisent la richesse qui paie ces divertissement
excessifs et artificiels.
L'AUTRE C�T� DU MIROIR
Regardez les, entass�s dans des caves sombres et humides o� jamais
n'arrive le moindre souffle d'air frais, v�tus de guenilles, trainant
leur mis�re du berceau au tombeau, leurs enfants vagabondant dans les
rues, nus, affam�s, sans personne pour leur adresser la moindre parole
d'amour ni leur offrir la moindre tendresse, grandissant dans
l'ignorance et la superstition, maudissant le jour de leur naissance.
Regardez-les, ces deux images! Vous les moralistes et les philantropes,
et dites moi qui doit �tre bl�m� pour cela! Ceux qui sont conduit � se
prostituer, l�galement ou pas, ou bien ceux qui conduisent leurs
victimes � tant de d�sespoir?
Le probl�me, ce n'est pas la
prostitution, mais la soci�t� elle-m�me, ce syst�me injuste port� par
la propri�t� priv�e, l'Etat et l'Eglise. Ce syst�me du vol l�galis�, du
meurtre et du viol de la femme innocente et de l'enfant sans espoir.
LE REM�DE AU FL�AU
Tant que nous ne nous serons pas d�barrass�s de ce monstre, nous
n'arriverons pas � bout de ce qui gangr�ne le S�nat et les
administrations, les demeures des bourgeois comme les masures des
pauvres. L'humanit� doit �tre consciente de ses forces et de ses
capacit�s, elle doit se lib�rer pour commencer une nouvelle vie,
meilleure et plus noble.
La prostitution ne sera jamais
d�truite par les m�thodes du r�v�rend Parkhurst et des autres
r�formateurs. Elle existera tant que le syst�me actuel le nourrirra.
La femme ne sera autonome et ind�pendante que lorsque ces r�formateurs
uniront leurs efforts avec ceux qui luttent pour abolir le syst�me qui
engendre le crime sous toutes ses formes et en construire un bas� sur
l'�galit� totale, un syst�me qui garantit � chaque homme, femme ou
enfant le fruit de son travail et exactement les m�mes droits de
profiter des cadeaux de la nature et d'avoir acc�s � la meilleure des
�ducations. Alors, sa sant� ne sera plus affect�e par l'esclavage et le
labeur sans fin et, elle ne sera plus la victime de l'Homme, tandis que
l'Homme ne sera plus poss�d� par des vices ou des passions
artificielles et contraires � son bien-�tre.
LE R�VE ANARCHISTE
Chacun devrait entrer l'�tat de mariage en position de force et avec
une enti�re confiance morale en l'autre. Chacun aimerait et estimerait
l'autre, et soutiendrait son travail, pas seulement pour son propre
bien-�tre, mais aussi parce que, �tant heureux ensemble, ils
d�sireraient le bonheur universel de tous. La prog�niture de ces unions
serait forte et en bonne sant� morale et physique, et respecterait et
honorerait ses parents, pas seulement parceque c'est son devoir, mais
parceque leurs parents le m�ritent.La communaut� toute enti�re
prendrait en charge leur �ducation et leur porterait attention, et ils
seraient libres de suivre leurs penchants, et il ne serait pas
n�cessaire de leur apprendre la flagornerie et les techniques de base
pour s'attaquer � leurs semblables. Leur objectif dans la vie serait,
non pas d'acqu�rir du pouvoir sur leurs fr�res, mais de gagner l'estime
et les respect de chaque membre de la communaut�.
LE DIVORCE ANARCHISTE
Si l'union d'un homme et d'une femme se r�v�lait insatisfaisante et
d�sagr�able pour eux, ils pourraient se s�parer de fa�on douce et
calme, et n'auraient pas besoin de d�t�riorer les quelques liens du
mariage en continuant une union peu agr�able.
Si, au lieu de
pers�cuter les victimes, les r�formateurs d'aujourd'hui s'unissaient
pour �radiquer le probl�me, la prostitution ne d�shonorerait plus
jamais l'humanit�.
Supprimer une classe et en prot�ger une
autre n'est pas que pure folie. C'est un crime. Ne d�tournez pas la
t�te, vous, hommes et femmes moralistes. Ne vous laissez pas influencer par vos pr�jug�s : consid�rez la question d'un point de vue objectif .
Au lieu de faire usage de votre force inutilement, donnez donc un coup
de main � l'abolition de ce syst�me corrompu et malade.
Si la
vie maritale ne vous a pas priv�-e de tout honneur et estime
personnelle, si vous �prouvez de l'amour pour ceux que vous appellez
vos enfants, vous devez, pour votre salut et celui des v�tres lutter
pour l'�mancipation et l'�tablissement de la v�rit�. Alors, et
seulement alors, le mariage cessera d'�tre un fl�au.
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