Un journal purement révolutionnaire  
      Accueil    Download    Soumettre un article
  Se connecter 10 visiteur(s) et 0 membre(s) en ligne.


  Posté le Thursday 08 March 2007 @ 04:21:29 by anarkorevolter
Contributed by: anarkorevolter
Anti-CPE
Pour se souvenir des bons moments, se remotiver pour la suite et tirer les leçons des erreurs commises...


"si t’es contre le cpe, tape dans tes mains"...

Le mardi 7 février, première manif à l’appel des centrales syndicales, entre 5 000 et 15 000 personnes, peu d’étudiant-es. À ce moment, les réunions d’information sur le CPE organisées à la fac Lyon II [1] par les syndicats étudiants regroupent péniblement une centaine de personnes, assez vite saoulées par les discours des apprentis tribuns des diverses tendances gauchistes locales (UNEF, FSE – qui rassemble d’assez intéressants spécimens staliniens au sens propre du terme – LO, LCR). L’AG interpro à la fin de la manif est un peu bordélique, mais arrive quand même à tomber d’accord pour appeler à une manif le jeudi.

Le mercredi l’affreux Villepin viole les nobles principes démocratiques qui veulent que ce ne soit pas un type qui décide tout seul de la vie de 60 000 000 d’administré-es, mais 500 délégués du peuple, en utilisant le fameux « 49-3 ». Malheureusement il semble que le peuple lyonnais ne soit pas prêt à prendre les armes pour défendre la république en danger, et seul un millier de personnes manifesteront le jeudi ; au cas où l’esprit des Canuts et de Jean Moulin se serait subitement réveillé [2], la préfecture avait fait suivre le cortège par une quinzaine de véhicules de flics, préfigurant l’important dispositif porcin qui allait être une constante des manifs lyonnaises. Dans le genre « tous ensemble, tous ensemble, ouais ! ouais ! », on notera aussi la présence (timide) du PS et d’un SO relou.

Le rythme manif mardi-jeudi se met gentiment en place, et le 14 il y a à peu près autant de monde que le 9, essentiellement des lycéen-es, quelques étudiant-es, pas forcément les mêmes qui étaient à l’AG UNEF-SUD-FSE du matin à la fac de Bron [3]. Pas vraiment de syndicat sauf la CNT (présente à toutes les manifs). On peut assister à un concours du cortège le plus affligeant qui oppose l’UNEF à sa petite soeur lycéenne : une dizaine de diant-diant semble vraiment (c’est ça le pire) se faire plaisir avec des « si t’es contre le CPE tape dans tes mains », tandis que la FIDL nous a gracieusement envoyé de Paris un camion sono et un Gentil Organisateur qui passe de la soupe à la mode à des lycéen-es qui ne savent pas encore qu’une manif qui déborde est incomparablement plus festive qu’une boîte de nuit.

Le lendemain, mercredi 15, une centaine de personnes se retrouvent devant le rectorat pour « accueillir » le ministre de Robien. Même si la plupart sont encartées et que les flics sont plus nombreux, le principe de l’« action » était intéressant : pas de délégation, on ne veut pas discuter, on veut bloquer...

Le même jour, circule un appel à se rassembler le lendemain matin pour débrayer des lycées. C’est écrit : « si ça ne marche pas cette fois, on recommencera ». Le matin on doit bien être 7 ; on recommencera...

Le jeudi 16 après-midi, même manif que le mardi, puis tout le monde part au ski pendant deux semaines, fin du premier acte (attendez, partez pas, ça a pas l’air terrible jusqu’ici mais après ça s’améliore !).

c’est (re)parti !

On reprend le 7 mars, avec le « temps fort syndical ». 15 000 personnes dans la rue, gros cortège rouge et noir (500 personnes). L’AG qui suit à la bourse du travail désigne un « comité de lutte », et appelle à des « actions dont les modalités restent à déterminer », tout ça autour du mot d’ordre « retrait du CPE ». Dans les jours qui suivent, les AG à la fac de Bron désignent un groupe (par contre je pourrais pas vous dire si c’était une commission, un comité, ou autre organe du genre) chargé de mettre en place une action dite « anti-medef », au sens large, c’est-à-dire qu’elle pouvait frapper les intérêts du patronat où qu’ils se trouvent (bon ok, c’est pas tout à fait comme ça qu’elle a été présentée). Toujours est-il qu’a circulé un appel à occupation d’un « bâtiment symbolique » pour le lundi 13. Les termes de l’appel sont assez intéressants pour illustrer à la fois l’évolution du mouvement et ses différentes tendances : l’action se devait d’être « non-violente », mais se trouvait justifiée par le principe « sans justice, pas de paix » ; les revendications ont été étendues au CNE, à la précarité, au retour du statut de pion dans les collèges et lycées et au soutien aux révoltes populaires de novembre !

Le lundi matin 70 personnes se retrouvent à Bellecour, ainsi qu’une ou deux caméras et un ou deux RG. Ça part en footing sur quelques centaines de mètres, ce qui affole plus les journaleux que les keufs, direction le local de l’UMP rue Herriot. Là un groupe de complices est déjà dans la place [4], donc une partie des joggeur-es peut investir les lieux. Les occupant-es ne savent pas trop quoi faire une fois rentré-es, le choix étant largement restreint par la présence des caméras (journaliste et flic ; journaliste = flic...). Certain-es balancent les affiches de Perben et Sarkozy par les fenêtres – affiches que celleux qui sont resté-es en bas se chargent de brûler, d’autres exproprient une caisse de rouge et des bombes de peintures.

Comme les flics ne semblent pas être prêts à intervenir, et que le groupe d’occupant-es préfère ne pas les attendre, tout le monde se regroupe et défile joyeusement sur quelques centaines de mètres, pour se retrouver place de l’Opéra. La cible la plus proche est alors l’agence ANPE Terreaux, et un conseil improvisé est en train de se mettre d’accord pour aller y faire un tour quand une demi douzaine de voitures de flics débarquent. Là ça va très vite, les condés commencent à encercler, quelques manifestant-es descendent dans une bouche de métro, un keuf cravaté gueule à ses gorilles blindés « arrêtez-les », et tout le monde s’envole vers les pentes de la Croix Rousse, sauf quelques personnes qui se font embarquer, faute de réaction collective et solidaire. Le temps pour les échappé-es de se regrouper et d’envoyer des émissaires à la fac pour rameuter les participant-es à l’AG pour venir soutenir les camarades enfermé-es, et quelques dizaines de personnes se rassemblent devant le commico du premier arrondissement. Les flics s’y attendaient pas, et il n’y a pas de comité d’accueil, ce qui permet à deux trois énervé-es de mettre des coup de lattes dans la porte fermée, avant que quelques keufs sortent et se postent devant l’entrée. « Libérez nos camarades », « les enfants de Cayenne », « l’internationale », « police nationale, milice du capital », les assiégeant-es révisent leurs classiques. Enfin, environ une heure après, une centaine de personnes arrivent de la fac, renforçant la pression. Les « leaders étudiants », qui n’ont évidemment pas participé à l’action, profitent de la présence des journaleux pour accroître leur capital médiatique en donnant des interviews ; les flics prennent des photos depuis les étages et renforcent leur présence devant le bâtiment (il semblerait qu’un troupeau de lardus ait été interrompu dans sa séance de natation pour venir filer un coup de main à leurs collègues). Le secrétaire départemental de FO intervient en faveur de la libération des 8 personnes interpellées, poursuivies pour violence (imaginaire) envers un umpiste, dégradation et vol (le carton de vin). La maire du premier arrondissement vient faire sa belle devant les caméras et s’entretenir avec le condé-en-chef. Finalement, les 8 sont relâché-es au compte goutte, et la plainte pour violence est abandonnée. À ce jour (février 2007), pas de nouvelles de poursuites judiciaires.

"la fac, faut qu’ça rock"

Sentant le mouvement s’intensifier, et après avoir participé au début d’occupation de Bron, un groupe d’une dizaine de personnes décide le lundi soir d’aller occuper Lyon II sur les quais. Rien de bien compliqué en fait : passer deux trois coups de fils, attendre gentiment que le dernier cours de l’amphi choisi se termine, y entrer, et une fois que les derniers étudiants sont sortis, barricader. Là on peut faire la teuf un petit moment, genre boire les bouteilles de l’UMP (pas à la hauteur de ce qu’on pouvait imaginer il faut bien le dire) avec certaines des personnes arrêtées pour fêter leur sortie. Et ensuite les choses sérieuses commencent avec l’arrivée de la BAC qui tourne autour de la fac, puis du président de l’université. Celui-ci est un peu énervé, d’autant plus qu’il avait négocié avec l’AG qu’il n’y aurait pas d’occupation de nuit, en échange de l’arrêt de la pénalisation des absences et du contrôle continu ; c’est bête les occupant-es n’étaient pas à l’AG... Voyant que cet argument (la menace ne sera d’ailleurs pas mise à exécution) n’a pas l’air de les convaincre, Puech (le président), commence à parler d’intervention des forces de l’ordre, mais se ravise finalement quand les occupant-es récupèrent des barrières de chantier pour monter des barricades. À la retraite quelques jours plus tard, il n’a visiblement pas envie de finir son mandat avec l’assaut de sa fac assiégée. Donc il finit par se barrer, expliquant que si le lendemain des dégradations sont constatées il virera tout le monde (mais à force de pas tenir ses promesses de répression il est de moins en moins crédible).

Du coup pendant la nuit ça discute de la suite à donner à l’occupation, ça renforce les barricades devant les portes de l’amphi avec le mobilier des salles de cours, et ça prépare l’accueil des étudiant-es le lendemain. Une grande banderole festive « la fac, faut qu’ça rock » sur la façade et une plus agressive « si tu cherches un emploi stable, la police recrute » dans le patio sont déployées, et une pancarte à l’entrée de l’amphi indique que les occupant-es se reconnaissent dans la tendance « ni cpe, ni cdi » du mouvement.

Pendant la nuit il a semblé que c’était une bonne idée d’occuper « l’amphi le plus classe de Lyon » (Laprade pour les connaisseur-es), mais au matin il s’est avéré que dans l’amphi le plus classe de Lyon, c’est les étudiant-es les plus abruti-es et les plus bourgeois-es de Lyon qui ont cours. A part quelques un-es qui semblent intéressé-es par la transformation de leur salle de cours en dortoir, cuisine et lieu d’activité (projection prévue l’après-midi), la grande majorité est clairement hostile (même une connasse avec un sac « che guevara »). Matinée éprouvante pour les occupant-es : se taper des discussions stériles avec des fils et filles de bourges au réveil après deux heures de sommeil c’est pas la joie, heureusement qu’il y a leur gueule déconfite devant l’impossibilité d’aller en cours (l’horreur !), et quelques perles dans la conversation (« La misère ça se vit tout seul. Moi j’ai d’la thune et j’vous emmerde »).

L’après midi du mardi 14 a lieu une AG sur les quais, mais celle-ci est investie par les étudiant-es vénères que leur amphi soit occupé, et l’UNI peut même s’y faire applaudir, sans que ça ne choque outre mesure ceux et celles qui sont sensé-es être là pour organiser une lutte. L’AG (environ 300 personnes) vote donc la fin de l’occupation de l’amphi, dont les protagonistes partent dégouté-es, après avoir essayer de botter le cul d’un mec de l’UNI pour se défouler. Pour parfaire son ridicule, l’AG vote aussi le « blocage filtrant » (un an après j’ai toujours pas compris en quoi ça pouvait bien consister) et un appel à la grève des IATOS (tiens j’aimerais bien voir la réactions des diant-diant-es si les IATOS les appelaient à faire grève en solidarité, nan mais y doutent de rien...).

Le point positif c’est que le matin l’AG de Bron a voté le blocage avec occupation, sûrement boostée par la prise de Laprade. En plus l’administration déclare la fermeture administrative des campus de Bron et des quais, sans qu’on sache exactement à quoi c’est dû : une nana qui se serait blessée en essayant de franchir une barricade à Bron, l’occupation sauvage des quais ou les rumeurs de débrayage par la manif lycéenne de l’après-midi...

dans les lycées, ça swing grave

Chouette manif d’ailleurs, puisque la FIDL et l’UNEF, qui y avait appelé initialement ont finalement renoncé à y participer, du coup il y avait quand même environ 150 personnes, essentiellement des lycéen-nes, sans SO et sans trop de flics. Donc ça part de Bellecour bien dynamique, sans parcours déposé à la pref’, ce qui permet d’aller débrayer un premier lycée (Récamier à Perrache). Pas de casse à l’intérieur, il faut dire que y’a pas mal de caméra et d’appareil photo journalistico-policiers. Ça repart sur Ampère Bourse, sauf que là l’administration a fermé la porte d’entrée. Qu’à cela ne tienne, les manifestant-es attendront l’heure de la sortie. Mais l’administration a prévu le truc : elle se sert du sas d’entrée, que les manifestant-es investissent aussitôt la porte ouverte. Après avoir pété une caméra de surveillance et mis deux trois coups de pied dans la deuxième porte, la solution vient d’un lycéen habile qui avec son couteau suisse l’ouvre en douceur. Donc ça part joyeusement en courant dans les couloirs, ne tenant pas compte des récriminations des proviseurs et CPE du lycée. A bout d’un moment, après avoir fait le tour de toute les salles [5], le mot passe que l’administration veut enfermer les manifestant-es à l’intérieur en attente des flics. Une porte arrière donnant sur les quais a permis à tout le monde de se barrer avant, à ma connaissance.

Pendant ce temps, l’AG de l’IEP se prononce pour le retrait du CPE et du CNE...

fac occupée, fac libérée

Le mercredi 15 mars, Lyon II est donc fermée administrativement, mais les étudiant-es négocient avec la présidence la réouverture pour pouvoir occuper. Cette dernière accepte à condition qu’un seul amphi soit occupé la nuit, l’amphi Cassin, isolé des autres bâtiments, et laisse les bâtiments stratégiques fermés (BU, cafeteria, resto U, salles informatiques).

Du coup le soir quelques dizaines de personnes dorment sur place, et sont rejoints par 200 autres au matin, pour bloquer totalement ce campus réputé imblocable. Finalement, cadenas, mobilier, poubelles et sabotage auront raison de l’architecture préventive de ceux qui dans les années soixante-dix croyaient avoir trouvé la réponse aux mouvements étudiants. Une seule entrée est laissée libre pour permettre d’assister aux activités (projection, bouffe, débats...). Il y a peu de tensions avec les anti-bloqueurs, une partie des étudiant-es venu-es pour aller en cours rejoignant l’occupation et une autre promettant de revenir aux manifs. Les seules oppositions sont le débloquage d’un amphi, vite rebloqué, par des étudiant-es de l’IUT et un feu de poubelle déclenché par des militants de l’UNI ( !). Suite à ces quelques incidents, un service de sécu est mis en place, et les « patrouilles anti-uni » et les checkpoints où des gens tapent le carton donnent un petit côté « guerilla sud-américaine » assez sympathique, manquent plus que les casquettes militaires et les kalachnikovs. Sinon, les activités à l’intérieur c’est les diverses commissions, les films, les débats, un training « comportement en manif », et quelques guitares avec leur chevelu.

Ce jeudi 16 les lycéen-nes de Sembat à Vénissieux débrayent, et viennent rendre une visite à la fac occupée à Bron. L’UNEF panique, prévient la sécurité de la fac pour des soi-disant bris de rétro sur le parking, et celle-ci appelle les flics pour des voitures en feu ! Les condés rappliquent en nombre, (4 voitures, 5 camions, plus deux BAC), et l’occasion est à nouveau manquée de créer de véritables liens entre les lycéen-nes dynamiques et les étudiant-es structuré-es. Alors qu’il semblerait que seules deux chaises cassées soit « à déplorer », l’AG diant-diante (1000 personnes) votera quand même une motion dénonçant la casse (et se prononcera contre la violence en manif)...

La reconduite du blocage est aussi votée, ainsi que la négociation (avec la CGT ?) pour obtenir des trains gratuit pour aller à la manif centrale à Paris, la demande de réouverture des bâtiments fermés par l’administration, l’affirmation du soutien réciproque avec l’AG des personnels de la fac, le débrayage de Lyon III, et le fait que le mouvement continuera même en cas de retrait du CPE. Le même jour l’AG de l’IEP vote le blocage, mais la présidence décide d’une fermeture administrative.

syndicats gestionnaires : "des fanions, pas des réunions"

La manif de l’après-midi rassemble 8000 personnes, et un certain nombre d’étudiant-es ont décidé de former un cortège « ni cpe ni cdi » (« le CPE on s’en fout, on veut plus de patron du tout »), juste devant celui de la CNT. À nouveau les flics sont massivement de sortie, encadrant les cortèges lycéen et « anar » avec des rangées de civils.

Dans cette manif, comme dans d’autres, FO joue la récup’ à fond, distribuant allègrement drapeaux et autocollants, heureusement vite détournés (la plupart des autoc’ sont collés après avoir déchiré la mention FO et certain-es lycéen-nes ne gardent que l’anse des drapeaux !).

A l’arrivée place Guichard, la bourse du travail est fermée par la CGT par craintes de débordements, donc pas d’AG post-manif. Du coup des lycéen-nes continuent la manif pour aller bloquer le tram. Illes se font vite encercler par les keufs et le SO de l’UNEF empêche le reste des manifestant-es de les rejoindre et de les soutenir !

ça bouge à Lyon II, ça frémit ailleurs

Le vendredi le blocage de Bron tient bon, une centaine de personnes y ont dormi, 300 les rejoignent le matin.

Lyon I commence à bouger, un peu : un communiqué annonce que « Le président soutient inconditionnellement le mouvement. Les étudiants sont dispensés de TD pendant les AG et manifs. » ( !).

A Lyon III, un comité de mobilisation est formé, et il y a des barrages filtrant à l’entrée de la fac... tenus par la sécu... (dans ce cas là je vois bien ce que c’est un barrage filtrant par contre). Pour donner une idée de l’état de la mobilisation dans cette fac, il suffit de dire que là-bas l’UNEF est quasi clandestine car considérée comme subversive, les moyens d’action qui lui reste sont de proposer le port d’un « brassard anti-CPE »...

L’AG de Lyon II est toujours aussi schizophrène, elle vote en vrac :
- le fait que des délégués de syndicats patronaux puissent assister aux AG, si réciprocité !
- une motion « anti-bureaucrate » (rotation de la tribune)
- le démarchage des syndicats cheminots pour les trains pour Paris et une demande d’aide financière à la mairie.
- un appel aux lycéens et banlieusards pour les manifs.
- le maintien du SO (de justesse après l’attitude du SO UNEF le jeudi, l’AG lui demande quand même des excuses...)

la première vitrine, la première grenade, la première barricade...

La manif du samedi 18 est la plus grosse à Lyon jusqu’ici, avec environ 25 000 participant-es (dont un millier dans le cortège rouge et noir). Mais c’est surtout l’après manif qui est particulier : juste à l’arrivée place Bellecour, laissant à peine le temps aux syndicats de remballer leur matos (alors qu’une AG devait se tenir en plein air avec la sono de la cégèt’), avait lieu une manifestation de nationalistes turcs contre la reconnaissance du génocide arménien. Environ 5000 personnes, avec des drapeaux turcs et français et des pancartes négationnistes, faisant le signe du mouvement fasciste turc des « loups gris », se massent sur le centre de la place. Plusieurs centaines de manifestant-es « anti-cpe » expriment leur hostilité, et un important cordon d’une bonne centaine de gardes mobiles s’interpose entre les deux. La tension monte, les nationalistes turcs tentent plusieurs fois de charger les contre-manifestant-es, mais sont retenus par leur impressionnant SO (c’est pas très agréable d’être protéger par un SO et des flics, mais il faut bien avouer que sans ça on se serait fait rétamer). Finalement les mobiles repoussent les contre-manifestant-es à coup de lacrymo pour permettre aux fascistes de défiler (en parlant de fascistes, un petit groupe de spécimens locaux se trimbalait aussi dans le coin, attendant on sait pas trop quoi).

La contre manif suit le parcours dans des rues parallèles, pour arriver aux Terreaux, où la tension monte encore d’un cran : les nationalistes balancent les chaises des terrasses, une vitrine tombe, des petits groupes de lascars du quartier et de manifestant-es du matin commencent à monter une barricade sommaire rue Romarin, profitant de l’occas’ pour affronter les flics, et ils sont soutenus par certain-es habitant-es qui leur ouvrent les portes des traboules pour leur permettre de se barrer lors des charges de gardes mobiles. Plusieurs personnes se feront tout de même arrêtées côté « anti-cpe », accusées d’avoir balancer une barrière de chantier sur les keufs. Devant le caractère manifestement arbitraire de l’arrestation de deux d’entre elles, et la mobilisation de quelques personnes venues chercher de leurs nouvelles au commico, elles sortiront après une nuit de garde-à-v’ et avec une convocation en maison de justice pour octobre, où elles seront condamnées à une amende de quelques centaines d’euros.

Première manif qui déborde à Lyon, même si c’est dans des conditions particulières.

[1] Pour situer grossièrement le paysage universitaire lyonnais, Lyon I c’est le sciences dures (et c’est apolitique), Lyon II les sciences humaines (apolitique de gauche) et Lyon III le droit et les langues (apolitique de droite et politisée d’extrême droite).

[2] Bon, si vous le permettez, je vais abandonner là le style citoyenniste révolutionnaire...

[3] Le campus de Lyon II est divisé entre un partie en centre ville (les quais) et une autre en banlieue lyonnaise, à Bron.

[4] ... grâce à un subtil stratagème qui a consisté à prendre un rendez-vous bidon, malheureusement ça n’aura été subtil qu’à moitié, puisque c’était sous un vrai nom, la personne se fera plus tard convoquer au commico.

[5] ... et même de la bibliothèque, où un prof s’était réfugié en panique ; après avoir défoncé la porte, les assaillant-es ont fait marche arrière, déçu-es, pensant certainement trouver quelque chose de plus intéressant que des bouquins scolaires à piller.




2ème PARTIE : DU 21 AU 27 MARS
à Bron le blocage tient, malgré la présidence

Côté diant-diant, pas grand chose à signaler pour le mardi 21 mars : l’AG revote l’occupation de nuit, Puech menace de faire intervenir les CRS. On peut quand même noter que les questions du contrôle bureaucratique des AG et du rôle du SO se posent de plus en plus. Les négociations avec les syndicats pour avoir des trains gratos échouent, ces derniers préférant se concentrer sur les élections professionnelles qui auront lieu le jeudi. La SNCF veut bien affréter 3000 places, à un tarif à négocier, et le PS paierait le reste...

Coté lycéen, comme souvent, c’est plus intéressant : au moins 16 lycées touchés (bloqués, fermés ou perturbés), et une manif (environ 800 lycéen-nes, 200 étudiant-es) qui excite les flics (une dizaine de voitures dont deux avec caméras, 3 fourgons, une cinquantaine de civils en tout genre).

Le 22 mars (certain-es étudiant-es cultivé-es notent l’anniversaire), la situation est contrastée suivant les facs : à Lyon I, les étudiant-es décident de vendre des gâteaux pour financer le mouvement, une AG de 1000 personnes à Lyon III se prononce contre le CPE (victoire ! l’UNEF n’aura pas oeuvré en vain), l’IUT de Bron connaît la première AG de son histoire, l’IEP vote l’occupation de nuit, l’ENS (Ag de 200 étudiant-es sur 500) la grève interprofessionnelle, et joint sa caisse de grève à celle de Lyon II.

À Lyon II, la réaction met la pression : des rumeurs circulent d’une descente de l’UNI le lendemain à 9 h à la fac, soit pendant que tout le monde sera à la gare ou dans les trains, et la présidence envoie un petit mail à tout ses administré-es, reproduit ici in extenso, tellement il est caricatural (même la pref est moins répressive, puisqu’elle a refusé l’intervention des flics à la fac) : «  Le campus de Porte des Alpes a été occupé la nuit du 21 au 22 mars.
Le concours des forces de police pour procéder à une évacuation a été, malgré les dangers pour la sécurité des gardiens et des lieux, refusé à l’Université.

Malgré la mise en place d’un important dispositif de blocage par une coordination étudiante au matin, les campus ont été ouverts ce mardi 22 mars. Le blocage a empêché une majorité d’étudiants de suivre leurs cours.

L’accès à leur lieu de travail a été refusé à certains personnels enseignants ou IATOS.

Jeudi 23 mars, l’Université sera ouverte. Il est demandé aux personnels enseignants et IATOS d’assurer leur service et aux étudiants d’exercer leurs droits dans le respect des libertés de chacun ». Ne dites plus « Bonjour monsieur le président » mais « Crève salope ! », comme on disait à l’époque...

 ». Ne dites plus « Bonjour monsieur le président » mais « Crève salope ! », comme on disait à l’époque...
"tou-te-s à Paris !" (ou pas)

Un autre truc à plus dire, c’est « merci le PS » (enfin perso je l’avais jamais dit) : les crapules socialos ne financeront finalement que 380 billets pour Paris (la SNCF offrant gracieusement une réduction de 50%). Les buros qui ont valeureusement négocié vont pouvoir pratiquer leur clientèlisme habituel pour la distribution de ce maigre butin.

Seulement l’AG commence par voter que si c’est comme ça personne ne part à Paris. Et que tout le monde fout le bordel à la gare... heu enfin pas tout à fait, en fait elle vote le principe d’action « non-violentes » (on n’en sortira donc jamais !) sur la presqu’île. Mais, coup de théâtre, les buros débarquent avec leurs billets dans les mains, font revoter le truc, et obtiennent qu’ont les laissent distribuer l’os à ronger que leur à jeté leur grand frère socialo, au mépris de la réaction collective qui avait été décidé jusqu’ici. L’AG qui ne s’est toujours pas émancipée de la tutelle bureaucratique refuse de voter une dénonciation de ces petites manoeuvres ainsi qu’un communiqué expliquant que le PS et la CGT ont refusé d’aider le mouvement.

Le rendez-vous devant la gare est maintenu le lendemain, pour une tentative d’imposer directement la réquisition de trains, ou servir de point de départ aux actions du matin. Certains aimeraient même venir plus tôt pour empêcher les heureux élus de se barrer tout seuls avec les places PS, mais finalement ça se fera pas (tant mieux, qu’ils se barrent ces jaunes, on se marrera mieux sans eux). Environ 1000 personnes se retrouvent devant la gare Perrache, traversent la galerie commerciale et sont bloquées à l’entrée de la gare par une maigre rangée de condés. Mais les boucliers-matraques-lacrymos semblent plus convaincants et convaincus que les capuches-foulards, donc il n’y aura pas d’affrontements directs à ce moment là. Quelques camarades à casquettes essaient pourtant d’initier les étudiant-es à leur pratique offensive, et à une certaine conception pragmatique et radicale du rapport avec les forces de l’ordre (un lascar, parlant des CRS : « eux ils sont là parce qu’on leur a donné des ordres, nous on sait pourquoi on est là, on est déterminé, on est plus fort qu’eux »). L’arrivée des renforts porcins empêche de justesse l’invasion des voies par une entrée de côté, et les manifestant-es en sont réduit-es à gueuler des slogans, qui se radicalisent avec le niveau de confrontation, et visent aussi bien l’ennemi du moment (la SNCF), que les ennemis structurels que sont l’Etat, les flics et les patrons.

Tout cela ne reste tout de même pas juste symbolique, puisqu’un cheminot syndiqué (à sud ou la cégèt’) informe par téléphone les manifestant-es depuis l’intérieur que tous les trains ont été détournés vers la gare de la Part Dieu.

Une fois qu’il a été clair que la pseudo négociation de la SNCF ne servait qu’à gagner du temps, le cortège s’est rassemblé à nouveau sur la place Carnot. Il semblerait qu’à ce moment une personne ait été arrêtée, mais il n’y a pas plus d’information.

Les buros étant partis à Paris ou rentrés chez eux se préparer pour la prochaine AG, l’auto-organisation s’impose, et les manifestant-es font l’expérience des prises de décisions collectives. Le débat porte sur le choix stratégique de retourner défendre la fac contre une possible descente de l’UNI (des rumeurs circulent depuis la veille), de faire une manifestation sauvage sur la presqu’île ou de viser plus particulièrement le blocage économique. Finalement, sans qu’il soit besoin d’un vote, c’est plutôt la troisième solution qui est retenue, avec dans l’idée de bien montrer aux autorités que le mouvement se constitue en une véritable force, capable de frapper leurs intérêts (« on va leur faire regretter de ne pas nous avoir laisser les trains gratos, le prochain coup on les aura »).

Les plus motivés définissent une cible, le mot circule, et tout le monde part en courant direction le périph’. Les voies sont vite occupées, certain-es commençant à les bloquer avec les blocs de béton armé qui délimitent la chaussée. Les flics arrivent, passent sous la bretelle où sont les manifestant-es, et la tentation est grande de s’en faire un ou deux à coup de blocs de béton, mais manifestement le niveau de conflictualité n’en est pas là à Lyon. Les étudiant-es pacifistes se laissent encercler en bêlant « la police avec nous » ou un truc dans le genre, et la plupart des autres se barrent par un talus, certains jetant quand même quelques morceaux de bétons aux condés. Les pacifistes se font gazer. Le sérum phy de ceux et celles qui savent que la police n’est pas avec nous circule.

Finalement, tout le monde (environ 2000 personnes) se retrouve place Carnot, et ça part en manif sauvage, qui tente de débrayer un lycée, mais les flics sont sur place et trop nombreux.

Arrivé sur le pont de la Guill’, des manifestant-es matérialisent le clivage qui existe entre eux et les forces de l’ordre au moyen de barrières de chantier. Les CRS balancent les lacrymos, que quelques personnes équipées (foulard lunettes etc) tentent de leur renvoyer, et chargent. Le cortège et coupé en deux, mais se réunifiera vers Lyon II, pour continuer à défiler, sans chercher l’affrontement avec les flics, mais en essayant plutôt de les balader, et en retardant leur avancée en balançant sur la route tout ce qui lui tombe sous la main (containers à verre, panneau de signalisation, barrières...).

Au bout d’un moment, on voit réapparaître les petits chefs buros, qui se pointent d’on ne sait où et qui se placent tout naturellement en tête de cortège, avec leur mégaphone. On voit même des abrutis qui s’imaginent reformer un SO et canaliser la manif en faisant la chaîne ! La manif perd donc peu à peu de son intérêt (d’autant que la présence policière est de plus en plus massive), et finit par se dissoudre place Guichard, après que tout le monde s’est donné rendez-vous pour la manif « officielle » de l’après-midi. Quelques gamins qui sortent de leur collège aimeraient bien que ça ne s’arrête pas là : « hé, vous voulez pas retourner notre collège aussi ? ».

la jeunesse emmerde la police nationale

Côté lycéen, ça s’agite aussi pas mal ce jeudi 23 : dans le quartier des Etats-Unis, comme la veille, les lycéen-nes manifestent dans leurs rues, et sont assez violemment réprimé-es par les condés, mais sont soutenu-es par la population qui voit d’un mauvais oeil l’occupation policière du quartier.

Quelques échauffourées ont lieu dans la journée entre les jeunes casseurs et les forces de l’ordre, comme on dit à la télé. Au lycée Diderot, les élèves ont décidé de bloquer la route devant leur établissement à 13h. Les CRS sont présents, et négocient que s’il n’y a pas de jets de projectiles (certain-es lycéen-nes commençant à s’équiper...), ils n’utiliseront pas leurs matraques, leurs flash-balls, ni leurs lacrymos. Évidemment on sait ce que vaut une parole de flic, et la commissaire justifiera la charge avec armes par un « ça vous apprendra à respecter la loi », sans qu’on sache vraiment si c’était ironique ou non...

Les lycéen-nes se sont réfugier lors de la charge dans leur lycée, sauf un qui a été arrêté, et les blessé-es ont été soigné-es à l’infirmerie.

Après les heurts du matin, la manif’ de l’après-m’ s’annonce tendue. Et en effet les flics et les SO sont sur les dents, notamment celui de la FIDL qui a recruté une bande de merdeux qui s’étaient déjà fait remarquer au début du mouvement en agressant des manifestant-es (c’est d’ailleurs à ma connaissance les seuls cas de ce genre à Lyon, rien à voir avec les descriptions médiatiques des hordes de lascars dépouillant tout sur leur passage). Des lycéens à casquettes courent dans tous les sens pour mettre les nerfs aux bakeux, qui arrivent finalement à les chopper. Le cortège s’arrête pour les soutenir, malgré les syndicalistes de l’UNSA (police ?), et réussit à les faire relâcher. Ça repart, les flics se sentent tout permis et circulent au milieu des manifestant-es en bagnoles, gazant ceux et celles, trop rares, qui tentent de les bloquer, alors que la BAC continue sa chasse à la casquette, non sans se faire légèrement caillasser au passage. Six personnes sont arrêtées, mais cette fois la manif ne s’arrête pas, faute de réflexes de solidarité. Des étudiant-es tentent de bloquer la voiture sono de la cégèt’, et les CRS profitent du flottement pour couper le cortège en deux. La CGT, sous la pression, contacte ses dirigeants départementaux et commence à négocier avec les keufs la libération des personnes arrêtées, mais finalement elle force le passage et repart. Trois personnes sur les six sont libérées.

La manif continue dans ce climat de tension jusqu’à la place Guichard, où les manifestant-es décident après discussion d’aller jusqu’au palais de justice à une centaine de mètres pour réclamer la libération des personnes interpellées. Seulement les condés profitent de l’agencement de la place (une sorte d’arène avec deux entrées) pour encercler la manif et la disperser. Les lycéen-nes commencent par fuir devant la charge, puis reviennent, certain-es balançant quelques trucs aux flics, plus par rage que dans un réel but d’affrontement. Ça charge un peu dans tous le sens, la BAC s’en donne à cœur joie, usant des flash-ball (parfois à 2 m et dans le dos) pour les lascars et des lacrymos pour les autres. Il y a au moins vingt cinq interpellations, et une permanence est mise en place devant Marius Berliet (le commico central) pour attendre la sortie des personnes arrêtées et des coups de fils sont passés à tous les postes de police pour avoir de leurs nouvelles. À ce moment, l’activité anti-rep’ n’est pas vraiment organisée, et est plutôt prise en charge par des personnes de la mouvance libertaire ayant un peu d’expérience en la matière (notamment des gens de l’association témoins). Une des personnes arrêtées ce jour là, accusée de jets de pierre sur les forces de l’ordre, s’est vue convoquée au tribunal en octobre après une nuit de garde-à-vue, et a finalement été relaxée.

triste démocratisme étudiant et joyeuse agitation lycéenne

Pas grand chose à signaler le vendredi 24 du côté de la fac, et pour cause, la journée est parasitée par l’inévitable débat en AG entre bloqueur et anti-bloqueur. Le seul point positif de ce petit jeu démocratique de la course à la légitimité, c’est la possibilité de se marrer en écoutant les « propositions alternatives » des anti-bloqueurs, qui n’empiéteraient pas sur leur « droit à étudier » : grève de la faim géante sur le parking de la fac, occupation de la pref, du medef ou de l’hôtel de ville. [1] ! Dommage que le mouvement ne soit pas allé jusqu’à l’annulation des examens, on aurait pu assister au joyeux spectacle de braves apolitiques réclamant qu’on pende Villepin avec les tripes de Sarkozy plutôt que de les empêcher de décrocher leur diplôme...

Pour se rendre bien compte à quel point le débat sur le blocage a été hypertrophié et a concentré toutes les énergies, on peut citer l’exemple de Lyon III, où le maigre comité de mobilisation n’envisageait même pas la mise en place de ce type de pratique, et où c’est le camp des anti-bloqueurs qui a imposé que cette question soit votée, avec urnes et tout le folklore démocratique.

Encore une fois, c’est des lycées que sont venues les initiatives les plus intéressantes en cette journée du 24 : plusieurs établissements sont bloqués, comme à Faÿs où les flics délogent par la force les élèves et personnels qui bloquaient l’entrée. Seulement, une fois l’accès dégagé, personne n’entre, même le facteur venu apporter un colis, comme au bon vieux temps où la dignité prolétarienne interdisait de franchir un piquet de grève. À Vénissieux, une cinquantaine de lycéen-nes de Sembat-Seguin. [2] sont rassemblé-es devant les grilles, pour protester contre la répression policière de la veille. Leurs petit-es camarades de Jacques Brel entament au même moment une tournée de débrayage des lycées de la ville. Mais les CRS [3] s’interposent pour éviter la jonction, chargent à tour de rôle les un-es et les autres, gazent tout le monde et font une interpellation. Des lycéen-nes enfermé-es par la direction dans leur lycée foutent le feu à un camion sur le parking, et ceux et celles qui restent dehors pètent quelques rétros en se barrant devant la charge des CRS.

À Oullins, le lycée Jacquard est bloqué spontanément le mercredi 22, puis le blocage est reconduit avec cadenas les jours suivants. Le lundi 27, des lycéen-nes balancent des oeufs et des pierres sur les vitres de l’établissement, et les flics interviennent pour les disperser.

[1] Malgré ces efforts d’imagination et ces propositions somme toute constructives, le blocage sera reconduit jusqu’au mercredi suivant.

[2] C’est marrant rien que le nom des établissements scolaire permet de savoir qu’on se situe en « banlieue rouge ».

[3] Au nombre de 250 selon nos informations mais ça me paraît un tantinet exagéré. Cela dit, un CRS par lycéen-nes de banlieue et 50 baqueux pour tout un cortège étudiant, c’est une couverture policière proportionnelle au potentiel d’agitation des un-es et des autres.




Liens Relatifs



Temps : 0.3559 seconde(s)