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  Posté le mardi 19 dcembre 2006 @ 18:05:11 by la_vie_sauvage
Contributed by: la_vie_sauvage
OaxacaCe texte originalement en espagnol sur klinamen.org publié en français dans l'édition de décembre de Cette semaine vous offre un tout autre point de vue sur Oaxaca, vous pouvez aussi consulter les nombreux textes de Cette semaine à
http://cettesemaine.free.fr/cssomindex1.html


Solidarité directe avec les oppriméEs et exploitéEs de Oaxaca
et du monde, pas avec l’APPO et ses leaders corrompus


A la lecture des communiqués de l’APPO et d’autres organisations, collectifs et individus qui aujourd’hui lui servent de figurants, y compris certainEs compagnonNEs anarchistes naïvement à la remorque de ce tas de fumier bourgeois et autoritaire, nous nous demandons sincèrement si nous parlons de la même chose ou, pire encore, si nous habitons le même pays, ou bien si ce qu’ils nous racontent se passe sur une lointaine galaxie.

Sans doute, la révolte excite la petite bourgeoisie et celle-ci ne pense qu’à apporter de l’eau à son moulin, en utilisant les oppriméEs et exploitéEs comme chair à canon dans les guerres de pouvoir intestines que se livrent ses différentes factions.

Il est certain que tout a commencé début mai avec la mobilisation combative des travailleurs de l’éducation pour des revendications salariales et que cela s’est ensuite étendu considérablement grâce à la solidarité de larges secteurs des oppriméEs, puis face à la répression de la Police d’Etat le 14 juin. Mais il est tout aussi certain que la création de ce qu’on appelle l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO) est UNIQUEMENT à mettre au compte de l’opportunisme des leaders corrompus d’une douzaine d’organisations clientélistes, mécontentes des coupes budgétaires relevant du gouverneur Ulizes Ruiz, celui-là même qui les allaitait depuis des temps immémoriaux.

C’est précisément l’opportunisme de ces organisations clientélistes, de même que les intérêts et les croche-pattes syndicaux (de l’officialiste Syndicat de Travailleurs de l’Education avec à sa tête la chef gangster Elba Esther Gordillo, comme de la soi-disant Coordination Démocratique et du Conseil Central de Lutte) lors de l’“émergence” de l’APPO, qui a donné le coup de grâce au mouvement révolutionnaire naissant à Oaxaca.

Loin de ce qu’elle veut faire croire et malgré le discours “radical” avec lequel elle tente de semer la confusion en appelant à défendre la “commune d’Oaxaca”, l’APPO n’est rien d’autre que la sépulture officielle de la contestation sociale, non seulement au sud, dans l’Etat de Oaxaca, mais sur tout le territoire mexicain. Derrière ces sigles se cachent les intérêts économiques et politiques de la gauche du Capital et pullulent les léninistes de toutes couleurs (staliniens, maoïstes, trotskistes) comme, bien évidemment, la social-démocratie et autre bourgeoisie “propre”, sous couvert du projet pejelagardista d’un capitalisme “plus humain”. Son objectif principal est d’améliorer l’ordre démocratique bourgeois par des réformes d’Etat et en remplaçant un rat de gouvernant par un autre, disposé à distribuer les miettes du gâteau.

De cette manière, l’APPO et ses dirigeants corrompus, cachant les vrais intérêts de la fraction en lutte qui leur correspond, sont venus neutraliser l’autogestion de la lutte. Ils ont ainsi détourné et canalisé la désobéissance et la contestation sociale vers des suppliques démocratiques et la défense de l’ordre bourgeois. Ils ont utilisé à leurs fins politiques toutes les personnes sincèrement en lutte qui ont rejoint la solidarité en toute conscience et se sont confrontées aux chiens en uniforme de l’Etat-Capital.

Mais ces dirigeants corrompus qui servent aujourd’hui la gauche du Capital et asphyxient la révolte des oppriméEs et exploitéEs pour apporter de l’eau à leur moulin, ont des visages, des noms et des prénoms et nous avons bonne mémoire dans notre antagonisme à l’Etat-Capital.

Ce nid de leaders corrompus qui constituent l’APPO ont déjà une longue histoire à la gauche du Capital, ce sont les gens à la botte de Flavio Sosa, anciennement député du PRD qui rejoindra plus tard la campagne de Vicente Fox, pour former ensuite le parti Unidad Popular d’Oaxaca (avec d’autres éléments du Frente Popular Revolucionario), le même qui a favorisé le PRI dans les commissions qui ont amené Ulizes Ruiz au gouvernement de l’Etat d’Oaxaca (Revue Proceso 1560, 24.09.06).

On peut citer aussi des staliniens comme Rogelio Pensamiento, leader du MULT (Mouvement d’Unification de la Lutte Triqui), groupe le plus représenté au sein de l’APPO avec le Front Populaire Révolutionnaire dont font partie presque tous les dirigeants actuels), connu, selon les déclarations de Ochoa Lara (avocat de l’APPO) pour ses “accords avec les gouvernements du PRI”. Ou encore des mythomanes et profiteurs de l’acabit de Raul Gatica, leader du clientéliste Conseil Indigène Populaire d’Oaxaca Ricardo Florès Magon (CIPO-RFM), cynique au point de se présenter sous le drapeau autonome et anarchiste afin de collecter des fonds pour son “exil” doré au Canada et à Barcelone. Que dire en outre de l’arrivée parmi ces dirigeants de Zenen Bravo Castellanos, Erangelio Mendoza et du stalinien octogénaire Felipe Martinez Soriano, ex-recteur de l’Université Autonome de Oaxaca Benito Juarez et militant de l’organisation de guérilla PROCUP-PDLP, aujourd’hui intégrée dans l’EPR ? Sans parler de l’arrangement en sous-main (sur le dos de la base) avec la partitocratie de gauche et de tout le fric qu’ils reçoivent de sénateurs et de députés, voire directement des coffres du PRD (Parti de la Révolution Démocratique, opposition “de gôche”). Ni de l’annonce faite par les dirigeants de l’APPO, selon laquelle une délégation émanant de celle-ci se rendra le 20 décembre prochain à Mexico pour participer à la protestation de Andres Manuel Lopez Obrador, mais seulement comme expression de la lutte pour la démocratie, et pour empêcher que Felipe Calderón ne proteste, si Ulizes Ruiz ne démissionne pas ou demande à être démis de ses fonctions avant le premier décembre.

CompagnonNEs, si nous mettons les points sur les ”i” et nous dénonçons toute cette pourriture qui vise à détourner et à mettre fin à la lutte contestataire qui, aujourd’hui, reprend des forces dans différentes régions du monde, et si nous exposons les véritables intérêts que la gauche du Capital occulte quand elle manipule les mobilisations et la révolte, ce n’est pas pour enlever de l’importance aux manifestations de combativité révolutionnaire et anti-autoritaires qui sont notamment apparues au cours des affrontements contre les chiens de garde de l’Etat-Capital. C’est encore moins pour appeler à abandonner l’insurrection. Au contraire, nous sommes à la recherche de la réflexion consciente qui nous permette de dépasser ces groupes clientélistes et tout ce ramassis de leaders corrompus, et d’étendre la guerre sociale par l’insurrection généralisée.

Anarchistes insurrectionnalistes, nous avons le devoir et la responsabilité de signaler (comme nous l’avons déjà fait à l’époque où la bourgeoisie de gauche appelait à voter pour l’AMLO) que cette guerre de rapine entre fractions de la bourgeoisie N’EST PAS NOTRE GUERRE.

Nous ne livrons pas la guerre sociale pour un capitalisme plus humain ou pour maquiller l’exploitation et l’oppression. Nous ne nous battons pas pour améliorer l’ordre bourgeois, ni pour l’alternance dans la partitocratie. Nous ne visons pas à destituer un gouverneur satrape pour en mettre un autre à la place, à faire partir Fecal et la mafia du YUNKE du siège présidentiel pour les remplacer par Bejarano et sa bande de dealers et de spéculateurs du “logement digne”. NON, notre guerre vise à la destruction de l’Etat-Capital, pour le Communisme, pour l’Anarchie. Et ceci n’est possible que par l’autogestion de la lutte, par la splendeur du feu antagoniste, rejetant le discours de contention des syndicats, des partis et les appels à “la sagesse” de ces patriarches profiteurs des organisations clientélistes qu’on appelle par euphémisme “organisations sociales”.

Dans la guerre sociale, la droite et la gauche du Capital (qu’elle soit social-démocrate ou stalinienne) sont tout autant les ennemies des oppriméEs et exploitéEs et cela, les protagonistes anti-autoritaires et libertaires des luttes d’Oaxaca le savent bien.

Aujourd’hui, l’insurrection redevient l’arme sans pareille des oppriméEs et exploitéEs, à la surprise amorphe des maquilleurs de la société du spectacle, des spécialistes en occultation et camouflage de la réalité, des vendeurs d’illusions et d’espoirs. Une fois de plus, les montreurs de marionnettes n’ont pas réussi à manipuler à temps les fils cachés pour freiner les désirs insurrectionnels des oppriméEs. C’est pour cela qu’ils crient hystériquement aux “complots d’extrême-droite” lorsque tonnent les engins explosifs (1).

L’extension de la lutte et sa potentialité montrent une nouvelle fois que l’insurrection libertaire n’appartient pas au passé et qu’on peut sortir de la résignation, de l’aliénation et de l’attente du “paradis promis” pour devenir le pire cauchemar du pouvoir, la joyeuse dynamite qui, ici et maintenant, fait exploser l’Etat-Capital.

C’est pourquoi, en appelant à la solidarité avec le peuple de Oaxaca, nous appelons à étendre la guerre sociale, à abandonner le pacifisme réformiste, les manifestations moutonnières et les bouts de papier des pétitions.

Nous sommes anarchistes insurrectionnalistes et nous savons que nous devons détruire totalement l’Etat-Capital. Nous invitons et incitons pour cela à dépasser le discours réformiste qui demande la destitution d’un fonctionnaire et réclame la “démocratie”. Nous exhortons aussi à attaquer frontalement tout ce qui nous opprime.


Vive la splendeur du feu antagoniste, la joie du vol indomptable des cocktails molotov, la jouissance des machettes insurrectionnelles au vent, les détonations festives des bazookas en PVC, le charme du bourdonnement joyeux des pierres rebondissant sur les boucliers et les casques des laquais gardiens de l’Etat-Capital !

Coordinadora Insurreccional Anarquista

Mexico, Planète Terre, le 16 novembre 2006

insurreccion_acrata@yahoo.com.mx

Pour les personnes emprisonnées à Oaxaca et tous les prisonnierEs “politiques” et “sociaux” du monde.

Pour l’extension de la guerre sociale.

Pour l’insurrection généralisée.

Pour la destruction de l’Etat-Capital !


Ndt:

1. Le 6 novembre 2006 au matin, trois engins explosifs sautaient à Mexico contre le Trife (le tribunal électoral), le quartier général du PRI et la banque canadienne Scotiabank. Cinq mouvements de guérilla ont revendiqué cette attaque le lendemain, demandant la démission d’Ulises Ruiz et le retrait des forces fédérales de Oaxaca. Flavio Sosa, l’un des leaders de l’APPO, a aussitôt déclaré : “nous n’avons rien à voir avec cela. Notre combat est pacifique et démocratique”.

[Traduit de l’espagnol. Publié sur Klinamen.org, le 21 novembre 2006]

[Extrait de "Cette Semaine" n°91, décembre 2006, pp.30-31]




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